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Merci d'être avec nous dans ces circonstances exceptionnelles. Avec le ministre de la Justice, monsieur le ministre, bonsoir.
Bonsoir.
Merci Gérald Darmanin d'être ici dans la prison de Fleury-Mérogis où sont incarcérés un certain nombre des individus après le chaos de samedi. Les blessés en nombre, des milliers de commerces attaqués, l'hôtel de ville de Limoges dévasté, les villes Paris, Marseille, Lyon, tant d'autres. Et maintenant le spectre de violences répétées ce samedi. Un mot d'abord sur ce qu'on sait du bilan actuel.
y a eu 2700 gardes à vue depuis samedi en lien avec ces émeutes et ces pillages. Sur ces 2700 gardes à vue qui ont été faits par les services de police et de gendarmerie, il y a eu plus d'un millier de personnes qui ont été, en sortant de leur garde à vue, accompagnées par des policiers et des gendarmes pour être déférées et qui attendent, pour une partie d'entre eux encore, leur comparution immédiate devant les tribunaux. Chiffre énorme. Je pense que ça n'a pas d'équivalent. dans ce que nous avons connu ces 30 dernières années. Et puis par ailleurs, nous avons déjà 217 incarcérations avec beaucoup de mandats de dépôt à la barre. C'est-à-dire que les gens vont directement en prison pour des pillages, pour des attaques de policiers, pour des attaques de commerce.
Le président de la République a annoncé le principe des limitations de manifestants. Les arrêtés commencent à donner le détail au fur et à mesure de la soirée. Parfois, c'est très extrême. Lyon, je crois, interdiction totale de manifester. Expliquez-nous, vous êtes le garde des Sceaux, quel est le risque exact pour ceux qui outrepasseront
Alors, si quelqu'un n'a jamais connu de problème avec la police ou la justice, il a une contravention, il peut être interpellé, il a une contravention. 135 euros, c'est ça ? Exactement, mais s'il a une interdiction de manifester, aujourd'hui, ce que prononcent les magistrats, ce n'est pas que la peine de prison, c'est la privation des droits civiques. Moi, j'aurais demandé de retirer le droit de vote pendant quelques mois, quelques années, aux personnes qui pillent les magasins ou qui attaquent les policiers.
Alors, attendez, allons un par an, si je comprends bien. C'est la circulaire que vous avez envoyée. Exactement. Des gens qui ont pillé seront privés de droit de vote ?
Moi, ce que j'ai demandé au procureur de la République, c'est de dire, vous êtes d'une extrême fermeté. C'est inacceptable ce qui s'est passé. Un, vous demandez la prison. Deux, vous demandez la privation des droits civiques. On ne vote plus. On ne vote pas aux prochaines élections quand on a pillé ou attaqué des policiers. Vous demandez le bannissement des réseaux sociaux. Et vous demandez, tout ça c'est dans le code pénal, ça existe, et vous demandez l'interdiction de manifester. Parce que si on manifeste alors qu'on a été condamné à ne plus manifester, on risque un an de prison et 15 000 euros d'amende.
Donc à titre personnel, un certain nombre des gens qui sont là, si les procureurs obtiennent gain de cause finalement, seront privés par le droit de vote pendant combien de temps ?
Ils les ont déjà obtenus, il y a déjà eu des privations de droits civiques très nombreuses. les condamnations qui ont été faites, et après c'est la proportion de ce que demande le procureur de la République, ça peut être quelques mois comme quelques années.
Il y a aussi, si j'ai bien compris, des dénonciations à l'employeur, ça aussi c'est une mesure ?
J'ai demandé en effet à tous les procureurs de la République d'informer les employeurs, parce qu'il y a beaucoup de gens qui ont un métier, qui ont un travail, parfois dans un emploi public, parfois un emploi privé, de prévenir effectivement tous les employeurs. que leur salarié, leur agent, a été dans un pillage, a été dans une émeute.
