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Je me tourne vers vous Copélia Moreau parce qu'une dépêche urgente de l'AFP nous annonce à l'instant qu'Emmanuel Macron souhaite recevoir les organisations lycéennes demain vendredi à 15h à l'Elysée. Vous-même, est-ce que vous irez si vous êtes invité
Écoutez, déjà, le premier problème, c'est que l'Assemblée Générale Interfac, mais en fait, de manière générale, les étudiants et étudiantes mobilisés ne sont bizarrement jamais invités. Et en fait, aujourd'hui, il n'y a pas de mandat qui est donné aux organisations de jeunesse pour négocier avec le gouvernement. En fait, nous, ce qu'on attend, c'est surtout que le gouvernement, il comprenne qu'on n'acceptera pas autre chose que l'abrogation plus pure et simple de Parcoursup, de mon master. Si le président de la République veut vous recevoir
pour écouter vos arguments, vous y allez ou vous n'y allez pas ?
Ce que je dis, c'est que le problème, c'est que pour l'instant, ça ne nous est pas proposé et que le gouvernement, en fait, il essaye d'avoir des médiateurs du côté de syndicats et de représentants. Mais là, c'est la même logique d'essayer d'autoriser des manifestations dites légitimes par le gouvernement, c'est-à-dire déposées par des syndicats. Mais pourquoi ? Parce qu'en fait, il a surtout peur que l'ensemble des étudiants et étudiantes de la jeunesse, lycéenne, etc., qui en grande partie n'est pas syndiquée, en fait, sont en capacité de porter un mouvement qui dépasse les cadres traditionnels. de la mobilisation. En fait, il aimerait que ça soit totalement encadré par les syndicats, et puis qu'il suffise d'inviter les syndicats au ministère, de faire une petite réunion, de négocier, et puis après c'est fini. Mais en fait, il faut qu'ils comprennent que ce n'est pas comme ça que ça va se passer. Et que nous, en fait, ce qu'on veut, c'est des réponses sur nos revendications, et nos revendications, ce n'est pas des miettes. C'est l'abrogation de Parcoursup de mon master. On veut l'augmentation des salaires, on veut la fin des licenciements, parce qu'aujourd'hui, on n'en peut plus de cette société. Et que ça, ça fait lien entre les revendications de la jeunesse et aussi du monde du travail. Donc en fait, il faut aussi qu'ils comprennent que la question... Vous
restez au fur et à mesure, on essaie d'avancer les questions l'une après l'autre. Sur cette annonce de l'Elysée, par exemple, M. Souillot, qui représente, vous êtes le membre du secrétariat général, vous êtes même secrétaire général de FO. C'est un geste du président de la République, vous le percevez comme un geste quand tout d'un coup l'Elysée, après X jours de crise, dit bon, on accepte de recevoir les organisations lycéennes. C'est un geste de désescalade ?
je ne sais pas quel est le geste. Ce qui m'ennuie le plus, c'est qu'on attende quatre semaines avant de reconnaître des interlocuteurs que sont les représentants des lycéens et les représentants des étudiants. Maintenant, peut-être que le président de la République, demain, va leur annoncer que sur leur revendication, l'abrogation de Parcoursup, que nous réclamons aussi, nous, au titre de notre fédération de l'éducation nationale. Autour de Parcoursup, il s'est mis en place une économie prospère où vous pouvez avoir un coach, des cabinets se sont montés pour votre fils ou votre fille qui vous aident à remplir Parcoursup correctement.
Le
commerce de la peur,
ça s'appelle le commerce de la peur. Entre
1200 et 1500 euros, la charge mentale liée à Parcoursup. Donc vous, AFO, vous demandez aussi la suppression de Parcoursup. Ah ben oui, je l'ai écrit hier, en sortant de Matignon, l'abrogation de Parcoursup.
On va aller voir dans un instant Amine Azouzi, qui est secrétaire internationale des Jeunes Républicains. Mais juste avant, Henri Vernet. L'Élysée qui accepte enfin de recevoir
les lycéens au bout de 15 jours. C'est un geste qui est important. Il était temps, non ? Oui, il était temps, il était plus que temps. En plus, c'est à l'Élysée, c'est inattendu, il faut être clair. Ce n'était pas vraiment sur les tablettes. Donc c'est évidemment une volonté d'apaiser, de désamorcer. Avant cette journée de samedi qui s'annonce vraiment périlleuse. Donc il y a cette volonté-là, volonté d'apaiser, de renouer le dialogue. Oui, vous le dites, ça vient bien tard. Néanmoins, c'est vraiment chargé politiquement parce que c'est le président. Rappelons-nous, les lycéens se plaignaient depuis des jours et des jours, voire des semaines. De ne pas voir le Premier ministre, par exemple. Exactement, parce qu'il avait bien compris que le ministre Édouard Geffray, ce n'était pas lui qui avait les cordons de la bourse. C'est un peu tard quand même. Oui, c'est un peu tard, mais c'est aussi en même temps un peu tôt. Parce que qu'est-ce qui devait se passer lundi prochain ? Eh bien, lundi prochain, c'est Sébastien Lecornu qui devait... Alors, est-ce qu'il le fera encore ? J'imagine que oui, mais quand même. C'était lui qui devait enfin recevoir les lycéens qui toquaient à sa porte depuis un bout de temps, considérant que Geffray, ce n'était pas suffisamment décisionnel. Et donc voilà, là maintenant, il y a quand même un président qui squeeze quelque part son Premier ministre. On sent qu'il y a un vrai flottement au sommet de l'État. Et d'ailleurs, le même Emmanuel Macron, ça fait aussi pas mal de temps qu'il avait reproché à Sébastien Lecornu de ne pas être assez engagé médiatiquement en première ligne avec un 20h par exemple. Donc il vient lui en première ligne. Mais bien sûr. Et il trouvait son ministre de l'Éducation pas assez politique.
