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Le président de la République, on va dire qu'il a été relativement discret pour l'instant, et puis dimanche, il a pris la parole et il a été critiqué parce que sa prise de parole a été jugée sans réelle envergure. En gros, il nous a fait le point de la situation sans pouvoir réellement reprendre la main. Hier, depuis Doha, il est intervenu, puis il y a eu un conseil de défense aujourd'hui, il y en aura un autre demain, puis finalement il recevra les organisations lycéennes. Henri Vernet, est-ce qu'Emmanuel Macron tente de revenir au
centre du jeu ? Oui, très clairement, parce qu'il est frustré. Il n'a plus vraiment les commandes sur ce qui se passe à l'intérieur du pays. C'était vrai d'ailleurs depuis la dissolution, depuis 2024, mais singulièrement en ce moment. Or, en plus, le pays est vraiment en crise profonde. Et donc, d'où cette frustration dont je parle. Et cette frustration, elle est accentuée, elle est doublée par une certaine colère. Parce qu'en réalité, on voit bien depuis quelques temps qu'ils considèrent que ces ministres au gouvernement ne sont pas à la hauteur, ils ne sont pas assez à la manœuvre. Entre un Premier ministre qui a quand même vraiment mis du temps à réagir à ses premiers puits, publiquement, et qui d'ailleurs, dans un premier temps, a essayé de désamorcer plutôt les grands rouleurs, les gilets jaunes potentiels, avec les annonces sur le diesel, mais ça n'a pas suffi. En revanche, qui était vraiment trop lent sur les lycéens, un ministre de l'Éducation... Qui est reconnu comme un bon technicien, mais pas politique. Mais qui n'est pas un politique, c'est vraiment pas son truc. Et on voit également Philippe Baptiste, qui reçoit les délégations, pour le coup, lycéennes et étudiantes, et puis qui s'éclipse assez vite. Non, là, ce n'est pas des poilots. politique. Donc il y a un peu cette colère. Et puis aussi, il avait exprimé dans les coulisses, c'est notamment le Parisien qui l'avait rapporté, un reproche de manque d'empathie quand même dans la gestion sécuritaire, c'est-à-dire dans l'action des forces de l'ordre au moment des blocus lycéens. Bref, il y a tout ça. Et là, en effet, et puis en colère contre lui-même parce que c'est vrai que son allocution était assez vide. Alors c'est peut-être aussi parce qu'il avait été envisagé. Le dimanche après-midi. Qu'il annonce autre chose. Oui, qu'il annonce un état d'urgence. Et finalement, il est revenu sur ça. Enfin, il est revenu, ou en tout cas, les arguments n'ont pas pesé assez fort pour annoncer cela. Et il nous a livré un résumé de la situation. Exactement. Et non seulement il a fait ça, mais en plus après, il est parti quatre jours dans le golfe. Alors certes, il est revenu avec les valises pleines de diesel sécurisées. Et c'est quand même un dossier important. Absolument, c'est important, il faut bien le dire. Néanmoins, il n'était pas à la manœuvre. Là, c'est vrai qu'il revient à la manœuvre. Il coupe un peu les pieds d'ailleurs, l'herbe sous les pieds de son gouvernement en recevant... demain les lycéens.
