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a l'impression que personne ne soit très content de cette réunion.
est forcément, nous, extrêmement déçus parce que... Depuis des semaines, je dirais même des mois, on alerte le gouvernement sur le fait qu'il doit prendre des mesures fortes contre la vie chère pour protéger le pouvoir d'achat des Français, pour répondre à des tas de professions qui sont aujourd'hui en difficulté, mais aussi les retraités sur leur pouvoir d'achat et plus récemment les lycéens et les lycéennes. Et on a été en fait ici invités, on s'est rendu compte, à une réunion qu'on nous a présentée comme une réunion technique pour nous expliquer ce qu'était la politique du maintien de l'ordre. Alors vous imaginez bien notre déception. Nous nous sommes venus ici pour dire que les Français attendent des mesures concrètes, fortes. pour leur pouvoir d'achat. Concrètement, nous attendons des mesures fortes sur les salaires, sur les pensions, sur le blocage des prix de l'essence, prix de l'énergie à l'approche de l'hiver. Il faut apporter des réponses à ça. Et enfin, il y a les lycéens et les lycéennes. qui eux manifestent depuis plus de trois semaines maintenant. Ils ont aussi des revendications. Nous avons dit au Premier ministre qu'il était quand même scandaleux qu'il ne les ait toujours pas reçus à ce jour. et qu'il n'y ait toujours pas de réponse concrète qui leur a été apportée. Et donc, là aussi, nous attendons à ce que le Premier ministre prenne des annonces, des mesures fortes concernant les lycéens et les lycéennes qui ne manifestent pas contre une réforme du gouvernement, mais qui manifestent tout simplement pour demander... pour pouvoir étudier dans des conditions dignes. Donc voilà, ce que nous avons rappelé, c'est que dans les heures, dans les jours qui viennent, il faut que le gouvernement apporte des réponses et traite les causes de ces manifestations et pas les symptômes. Et concernant la politique du maintien de l'ordre, comme c'était l'objet de La Réunion, j'ai rappelé au Premier ministre que c'est la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale. que dans notre pays, il y ait eu près de 7000 mineurs arrêtés en aussi peu de temps. C'est la première fois que ça se produit, c'est extrêmement grave, et c'est le signe d'un pays qui est malade. Et on ne traite pas les problèmes. Et avoir près de 7000 de nos enfants mineurs arrêtés alors qu'ils manifestent, et dans la très grande majorité des cas, qu'ils manifestent calmement pour exiger des conditions dignes d'éducation, d'enseignement, c'est grave. Voilà ce que nous avons pu dire.
Nous n
'avons eu aucune réponse sur les questions sociales, aucune réponse aux urgences sociales qui s'expriment dans le pays. Si la seule réponse du gouvernement, la seule réponse du président de la République aujourd'hui, c'est d'interdire des manifestations... C'est encore une fois traiter les symptômes de la colère, mais ce n'est pas répondre aux préoccupations des Français. Moi, je pense aussi à toutes celles et ceux qui aujourd'hui ne manifestent pas, mais qui attendent à ce que l'on apporte des réponses au problème des prix du carburant, aux angoisses des retraités qui entendent parler que dans le budget, on va encore une fois baisser les pensions de certains, geler celles des autres. C'est ce qu'on entend aussi dans le pays et c'est pour ça que cette urgence de prendre des mesures contre la vie chère, il faut la traiter. Interdire des manifestations, ça ne répond pas à ça. Et dans notre pays, il y a un droit constitutionnel, c'est celui de pouvoir manifester. Dans cette réunion, tout le monde a dit qu'il fallait faire la distinction entre les manifestants et les casseurs. Tout le monde est d'accord pour dire qu'il ne faut pas faire cet amalgame. Et donc, s'il n'y a pas d'amalgame à faire, alors l'État... doit traiter la question des casseurs et des pillards, protéger les commerçants, mais aussi protéger les manifestants et garantir le droit de manifester. Ça, c'est le rôle d'un État, et c'est faire respecter notre Constitution et l'État de droite dans notre pays. Si aujourd'hui on commence à interdire les manifestations, voire même à menacer des partis... ou à suggérer de les interdire, comme le font certains, c'est extrêmement grave. Et on rentre dans un autre régime. Et ça, c'est préoccupant.
Vous participez aux manifestations ?
nous avons décidé de participer aux manifestations partout là où elles sont rendues possibles, c'est-à-dire quand elles sont déclarées par une organisation syndicale, une organisation de jeunesse ou par nous-mêmes, quand parfois c'est nous-mêmes qui le faisons, et en le faisant d'ailleurs dans beaucoup d'endroits en accord avec les autorités préfectorales. Mais c'est comme ça qu'on a toujours fait. Et bien sûr qu'il ne s'agit pas pour nous d'arrêter de manifester tant que nous n'avons pas eu satisfaction sur les questions liées au pouvoir d'achat, au prix de l'essence, au prix de l'énergie. C'est quand même ça le cœur du problème.
Vous récupérez l'argent pour le budget que vous utilisez
Ah mais alors là, on va toucher à un autre sujet. Et je peux... Les députés, les sénateurs peuvent vous dire que dans le budget, il y a beaucoup de propositions pour répondre à ces questions-là. Il n'y a pas de problème d'argent dans notre pays. Le problème, c'est comment on l'utilise et en faveur de qui on l'utilise. Il y a une chose qui est sûre, c'est que la période d'instabilité dans laquelle notre pays rentre, parce que ce gouvernement ne veut pas traiter les problèmes, fait qu'aujourd'hui, vous le voyez, les taux d'intérêt augmentent. et que cette crise peut coûter cher au pays, beaucoup plus cher que si le gouvernement décidait de répondre aux préoccupations des Français, des retraités, des étudiants et des lycéens. Et donc il vaut mieux répondre maintenant aux questions sociales et aux questions de la jeunesse, parce que tarder d'y répondre risque de coûter plus cher à la France. Vous êtes sur le ministre de cette réunion,
il a aussi été question de Orléans. Nonobstant votre positionnement politique, est-ce que vous êtes inquiet ? que le congrès du Rassemblement national puisse être empêché, perturbé ce week-end.
Chacun a le droit de faire un congrès et de le tenir. C'est la démocratie. Chacun a le droit aussi de manifester. Il faut le respecter. Et donc, je veux dire, nous sommes dans un pays démocratique. La démocratie, c'est de laisser les idées s'exprimer. En revanche, vous voyez, j'ai vu que dans la dernière période, j'ai vu des forces d'extrême droite manifester la nuit en criant « La France est à nous ». J'ai vu des responsables d'extrême droite, étrangers comme français, dire que le problème de la France, ce sont les immigrés. Eh bien, quand j'entends ça dans mon pays, en République, je me dis que nous sommes en train de dériver vers un régime dangereux qui me rappelle fortement les régimes qui sont arrivés en Europe dans les années 30. Et donc, quand on commence à pointer un bouc émissaire... que sont les émigrés, quand on commence à vouloir interdire des partis, quand on commence à vouloir interdire des manifestations, ce sont des dérives dangereuses qui sont celles que l'on a connues dans les années 30. Prenons garde, prenons garde. Et je suis pour, moi, respecter la démocratie, toute la démocratie, toutes les forces démocratiques. Merci.
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