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Premier sujet de discussion avec vous, les interdictions de manifestations dans plusieurs villes. Est-ce que c'est le choix de la raison ? On verra ce que dit la justice derrière, s'il y a les autorités finalement. Est-ce que c'est le choix de la raison ou est-ce que ça rajoute de la tension ? 32-16 pour en parler avec les grandes gueules. Ce sont les interdictions de manifestations en centre-ville, Bordeaux, Nantes, Limoges. Alors Paris, on aura un cortège entre Bastille et Nation. Mais ce qu'il faut reconnaître, c'est que le président de la République, hier qui tenait un conseil de sécurité, a dit « Moi, je ne veux que des manifestations qui soient liées au syndicat. Je ne veux pas de rassemblement ni de cortège qui ne soit affilié à qui que ce soit. » Donc, la justice peut-être pourra les autoriser dans la journée. En attendant, c'est non. On risque d'avoir des rassemblements sauvages, même si la météo va jouer aussi son rôle, notamment dans la capitale. Mais le fait d'interdire ces rassemblements, est-ce que c'est la... La bonne idée ? Est-ce que c'est le choix de la raison ? Ou est-ce que ça rajoute au contraire de la tension ? Parce qu'on rappelle que la liberté de manifester s'est inscrite dans la Constitution et que l'interdiction, ça doit être l'exception. Donc 32-16 pour en parler avec les grandes gueules, M. Emmanuel Devilliers
Alors moi je pense vraiment avec le sérieux qui prévoit cette situation que c'est une décision de responsabilité. Car il faut que les manifestants, quelles que soient leurs options et leurs aspirations, réfléchissent à ce qui s'est passé. de manière massive samedi dernier, prennent un peu de la part de la douleur extrême de tous ces commerçants, de tous ces entrepreneurs qui voient leur vie brisée, parfois sur plusieurs générations. Car quand on a un commerce, c'est l'essentiel de son patrimoine. On a pris des risques, on est endetté et ce qui s'est passé est inadmissible, le mot est faible. Donc vouloir continuer à manifester, c'est indécent. C'est incorrect, c'est anti-national. Et l'État a parfaitement raison de prendre ses responsabilités. C'est une expression forte. Oui, parce que nous formons une communauté nationale. Et il y a des gens qui ont souffert aux larmes, qui ne s'en remettront jamais avec des familles, etc. De manière totalement injuste, de manière inique. Il ne fait pas la distinction, manifestation et pillage. Il faut que les manifestants, quand même, sans changer leurs opinions, réfléchissent. De la même manière, ces manifestations ne servent strictement à... Rien, il y a des élections dans quelques mois, plusieurs élections présidentielles, législatives. Tu ne comprends rien Emmanuel, pardon. Par conséquent, il faut faire un peu preuve de décence et d'esprit de responsabilité dans la vie quand on est dans un pays comme la France. Alors Emmanuel,
ce que tu dis est complètement, pardon avec tout le respect que je te dois, à côté de la plaque, parce que tu viens d'employer le terme « il faut que les manifestants ». Ce n'est pas « il faut que les manifestants », s'il faut que les casseurs, il faut que les pilleurs arrêtent d'être dans un discours comme toutes ces personnes polarisées, polarisant, où il faut être un peu… impérativement dans un camp. Est-ce que c'est pas possible aujourd'hui de voir la souffrance de tout le monde et de prendre en compte ces revendications sans faire d'amalgame ? Mais si ! Parce que tu tombes dans les sirènes des extrêmes toi-même. Mais
pour te répondre mon cher Sam, les manifestants sont le cheval de Troie des pilleurs des cassiers d'Ordre. Pas du tout. À partir du moment où il y a manifestation, à partir du moment où on continue les manifestations, on ne pourra pas mettre fin au désordre. On ne vit pas à l'époque
de
Louis XVI ou de
Louis
XIV,
c'est un droit constitutionnel. C'est bien dommage pour Emmanuel. Ben oui, je sais, t'es un royaliste. La constitution,
c'est pas
l'évangile ou le Coran. Piller par contre, c'est pas un droit constitutionnel. constitutionnel en effet. Mais là, je suis désolé, c'est un aveu de faiblesse de l'Etat, c'est un aveu de faiblesse du gouvernement. J'ai l'impression de voir un épisode de Supernanny avec Sylvie Genali qui va mettre les règles bientôt au mur. Attention hein, il faut dire bonjour le matin, bientôt on va nous donner des bons points aussi. Mais la situation est grave. Le rapport c'est que c'est infantilisé. Avec l'amitié que