L'interdiction de manifester, c'est une mesure extrême. Le droit de manifestation, le droit traditionnel, républicain, un certain nombre de gens diront, bien sûr, les violences sont inacceptables, mais un certain nombre de gens diront, il y a aussi tous les manifestants pacifiques. Est-ce que vous assumez ça d'arriver à des mesures aussi lourdes
Mais que pensent les commerçants ? qui ont vu leur boutique attaquer, piller, leurs collaborateurs harcelés, menacés, eux-mêmes menacés. J'ai rencontré à Lille, j'ai rencontré à Marseille des commerçants dévastés, des buralistes qui n'ont plus rien, des personnes qui ont vu des hordes sauvages venir dans leurs magasins. Est-ce qu'on accepterait que samedi prochain, il y ait encore un bis repetita ? Qu'on continue à piller, qu'on continue à attaquer sous prétexte que tout est possible, tout est permis ? Non. ceux qui organisent les manifestations et les manifestants qui veulent lutter contre le gouvernement, la vie chère ou que sais-je, voient leur cause être privée par ces ordres de sauvages. Ils doivent eux-mêmes les dénoncer. Et il y a un temps évidemment constitutionnel normal de manifestations, il y aura toujours des moyens de manifester. Le préfet, il va dire... Vous ne ferez pas la grand place de Lille, je prends cet exemple pour bien connaître ma région, mais vous avez le droit d'aller manifester, par exemple, je ne sais pas ce qu'a fait le préfet de Lille, à la Citadelle, c'est-à-dire un endroit où il n'y a pas de commerçants. Oui, au droit de manifestation, non au
droit de casser. On arrive à des situations extrêmes. Le préfet de police de Paris qui dit, oui, peut-être qu'il faut que vous, les commerçants, vous ayez recours à des sécurités privées. Qu'est-ce qu'il en est, d'après vous, de la légitime défense ? Le code pénal, l'article 122.5, 122.6 ? formellement donne cette possibilité. Tous les spécialistes de la justice vous disent mieux vaut ne pas le faire parce que vous risquez quelque chose. Quelle est la recommandation du ministre
Moi je suis d'une extrême fermeté. Je demande avec beaucoup d'insistance d'être impitoyable de la part des procureurs de la République. Et j'espère que les magistrats du siège les suivent. Ils les suivent en ce moment pour éviter cela. Pour éviter que la justice se fasse soi-même. La grande défaite pour la justice, c'est quand les citoyens se font justice eux-mêmes.
Mais que faire, quand on a vu en France, en 2026, des rues entières, parfois, où il y a eu des pillages, parfois, successifs ? On a montré dans notre émission des commerçants qui ont été pillés, non pas une fois, deux fois, trois fois, quatre fois. On a le témoignage de ce jeune de Montpellier, jeune commerçant, qui disait, ils sont entrés dans ma boutique, et il disait, avec beaucoup de courage, moi, j'ai lutté, barre de fer en main. Quel conseil vous donnez dans un cas pareil ? Est-ce qu'il faut se battre laisser piller parce que c'est plus prudent ?
Moi, je suis fils de commerçant. Je vois très bien le drame absolu que ça peut être, indépendamment de son bien, de cette agression inacceptable. Et l'État doit garantir, l'État, on l'a déjà dit, le ministre de l'Intérieur l'a dit, a failli samedi dernier. Donc évidemment, il faut tout faire pour empêcher ça. Je comprends très bien les énervements, très bien les volontés de se défendre. Mais c'est aux policiers... c'est à la justice de défendre les citoyens. Ils payent des impôts pour ça, et c'est le pacte que nous avons avec les citoyens.
Il n'est pas tout à fait tenu samedi passé ?
Non, mais il faut utiliser d'abord tous les moyens qu'a le ministère de l'Intérieur pour pouvoir empêcher que cela fonctionne. C'est hors de barbare, bien évidemment. Moi, j'ai été ministre de l'Intérieur 4 ans et demi. Je sais que c'est un métier extrêmement difficile d'être ministre de l'Intérieur, mais je pense que là, il faut faire des interpellations dès le début des interdictions de manifestations. Le RAID, le GIGN, la BRI, nous devons mobiliser des forces spéciales. comme je l'ai fait pendant les émeutes de Naël. Au bout de quatre jours, vous savez que les choses se sont arrêtées parce que nous avons mis une force extrêmement importante en face. Et puis, il faut utiliser des armes aussi que parfois le Parlement. Et parfois même le Rassemblement National le refuse. Moi, j'ai demandé la reconnaissance faciale et la vidéo algorithmique. Si nous avions ça aujourd'hui, ce serait très efficace. Il y a des moyens, pardon,
même à travers la cagoule, n'est-ce pas, d'avoir certains moyens de reconnaissance faciale ?
