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Samuel, bonjour à tous et bienvenue dans les cas des vérités. Bonjour Gabriel Attal, vous êtes donc secrétaire général de Renaissance candidat à la présidentielle. De nouvelles manifestations sont prévues demain un peu partout en France, en tout cas là où c'est autorisé parce que ce n'est pas forcément le cas partout, loin de là. D'ailleurs Emmanuel Macron a dit le principe ça doit être pas de manifestation dans les jours à venir. Est-ce que vous êtes d'accord avec
ça République vous devez concilier deux choses, le droit de manifester. et le droit des Français à pouvoir être en sécurité. Alors en l'occurrence, ça penche plutôt peut-être d'un
côté ? Non ? Est-ce que le droit à manifester n'est pas remis en cause, là, clairement ? Je
vais vous dire, je fais confiance au préfet, en lien avec les maires et les élus locaux, et à la justice administrative, parce qu'elle contrôle ses décisions, puisqu'il y a à chaque fois des recours quand ses décisions sont prises. pour garantir l'équilibre entre les deux. Oui, mais c
'est une espèce d'en même temps, parce que vous voyez bien que les tribus administratifs annulent très régulièrement les interdictions de manifester, encore hier à Paris. Est-ce que ça ne donne pas un sentiment de brouillon, de pas de
méthode, voire de panique ? Ce qu'il faut, c'est qu'il y ait un contrôle. Donc si un tribunal administratif annule une décision d'interdire une manifestation, c'est que cette décision n'était pas légitime, en tout cas qu'elle n'était pas légale, qu'elle ne correspondait pas à la réalité de la menace. Donc si vous voulez que je vous le dise de manière plus claire, quand une manifestation ne peut pas se tenir, en tout cas quand on ne peut pas manifester, ou quand une manifestation donne lieu à des scènes... terrible, comme ce qu'on a vu samedi dernier avec des pillages de la casse, dans les deux cas, c'est un aveu d'échec. Et donc il faut arriver à concilier les deux. C'est ça les lois de la République. Mais mettez-vous à
la place des Français qui entendent le président de la République dire « il faut le moins de manifestations possibles ». Et puis dans l'heure qui suit, les tribunaux administratifs annulent
les interdictions de manifester. On ne comprend rien. Parce que les Français, je crois, savent qu'on vit avec une Constitution, avec un certain nombre de règles, qui d'ailleurs, bien souvent, les protègent. Et donc, c'est le juge administratif qui doit déterminer si, oui ou non, une manifestation peut être interdite.
Alors, allons au-delà, puisque vous êtes responsable politique. Pour vous, qu'est-ce qui est le principal ? De respecter le principe constitutionnel,
le droit de manifester ? La République, c'est justement de respecter les deux et de concilier les deux. Moi, je suis attaché à notre Constitution. Notre Constitution, elle prévoit quoi ? Elle prévoit le droit de manifester. Ça, c'est acquis. C'est acquis, mais elle prévoit aussi, bien sûr, le fait qu'on puisse vivre en sécurité, qui est un droit fondamental pour les Français. Qu'est-ce qu'on a vu la semaine dernière ? Il y a eu des manifestations avec des manifestants. pacifique, qui venait pour des revendications, notamment des jeunes, on y reviendra peut-être, d'autres Français. Et on a vu que sont venus se greffer sur ces manifestations des casseurs, des pilleurs, qui ont donné des situations de désolation qui traumatisent encore aujourd'hui les Français. Ce qu'on a vu quand même, avec des commerçants qui ont tout perdu en quelques heures, le travail d'une vie, l'énergie qu'ils ont mise, les sacrifices qu'ils ont faits en travaillant 80 heures par semaine pour leur commerce, partie en feu. En
effet,
depuis,
