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Bonjour Olivier Faure. Bonjour. Et bienvenue sur France Info et bonjour Agathe. Bonjour,
bonjour Olivier Faure.
Dans deux jours, ce sera l'acte 2 de la mobilisation contre la vie chère. Le gouvernement promet depuis quelques jours un dispositif massif. Parmi les forces mobilisées, des militaires de sentinelles pour des missions statiques devant notamment des bâtiments publics, les unités d'élite de la police et de la gendarmerie, BRI, GIGN, RAID, des hélicoptères, des véhicules blindés, Centaure, des engins lanceurs d'eau et encore beaucoup d'autres policiers mobilisés. Est-ce qu'à vos yeux, Olivier Faure, c'est un dispositif suffisant ou c'est trop
problème n'est pas d'avoir un dispositif massif, mais un dispositif adapté. Et le gouvernement cherche là, évidemment, à réparer ce qu'il n'a pas fait le week-end dernier et donc veut donner le sentiment que cette fois-ci, il a pris la mesure de ce qu'il s'est passé. J'espère que tout ça se passera dans le calme parce que je ne veux pas que les violences, les dégradations, les pillages viennent invisibiliser un mouvement social qui a des revendications qui sont claires, qui sont légitimes et que le gouvernement aurait dû entendre depuis longtemps. La meilleure façon pour qu'il n'y ait pas de casse, pour qu'il n'y ait pas de pillage, c'est tout simplement de répondre politiquement. à une crise qui est une crise sociale et politique.
Mais au point où on en est, on ne sait pas si une première réponse du gouvernement pourrait résoudre la crise du jour au lendemain. En attendant, à court terme, il faut rétablir l'ordre. Il y a aussi des villes qui, dès aujourd'hui, ont interdit des manifestations, soit partout, soit dans certains secteurs. D'autres villes comme Rouen, Le Havre, Toulon, où les interdictions de manifester concernent même la journée de samedi. Est-ce qu'il faut en arriver là, selon vous, pour... retrouver le calme.
vous voyez bien qu'on est dans une situation où le gouvernement glisse progressivement d'une réponse politique nécessaire à une réponse sécuritaire et exclusivement sécuritaire. Il a la possibilité de répondre. Il a reçu hier les syndicats. Il ne leur a rien dit. cet après-midi, il reçoit les partis politiques. Vous y serez à
14h30.
J'espère qu'à ce moment-là, il aura la bonne idée de dire ce qu'il entend faire et quelles sont les réponses qu'il entend apporter à ces différents mouvements. On ne peut pas traiter uniquement de manière sécuritaire un sujet qui est un sujet d'abord politique. Et s'il y a des gens qui continuent à manifester, c'est parce qu'ils ont le sentiment de ne pas avoir été entendus. Sur votre propre antenne, quand on écoute les lycéens, quand on écoute les étudiants, quand on écoute les salariés, du public et du privé, que vous disent-ils ? Ils vous disent, on veut des réponses. On n'arrive pas à... Mais quel type de
réponse, Olivier ? Qu'est-ce que vous allez dire au premier ministre ? Vous allez me dire, Sébastien, vous connaissez, en plus, vous avez l'habitude de discuter ensemble. Qu'est-ce qu'il peut lâcher ? Qu'est-ce que vous voulez obtenir ?