Mais j'ai aussi demandé des moyens de traçage, des traçages de marquage dans les manifestations, vous savez, qui sont très mobiles en général, les casseurs, les black box ultra-gauches.
Vous les souhaitez ? Bien sûr. Si vous étiez au pouvoir en 2027, on verra sous quelle forme, mais vous instauriez ce genre de... Moi, j'ai
proposé par deux reprises et par deux reprises, on me la refuse. Je parle le Parlement et notamment le Rassemblement national qui a toujours lutté contre la reconnaissance faciale, par exemple. Donc je pense qu'il faut désormais, comme la menace a changé... Totalement, il faut s'adapter, il faut donner les moyens technologiques à nos policiers, à nos gendarmes, à notre justice, de prouver qu'ils sont ces casseurs et ces pilleurs.
Le cas extrême d'Orléans, ce samedi, ce qui va se passer, c'est le congrès du RN et les manifestants anti-IRN. On a les derniers chiffres projetés par le préfet, on parle de 20 000 à 30 000 personnes. C'est une situation explosive.
Oui, je fais toute confiance au préfet d'Orléans, aux policiers, aux gendarmes, aux ministres de l'Intérieur, parce qu'il s'agit d'un sujet d'ordre public, pour qu'on puisse tenir un meeting politique, bien évidemment, et que des gens qui veulent manifester contre puissent le faire. Ça, ce n'est pas très nouveau, mais qu'ils le fassent dans le calme.
Est-ce que vous envisagez des interdictions ? Je crois que certaines sont envisagées déjà, mais une interdiction générale de manifester, ou est-ce que ce serait en recul de la démocratie ?
A Orléans. Je ne peux pas vous dire, je ne suis pas en responsabilité, je n'ai pas les informations. Mais dans l'esprit,
est-ce que ça vous paraît imaginable qu'un grand parti ait une manifestante ? Personnellement,
non. Je pense que le RN a le droit de faire un meeting et je pense que les gens ont le droit de manifester contre le RN. Simplement, il doit se faire dans le calme. La vérité, c'est que nous sommes aujourd'hui dans une situation où des gens veulent lutter contre la démocratie même. L'ultra-gauche, la gauche radicale, il faut bien comprendre ça. Elle est en partie présente dans tout ce qui s'est passé. Nous le savons. Ce sont des gens qui ne veulent pas nous battre dans les urnes. Ce sont des gens qui ne veulent pas qu'on tienne des meetings politiques ou qu'on discute sur un plateau de télévision interrogé par un journaliste qui pose des questions assez logiques dérangeantes à un ministre. Ce sont des gens qui ne veulent pas de démocratie. Combien sont-ils ? Combien de centaines
de gens ? Quand on voit par exemple, pour l'instant c'est une suspicion, on verra ce que dit la justice, mais ce qui s'est passé à Limoges, hôtel de ville de Limoges, dévasté. Drame, c'est une grande mairie des années 1880, ou si j'ai bien compris, c'est un militant lié à l'ultra-gauche qui est
? En tout cas, nous verrons ce que donnera l'enquête, et je ne veux pas présumer de la condamnation éventuelle, puisqu'on est tout au début. C'est une personne, la première personne qui a été interpellée, fichée S, d'ultra-gauche, dont on connaît manifestement, nous disent les services du ministère de l'Intérieur, l'engagement, et notamment l'engagement contre les forces de l'ordre, puisqu'il est poursuivi pour une tentative de meurtre contre un policier. Donc ça commence à faire beaucoup, c'est pas tout à fait. quelqu'un de lambda. Est
-ce que des moyens de fichage supplémentaires sont possibles ? On sait à quel point, on avait la DGSI qui était dans une interview comme celle-ci il y a quelques mois, qui disait qu'ils sont limités en ça.
