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Arianna, oui, on interrompt parce que là, on le rappelle, les partis politiques, les représentants étaient reçus à Matignon cet après-midi. On écoute Bruno Rotaillot qui sort de cette réunion avec Sébastien Le Corneau. J'ai simplement pris
la parole pour dire trois choses. La première, c'était la situation cocasse dans laquelle nous étions, puisque siégés à cette réunion, les élus LFI, qui ont une responsabilité majeure dans le climat de violence que la France connaît actuellement. La deuxième chose, j'ai redit ce que je vous ai dit tout à l'heure, qu'on ne pouvait pas écouter le président de la République qui a indiqué il y a quelques heures que l'ultra-gauche voulait faire tomber la République et ne pas se doter des outils qui permettent de protéger la République. L'état d'urgence, j'observe d'ailleurs que le président du Sénat, Gérard Larcher, a fait la même intervention parce que l'état d'urgence, qui est déclaré, c'est la loi de 1955, quand il y a un péril imminent, le président de la République dit que certains veulent faire tomber la République, il y a donc péril imminent, bien sûr, les Français l'ont vu, et donc il faut se saisir de cet arsenal. parce que ça permet de donner une base légale très puissante et ça permet notamment des sanctions pénales. Et ça change tout pour les interpellations et ça change tout pour la judiciarisation, c'est-à-dire que les forces de l'ordre, avec l'état d'urgence, constituent des dossiers qui sont des dossiers bien plus béton vis-à-vis notamment de la justice. Ça c'est fondamental. Troisième élément, j'ai indiqué au Premier ministre, alors qu'il y a quelques semaines, une réunion avait eu lieu, c'était avant les vacances, ici pour déterminer le calendrier de l'élection présidentielle. Et que très majoritairement, les partis, les représentants des candidats étaient défavorables au choix qui finalement a été fait d'ailleurs. C'est-à-dire, je vous le rappelle, le second tour qui se déroulerait le lendemain du 1er mai. Vous imaginez ? Est-ce que vous pensez aujourd'hui que le 1er mai, ce sera une manifestation sans risque ? Ça signifie que si on connaît les mêmes débordements le 1er mai prochain, la veille du second tour de l'élection présidentielle, est-ce que vous imaginez, les Françaises et les Français, le lendemain matin, aller aux urnes pour voter ? Dans quel état d'esprit ? Avec la sérénité nécessaire, je ne le pense pas. Et donc j'ai demandé au Premier ministre de reconsidérer, parce qu'il est encore temps, ce calendrier. S'ils ne le font pas, ça veut dire qu'il y a une arrière-pensée. Est-ce qu'il vous a rassuré sur le dispositif de samedi ? non, il ne m'a pas répondu, il ne m'a pas répondu parce qu'il y a tellement de monde. Le début de la réunion était tellement technique qu'elle va durer longtemps et j'ai du travail. Vous partez plutôt monsieur
Retailleau, vous quittez la réunion avant la fin. Alors on vient d'écouter Bruno Retailleau, qui est candidat à l'élection pour les LR Serge Chimineau, qui reparle de la question de l'état d'urgence. Il demande l'état d'urgence face aux violences en marge des manifestations du week-end dernier et possiblement du week-end d'avenir. Et qui reparle, et là peut-être pour nos téléspectateurs, on peut contextualiser, la question du second tour de l'élection présidentielle qui aura lieu le 2 mai, qui est donc le lendemain du 1er mai, jour de manifestation. Il craint qu'il y ait à nouveau des débordements, des violences et que ça perturbe le contexte électoral.