je veux simplement qu'on entende ce qui a été demandé. Oui, mais
concrètement, vous dites qu'il faut des réponses. Mais concrètement, il faut
un plan de rénovation pour les lycées, pour les collèges, faire en sorte qu'il ne fasse pas trop froid l'hiver, trop chaud l'été. Il faut faire en sorte qu'il y ait des enseignants devant les élèves. C'est quand même extraordinaire. Voilà des élèves qui nous disent qu'on veut des professeurs. On devrait quand même tout simplement les entendre. Dans le projet de budget qui va être en discussion, on a la suppression de 1500 postes de professeurs. On a la réduction de 7 milliards des crédits aux collectivités locales qui ont la charge justement de rénover les écoles. Ça c'est aux députés de travailler là-dessus. Mais les députés y travaillent, simplement. Je vous rappelle que nous ne sommes pas majoritaires. Et donc qu'il a la nécessité pour le gouvernement de dire quelle est sa copie et puis de faire en sorte que c'est un majoritaire. On sait que ça peut faire un objet de
négociation entre les députés et le gouvernement. Mais pour l'instant, est
-ce que vous avez le
sentiment que quelqu
'un est prêt à négocier
? Mais simplement, Olivier Faure, vous parlez des lycéens, vous parlez des étudiants, mais dans la rue, il n'y a pas... Pas du tout que des lycéens et des étudiants. Il y a des personnes, vous l'avez dit, des salariés du public, il y a des personnes qui se plaignent de leur pouvoir d'achat, il y a aussi des militants écologistes. Comment on peut répondre à des gilets jaunes aussi ? Comment on peut répondre à tout le monde ? Ça paraît impossible à six mois d'une présidentielle. Vous pensez qu'on ne peut pas répondre à tout le monde ? Quand on n'a pas de majorité et pas d'argent, ça peut paraître compliqué.
Il y a une majorité pour dire qu'il faut remettre de l'argent sur l'école, sur l'enseignement supérieur, sur les lycées. Il y a une majorité pour le dire. Et donc si le gouvernement est prêt à répondre à cette demande-là, nous y sommes prêts nous aussi, si la question est de savoir si aujourd'hui il faut augmenter les salaires, parce que les gens n'arrivent plus à vivre, y compris quand ils sont salariés. C'est quoi le mouvement des Gilets jaunes au départ ? Ce sont des gens qui travaillent, mais qui n'arrivent pas à vivre de leur travail, qui ne peuvent plus payer les frais courants, qui ne peuvent plus payer à leurs enfants des loisirs, des vacances. Et il faudrait qu'on s'en satisfasse, qu'on dise « oui, ok, c'est comme ça ». Donc il faut augmenter
les salaires comme le réclame la CFDT ? Absolument, bien sûr.
Bien sûr, il faut augmenter le SMIC, il faut aussi faire en sorte que toute l'échelle salariale soit revue. Ça, ça ne se décrète
pas non plus, ce n'est pas le gouvernement qui va décider d'augmenter tous les salaires. Le coup de pouce au SMIC,
c'est le gouvernement. Dire qu'on réindexe les salaires sur l'inflation, c'est le gouvernement. Tout ça, c'est possible, il y a d'autres pays qui le font. Donc pourquoi est-ce que nous ne le ferions pas ? Vous voyez bien que ce qui se passe aujourd'hui, c'est une crise multidimensionnelle. Peut-être parce qu'on a aussi une
situation économique qui est complexe, une croissance qui est à tonne, des entreprises qui sont en difficulté et qui sont inquiètes, y compris à cause de la situation. Oui,
et vous croyez que
les
solutions qui sont présentées depuis dix ans par ce gouvernement-là ont résolu quoi que ce soit ? On a là une crise qui est devenue multidimensionnelle. Alors même que si vous voulez relancer la consommation, il faut donner de l'argent aux gens. Et donc ce qui se fait, je prends l'exemple espagnol, avec Pedro Sanchez, président du gouvernement socialiste espagnol. Qu'est-ce qu'il a fait ? Il a augmenté le SMIC, alors pas en un an. Et on rappelle que les salaires en Espagne ont très peu augmenté ces 20 dernières années, Olivier Faure. Oui, mais enfin là en l'occurrence, le SMIC a augmenté de 60%. Et donc vous voyez bien que ce qui a tiré la croissance espagnole, c'est la consommation populaire. Et donc vous ne pouvez pas... pas chercher à étouffer les contestations, alors même qu'elles sont l'une des réponses aussi à la crise économique que nous vivons.
Et s'il n'y a pas de réponse, tout à l'heure à Matignon, vous faites quoi ? Et est-ce que vous irez manifester, vous, samedi
Samedi, je serai à Orléans avec toute une série d'organisations pour faire face au discours de Marine Le Pen et au discours de l'extrême droite, dont on sait qu'il peut être l'année prochaine. le refuge de nombreux électeurs. Et donc, je ne serai pas dans les manifestations contre la vie chère et pour le respect des revendications des lycéens et des lycéennes, mais je serai effectivement dans le mouvement aussi, de notre façon.