On va en parler avec nos experts. Je commence avec vous. Il n'est pas trop tard pour Emmanuel Macron pour reprendre la main. Il a encore des choses à négocier
Vous parliez tout à l'heure de crépuscules en évoquant l'édito du Monde. En réalité, toutes les fins de quinquennat d'un président qui ne se représente pas sont des crépuscules. A fortiori celui-ci, après 10 ans de pouvoir. La difficulté d'Emmanuel Macron est sûrement une des frustrations, et vous l'évoquiez. En réalité, quel débouché politique ? Et c'est une frustration qui va être partagée d'ailleurs avec le mouvement et les mobilisations, puisque des crises sociales, Emmanuel Macron en a vu quelques-unes sous ces deux quinquennats, mais il avait de la capacité politique, de la capacité budgétaire, et même d'une certaine manière de la capacité démocratique à un moment pour y répondre. Souvenez-vous de la Convention citoyenne-climat, souvenez-vous du grand débat national qui ont eu leurs limites et qui ont aussi... eu leur part de frustration dans l'après, mais qui étaient des outils, des méthodes démocratiques qui permettaient de faire redescendre la température. Oui, mais il ne s'est rien passé derrière. Oui, mais qui donnaient au moins à celles et ceux qui manifestaient à cette époque-là le sentiment qu'il pouvait y avoir une traduction politique. Là, aujourd'hui, il n'y peut pas y avoir de traduction politique. Pourquoi ? Parce qu'il n'a plus rien à offrir ? Dans un contexte... de difficultés financières de nos finances publiques qu'on connaît, et dans un contexte aussi de calendrier politique, et de situation à l'Assemblée nationale, d'un gouvernement qui n'a pas de majorité absolue, qui peine à faire voter la moindre proposition de loi ou le moindre projet de loi, et d'une difficulté dingue à être débattue sereinement et de manière apaisée dans les hémicycles. Ce que vous dites par là, c'est que l'erreur fondamentale, c'est la dissolution ? Oui, qui va se payer jusqu'à la ligne, d'une certaine manière, parce que ça empêche toute capacité politique. On voit bien en plus, là, la difficulté du débat budgétaire dans lequel on va rentrer. Et puis, cette ombre qui plane, qui est l'élection présidentielle qui aura lieu dans six mois. Si vous allez voir demain tous les syndicats lycéens en leur disant « ne vous inquiétez pas, il y aura une grande réforme des programmes du temps scolaire pour la rentrée 2027 ». Personne ne peut y croire. Personne ne les écoutera vraiment et ça ne coupera pas le mouvement. C'est toute la difficulté du moment, c'est la traduction politique des colères qui s'expriment.
On va se tourner vers William Tech, la même question. Vous savez, moi je pense, un peu international, et aux États-Unis, il y a une expression, on dit que le président, en fin de mandat, il est comme un poulet sans tête. On lui a enlevé la tête, puis les jambes courent encore un peu, mais dans aucune
direction. Oui, mais il y a une différence avec les États-Unis, c'est qu'aux États-Unis, vous êtes limités à deux mandats maximum et vous avez une interdiction de pouvoir revenir. C'est-à-dire que Barack Obama ne pouvait pas revenir et Donald Trump, à la fin de son mandat, ne pourra pas revenir. Théoriquement. Théoriquement. Avec Donald Trump, tout est possible. Là, pour Emmanuel Macron, je pense, pour poursuivre la réflexion, c'est qu'il a deux enjeux. Un, ne pas passer pour le pire président de l'histoire de la Ve République, ce qui est possible maintenant et ce qui s'est passé avec le 17 octobre. Et deuxième point, c'est sauver ce qui reste du macronisme, parce qu'il peut arriver à une situation où tous les macronistes... seront complètement balayés aux prochaines élections parce qu'ils seront incapables de gérer l'ordre. Moi, je pense que l'une la plus marquante, c'est celle des échos, qui était la crise de trop. Ça veut dire qu'en fait, on a tout pardonné Emmanuel Macron, on a pardonné la crise des gilets jaunes, qu'il a un peu lui-même provoqué. On a pardonné toutes les différentes crises où il a eu sa part de responsabilité, où parfois c'était complètement un événement extérieur. Et celle-ci, c'est un peu la dernière, mais on a eu, comment dire, une forme de sympathie à l'égard d'un président qui était jeune. Là, cette fois-ci, il a commis deux fois la même erreur. Le premier point, c'était le fait de dire à Nunez et aux forces de l'ordre qu'il fallait avoir de l'empathie pour les manifestants. Il a fait la même erreur qu'après la mort de Naël, lorsqu'il avait dit que le policier avait commis une faute inexcusable, inexplicable. Je ne dis pas qu'il n'avait pas raison sur le fond, mais en tactique de maintien de gestion de l'ordre, il dit « préparez-vous, ça va péter parce que pourquoi ? » Les policiers font face à des gens, ils ne peuvent pas intervenir parce qu'ils doivent faire preuve d'empathie. Et lorsque vous ne pouvez pas faire preuve d'empathie et que vous êtes quand même ciblés, vous n'avez qu'une seule chose, c'est de reculer. C'est pour ça qu'on a eu le temps de commerce qui sont débalisé au pied. Deuxième point.