Ce qui est vrai, c'est que lorsque les partis politiques ont été consultés, beaucoup étaient opposés à cette date-là. Pour autant, les autres dates rentraient dans une période, vous le savez, où les vacances scolaires sont très étalées. Après, il y a des délais constitutionnels qui font que le premier tour doit avoir lieu entre 20 et 35 jours avant la fin du mandat, donc en l'occurrence d'Emmanuel Macron. Donc la fenêtre de tir, elle était assez compliquée à trouver. Après, on peut l'avancer, clairement, je ne sais pas si la date peut changer, mais clairement, on tomberait à ce moment-là dans un débat autour de est-ce qu'on ne favoriserait pas l'abstention, puisque tout le monde serait en vacances, puisqu'on l'avancerait d'une semaine, ce serait entre le 11 avril et le 25. C'est un débat qui existe, qui est posé régulièrement en particulier par Bruno Retailleau. Après, si là... plaisanter deux secondes, s'il a déjà le résultat du premier tour et qu'il sait déjà à qui pourrait être favorable la manifestation du 1er mai, on n'en sort pas. Donc c'est un positionnement tout à fait légitime politiquement parlant, parce que clairement il ne sera pas dans la rue le 1er mai, mais après ça pose quand même le problème de savoir quand est-ce qu'on organise l'élection présidentielle, avec quand même des choses qui sont cadrées par la Constitution. Emmanuel Macron n'a pas dit « tiens, ça m'arrange, je ne fais rien le 11 avril ou le 18 avril ». une question quand on voit le climat d'aujourd'hui, mais est-ce qu'il faut tout calquer sur la situation d'aujourd'hui par rapport à la présidentielle ? De toute façon, la campagne va être compliquée et il y a quand même un avantage à être le 2 mai. Ce n'est pas le 1er mai, c'est que ça donne une semaine de campagne supplémentaire. Parfois, ça peut servir. Vous savez, il faudra quand
même rappeler deux choses. C'est que, un, le 21 avril 2002, dont on connaît le résultat, a eu lieu pendant des vacances scolaires. Donc ça va favoriser une certaine abstention. Deuxièmement, ce n'est pas la première fois que le 1er mai a lieu avant le deuxième tour de l'élection présidentielle. Il y a plusieurs précédents où effectivement le 1er mai avait lieu avant le deuxième tour de la présidentielle. Là, M. Retailleau, qui a quand même assez peu de chances d'être présent au deuxième tour, agite un épouvantail qui est un petit peu hors de propos. Parce que de toute façon... Ce sont des manifestations qui, pour le coup, seront très encadrées par les syndicats et le seront encore davantage l'année prochaine.
Louis Morin.
Sachant
aussi qu'on peut peut-être commenter aussi que Bruno Retailleau est le seul à être sorti visiblement de cette réunion, bien avant les autres. C
'est vrai, tout à fait. Et d'ailleurs, il en a profité pour... Parfois, il s'organise
pour ne pas avoir le micro. Ce n'est pas forcément que ce n'est pas terminé. Il
en a profité également pour délégitimer cette réunion qui, selon lui, n'avait pas lieu d'être, puisque participait la France insoumise. dont il demande, par ailleurs, on le rappelle, la dissolution. Sur le 2 mai, il faut revenir sur le 2 mai, parce que la crainte de Bruno Rotaillot, c'est que ça favorise bien évidemment... à la fois le rassemblement national s'il se trouvait qu'il y avait des débordements, des émeutes à l'occasion de la journée du 1er mai comme il y a pu y en avoir samedi dernier et que ça favorise de l'autre côté bien évidemment la France insoumise. Et donc que ça favorise et bien ce que certains sondages... Mais après le premier tour on est d'accord. Donc l'élection sera jouée. Bien sûr. Alors après le premier tour. Oui, c'est sûr. Ça peut peser sur le second pas sur le premier. Ça peut peser sur le second. Mais voilà. étant donné que ce sont les deux partis politiques qui sont aujourd'hui les plus hauts dans les sondages. Il est fort à parier quand même qu'au moins l'un de ces deux soit présent au second tour. C'est dans six mois l'élection. C'est dans six mois, mais de là à envisager qu'aucun de ces deux partis politiques ne soit présent au second tour, ça paraît assez improbable. Il y a une période de
réserve qui fait que pendant les 24 heures avant le vote, ils n'auront pas la possibilité de s'exprimer pendant les partis politiques. Les partis politiques non, mais les organisations
syndicales, oui, et puis les représentants des forces de l'ordre aussi. Donc au final, on va avoir finalement une élection présidentielle, un second tour d'élection présidentielle qui... aura pour seul débat au cours du week-end des représentants associatifs et syndicaux qui finalement sont de près ou de loin liés tout de même à des intérêts politiques. Et ça pose question.
Ça pose
question,
Arianna Maddy
Oui, après je trouve que honnêtement Bruno Retailleau est quand même dans une grande difficulté au niveau électoral. Donc franchement, déjà l'état d'urgence. C'est quand même... Ça lui permet d'exister Oui, oui. Honnêtement, là, en fait, c'est un truc que vous faites souvent. C'est que par exemple, vous êtes à une réunion politique avec du rapport de force, mais vous n'allez pas la gagner, vous ouvrez un autre champ de bataille. En fait, le but d'un politique, normalement, quand on travaille bien, c'est qu'il soit en leadership, c'est-à-dire qu'il dirige, qu'il initie les débats publics. C'est-à-dire que, par exemple, exactement ce qu'on est en train de faire là, Ce qu'on va rediriger l'attention vers un autre sujet. Vous allez me demander, Madame Amadi, alors qu'en est-il de la date de l'élection présidentielle ? Que ça puisse nous tenir sur un jour, deux jours ? Et pour essayer de décaler un peu la question et aussi en critiquant évidemment la France insoumise. Mais c'est ça aussi le but. Nous, on essaye de faire en sorte que vous, les médias, vous repreniez ce qu'on dit.
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