je vous rappelle que quand j'étais mis à tort, j'avais parlé d'éco-terroristes. Tout le monde va me dire, c'est vraiment affreux. J'ai parlé d'ultra-gauche radicale, terroriste potentiel. J'avais évoqué la possibilité que notre menace de demain, c'est bien sûr le terrorisme islamiste, c'est des gens d'ultra-droite, racistes, bien évidemment. Il y en a des suprémacistes, des accélérationnistes, on pourrait parler de ce sujet, et des gens d'ultra-gauche qui sont des terroristes et qui demain, nous ne vont pas simplement s'en prendre bien. à la mairie, mais sans prendre au maire, au maire de Limoges, à un homme politique, à un policier, à un journaliste. Nous avons connu ça dans les années 70, s'attaquer à un grand capitaine d'industrie, s'attaquer à un chef d'entreprise, s'attaquer à un préfet. Attention, nous ne sommes pas très loin de ce passage-là. Je l'ai dit il y a plus de trois ans, à l'époque, y compris... Les plus modérés m'avaient dit qu'ils exagèrent. Donc oui, la DGSI, pour parler du ministère de l'Intérieur, a des moyens de suivi. Et quand il n'y en a pas assez, par exemple, ce qui nous manque dans les services de renseignement, c'est des techniques de renseignement. En gros, des écoutes téléphoniques. Il y a plein de réseaux sociaux aujourd'hui pour lesquels les policiers, les gendarmes, ne peuvent pas avoir les informations parce qu'ils n'ont pas l'autorisation par le Parlement de regarder ce qui se passe dans les réseaux sociaux d'aujourd'hui.
On ira à des méthodes plus policières, les Etats-Unis le font, ils se gênent pas avec la NSA. Alors là, c'est l'état policier aux Etats-Unis qui a libre cours, pour ainsi dire.
la question c'est est-ce qu'il faut laisser de la liberté aux ennemis de la liberté pour apprendre une vieille leçon révolutionnaire ? On ne combat pas les ennemis de la liberté dans un état autoritaire. Donc évidemment qu'il faut des droits de la défense, des libertés publiques, mais on n'est pas naïfs non plus sur le plan sécuritaire. Donc il faut un équilibre aujourd'hui devant la menace que représente l'ultra-gauche. et d'une certaine manière de l'ultra-droite, même si c'est évidemment pas le sujet d'aujourd'hui, nous devons rehausser nos exigences de sécurité et donner des moyens à nos policiers, à nos gendarmes, de prouver qu'ils sont en effet des gens qui veulent mettre la terreur.
Monsieur le garde des Sceaux, le gouvernement dont vous êtes a eu des accusations, a tenu des accusations très dures contre la France insoumise. Est-ce que vous avez des faits ? Vous savez qu'un certain nombre de commentateurs considèrent que vous exploitez, tout le monde exploite, la Rassemblement nationale l'exploite, la France insoumise l'exploite, mais le centre, certains disent l'extrême centre, à sa façon parfois peu exploité ainsi, en disant que... en disant, regardez, ils sont en train de fomenter, pour ainsi dire, une révolte. On n'est pas loin de cette accusation-là qu'on entend parfois.
Moi, je ne suis pas d'extrême-centre, moi, je suis droite, et je suis heureux d'être de droite. Alors,
quelle information, comme on dit un peu vulgairement, avez-vous du biscuit quand vous dites la France insoumise est, pour ainsi dire, instigatrice de ces événements violents ?
Mais, dans l'islamisme radical, On dit qu'il y a des séparatistes. Et on dit aussi qu'il y a des gens qui font du djihadisme d'atmosphère. C'est ce que dit M. Kepel. On a fait une loi, la loi séparatiste, qui marche très bien. Parce qu'il y a des gens qui excitent. Il y a des gens très intelligents. Les islamistes idéologues sont très intelligents. Et ils excitent des personnes et ils arment les personnes intellectuellement, physiquement, pour passer à l'acte. Contre Samuel Paty ou contre un policier ou contre n'importe qui. Quand la France insoumise, quand Jean-Luc Mélenchon dit que la police tue... que tout le monde déteste la police, que ce sont des éborgneurs, qu'il faut, avec beaucoup de haine, les combattre. A cab, vous savez ce que je veux dire, a cab, c'est-à-dire que tous les flics sont des bâtards, c'est ça que ça veut dire en anglais. Il
a dit qu'on le pense parfois, pas toujours.