On va poser la question à Amine Azouzi. Vous êtes secrétaire internationale des Jeunes Républicains. Le président de la République. reçoit demain un communiqué d'Elysée à 15h les organisations lycéennes. Ce n'est pas encore très clair quelles organisations. En tout cas, il veut recevoir des organisations lycéennes à l'Elysée. Il était temps, c'est tard, c'est bien
moi ce que j'y vois, c'est de la même manière que la réunion qui a eu lieu à Matignon cet après-midi, une posture relativement grotesque du gouvernement. Il s'agit évidemment de parler de la situation des lycéens, des étudiants. Mais lorsque le gouvernement, pour parler des violences du 17 octobre, invite ses indicateurs principaux, c'est-à-dire LFI, autour de la table, je crois que Bruno Retailleau a eu raison de partir prématurément. Là, vous êtes déjà sur le
terrain politique. Mais fondamentalement, je vous repose ma question. Est-ce que le président de la République a raison de recevoir les organisations lycéennes demain ou pas
on voit les méthodes employées, c'est-à-dire évidemment la non-condamnation de violence, qu'elle soit physique, que ce soit des dégradations matérielles, je ne pense pas qu'on doit céder à ce genre de méthode, parce que ça revient quelque part à exprimer une forme d'accord avec ce qui s'est passé, ce qui de toute évidence n'est pas tolérable, car on est en dehors de tout cadre démocratique et légal tolérable.
un mot de Copélia Moreau sur cette même question. Vous entendez les reproches de M. Azouzi. Vous êtes prêt à aller sur le chemin de désamorcer, de condamner la violence, si c'est demandé en échange du retrait de Parcoursup ?
fait, déjà, la première chose, c'est de comprendre que c'est le gouvernement aujourd'hui qui est responsable de la situation dans laquelle on est, et y compris de la droite. Moi, je trouve qu'en fait, la droite et les Républicains n'ont aucune leçon à donner aujourd'hui à la jeunesse, ni même d'ailleurs au monde du travail, parce qu'en fait, cette mobilisation, elle répond à une colère sociale qui est générale et qui, en fait, est liée à la politique du gouvernement et à une logique qui est celle du profit, qui est fait par une minorité pour défendre le MEDEF. Et donc, c'est pour ça que je dis que la droite n'a en fait... aucune leçon à nous donner, n'a rien à apporter, en fait, là, dans la mobilisation, puisqu'en fait, on se bat contre les politiques que vous menez. C'est vous aussi qui êtes responsable de la casse, aujourd'hui, des retraites, du Code du travail, de nos conditions de travail, de nos conditions d'études. Donc, moi, ça ne m'étonne pas d'entendre cette réponse-là. Et juste sur ce qui est dit, quand même, sur la France Insoumise, à laquelle, par ailleurs, je ne fais pas partie, mais je tiens à dire, quand même, tout mon soutien avec les camarades. Je termine là-dessus, et oui, je vous réponds, mais mon soutien, quand même, aux camarades de la France Insoumise, comme d'autres organisations. d'ailleurs, et y compris les organisations d'extrême-gauche qui aujourd'hui sont attaquées. C'est dans la même lignée que le gouvernement qui essaye aujourd'hui de réprimer la jeunesse, réprimer les mobilisations et d'essayer de trouver. des fauteurs de troubles pour esquiver ses propres responsabilités. C'est lui aujourd'hui qui est responsable de la contestation sociale et de la colère qui existe, et il va falloir qu'il y réponde sur le terrain des revendications. Et ce n'est pas le MEDEF qui va nous faire apprendre des leçons, parce que j'insiste, ce qu'on demande c'est l'abrogation de Parcoursup, la sélection sociale à l'entrée de l'université, c'est une sélection qui est discriminante socialement, à laquelle vous participez.
On vous écoute avec intérêt, mais pendant que vous parlez...
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