Justement, Marine Le Pen était à votre place hier sur France Info et elle fait référence au fait que vous avez prévu de vous rendre à Orléans parmi les organisations qui veulent prévoir des contre-manifestions. Perturber le congrès du RN, on l'écoute.
Non, il ne s'agit pas de perturber.
fou qu'en réalité, ça ne scandalise plus personne que des mouvements cherchent à empêcher le déroulement de la vie d'un parti ou le déroulement d'une campagne. Est-ce que le Rassemblement Sénage, une fois dans sa vie, a organisé une manifestation pour chercher à interdire un meeting d'un autre parti politique ? Jamais. Monsieur Faure a dit qu'il serait présent, des dirigeants, des verts, monsieur Bagayoko, madame Binet. sera présente et ça ne dérange personne.
'est vraiment votre place, Olivier Faure, secrétaire général du Parti Socialiste ? La première chose,
Agathe Lambret, c'est qu'il ne s'agit pas d'aller perturber le congrès du Rassemblement National qui se tiendra. naturellement. Vous souhaitez qu'il se
déroule dans les bonnes conditions
? Mais bien sûr, moi je n'ai pas l'intention d'aller perturber, de rentrer dans leur congrès, de venir faire le coup de force, bien entendu que non. Dans un contexte
pareil aussi éruptif, alors qu'il y a eu des émeutes en France, qu'il y a peut-être des émeutes qui vont se produire samedi, se rendre avec d'autres organisations, des milliers de personnes autour du congrès d'un parti. Si vous ne pensez pas le perturber, qu'est-ce que vous pensez faire ? On sait
qu'il y aurait là la volonté d'un coup de force et d'un affrontement direct avec les forces de l'extrême droite. Nous ne sommes pas les nervis qui ont défilé à Lyon cette semaine encore. Pardonnez
-moi, mais quand on entend ce matin encore sur France Info l'inquiétude du maire d'Orléans, une ville qui va être quasiment bouclée avec plus d'une dizaine probablement de compagnies de CRS, et l'inquiétude qu'il y ait de la casse, qu'il y ait des violences, on peut quand même s'interroger sur le rôle des
politiques. Moi, ce qui m'inquiète, c'est la banalisation de l'extrême droite. inquiète, c'est le fait que personne ne veuille voir que ce parti, l'année prochaine, peut effectivement exercer le pouvoir et qu'il peut instaurer une xénophobie d'État. Voilà ce qui m'inquiète. Donc vous n'êtes pas inquiet qu'il y ait des violences ? Parce que c'était ça ma question, Olivier Faure. Je ne souhaite aucune violence, je ne participerai à aucune violence et je les condamne si elles devaient exister. Ce que je dis simplement, c'est que vous ne pouvez pas non plus maintenant en arriver à interdire des mouvements qui sont là simplement pour rappeler ce qu'est à la fois notre histoire, ce que sont aussi... les dangers. Je vois aussi Donald Trump qui s'ingère maintenant dans la vie politique française, qui appelle à l'élection de Marine Le Pen. Je ne sais pas tout à fait
ce qu'il a dit. Il a dit que Marine Le Pen était représentée la ligne conservatrice en France. Il a dit qu'il ne la connaissait pas, par ailleurs. Il
ne la connaît pas personnellement, mais chacun a bien compris ce qu'il faisait et chacun a bien compris quelle était sa préférence pour l'année prochaine. Mais ça veut dire que le RN n'est pas un parti légitime, Olivier Faure ? déjà perturbé à plusieurs reprises des élections dans toute l'Europe. Oui, mais attendez, parce que là, on
vous parle du RN qui fait son congrès ce week-end. Oui,
très bien. Ce n'est pas un
parti légitime pour vous
Mais je ne demande même pas à interdire le rassemblement national. Je ne dis pas qu'il faut empêcher son congrès. Je dis simplement que moi je suis là pour rappeler ce qu'est cette force politique et ce qu'elle représente dans notre histoire et potentiellement dans notre avenir. Et donc qu'il y ait des gens qui viennent rappeler ce qu'elle est, qui viennent dire quels sont les dangers, les menaces que représente l'extrême droite en France. Si vous pensez que c'est l'extrême droite qui peut rétablir l'ordre en France, vous vous trompez. Ils vont instaurer le désordre, le vrai désordre. Albert Camus, le vrai désordre, c'est l'injustice. Eh bien, il faut en revenir à ça. Et moi, je ne veux pas d'un parti qui instaure l'injustice dans notre pays.