On continue à progresser. Tout à l'heure, son chef de gouvernement, après tout le Premier ministre, Sébastien Lecornu, recevait les différents chefs de partis politiques à Matignon. Une réunion qui, semble-t-il, n'a convaincu personne. On a entendu Bruno Retailleau sortir même avant la fin. On va écouter Bruno Retailleau, Manuel Bonpard et Marine Tondelier. Vous allez voir que tous les trois ne sont pas convaincus par la démarche.
ne pouvait pas écouter le président de la République qui a indiqué il y a quelques heures que l'ultra-gauche voulait faire tomber la République. et ne pas se doter des outils qui permettent de protéger la République, l'état d'urgence. Le Premier ministre
nous a fait perdre du temps et en nous faisant perdre du temps, il a fait perdre du temps au pays tout entier. J'ai demandé mais qu'est-ce que vous attendez ? Ça fait depuis maintenant des jours et des jours que vous nous dites dorénavant. Il y a des revendications qui sont des revendications légitimes, mais il refuse d'y répondre.
Écoutez, on sort de cette réunion encore plus inquiets qu'on y était rentrés, et même, je pense pouvoir parler au nom de tous les écologistes, en colère. Vous savez, dans ces genres de réunions, on sort rarement avec des réponses, mais souvent on a des éléments d'analyse qui peuvent être intéressants. Des fois, on apprend des choses, des éléments qu'ils ne peuvent pas donner hors huis clos. Et là, en fait, on n'a rien eu de tout ça.
Parfois, on apprend des choses. Là, on n'a rien appris du tout. Marine Tandelier est très dure. Elle n'a pas toujours été. Parfois, en sortant de réunion avec le chef de l'État, elle disait « j'ai appris des choses. Là, je n'ai rien appris. » Oui, mais on est à six mois des élections. Aucun d'entre eux ne va, ne serait-ce qu'apporter un peu d'eau à Emmanuel Macron.
et puis une réunion où tout le monde n'a pas le même ordre du jour, n'a pas la même attente, ne peut pas bien se passer d'une certaine manière. Et puis il y a aussi un contexte, il faut le rappeler, de polarisation si forte et de fragmentation si forte que dans l'injonction à choisir son camp, d'une certaine manière, ça force chacune et chacun à ne pas arriver ou ne pas se mettre en capacité à trouver la solution commune. Donc ça n'a servi à rien ? Ça n'a servi à pas grand-chose. mais ça ne pouvait pas servir à grand-chose, dans la mesure où, si les partis politiques français avaient appris d'une culture démocratique, du compromis, du dialogue, d'une forme de culture démocratique très parlementaire ou parlementariste, on l'aurait vu ces deux dernières années, et en fait, on a vu tout le contraire.
William Telles, c'est ce que j'allais vous dire. Dans d'autres pays, dans d'autres pratiques, on arrive à discuter jusqu'au dernier moment. En France, il faut passer par une crise et par un paroxysme.
tout à fait, parce qu'on a la culture de l'alternance en France et du bipartisme, ce qui fait que si vous n'êtes pas au pouvoir, vous êtes obligés de vous opposer. C'est ce que disait François Mitterrand, l'opposition s'est faite pour s'opposer. Et en fait, vous êtes voués à espérer l'échec de l'exécutif en place pour avoir l'alternance. Sauf que là, pour moi, il y en a certains qui font une erreur. Vous n'êtes pas sur un bipartisme, vous êtes sur un tripartisme, voire même une fragmentation encore plus forte de la vie politique. Si Mélenchon et Bompard sont contre le président de la République, ils ont raison de le faire tactiquement. Marine Le Pen, Bardella ont également raison de le faire. Là où je pense que les blocs centraux ont tort de le faire, c'est que si Macron s'effondre ce week-end et le 5 novembre prochain, eux-mêmes vont s'effondrer aussi. Il est tellement
dévalorisé aujourd'hui que c'est presque la pire
personne pour rassembler autour de lui. Je ne pense pas qu'il faille viser un rassemblement. Mais le fait de le critiquer et de ne pas espérer le retour à l'ordre, moi je pense qu'il devrait dire, le président de la République doit rétablir l'ordre, voici nos solutions pour rétablir l'ordre, et s'il les met en place, on va essayer de le soutenir. Moi je pense qu'il doit faire ça parce qu'il doit espérer que le bloc central ou les partis de gouvernement ne s'effondreront pas. Quand on regarde les enquêtes d'opinion post-17 octobre… Et vous croyez vraiment à un sursaut des partis de gouvernement ? Moi ce que je pense c'est que… Si Macron s'effondre là et que le bloc central, le PS et l'ALR continuent à jouer comme ça, il y aura Mélenchon contre Le Pen. Parce que ce qu'on voit dans les enquêtes d'opinion, c'est très clair un peu partout, c'est que c'est les extrêmes qui montent. Mélenchon monte et Le Pen monte. Et tout le bloc central s'effondre parce qu'en fait, les électeurs modérés se disent qu'il n'y a pas de solution modérée qui soit acceptable. vous êtes du côté des manifestants, soit vous appelez à un retour radical à l'ordre et donc le bloc central s'effondre. S'ils ne font pas réémerger cette voie-là, tout le bloc central s'effondrera et eux vont s'effondrer aussi avec eux.