il y a eu des couvre-feu. Des interdictions de manifester, j'y reviens. La justice est invitée à taper fort chez Gérald Darmanin qui le rappelle encore hier. Est-ce que ce n'est pas un état d'urgence qui ne dit pas son nom
Moi, je plaidais pour l'état d'urgence. Justement, est-ce qu'on n'y est pas sans le dire ? Non, parce que l'état d'urgence, pour moi, permet principalement, en tout cas, c'est pour ça que j'ai plaidé pour... Et vous plaidez toujours pour ? Des mesures. Ce n'est pas le choix qui a été fait. Mais vous, est-ce que vous défendez toujours cette idée ? On verra maintenant ce qui se passera demain. Si la situation n'est pas rétablie, évidemment qu'il faudra le déclarer. Moi, c'est ce que j'avais demandé déjà il y a plusieurs jours maintenant. L'état d'urgence, il permet notamment de prendre des mesures administratives. C'est-à-dire de faire des assignations à résidence administratives pour des personnes dont on sait qu'elles se livrent à de la casse ou à des pillages. Elles permettent de faire des perquisitions administratives pour aller chercher un certain nombre de preuves, d'informations chez des personnes qui se livrent à ces exactions. Et c'est pour ça que j'ai plaidé pour cette mesure. Donc très clairement, s'il y a de nouveau des incidents samedi, vous dites qu'il faudra ? Bien sûr. Déclarer l'état d'urgence ? Bien sûr, je l'ai dit encore une fois il y a quelques jours, après ce qu'on a vécu le week-end dernier. Il y a une perte de temps, là, de suivre
votre raisonnement.
Moi, je regarde les choses telles qu'elles sont faites. Le gouvernement a décidé de passer par des mesures de couvre-feu. On a vu que ces derniers jours, il n'y avait pas eu de casse ou de pillage, les soirées où il y avait le couvre-feu. On verra maintenant ce qui se passera. Demain, maintenant, je vous le dis, vous y avez fait référence en parlant de justice. Vous savez, pour moi, le plus important, c'est qu'il y ait des images de personnes. qu'on va chercher chez elles parce qu'elles se sont retrouvées impliquées dans des pillages et dans de la casse. Parce que qu'est-ce qu'on voit aujourd'hui ? Vous avez des jeunes qui ont vu des vidéos sur les réseaux sociaux d'autres jeunes, de personnes qui allaient piller, qui allaient casser en quasiment toute impunité, qui rentraient chez elles en montrant ce qu'elles avaient volé de manière très fière, parfois avec le visage découvert. Si vous n'avez pas en face de ça des images qui montrent que quand on fait ça, on vient vous chercher et vous avez ensuite des condamnations, vous êtes interpellés. vous aurez cette idée d'impunité qui continuera à se répandre. Après les saccages de samedi dernier,
vous avez estimé qu'il y avait un problème civilisationnel avec une partie de la jeunesse. Qu'est-ce que vous avez voulu dire ? Certains parlent de hordes, la porte-parole du gouvernement parle de racailles. Vous êtes sur le même registre ? Vous avez
des jeunes. Je ne le découvre pas aujourd'hui. Vous avez des jeunes pour qui notion d'autorité... de respect des règles ne représente rien. Mais civilisationnel, ça veut dire quoi ? Il y a des sauvages, des barbares ? Non, mais parce qu'on voit depuis un certain temps maintenant, et je pense que les réseaux sociaux ont aussi un rôle là-dedans en termes de banalisation de la violence, de plus en plus jeunes, en termes de tout se vaut, tout est relatif, on voit qu'on a des jeunes pour qui l'autorité... ne représente rien et le respect des règles ne représente rien. Vous savez, quand je suis arrivé à Matignon, j'ai fait ma déclaration de politique générale, j'ai dit que la lutte contre la délinquance des mineurs devait maintenant être une priorité absolue. C'est le fameux « tu casses, tu répares, tu salis, tu nettoies, tu défies l'autorité, on t'apprend à la respecter ». Parce qu'il y a ce problème civilisationnel. C'est pour ça que je plaide. Ce n'est pas sur les catégories de manifestants ou de
casseurs.