On peut Olivier Faure se demander si c'est la place des politiques en général que d'être à cette manifestation ce week-end. On peut se demander aussi si c'est la place du premier secrétaire du Parti Socialiste. Parce qu'il y aura notamment la CGT, mais aussi Balik Bagayoko, le maire de Saint-Denis, qui qualifie Raphaël Glucksmann, vainqueur de la primaire de la gauche, vainqueur de votre primaire. primaire de la gauche caviar, et de nouveau Macron, juste après sa victoire. Est-ce que c'est normal de s'afficher à ses côtés samedi ? Mais la gauche, elle a toujours été
diverse. Et je le dis à Bali Bakayoko, comme je le dis à Jean-Luc Mélenchon, comme je le dis à Raphaël Luxemmen, comme je le dis à tout le monde. La réalité, c'est qu'à force d'avoir des gens de gauche qui finissent par considérer que le débat, il est entre la gauche et la gauche, eh bien, on ouvre... directement les portes de l'Elysée à Marine Le Pen et aux siens. Et donc, moi, je suis à chaque fois dans les rassemblements qui permettent d'avoir une parole qui est une parole commune, qui permettent de dire des choses qui sont justement le point commun de toutes celles et ceux qui militent à gauche aujourd'hui. Et notre point commun, il doit être de battre l'extrême droite l'année prochaine.
Mais donc la victoire de Raphaël Glucksmann, c'était censé être sur une ligne claire, c'est-à-dire la rupture avec LFI. Et vous, quelques jours après cette victoire, vous allez vous afficher contre le RN avec LFI ? Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que c'est pas ça la ligne finalement
? Je ne comprends pas très bien le sens de votre question. Mais il a une élection présidentielle dans laquelle vous avez des candidats qui se font concurrence. En l'occurrence, vous avez Raphaël Glucksmann, notre candidat, et puis vous avez Jean-Luc Mélenchon. Bon, il n'y a pas d'alliance. Et donc, effectivement, si la question se posait de savoir s'il peut y avoir une alliance entre LFI et les socialistes et place publique dans l'élection présidentielle, la réponse est non.
Et aux législatives ?
Et nous verrons aux élections législatives ce qu'il se passera. Mais cesser de tout mélanger et de faire comme s'il n'y avait pas de combat commun possible entre la gauche et la gauche. On parle, si on revient au sujet initial, les manifestations qui aujourd'hui sont les manifestations que le gouvernement n'entend pas. Mais à l'Assemblée, sur le budget, nous défendons ensemble des positions communes.
Justement, on en parle dans un instant de ce que vous avez proposé sur le budget. Avec Olivier Faure, premier secrétaire du PS, on parlait des réponses apportées par le gouvernement à cette crise. La loi Casseur-Payeur fait partie de ces réponses, même si c'est une autre crise qui en est à l'origine. Elle vise à faire payer les dégâts à toute personne appartenant à un groupement et ayant commis des dégradations. Aujourd'hui, c'est l'État qui est civilement récent. responsable des dégâts et dommages résultant de ces attroupements. Est-ce que vous trouvez ça légitime et est-ce qu'il faut en passer par là
loi a déjà existé. Elle a été abrogée en 1981 par François Mitterrand. Pourquoi ? Parce qu'il est complètement irresponsable de justement rendre responsable des gens qui n'ont commis aucun fait. Si vous vous trouvez au milieu d'une horde qui casse un magasin et que vous donnez le sentiment de ne pas chercher à vous échapper, vous pouvez demain être tenu. justement comptable de ces dégradations. Oui,
alors précisément, la faute consistera à participer soit à un attroupement malgré les sommations en pleine connaissance de ses membres, soit à un groupement formé en vue de commettre des violences et des dégradations.