j'ai pour toi, la situation ne
prête pas aux bureaux lesques, mon cher Sam. Voilà, au bout d'un moment, il faut écouter les revendications et arrêter d'être dans le mépris peut-être. Non, ce n'est
pas une question de mépris. Pourquoi Sandrine ? Il y a des
recours qui ont été posés. C
'est ce qu'on appelle le référé liberté. J'ose espérer que justement, à un moment donné, le juge viendra vérifier si la mesure, donc l'interdiction, elle est, et je vais le rappeler, parce que ce sont les critères, si elle est mesurée, si elle est adaptée, si elle est nécessaire et si elle est proportionnée. Parce qu'on a déjà eu des précédents, ne serait-ce que début octobre à Strasbourg, il y a eu des manifestations qui ont été interdites et avec le juge administratif, ça a été suspendu. En revanche, à Versailles, au contraire, ça a été... Voilà, Emmanuel, tu parlais de la souffrance des commerçants. Je sais très bien, puisque cette semaine, j'ai défendu un restaurateur dont la vitrine a été complètement saccagée par un jet de pierre. Et donc, j'ai assuré sa défense devant le tribunal correctionnel. Et figure-toi que l'auteur qui a été cueilli par des policiers en civil, des policiers de la BAC, donc du coup, il y avait tous les éléments objectifs pour pouvoir faire en sorte qu'il soit condamné. Il a été reconnu coupable et il a pris 18 mois d'emprisonnement avec sursis. avec un placement en DDSE, c'est-à-dire détention à domicile sous surveillance électronique. Et cet individu avait 30 ans.
Il avait un casier judiciaire ou pas ? Il s'appelle
Nicolas de son prénom. Je pense qu'on entend un peu parler du Nicolas qui, avec sa feuille de paye.
Là, ce n'est pas Nicolas qui paye, c'est Nicolas qui détruit. Voilà, c'est ça. Ce sera un autre Nicolas qui paye. Eh bien,
sans antécédence judiciaire. Et il a quand même pris... Pourquoi il a fait
ça alors ? Donc c'est un type bien qui s'est trompé. Il a pris 18 mois d'emprisonnement. À t'écouter, c'est un type bien qui s'est trompé. Il ne devrait pas avoir de sursis. Parce qu'il faut faire des exemples maintenant. Parce que la France est menacée par tous ses voyous.
18 mois d'emprisonnement avec sursis pour quelqu'un qui n'avait aucun antécédent judiciaire ? Est-ce que tu te rends compte ce que c'est ? Tu te rends compte l'épée de Damoclès ? L'épée de Damoclès pour un type qui va tout briser ? Et
puis quoi encore ? Pour peut-être l'excuser ?
Est-ce que je suis en train de dire ça ? Je ne suis pas en train de dire ça. Je ne suis pas en train de dire ça. C'est ton métier d'avocat. Moi, je me place du côté des victimes, des commerçants. Je faisais quoi ? Je ne défendais pas l'auteur présumé. Et il était content de voir le type repartir libre ? Elle défendait le restaurateur. Est
-ce que son commerçant était content du jugement ? Tu trouvais ça normal ? Tu
sais ce qu'il m'a dit ? Parce que bien évidemment, on lui a posé la question et j'ai été aussi son porte-voix parce qu'il a fait un courrier. On a dit devant le tribunal qu'en fait, il ne souhaitait pas que l'auteur aille en détention. que voilà, c'était sa vitrine qui était cassée, mais il ne voulait pas aller jusque-là. En revanche, il a été satisfait de la condamnation et 18 mois d'emprisonnement avec sursis, avec un placement sous surveillance électronique, alors que tu as 30 ans et tu as un travail, tu as des enfants et tu n'as pas d'antécédent judiciaire. Pardon, mais aujourd'hui, quand on me dit que la justice est la justice, c'est impossible. C'est totalement insuffisant. Briser une
vitrine, c'est un acte quasi criminel. Mais bien sûr, mais il a été condamné pour ça. Il
a été reconnu coupable, il a été condamné. Emmanuel
voulait du faire, mais pas du sursis. Mais
en tournant rond, Emmanuel, tu sais bien qu'il n'y a pas cette place. Il n'y a pas cette place en détention.
n'a plus le pouvoir. C'est pas un juge qui reprend son bus avec sa petite mallette en plastique à 5 heures qui doit décider de l'ordre public en France. Car lui, il sera chez lui devant sa télé. Les commerçants, ils seront dehors à avoir ses voyous, ses bandits.