Non, non, mais la France Insoumise a dit que la police tuait. Moi, j'ai été mis à l'intérieur, j'ai été insulté pendant 4 ans et demi parce que je soutenais les policiers. Non, non, la France Insoumise, il n'y a aucun doute, avec M. Arnaud, M. Arnaud, il est député fiché S, si j'en crois ce qu'ils disent dans les gazettes, d'ultra-gauche, dont les collaborateurs sont aujourd'hui incarcérés parce qu'ils auraient, je mets du guillemet, attaqué quelqu'un physiquement pour le tuer. Bon, c'est quand même quelque chose d'étonnant d'avoir un député fiché S, d'ultra-gauche parmi soi. Ils n'ont pas pour autant
appris à la... Les extrémistes, il y en a eu tout le temps. Le Parti communiste français prônait la dictature de prolétariat. Ce n'est pas pour autant qu'il est organisé.
Mon degré de respect des partis politiques, ce n'est pas le Parti communiste par ailleurs. Moi, je suis quelqu'un qui accepte le débat démocratique, parfois violent et dur, mais qui n'accepte pas la justification de la violence. Monsieur Mélenchon n'a jamais condamné les violences. A-t-il condamné l'incendie de l'hôtel de ville de Limoges ? Ça aurait été si simple, lui qui fait 48 dans la... journée. C'est comme une question intéressante. J'ai vu à Marseille, quand je pose la question au maire de Marseille, aux élus de Marseille, aux préfets, aux magistrats... qu'ont dit les députés de la France Insoumise à Marseille, que ce n'était pas une bonne façon de se faire entendre. Est-ce que quand vous brûlez des commerces, lorsque vous attaquez des policiers, vous rentrez de force dans une mairie, de gauche en plus, à Marseille, et que vous vous dites que ce n'est pas une bonne façon de se faire entendre, est-ce que vous ne pensez pas qu'en fait, vous vous encouragez à la violence ? Gérard
Lermanin, est-ce qu'on n'est pas de toute façon, dans un certain nombre de cas, très impressionnants et très angoissants, au-delà de la politique ? Les images qu'on a vues, ces assaillants à Douai, qui s'en prennent à des pauvres habitants qui sont là dans leur maison, qui se sentent attaqués, et on a un assaillant marteau en main qu'ils écoutent Jean-Luc Mélenchon ou Marine Le Pen, etc. Ce sont des voyous hors cadre. Quand on voit, pardon, ceux qui sont montés à l'étage, qui ont attaqué des appartements, on a vu des témoignages dans notre émission de famille qui disaient, ils ont commencé à taper contre la porte, on a cru qu'on allait mourir. Qui sont ces gens ? Combien sont-ils en France qui sont à ce degré-là, disons, de danger ? Il se passe deux choses.
Il y a d'un côté la gauche radicale et l'ultra-gauche qui n'est pas liée directement, bien sûr, à la France insoumise. Mais la France insoumise refuse de les condamner. C'est très différent. pour des raisons à la fois politiques et de volonté de chaos. L'ultra-gauche et la gauche radicale, ils sont très politisés, très idéologisés. Ils n'utilisent pas leur téléphone portable, ils ont une sorte de guérilla, ils s'entraînent et ils sont quelques centaines. Peut-être 1 500 sur tout le territoire national. La masse,
quand on voit dans les rues de Marseille, la préfecture qui vous dit qu'ils étaient peut-être 30 000. 30 000 qui pillent dans des rues. Alors il y a une polémique sur le chiffre. Fusse-t-il seulement 20 000 ? 20 000 personnes qui pillent les rues de Marseille en simultanément, ce n'est pas un groupement politique. Et M.
