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Je pense qu'il faut les interdire pour ce week-end.
Ah, c
'est trop
tard là. Pour
ce week-end, je pense qu'il aurait fallu les interdire. Je vois pas, d'ailleurs, franchement, après les scènes qu'on a eues, on a quand même le droit, tout le monde se paluche sur le droit de manifester, on a quand même le droit aussi de dire que ces manifestations nous gonflent au bout d'un moment, je veux dire, c'est... Ce n'est pas être un horrible nazi que de dire ça. On peut en avoir ras-le-bol des manifs.
C'est d'ailleurs Thomas Cazenave, le maire de Bordeaux, qui le dit en ces termes. Il dit pour moi que c'est devenu un enjeu fondamental. Et je l'ai dit à madame la préfète, je ne suis pas en charge du trajet des prochaines manifestations, mais je ne souhaite pas qu'elles empruntent le centre-ville. Je fais appel aussi aux organisateurs et à leur sens des responsabilités en leur disant... Trouvez d'autres trajets. Ne passez pas par le centre-ville, on ne pourra pas le supporter. Les commerçants ne pourront plus le supporter, dans tous les sens du terme. C'est-à-dire nerveusement, physiquement et financièrement, si ça dégénère. Alors est-ce qu'il faut arrêter les manifestations en centre-ville ? Oui ou non ? Qu'est-ce que vous en pensez ? Ou même les interdire, Charles ?
Oui, moi, je le pense. Je vais encore me faire des amis. Moi, je pense qu'il faut les interdire pour ce week-end. Ah, c'est trop tard. Pour ce week-end, je pense qu'il aurait fallu les interdire. Je ne vois pas. D'ailleurs, franchement, après les scènes qu'on a eues, on a quand même le droit à tout le monde... se paluchent sur le droit de manifester, on a quand même le droit aussi de dire que ces manifestations nous gonflent. Au bout d'un moment, je veux dire, ce n'est pas être un horrible nazi que de dire ça. On peut en avoir ras-le-bol des manifs. Mais ils ont choisi de les autoriser malgré les énormes débordements de ce week-end. Je pense effectivement qu'on pourrait les organiser ailleurs que dans les centres-villes. Il n'y a pas forcément de raison impérieuse à ce que ça se passe dans les centres-villes. Les manifs à Paris, elles peuvent se faire sur le périph.
Nous sommes avec Nicolas Meilleur-Rossignol, justement le maire socialiste de Rouen. Bonjour Nicolas Meilleur-Rossignol. Bonjour. Et je rappelle que vous êtes dans la campagne de Raphaël Glucksmann aussi, chargé du programme. Il faut sortir les manifs des centres-villes ?
je pense que c'est nécessaire aujourd'hui. En tout cas, dans un certain nombre de villes, on a vu des situations qui sont absolument traumatisantes. Moi, je voudrais insister sur un point qu'on ne dit pas assez à mon goût. Il y a eu des pillages avec des conséquences terribles pour les commerçants concernés. Mais il y a un deuxième effet. c'est qu'il n'y a plus personne dans les centres-villes parce que les gens ont peur, et donc c'est une perte de chiffre d'affaires considérable pour des commerçants, des artisans, des hôteliers, des restaurateurs, des bars, etc., qui n'ont pas forcément été pillés, mais qui sont traumatisés aussi par ces conséquences-là. Et donc il faut revenir à quelque chose de calme et d'apaisé. Ça ne veut pas dire interdire complètement tout attroupement et toute manifestation, mais comme cela a été fait par le passé, à vrai dire, j'invente rien, organisé, et ça c'est à la main de la préfecture et donc de l'État. organiser les manifestations dans des circuits qui évitent ces centres-villes.
pourquoi pas l'interdire finalement ? Pourquoi pas dire non ? Parce que le risque est trop grand ce samedi, et dire écoutez, pause, pause sur les manifs.
d'abord, il y a un point de droit là-dessus. D'ailleurs, on l'a déjà vu, quand le préfet, ce n'est pas à la main des mairies, c'est à la main des préfets, parfois, il faut que l'interdiction soit proportionnée. Alors, évidemment, on pourrait dire, 'ai entendu tout à l'heure M. Consigny qui dit « il y en a marre », mais simplement, ça, ce n'est pas un argument de droit. Et le tribunal administratif peut tout à fait, c'est déjà arrivé, retoquer des interdictions de manifestation. C'est arrivé chez moi, là, ce week-end, à vrai dire, ou par exemple, une manifestation identitaire d'extrême droite, un groupe. identitaire d'extrême droite, le préfet avait interdit la manifestation, et aussi d'ailleurs la contre-manifestation antifasciste, et ces interdictions ont été retoquées par le tribunal administratif. Donc il y a un point de droit de proportionnalité qui est terriblement difficile à saisir, et c'est le juge administratif qui décide. Donc je pense qu'il faut trouver un bon compromis entre la liberté de manifestation et l'ordre public. Et là la priorité c'est de préserver nos centres-villes, et ça je pense que c'est le bon sens.
suis absolument contre ça. Interdire
en centre-ville ?