Tout ça, c'est dans la pratique qu'il faudra le voir. Comment voulez-vous arriver à... Vous avez des gens qui sont parfois, y compris, nassés, qui sont... Vous ne faites
pas confiance au juge pour arriver à distinguer ce qui en relève ou ce qui n'en relève pas de cette disposition ?
Moi, je n'aime pas l'idée d'une responsabilité collective avec des gens qui sont coupables de rien. Donc je suis pour qu'au contraire, on individualise les peines, qu'on fasse en sorte que les gens qui sont appréhendés parce qu'ils ont commis des délits puissent là répondre de leurs actes. Mais je ne veux pas que d'un seul coup, on ait là un gouvernement qui cherche à maintenant condamner... J'allais dire dans la mêlée, pour ne pas répondre de ses propres actes. Et c'est là la difficulté du moment. C'est qu'on voit bien qu'il y a une dérive sécuritaire de ce gouvernement qui a décidé de complètement invisibiliser toutes les revendications qui sont portées.
Vous pensez, pardonnez-moi Olivier Faure, que le fait que les casseurs paient pour ce qu'ils ont dégradé, en plus ce serait dans la limite de 10 000 euros, ça les Français n'y sont pas favorables ? Mais que les casseurs
soient appelés à rembourser, il n'y a aucun problème. Sur le principe, vous êtes d'accord. Mais les casseurs. Mais moi, ce que je vous dis, c'est que quand on commence à avoir d'un seul coup une responsabilité collective, avec des gens qui sont dans un attroupement et qui se retrouvent là, parfois par hasard, vous ne savez pas pour quelles raisons ils n'ont pas pu s'échapper, pourquoi ils sont... Enfin, ce n'est pas possible. Ça, vous trouvez ça excessif.
Mais en revanche, qu'on demande... Parce que là, à court terme, c'est ce que le gouvernement veut faire. Il y a quand même 3 000 commerces qui ont été touchés. des centaines de millions d'euros de dégâts. Le gouvernement veut ponctionner les allocations familiales du montant du butin de ces casseurs. Ça, ça vous paraît plus légitime. Mais
Agatelandré, voilà un gouvernement qui est coupable d'inaction et qui maintenant cherche à se rattraper de son inaction en cherchant à condamner des gens qui n'y sont pour rien, qui n'ont pas commis de délit. Là, on parle des casseurs. Là, on parle de ceux qui ont volé. Pardon, mais enfin, quand vous dites que vous allez condamner une famille parce qu'il y a un des enfants qui a commis un délit, pardon, ça s'appelle une punition collective. Mais alors
c'est à qui de payer ? C'est aux Français ? C'est à l'État ?
Mais je dis qu'effectivement, il faut que celles et ceux qui pillent, qui volent, qui cassent, ceux-là aient à répondre de leurs actions. Mais s'ils sont mineurs ? C'est ça l'objet de la proposition du gouvernement. Mais qu'est-ce que vous voulez faire ? Vous voulez maintenant que... Représentez-vous bien les choses. Vous êtes là avec des familles qui en général sont déjà dans la difficulté financière. C'est mieux que ce soit les contribuables qui payent. Si vous avez un enfant, un mineur de 14-15 ans qui est parti voler des baskets et que vous vous retrouvez avec une amende à payer où on prive en fait... Toute la famille, avec des frères, des sœurs, une fratrie, qui eux-mêmes vont se retrouver dans la difficulté. Vous pensez qu'on aura résolu quoi ? Franchement, je demande à ce qu'on réfléchisse un instant aux actes que l'on commet. Aujourd'hui, on a l'impression que ce gouvernement-là n'a qu'une seule réponse, c'est d'aller chercher à dévier de sa responsabilité, la dévier vers les autres. Moi, ce que je veux, c'est un gouvernement qui agisse, qui protège les commerçants, qui protège aussi les manifestants et qui répond aussi, quand les questions lui sont posées, qui répondent tout simplement. Comment expliquez-vous le fait que vous ayez là un gouvernement, un Premier ministre, qui n'a toujours pas reçu les lycéens et les étudiants ? Comment c'est imaginable qu'on n'ait pas encore compris qu'il y a un problème de salaire dans ce pays ? Ils ont été reçus
au ministère de l'Éducation, mais c'est vrai, ils n'ont pas été reçus par Batignon. Vous dites qu'il faut protéger les commerçants. Est-ce que vous soutenez les couvre-feux ciblés qui ont été instaurés en France depuis quelques jours ?