Là, en l'occurrence, je ne confonds pas les manifestants et les casseurs. Il y a des manifestants qui manifestent et c'est un droit en République. Ils sont légitimes à pouvoir le faire pour des revendications. Et ensuite, vous avez des casseurs, vous avez des personnes qui considèrent qu'on peut en toute impunité aller s'en prendre à autrui ou au bien d'autrui. Ça, ce n'est pas possible.
Emmanuel Macron va recevoir les syndicats de lycéens aujourd'hui. Quelle est la mesure que vous attendez pour répondre aux attentes des lycéens et plus largement aux attentes des Français sur le pouvoir d'achat qui pourraient mettre fin à ces mouvements
y a un malaise très profond chez les jeunes. qui est lié à plein de choses, qui est lié effectivement à, dans un certain nombre d'endroits, une dégradation des conditions d'études, à des professeurs qui ne sont pas remplacés quand ils sont absents, qui est lié aussi, je crois, à une difficulté à se projeter dans l'avenir à l'heure de l'intelligence artificielle. Est-ce que j'aurai un travail plus tard ? Est-ce que si je fais telle formation, j'aurai un boulot ? Quelles décisions vous attendez qui pourraient mettre en mouvement ? Moi, j'ai fait des propositions déjà il y a plusieurs semaines pour un pacte d'avenir pour la jeunesse. Il y a des décisions immédiates. D'abord, il y a des décisions qu'on peut prendre pour garantir qu'on sera en capacité de... mettre un enseignant devant chaque classe par exemple, moi j'appelle à revenir sur la suppression de postes dans l'éducation nationale qui est prévue dans ce budget.
C'est intéressant ce que vous dites parce que vous êtes président du groupe parlementaire Renaissance, ça veut dire que si cette mesure est dans le budget,
vous ne pourrez pas voter de budget. Mes députés ont voté contre la suppression des postes qui étaient prévus dans le budget, c'était déjà il y a quelques jours que ça a été examiné. Et vous maintiendrez cette ligne ? On continuera à voter contre cette mesure. Vous savez, moi, quand j'étais ministre... Contre cette mesure, mais jusqu'à repousser le budget s'il le faut, parce que c'est le budget en entier. C'est à prendre ou à laisser. Quand j'étais ministre de l'Éducation nationale, j'ai obtenu la création de 6 000 postes. Moi, je pense qu'on doit créer des postes et non pas en supprimer dans l'éducation nationale. Donc je suis cohérent avec d'abord ce que j'ai fait et ce que je dis aux Français. J'entends bien, mais ça veut dire aussi repousser le budget si vous voulez passer cette mesure. Mais j'ai déjà été très clair sur le budget, Francis Le Tellier. Je considère que la France est aujourd'hui au bord 'une crise financière, d'une crise de la dette. Vous voyez les taux d'intérêt qui explosent encore ces derniers jours. Dans ces conditions-là, il faut un budget. J'ai dit de manière très claire... Oui, mais s'il y a la suppression des peuples enseignants dedans... Vous savez ce que j'ai dit, de manière très claire. Il y a des mesures avec lesquelles je suis en désaccord dans ce budget. Probablement qu'il y aura des mesures avec lesquelles je suis en désaccord à la fin au moment de voter le budget. Si les Français me font confiance et que je deviens président de la République, je reviendrai sur ces mesures après mon élection. Il faut considérer que ce budget, c'est un budget pour six mois puisqu'il pourra être corrigé après l'élection présidentielle. C'est-à-dire que vous allez voter un budget pour le revoir dans six mois si vous accédez à l'Élysée ? Je ne suis pas certain qu'il y ait un vote, vous le savez, puisque a priori ça sera un 49-3. Vous pensez plus
49-3 qu'en ordonnance, vous ? J 'en sais rien.
Dans les deux cas, il n'y a pas de vote. Je ne vais pas censurer le gouvernement, on ne va pas rajouter... de la crise à la crise, des problèmes aux problèmes. On est au bord d'une crise de la dette et d'une crise financière. Donc il faut un budget. Ce budget, il y a des mesures avec lesquelles je ne suis pas d'accord. S'il est adopté et si les Français me font confiance, je reviendrai sur ces mesures avec lesquelles je suis en désaccord qui figure dans ce budget.