Alors le retour à l'ordre est souvent incarné par Gérald Darman, le garde des Sceaux, qui était en déplacement à Fleury-Mérogis aujourd'hui. Il a plaidé pour plus de fermeté, plus de répression. Je vous propose qu'on l'écoute.
avons eu 2700 gardes à vue depuis samedi dernier. Plus d'un millier de personnes, des émeutiers, des pilleurs, sont sortis de la garde à vue avec des policiers ou des gendarmes qui les encadraient pour les amener dans les dépôts des tribunaux judiciaires et pour comparaître devant un tribunal. C'est vraiment une réponse extrêmement ferme qui ne connaît pas d'équivalent.
Gérald Darmanin qui a même fait publier une circulaire dans laquelle il demande à la justice un certain nombre de réquisitions d'interdiction. On va les lire ensemble. Interdiction de manifester, privation des droits civiques dont le droit de vote, bannissement numérique. On va y revenir avec la fermeture notamment d'un certain nombre de comptes de réseaux sociaux. Et puis informer carrément les employeurs des condamnés, en particulier les employeurs publics. On va en débattre autour de cette table, c'est quand même des mesures importantes, mais avec Dario Bergogno avant, on va essayer de comprendre, par exemple, cette notion de bannissement numérique. De quoi s'agit-il
C'est une peine récente introduite par cette loi de 2024 qui permet de sécuriser et réguler l'espace numérique. Son article 16 permet de bannir certaines personnes de plateformes et de réseaux sociaux utilisées pour des délits comme du harcèlement, la diffusion de contenus pédopornographiques, l'apologie du terrorisme ou encore, c'est ce qui nous intéresse aujourd'hui dans le cadre des violences du 17 octobre, la provocation à commettre des infractions. Alors concrètement, comment ? Ça marche. Par exemple, si une personne a utilisé TikTok pour appeler un pillage de magasin, cette personne est bannie de TikTok pour une durée maximum de six mois, un an, si c'est une récidive. Elle aura aussi l'interdiction d'utiliser d'autres comptes pour se connecter à ce réseau social ou de se créer un nouveau compte. Sinon, regardez ce qu'elle risque, deux ans de prison et 30 000 euros d'amende. La loi. oblige aussi la plateforme à identifier les comptes visés, à les bloquer, mais aussi à empêcher la création de nouveaux comptes. Sinon, les plateformes risquent 75 000 euros d'amende. Cette loi, elle a été appliquée récemment dans une affaire très médiatique. Peut-être que vous le reconnaissez, Jean Permanov, un streamer, décédé en 2025 après de longs mois de violence et d'humiliation en ligne contre sa personne. Deux streamers ont été reconnus coupables de sa mort et ont été condamnés. à des peines de prison, mais aussi à un bannissement numérique de six mois chacun.
Merci Dario, c'était très clair. Dorian André, je me retourne vers vous. Encore des mesures de punition, d'interdiction. Ce n'est pas une sortie par le haut. L'Elysée ne souhaite pas négocier une sortie par le haut en entendant un certain nombre de revendications de
la rue. Peut-être qu'ils ne le peuvent tout simplement pas, mais effectivement... À cause de la dette ? cause de la dette, à cause de cette incapacité à traduire politiquement, ou en tout cas à avoir des propositions concrètes avant l'élection présidentielle. Mais effectivement, l'approche uniquement sécuritaire et répressive ne suffira pas. Elle ne suffit jamais en réalité. Elle permet peut-être d'encadrer, de contrôler, de limiter les éléments de violence qu'on peut voir, mais elle ne permettra pas de sortir de la crise sociale. Mais est-ce que finalement elle ne radicalise pas une
partie des gens qui disent qu'il n'y a pas de solution politique, que le gouvernement s'ouvre ?