Vous voyez, Agathe Lambret, ce que vous faites depuis le début de cette émission, c'est que vous nous parlez exclusivement. que de réponses sécuritaires. Alors
pas du tout, parce qu'on vous a demandé ce que vous alliez dire à Matignon et qu'est-ce qu'il fallait faire sur le fond, notamment pour les lycéens. Non, vous avez dit pour les lycéens qu'il fallait rénover les lycées, revoir la réforme du bac. Là, je vous interroge, vous dites qu'il faut protéger les commerçants. Mais oui, mais
l'essentiel, vous comprenez bien que... Est-ce que vous soutenez les couvre-feu, Olivier Faure ? C'est pas une question difficile. Mais si vous voulez qu'il n'y ait plus de couvre-feu, si vous voulez qu'il n'y ait plus de manifestation, si vous voulez que le calme revienne, ce que je souhaite du plus profond de moi-même, il faut
répondre sur le fond. Mais en attendant, Olivier Faure, si vous étiez au pouvoir Et suite à des scènes d'émeute comme ça, est-ce que vous auriez mis en place des couvre-feux ? Est-ce que vous soutenez ces couvre-feux ?
Mais voyez bien que les couvre-feux... Ils sont la réponse à l'inaction de la semaine passée. Et que si on avait eu des effectifs suffisants, si on avait réussi à faire en sorte de protéger les commerces, les bâtiments publics, et tout ça, cette question ne se serait même pas posée. En l'occurrence, elle se pose, Olivier Faure. Moi, je suis pour que l'on préserve à la fois les libertés publiques, et notamment celles de manifester, celles de s'exprimer, tout en protégeant, évidemment, les biens publics comme les biens privés. Mais donc c'est un en même temps, mais sur le couvre-feu, ça donne quoi ? Raphaël Glucksmann, il soutient les couvre-feu. la république c'est ça la république c'est de défendre protéger les biens les personnes et en même temps protéger en fait les libertés publiques. C'est ça la République. Mais donc comment alors
? Avec ou sans couvre-feu ?
Mais vous pouvez avoir des couvre-feu qui soient très partiels et très temporaires. Ça peut être une façon de faire souffler les forces de sécurité. Mais comprenez bien que ça n'est pas une réponse qui peut être une réponse durable. Vous vous rendez compte qu'on est en train de mettre en place tout ce que les régimes illibéraux mettent en place dans des régimes qui sont justement des régimes que nous condamnons, qui sont des régimes autoritaires. Le pouvoir macroniste devait au contraire, c'était la promesse initiale, devait être un pouvoir progressiste. Il devait permettre de s'opposer justement à tous ces régimes illibéraux qui sont apparus dans l'Europe entière. Et voilà qu'aujourd'hui, nous sommes devenus, malgré nous, un modèle pour les illibéraux. Ça ne va pas. En quoi ces couvre-feux sont-ils illibéraux ? Vous trouvez ça normal qu'il y ait des couvre-feu dans notre pays ? Peut
-être pas, mais il y a des explications à ça aussi ces derniers jours. Je ne vous dis pas qu'on ne peut pas en avoir du tout. Je viens de vous dire qu'on peut avoir des couvre-feu très temporaires et très
localisés.