Vous savez que demain, à Orléans, il y a le congrès du Rassemblement National qui commence, c'est samedi et dimanche, et puis demain, justement, il va y avoir une manifestation. À Orléans, ils attendent beaucoup de monde, 20 000, 30 000 manifestants, avec dedans des responsables syndicaux, Sophie de Binet par exemple, des responsables politiques, Olivier Faure par exemple, qui sont des opposants au RN, qui disent qu'il faut lutter contre le racisme, comme vous
d'ailleurs, mais vous, vous n'y serez pas. Pourquoi ? que moi, le Rassemblement National, je les combats politiquement, je les combats dans les urnes, je les combats dans les débats sur les plateaux de télévision, je les combats à l'Assemblée Nationale. Pas dans la rue. Pas dans la rue. Pas dans une manifestation. Non, pas dans une manifestation. Je ne crois pas que ce qui est attendu de moi est par ailleurs le contexte. aller grossir les rangs d'une manifestation dans une journée qui sera déjà extraordinairement compliquée à gérer pour nos forces de l'ordre et nos forces de sécurité, je ne crois pas que ce soit ma responsabilité. On
va parler de la présidentielle puisque vous êtes candidat et il y a beaucoup de candidats dans le bloc central, ça vous le savez bien. Vous n'arrivez pas à vous mettre d'accord sur rien, ni sur une primaire, ni sur un débat, ni sur un candidat unique, ni même pour vous retrouver. Edouard Philippe vous a écrit en disant « Retrouvons-nous pour en parler », pof, c'est l'être morte. Comment ça va se
terminer ? Écoutez, aujourd'hui, moi je regarde les sondages. Aucun candidat de cet espace politique, c'est-à-dire entre la France insoumise et le Rassemblement national, aucun candidat n'est en situation ni de battre Marine Le Pen au deuxième tour, ni même d'être au deuxième tour. Vous vous mettez dedans. Je me mets dedans et je mets tout le monde dedans. Comment ça va se terminer ? Pour regarder les sondages aujourd'hui, aucun candidat, que ce soit Édouard Philippe, que ce soit moi, que ce soit d'autres. n'est en situation d'être au deuxième tour. C'est ça ce que nous disent les sondages. Il faut un rassemblement le plus large possible. Je le dis, je fais des propositions. Vous savez que j'ai proposé une méthode avec un comité de liaison qui se réunit tous les mois avec des représentants de chacun des candidats pour parler de ce rassemblement. Il reste peu de temps quand même. Il y aura six mois avant l'élection présidentielle. Je suis convaincu qu'on arrivera à organiser ce rassemblement parce que c'est nécessaire pour gagner. pour gouverner ensuite. Un rassemblement derrière vous. Pour ça, je suis candidat à l'élection présidentielle. Parce qu'Edouard
Philippe, lui, il dit, quand j'écris aux autres, ils ne me répondent pas pour qu'on puisse discuter. Vous, vous dites, je veux bien les recevoir. Lui, il dit, mais j'ai une fin de nos recevoir. On a l'impression que personne ne se parle. Vous savez,
il y a aujourd'hui une instance dans laquelle on se parle à travers nos représentants. Par ailleurs, on peut se parler directement très souvent. Mais encore une fois, je pense que, pour moi, il faut rassembler des Français qui vont de la social-démocratie à la droite républicaine. Encore une fois, autour d'un projet d'avenir pour le pays, pour que les Français puissent voir que les meilleures pages de notre pays sont à écrire à condition de s'en donner les moyens. Et moi, j'en suis convaincu sur l'école, sur les salaires, sur les frontières, sur l'intelligence artificielle. On peut y arriver.
Merci, Gabriel Attal, d'avoir accepté notre invitation sur les cas de vérité. Vous avez dit deux choses aujourd'hui. L'état d'urgence, si ça se passe mal samedi, vous le redemanderez de façon ferme. Et puis aussi, vous êtes contre la suppression des postes de prof dans le budget. Merci à vous, Samuel.
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