le ministre de l'Intérieur, quand il est allé à Marseille lundi soir, et le procureur de la République de Marseille, a évoqué plutôt 3 000 à 4 000 que 30 000. Mais c'est toujours beaucoup trop de personnes. C'est pas 4000 militants. Non mais il y a deux choses différentes, il faut bien le comprendre. Il y a des gens d'ultra-gauche et de gauche radicale qui organisent. de façon extrêmement perverse, le chaos. Et puis après, vous avez des milliers de personnes, souvent des gens des quartiers, peut-être, il y a aussi des gens des quartiers qui se sont interposés, et je voudrais aussi les saluer, souvent des gens qui sont désocialisés, mais pas qu'eux, parce qu'il y a aussi des bons pères et mères de famille qui ont un travail, qui étaient avec leurs enfants et qui ont pillés, donc il ne faut pas caricaturer les choses, quand même à 90% des hommes, c'est une violence d'hommes dans l'immense majorité des cas, ça devrait aussi nous interpeller, qui eux... ne comprennent plus où sont les règles. Parce que je vais vous dire, quand je vois des magistrats, des magistrats du siège, qui m'expliquent, à Marseille et à Lille, oui, ils reconnaissent d'avoir des sacs, d'avoir pillé un magasin, ils le reconnaissent, reconnaissance de culpabilité pour plus de 60% des cas, mais ils ne voient pas le problème. Ils ne voient pas le problème. Ils disent au magistrat, oui, je suis rentré dans le magasin, je me suis servi, c'est vrai, mais je ne vois pas le problème. C'est terrifiant, quand on en est
là. C'est ce qu'on en fait, là on est au-delà de la politique. C'est une sorte d'acculturation. Quand
vous savez qu'en plus cette société est aussi en perte de repère, du fait sans doute d'une mauvaise intégration, peut-être aussi d'éducation nationale, peut-être aussi des parents qui n'ont pas fait leur travail, peut-être d'une fermeté de l'État qui n'a fait que ça. Est-ce qu'il y a oui
ou non un lien avec l'intégration non réussie ? On voit à quel point Trump l'exploite à l'étranger, d'autres au contraire vous disent c'est un faux débat raciste quand on dit ça, quel est votre avis ? Il y a
évidemment un problème avec intégration par réussie. Il faudrait être sourd et aveugle pour ne pas le voir. Ça ne veut pas dire que 100% des immigrés ou des intégrés... Je suis moi-même issu de cette intégration, sont des personnes qui pillent et qui veulent, bien au contraire. Il y a plein, je viens de voir les agents pénitentiaires, de gens issus d'immigration qui gardent des détenus en prison. La police est pleine d'enfants d'immigration. Donc il y a des... Certains
très courageux, des gens comme Mérabet qui avait, en 2015, sauvé, tenté de sauver... Et nos
soldats sont issus d'immigration pour une partie, nos policiers sont issus d'immigration et même les ministres sont issus d'immigration. Donc ce n'est pas raciste que de dire en revanche qu'il y a des défauts d'intégration. qui sont exactes et qui mènent parfois au vol, au pillage et au meurtre. Mais ce ne sont pas les seuls. Je voudrais aussi dire que, par exemple, dans l'ultra-gauche et la gauche radicale, je reviens aux personnes qui sont au début de ces émeutes, il s'agit souvent d'enfants de bourgeois, très bien installés, qui simplement veulent lutter contre le capitalisme. Exactement. Il y en a à l'avenue Montaigne. Et je ne voudrais pas non plus qu'on jette la pierre qu'à ceux qui habitent Vitaneuse et Tourcoing. Il y en a aussi beaucoup à l'avenue Montaigne, si j'ose dire, des gens d'ultra-gauche qui créent l'attaque contre l'État, l'attaque contre les policiers, l'attaque contre le capitalisme.