Oui, je suis contre interdire en centre-ville. Samedi, je suis passée par la manifestation de Châtelet, qui se déroulait sur le parcours où les gens étaient encore à Châtelet. C'était très calme. C'était même joyeux, si je peux dire ça. C'était assez joyeux. J'ai rencontré dans le métro des jeunes qui se rendaient sur la manifestation, plutôt sur le site de République, en tout début d'après-midi. C'était des jeunes de 17 ans qui avaient préparé leurs pancartes. On voit que c'était leur première manif, d'ailleurs, parce qu'ils étaient un peu exaltés, mais rien de violent, rien du tout. Et je ne crois pas qu'on doit, si je peux dire ça comme ça, périphériser les protestations. Je ne crois pas qu'elles doivent sortir du regard des gens et qu'elles doivent se mettre en périphérie, là où personne ne sent qu'il y a une colère. Je ne crois pas. Il faut bien sûr empêcher les casseurs et les pilleurs. Mais les manifestants, tout d'un coup, les décrire comme un danger pour le commerce, non. Par contre, ce que je comprends, c'est que s'il y a des manifestations tous les week-ends... Effectivement, ça peut empêcher le commerce. Et le problème qu'on a avec le gouvernement actuel et les élections à venir, c'est qu'on risque d'avoir des mécontentements, des accumulations de mécontentements, et donc d'avoir des manifestations tout le temps. Malgré ça, je crois qu'il faut les maintenir en centre-ville, il faut circonstruire les violences.
Les manifs, il faut les laisser faire, il faut plutôt assurer l'ordre public. Voilà,
exactement. Je ne suis pas pour qu'on cache entre guillemets... Mais par exemple, à Rouen, vous la mettriez
où la manifestation, monsieur le maire ? Elle partirait où ? Elle serait où
qu'il faut bien comprendre, et le cas de Rouen est assez typique de cela, c'est que les centres-villes historiques des grandes villes, comme Rouen, ce sont des centres-villes médiévaux, patrimoniaux, des petites ruelles. Et donc quand vous avez des manifestations qui sont proches de ces centres-villes-là, évidemment que je ne suis pas en train d'incriminer les manifestants, qu'on se comprenne bien, parce qu'effectivement 99,9% des manifestants le faisaient de façon pacifique, joyeuse, taquine peut-être, mais constructive. Le problème, c'est qu'à la proximité de la manifestation, on va trouver les casseurs. Et donc, séparer le centre-ville tortueux, magnifique, à Rouen comme dans plein de villes en France, mais très compliqué à maintenir dans un état apaisé quand on a des bandes qui... qui se projettent, vous voyez, de façon très fragmentée dans ces ruelles, séparées sous cette situation-là du parcours, ça me semble primordial. Dans un stade, mettons les gens
dans un stade, je ne sais pas, pourquoi pas, avec des prises de parole, ou un hippodrome, ou grand champ, avec un happening, on peut faire ça à ce moment-là.
tout cas, il y a plusieurs façons. Vous avez l'intra-boulevard et l'extra-boulevard, par exemple. Dans les grandes villes, en général, c'est comme ça que c'est construit. Il y a tout à fait des possibilités qui sont... D'ailleurs, à chaque manifestation, tous vos auditeurs ne le savent peut-être pas, mais à chaque manifestation, il y a une sollicitation qui est examinée par la mairie et qui est validée en préfecture. Donc c'est toujours une discussion, une négociation sur le parcours. Donc c'est tout à fait envisageable. Et là, je voudrais vraiment insister sur la situation d'urgence. On a besoin de retrouver... Le calme, la tranquillité publique dans les centres-villes. Pour les commerçants qui ont été traumatisés et pour toutes celles et ceux qui sont en train de perdre un chiffre d'affaires considérable derrière, c'est de l'emploi et c'est aussi une façon de vivre ensemble dans le -ville.
Merci monsieur le maire, le maire de Rouen, Nicolas Maillard-Rossignol. Merci maire socialiste de Rouen d'avoir été avec nous. Moi je pense qu
'en France, il faut qu'on puisse un peu être plus libre dans son esprit. On n'est pas obligé à chaque fois de réfléchir en termes de mesures nationales. Comme M. le maire l'a dit, le centre-ville de Rouen, ce n'est pas le même que celui de Nantes, ce n'est pas le même que celui de Paris. Il y a une diversité des territoires, une diversité des morphologies des territoires. Donc selon le territoire, en concertation avec les élus locaux, la décision peut se prendre. Mais l'autre question, même si...
C'est le préfet qui prend la décision en accord avec... Oui, avec la mairie, donc avec les
élus locaux. Mais la question, c'est même si une manifestation est interdite en centre-ville, qu'est-ce qui empêche des black blocs, des casseurs, des pilleurs d'y aller quand même ?
C'est plus compliqué quand tu n'as pas la foule qui est là, parce que l'intérêt pour eux, c'est de se mêler à la foule. Pas forcément.