Mais tu crois que le juge, il n'est pas limité ? Bien évidemment, peut-être qu'il y a certains juges qui voudraient incarcérer, qui voudraient prononcer des mandats de dépôt. Sauf qu'on n'a pas assez de place en détention. Il y a 83 000 détenus en France pour à peu de 63 000 places. Comment tu veux qu'on fasse ? On les entasse ? C'est ce qui s'est passé au dépôt du tribunal judiciaire de Bobigny. Et c'est scandaleux. Les avocats qui se plaignent du dépôt parce qu'il y a des jeunes qui ont dormi
par terre, des jeunes qui ont dormi par terre, alors qu'ils ont cassé des vitrines, qu'ils ont tout volé, et c'est eux qui font de merde. Les Français ne sont pas d'accord.
Alors, Sam zira. En fait, interdire les manifestations, certaines manifestations, les encadrer comme le gouvernement, comme l'État souhaite le faire là, pour moi, ça va juste ajouter des frustrations à la frustration. Ça met tout simplement de l'huile sur le feu, alors que la société, elle est déjà bouillante actuellement. C'est ça que je suis en train d'observer. C'est ça que je suis en train de dire. C'est un pansement. Ça ne règle pas le problème de fond. On est toujours pas
dans l'écoute. On peut peut-être donner le point à Sam, c'est-à-dire que depuis... Trois mois, on va dire. Allez, deux peut-être. La crise des carburants, elle est là depuis longtemps. Et puis, ils sont venus se greffer d'autres crises. Alors, instrumentaliser politiquement, peut-être, mais ça, la France Insoumise sait le faire. Ils ont vu que ça commençait à bouger dans les lycées et ils sont allés faire de la gîte propre. Mais c'est toujours pareil. Ils ont quand même trouvé un écho. Et ça, le gouvernement ne l'a pas senti et ne l'a pas vu venir. Parce que tu pouvais désamorcer politiquement. Pour le moment, quelle est la réponse du gouvernement ? Et on peut la comprendre, c'est de dire... Plus de cases vu la violence qu'on a eu samedi dernier avec un dispositif policier hors normes. Mais regarde ce qui se passe ce matin. Emmanuel Macron a tenu, le président de la République, un conseil de sécurité hier, un conseil de défense ce matin. Et qu'est-ce qu'il fait ? Il reçoit les lycéens finalement. On a perdu du temps. Mais quand tu vois, peut-être que Parcoursup, il pouvait y avoir une suspension. Peut-être que sur le carburant, on pouvait regarder, non pas de geler les taxes parce que ça fait perdre de l'argent, mais peut-être la contribution écologique. On pouvait peut-être... la mettre de côté, ça ne coûtait rien au budget de l'État et c'était 10 centimes, tu vois. Donc il y avait peut-être moyen d'essayer de désamorcer. Je ne dis pas que ça aurait marché, mais plutôt que de laisser monter, monter, monter. Et aujourd'hui, finalement, le président reçoit les organisations de l'État, mais on a perdu du temps politiquement et on a eu une journée de fracas, de fureur et de colère dont effectivement bon nombre de personnes ne pourront pas se remettre. Donc il n'y a pas eu de réponse politique. On nous apprend que la communication, c'est la
clé. L
'État ne communique pas. qui veut réagir. Bonjour Baudouin. Oui, bonjour. Bonjour Baudouin. Alors, de nombreuses manifestations interdites, est-ce que c'est le bon sens, le sens de la raison, ou est-ce que ça rajoute de l'attention, dites-moi
? Dans un premier temps, on pourrait se dire que c'est le sens de la raison, mais selon moi, en fait, c'est un terrible à votre faiblesse. Et j'aimerais qu'on voit la chose à l'opposé. C'est-à-dire que c'est comme les couvre-feux. Les couvre-feux, qu'est-ce qui se passe ? On punit les honnêtes citoyens comme on punit les racailles. Seulement les racailles, ils n'en ont rien à faire de ce couvre-feu. si on autorise les manifestations... Si on pouvait se dire, ok, c'est parfait, ils vont tous être là, et bien nous aussi on va être là. C'est vers qui, nous ? J'entends les services de l'ordre. Vous
avez vu ce qu'il va y avoir demain.
C'est parfait, c'est parfait, c'est parfait. Et que la peur change de camp, parce qu'en fait, qu'est-ce qui se passe Sinon, les gens commencent, et on le voit.
va le faire, on va en parler.
oui, mais les gens se préparent, les gens commencent à s'armer. Moi, je connais des gens qui s'arment, j'en connais.
'accord. Alors, Baudouin, je peux vous demander une chose. Est-ce que vous pouvez rester avec nous ? On a la petite page de pub à faire. Et parce que vous dites, je connais des gens autour de moi qui sont en train de s'armer. Je vais vous demander qui et comment. Parce que vous pouvez rester, Baudouin, avec nous. Oui, c'est bon ?
Oui, bien sûr.
Merci. Voilà. Baudouin du Maine-et-Loire qui va rester avec nous dans les GG. C'est ça qui est intéressant.
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