Est-ce que l'État a vacillé ? Moi, il se trouve que j'étais pas loin de l'Elysée le samedi passé. Le nombre, la foule qui était là, si on sait, on a eu des indiscrétions, que ça faisait partie, disons, des dangers envisagés, si la foule avait pénétré... par exemple, Place Beauvau, ou à l'Élysée, ou à l'Élysée même. Heureusement, en 2026, on ne tire plus dans les foules, même si elles sont révolutionnaires. Donc, elles seraient entrées à l'Élysée. Qu'est-ce qui se passe ?
Non, mais en scénario noir, ce n'est pas mon boulot. Moi, je suis acteur. Votre boulot, c'est le commentateur, je comprends très bien. Bien
sûr, mais quand on est à ce degré de désordre, où dans plusieurs villes de France, pendant plusieurs heures, des villes, des rues entières ne sont pas sous contrôle de l'État, est-ce que l'État a vacillé ?
Quand on a ce degré de désordre et qu'on se pose même la question sur un plateau de télévision, il faut reprendre la main. de fermeté de façon extrêmement expresse. Et c'est ce que je pense. Chacun a sa position, en tout cas à la chancellerie. Mes ordres, mes instructions, ma volonté pour l'administration pénitentiaire, pour la PJJ. comme pour les parquets qui sont sous mon autorité, c'est d'être extrêmement ferme.
Est-ce qu'il y a eu un défaut de commandement ? Edouard Philippe, que vous soutenez, c'est votre poulain à la présidentielle, quand il a eu ce tweet très dur où il dit « j'aurais préféré ». Il fait la liste de tous les manquements et il dit « notre pays a besoin d'être commandé ». A-t-il raison ?
Moi, bien sûr qu'il faut un pays qui commandait. Moi, j'ai vu un président de la République qui commandait. Je l'ai vu encore ce matin même parce que je suis sûr que le président de la République est absolument le même que j'ai connu quand j'étais ministre de l'Intérieur et qui, pendant quatre ans et demi, m'a permis de faire des Jeux Olympiques sans aucun problème. Grande réussite. Donc il faut... Mais la France est capable de faire des Jeux Olympiques. La France est capable de pouvoir lutter contre le terrorisme islamiste et, objectivement, nous avons des... des belles réussites, même si on peut toujours avoir un attentat demain. Objectivement, nous avons plutôt mis fin aux attentats islamistes. Nous luttons contre la criminalité organisée. Regardez Marseille, il y a beaucoup moins de règlements de comptes qu'auparavant, mais on n'est manifestement pas bon dans le maintien de l'ordre. C'est un constat dans son renseignement. comme dans son commandement, manifestement. Et ça, évidemment, chacun en prend sa part. Et je prends la mienne s'il faut en prendre la mienne. Après, ce qu'il faut être extrêmement clair, c'est que pendant ce moment de tension, il faut laisser les ministres et il faut laisser ceux qui commandent commander. On en tirera des conclusions plus tard. Évidemment, chacun doit rendre des comptes.
Monsieur le gardien, merci beaucoup. Un tout dernier mot, juste sur les lieux. C'est très inhabituel de faire une interview. C'est la première fois que j'entre dans une prison, dans un lieu pareil. Est-ce que ça représente pour vous ? Je crois que vous avez inauguré hier la première prison modulaire. effort que fait l'État quand on a ce cadre-là, la réflexion, disons, au-delà de ça, sur l'état de la société française en regardant le lieu où nous sommes.
Nous avons construisait 700 places par an de prison. On nous en manque. Désormais, on en fait entre 2500 et 3000 par an parce qu'on fait deux fois moins cher et parce qu'on va trois fois plus vite. On fait ça en 18 mois. Ici, vous êtes une prison qui va s'ouvrir. dans quelques jours. C'est une aile de Fleury-Mérogis. Exactement, fin décembre, un autre site de Fleury-Mérogis, 600 places qui ont été construites. Et puis, ce sera pareil à Troyes, ce sera pareil à Maubeuge, ce sera pareil un peu partout sur le territoire national, parce qu'on a révolutionné la façon de construire des prisons. Et donc, c'est bien un truc que je laisserai ici, à la chancellerie, c'est des prisons de sécurité, pas d'or que trafiquants, et c'est la construction beaucoup plus rapide, beaucoup, beaucoup plus rapide de prisons.
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