Mais c'est ce qui se passe
d
'ailleurs dans
des centres-villes. Oui, mais ce que je vous dis, c'est que ça ne peut pas être une réponse durable. Ça ne peut pas être la façon dont on organise la sécurité dans notre pays. On ne peut pas être dans un pays où on attendait des manifestations. On est au contraire dans un pays où les forces de sécurité... Les forces de l'ordre, les gardiens de la paix ont pour mission de garantir des droits
constitutionnels. Les manifestations interdites dans certains centres-villes aujourd'hui, vous dites que ça n'est pas normal. Quand ce sont
des manifestations déclarées, quand ce sont des manifestations qui sont spontanées, etc., évidemment qu'on ne peut pas autoriser le chaos. Mais en revanche, quand vous avez un syndicat qui dépose un parcours, qui le fait avec la préfecture, oui, effectivement, on ne peut pas l'interdire. Et d'ailleurs, vous verrez qu'à chaque fois que c'est le cas, il y aura la saisine du juge des référés et que le juge des référés systématiquement revient sur les décisions, l'interdiction qui sont exagérées.
Olivier Faure, le monde nous regarde. Les marchés, les investisseurs s'inquiètent de cette instabilité en France, de ces violences. Le taux d'emprunt de la France à 10 ans a dépassé les 5%. C'est du jamais vu depuis 2002. Dans ce contexte, le gouvernement cherche un budget pour 2027. Et vous, depuis le début, vous menacez de censurer l'exécutif. Qu'est-ce que vous faites ? Est-ce que vous pouvez vous permettre de rajouter une crise politique à la crise sociale et économique ?
Non mais c'est trop facile. Vous avez là des gens qui sont eux-mêmes la cause de la crise et ensuite qui viennent nous expliquer que c'est nous qui devrions réparer. Mais moi je veux dire une chose très simple, si les taux d'intérêt à 10 ans ont passé la barre des 5%, c'est tout simplement parce que c'est le désordre. Et le désordre il est lié à quoi ? Il est lié et ça va coûter très cher. puisque là, en fait, c'est la charge de la dette qui va augmenter très sensiblement et ça se compte en dizaines de milliards. Je fais 90 milliards, effectivement. Eh bien, si vous voulez éviter... que la charge de la dette augmente, il faut répondre et ça coûtera beaucoup moins cher. Là, vous allez avoir une augmentation qui va être très supérieure à ce qu'auraient coûté, par exemple, les 10 milliards que demandent les lycéens. Moi, je vous dis, faites en sorte que vous donnez les 10 milliards aux lycéens, vous n'aurez pas la fin de la dette.
Ah, donc vous, vous dites, il faut lâcher les 10 milliards aux lycéens, les 10 milliards que demandent certains syndicats lycéens, il faut les donner ? Mais la réalité, les 10
milliards, c'est que ce n'est pas 10 milliards cette année, c'est 10 milliards qu'il faut... Et talonné, pourquoi ? Parce que, échelonné, pardon. Parce que tout simplement, en fait, même si vous disiez on met 10 milliards sur la table, on ne va pas rénover tous les lycées en même temps, on ne va pas rénover tous les collèges en même temps, parce que, y compris, le BTP ne suivrait pas. Pardonnez-moi, Olivier, c'est pas complètement paradoxal. Au moment
où Agathe Lambret vous parle des taux à 5%, vous dites, il faut lâcher 10 milliards. Mais on est en train de lâcher 10 milliards, là.
Ils sont en train de lâcher plus de 10 milliards. Vous comprenez bien que quand les taux augmentent à ce niveau-là, c'est plus de 10 milliards de charges de dette qui va progresser. Oui, mais c'est aussi dû à l
'instabilité politique, et vous le savez bien. Mais l'instabilité politique, elle est liée à quoi ? Pardon, mais enfin,
pardon. Mais moi, je veux bien tout ce qu'on veut, Adrien Beck. Mais ce que je vois, c'est que vous avez un gouvernement qui, depuis un mois, est confronté à des mouvements sociaux. Il n'y répond pas. Il ne reçoit personne. Et ensuite, on s'étonne que le mouvement se radicalise. Moi, je dis simplement que quand on est un gouvernement responsable, qui ne veut pas... Parce que là, on est en plein dépôt de bilan. Pardon, mais enfin, si vous voulez que les choses se passent bien, eh bien, il faut tout simplement répondre à une crise politique, pas des réponses
politiques. Merci beaucoup, Olivier Faure, Premier secrétaire du PS, d'avoir été avec nous ce matin sur France Info. Merci Agathe et les auditeurs ont le plaisir de vous retrouver pour les informer dans quelques minutes. Restez sur France Info.
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