En tout cas, il y a une première solution, c'est de permettre et d'encadrer ce qui est l'expression d'un droit civique, démocratique et politique, qui est celui de manifester, qui est un droit... cardinal et central de notre démocratie. On en a parlé tout à l'heure
avec les syndicats. Je voulais votre avis, William, sur ces mesures. Interdiction de manifester ponctuellement, on l'a déjà vu. Privation des droits civiques, dont le droit de vote, bannissement numérique, informer les employeurs, notamment ceux du service public. On est quand même dans une culture de la punition.
Ah oui, très clairement. Et quand on regarde, c'est là où je mets un bémol avec ce qu'a dit Dorian Dreuil, si on regarde le bilan d'Emmanuel Macron, certes, ça n'a pas marché parce que ça n'a pas calmé les colères. mais en termes de maintien de l'ordre, ça a fonctionné. Gilets jaunes, les gens manifestent, ils cassent l'arc de triomphe, il y a des mesures très fortes, et au final, ça s'étiole et les manifestants baissent. Ils obtiennent
12 milliards au passage. En France, la violence
paye toujours, et ils ont obtenu ça, et que les syndicats ne l'aient pas obtenu, eux. C'est l'erreur qui est fait. Moi, je pense que c'est l'erreur qui est fait. Mais, idem pour Naël, les premières manifestations cassent tout, ensuite, après, Darmanin reprend la main, il rétablit l'ordre, et à la fin, ça se calme. Donc vous la fermeté ? Moi je pense que tactiquement en fait, depuis le début c'est là où moi je dis qu'il a fait une erreur sur la question de l'empathie parce qu'il ne pouvait pas répondre politiquement à la manifestation Lyssen parce qu'il n'avait ni la légitimité démocratique parce qu'il va partir dans quelques mois, ni la capacité budgétaire, ni la capacité à pouvoir répondre en termes de tradition politique. Donc pas de sortie par la négociation à vos yeux. Il ne peut pas. Donc le seul moyen qu'il peut faire c'est de répondre par la force et de faire en sorte que son mandat se termine de manière paisible, certes pas de manière honorifique. Mais comme Jacques Chirac et comme François Mitterrand, ils n'ont pas le choix de terminer comme ça et de laisser couler. Mais Henri !
ça radicalise les plus radicaux. Alors oui, mais attention, là, on parle quand même des délinquants, on parle des casseurs, on parle des pilleurs, on ne parle pas des manifestants de manière générale. Par ailleurs, c'est la circulaire de Gérald Darmanin. Rien ne dit libre aux magistrats de l'appliquer ou pas. Alors c'est vrai que les pays... Ça donne des moyens aux magistrats. Ça donne des moyens aux magistrats, mais ils en feront un peu ce qu'ils voudront. Dieu merci, les pouvoirs sont séparés dans notre République. Donc ça, c'est quand même important. Et par ailleurs, qu'est-ce qu'il fait là ? C'est aussi une opération politique. C'est montrer... Il veut incarner l'autorité, ne pas laisser le champ, le parti de l'ordre uniquement au RN et à sa candidate Marine Le Pen. Et il le fait d'autant moins par hasard que c'est quand même à des bras droits du candidat Édouard Philippe. Donc c'est aussi pour ça. C'est le bloc central dont vous parliez, montrer qu'il n'est pas irénique ce bloc central, qu'il essaie d'avoir une action, qu'il essaie de réagir. Dernier point, quand vous dites une certaine illégitimité, moi je ne suis vraiment pas d'accord avec ça. République, dans notre droit, vous êtes légitime jusqu'au bout. Vous avez un mandat. Le mandat, il vous a été donné par les électeurs. C'est la souveraineté nationale. Donc, c'est vraiment... Il est légitime. Et même sur le fait qu'il n'y ait pas de moyens, il y a toujours à la marge... 10 milliards pour les lycéens, bien sûr que non. Mais il y a des moyens, 2, 3 milliards. Simplement, les moyens, c'est le débat budgétaire. Ça veut dire que ce sont des choix gouvernés... Mais dans une assemblée qui est... Oui, mais dans une assemblée où beaucoup sont d'accord pour accorder des moyens supplémentaires, donc les retirer peut-être à d'autres domaines, mais pour les accorder... Mais vous voyez objectivement la France Insoumise dire
« Oh, ben finalement, le gouvernement
a raison ». Mais non, il ne s'agit pas de dire le gouvernement a raison, mais pour tel... Vous dites « Voilà, il y a quand même 2 milliards qu'on va retirer de tels postes pour les attribuer plutôt aux lycéens ». Je vois mal quelques partis politiques que ce soit aujourd'hui, à part peut-être le RN, dire non, parce que voilà.
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