Quand tu regardes, samedi dernier, les heures avec la police ont commencé 4 heures avant l'heure de départ.
Et dans des endroits,
des fois, qui n'avaient rien à voir avec la trajectoire de la manifestation. Donc là où il faut plutôt pointer du doigt, bon oui, les manifestants, il faut les appeler à la responsabilité, mais samedi dernier, les cortèges officiels se sont bien passés. On va
crier à l'atteinte à la liberté. Si Charles dit on interdit les manifestants, On va dire, ben non, le droit de manifester, il est constitutionnel en France. Non, mais c'est selon le territoire. Et l'interdiction, c'est l'exception.
Peut-être qu'à Paris... Nous
interdire d'aller en centre-ville, nous parquer dans un stade, nous mettre sur une rocade, c'est une atteinte à nos libertés aussi. Mais regarde ce qui
s'est passé à Paris. Par exemple, à Paris, moi, je suis pour une plus grosse fermeté que, par exemple, à Montaigu, en Combrail, à côté de la Creuse, tu vois. C'est pas la même chose. Il faut voir aussi l'importance et les degrés de dégâts à chaque instant. Et pareil, les commerces ne sont pas forcément placés tous. en centre-ville de la même manière dans toutes les villes de France. Donc un peu plus de liberté et plus de personnalisation des décisions selon les territoires.
C'est Nicolas qui est avec nous. Bonjour Nicolas.
Bonjour les jugés. Nicolas, chauffeur
routier dans la Nièvre, c'est ça Nicolas ?
Exactement.
Alors est-ce qu'on interdit les manifestations en centre-ville
Alors moi je vais me mettre, alors je tiens à dire, j'ai fait partie des premiers gilets jaunes. et je vais être encore plus radical que Charles, moi j'interdirai tout jusqu'à la présidentielle. Si ça continue comme ça, on va avoir un drame. Vous
avez viré votre gilet là, vous avez tourné votre gilet là mon cher Nicolas.
Là je l'ai mis au placard, je pense que le pays n'a pas besoin de ça en ce moment. Tout ce que ça va provoquer, ça va provoquer un drame. Il y a des commerçants qui sont complètement à bout et on peut les comprendre. Moi, je vois la situation se dégrader et je pense qu'on va arriver à un drame.
Pour vous, plus de manifs
Plus de manifs. Je sais, ça va provoquer des manifs contre ceux qui veulent interdire les Il faudra être une sévérité exemplaire. Et non, plus de manif, ce n'est pas possible. Il y a des gens qui vont s'armer. On va arriver à un drame d'un côté ou de l'autre, mais on va arriver à un drame à un moment.
Mais attendez, c'est plus de casseurs, plus de pilleurs ou plus de manifs ? Parce que moi, je ne comprends pas ce genre de... En fait, Joël, le
problème, c'est que les black blocs, bien souvent, ils se servent des cortèges et de la foule pour pouvoir se dissimuler, enfin arriver en étant dissimulés et repartir.
Si vous aurez des manifs,
vous leur donnez un champ d'action.
Mais l'interdiction des manifestations, finalement, c'est un aveu d'échec. C'est un aveu d'échec du gouvernement, un aveu d'échec du maintien de l'ordre public. Et ça enflammerait la situation. Et vous enflammeriez la société, Nicolas, avec ça en plus. Oui,
mais Alain, samedi, on n'a pas un aveu d'échec.
Ah mais si, c'est pas la peine justement d'en rajouter.
Vous aurez plein d'appels à la désobéissance civile en cas d'interdiction. On ne peut pas
continuer comme ça et puis avoir un drame. Qu
'est-ce qu'on va dire ? S'il y a une manifestation
qui meurt ? Ou s'il y a un commerçant pour une arme ? On criera la dictature et on criera la dictature. Vous allez créer un
précédent dont les gouvernements suivants vont se saisir. Dans le sens où déjà, on a une sorte de négation de la parole du peuple. On a eu des gouvernements qui ont utilisé le 49-3 à tout va. 49-3, 49-3. Ensuite, le Corneu a dit, nous, ce n'est plus 49-3. Par contre, ils n'ont pas écouté réellement les résultats des urnes. Ils
ont retiré la réforme des retraites. Ils l'ont
suspendu. Ils ont « saccagé » le résultat des urnes de la dissolution. Ils en ont fait ce qu'ils voulaient en tout cas. Ce qui crée quand même un sentiment de grosse frustration. Et puis maintenant, on doit aussi interdire les manifestations. On va aller jusqu'où comme ça ?
Ou les sortir tout du moins des centres-villes à la demande de certains maires. On verra ce que font les préfets d'ailleurs. On peut
examiner ça, mais là, ce que vous dites, c'est qu'on bloque tout jusqu'à la présidentielle.
Alors, interdire Nicolas, merci d'avoir été dans l'EGG, interdire les manifestations en centre-ville, c'est ce que souhaitent certains maires. Oui, bonne idée, à 63%.
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