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Le Grand Matin Sud Radio, 7h10h, Jacques Cardoz.
Éviter de finir ennemi, c'était peut-être l'objectif de ce déjeuner. Trouver en tous les cas un terrain d'entente entre deux candidats à l'élection présidentielle pour éviter à la droite une défaite en 2027. Et l'homme qui est à l'initiative de ce déjeuner, de cette rencontre entre David Lysnard et Bruno Retailleau, c'est Robert Ménard, le maire de Béziers. Bonjour Robert Ménard. Bonjour. Vous nous le révélez ce matin, c'est vous qui êtes à l'initiative de ce déjeuner. Pourquoi ? Parce qu'il y a danger et il faut que ces deux personnalités se parlent. Oui,
parce que c'est suicidaire. Aujourd'hui, qu'est-ce qu'ils font ? Vous avez vu dans les derniers sondages, 6 ou 7% selon qu'ils sont ensemble, ou ils sont tous les deux, ou chacun séparément, ça ne fait pas gagner une élection. Or, quand vous regardez de l'extérieur les programmes de l'un d'autre, alors oui, c'est vrai, David Isdar est sûrement un peu plus libéral que Bruno Retailleau, ils n'ont pas la même personnalité, pas exactement les mêmes comportements et tout, mais enfin, quand même ! Mais grosso modo, à peu près la même chose. Alors voilà, s'ils ont envie de se suicider, qu'ils continuent comme ça. C'est exactement ce que je leur ai dit. Je leur ai dit, vous faites comme vous voulez. Moi, ce n'est pas mon affaire. Je ne suis pas candidat et je ne suis dans aucun de vos partis. Comment ça s'est passé, ce déjeuner, Robert Ménard ? Plutôt sympathique. Je les ai trouvés, finalement, qu'ils se connaissent depuis des années. proches sur plein de choses. Alors c'est vrai qu'ils sont concurrents et tout. Alors il y a quand même un petit peu de tension. Mais quand même, il n'y a pas matière à se diviser et tout. Et moi j'ai essayé de leur dire, mais dites dès aujourd'hui que celui par exemple qui sera le mieux placé, c'est lui qui ira jusqu'à la fin. Pourquoi pas une primaire et tout. Mais ils sont en désaccord sur un certain nombre de modalités. En gros, ce que je veux retenir en étant positif, j'essaye d'être positif dans cette histoire-là, c'est de dire qu'ils ont dit qu'il n'y aurait jamais les deux face aux Français pour le premier tour de la présidentielle. C'est un minimum syndical, mais c'est un minimum syndical. Ça veut dire qu'ils arriveront à s'entendre. Les modalités de l
'entente, ça reste mystérieux quand même. C'est quand même une avancée majeure, ça signifie que pour les électeurs, il y aura une équipe. composé de David Lysnard et Bruno Retailleau, au moment du vote, même si pour le moment... que le meilleur gagne, en fait, dans les sondages, c'est un peu ça l'idée.
Voilà, parce qu'ils sont en train de se dire, on est en pleine bataille, ils ont leurs équipes, leurs espoirs et tout, donc ils vont continuer à se concurrencer. Le problème de ces concurrences, vous savez ce que c'est, c'est que comme tu veux battre l'autre, en tout cas être devant lui dans les sondages, tu as tendance à en rajouter dans les désaccords, tu as tendance à dire un certain nombre de mots que tu regrettes après, parce que c'est un peu rude et tout. Moi je les ai mis en garde contre ça. Mais ces deux garçons responsables, respectables évidemment, et qui j'espère, je ne sais pas j'espère, je suis sûr, ont le souci de ce pays. Et donc voilà, j'espère que ça va servir au moins à ça. Moi j'ai fait mon job si vous voulez. Maintenant ils font ce qu'ils veulent. S'ils pensent que ce n'est pas possible, on verra bien. Et puis il y a d'autres candidats. Il y a nos deux anciens premiers ministres macronistes, ils n'aiment pas qu'on dise ça, mais c'est quand même un petit peu ça. Il faudra bien à un moment donné que... tout ce petit monde s'entende, s'ils veulent exister entre la France insoumise et le Rassemblement national. Est-ce que vous avez fixé une
date limite, Robert Ménard ? Est-ce que vous sentez qu'il y a décembre ou janvier ? Est-ce que c'est le moment où il faut que la décision soit prise ? Je
ne vais pas leur lâcher les baskets, ça c'est sûr. Ça veut dire que je vais les relancer en disant alors où on en est et tout. Je les connais assez pour le leur dire. Je ne sais pas si ça va les agacer ou pas. Je ne suis même pas sûr. Et puis de toute façon, même si ça les agacait, je le ferai quand même. Non, je veux dire, l'enjeu est important. Vous avez vu ce qui s'est passé samedi. Vous allez voir ce qui, je crains, puisse se passer samedi. J'espère me tromper. Tu ne peux pas, dans ce chaos-là, qu'une voix à la fois ferme, raisonnable, et de rupture ne se fasse pas entendre. Mais c'est leur responsabilité, ils ont une vraie responsabilité. C'est pas moi qui ai la responsabilité, c'est eux. Moi je leur ai rappelé, je pense qu'ils n'avaient pas besoin de moi pour le savoir, mais ça fait toujours du bien les rappels. Vous savez, ça ne peut pas faire de mal, maintenant on va
voir ce qu'ils vont faire. Et vous avez joué un rôle en tous les cas de médiateur, de diplomate, et c'est déjà un rôle considérable dans ces moments-là. Merci Robert Ménard de nous avoir livré vos dernières impressions et le dessous des cartes de ce déjeuner. entre David Lysnard et Bruno Retailleau.
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