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RTL Matin, Céline Landreau. 7h42, l'invité d'RTL Matin maintenant. Toutes les manifestations interdites à Lyon, Marseille et dans les Bouches-du-Rhône, demain à Paris, un seul cortège autorisé. Et globalement, cette règle est dictée par Emmanuel Macron hier. Pas de manifestations autorisées dans le pays. sauf quand elles sont à l'initiative des syndicats et sur des tracés qui protégeront commerce et bâtiments publics. Bonjour Marine Tondelier. Bonjour. Secrétaire nationale Les Écologistes, candidate à l'élection présidentielle. Vous allez participer demain à la manifestation parisienne autorisée. Vous comprenez ces interdictions ailleurs ?
Écoutez, moi je ne reconnais plus mon pays, parce que la République française c'est des symboles, nos mairies par exemple, et des valeurs, liberté, égalité, fraternité, notre devise, et des libertés fondamentales comme la liberté de manifester. Et tout ça est mis à mal. Les symboles ont été mis à mal, vous l'avez dit, la mairie de Limoges brûlée, ces images sont traumatisantes. L'égalité... chacun compris qu'on n'y était pas du tout et de moins en moins au bout de dix ans de mandat de macronisme et puis cette liberté de manifester qui est maintenant entravée et donc c'est le double échec du gouvernement mais c'est aussi la double peine pour les français et ça je dois dire que c'est extrêmement inquiétant c'est pour ça que quand le premier ministre nous a invité hier pour aller discuter tout ça moi j'y suis allé je suis pas comme marine le pen qui dit je boycotte ou gabriel atal
et
edouard philippe qui ne daignent pas venir eux-mêmes et qui envoient des représentants moi vous savez j'y étais et j'ai vu à quel point ils ne comprenaient pas ce qui se passait dans le pays, au gouvernement. C'est-à-dire qu'ils prennent des mesures sécuritaires pour répondre à une crise sociale, alors évidemment que cette crise sociale s'est muée. Est-ce que ce n'est pas un
renoncement raisonnable pour éviter de revivre les scènes qu'on a connues le week-end dernier ? Écoutez, je vais vous faire le parallèle avec la Ligue des champions, ou
toute compétition sportive, où il y a eu des débordements sur certains matchs de foot. Après la victoire du Paris Saint-Germain. J'ai entendu personne dire qu'on allait annuler les matchs de foot et la Ligue des champions. Donc en fait, le problème... Ce n'est pas la manifestation en elle-même. Les casseurs se grèvent sur la manifestation. Donc peut-être qu'on peut trouver des solutions pour qu'il n'y ait plus de manifestation. Donc pour vous, la mobilisation
supplémentaire, par exemple, des forces de l'ordre qui est annoncée, c'était suffisant ? Il n'y avait pas besoin d'interdiction de manifester
Écoutez, la fois dernière, clairement, le dispositif n'était pas suffisant. Mais là, ça fait maintenant un mois qu'il y a un mouvement social sans précédent dans ce pays. Sans précédent. Il a fallu qu'il y ait des casseurs pour qu'une réunion d'urgence ait lieu à Matignon. Et cette réunion d'urgence n'a porté que sur la sécurité. Ils ont dit c'est ça qui est urgent. Non, il y a une urgence sociale dans ce pays. Ça fait dix ans maintenant qu'on le dit. Il y a eu les gilets jaunes, quelle leçon on en a tiré ? Il y a eu les manifs sur les retraites, quelle leçon on en a tiré ? Il y a 23% des Français qui ne mangent pas leur faim, quelle leçon on en a tiré ? Et quand on voit que malgré toutes les interventions, et ça, moi ça m'a ému de dire, tous les partis de gauche, sans qu'on se soit spécialement concertés, on a eu des voix convergentes, complémentaires, chacun dans notre registre, mais vous voyez, on était en bloc. Et ils n'entendent rien. Ils ne comprennent pas ce qui se passe dans ce pays. Et je vais vous le dire, je crains le pire. Parce que les lycéens, ça fait un mois qu'ils manifestent. Alors là, M. Lecornu dit peut-être que je vais les recevoir lundi, peut-être que je leur annoncerai les choses. Emmanuel Macron va les recevoir dès cet après-midi. Ça vous le saluer quand même ? Ça fait un mois. Qu'ils attendent. Et je vous le dis, l'ampleur que ça a pris maintenant avec une convergence des luttes, une grève générale annoncée le 5 novembre, fait que chaque jour qu'ils passent, où ils ne répondent pas à la colère des lycéens, ça va leur coûter beaucoup plus cher. Parce que maintenant, s'ils disent « je supprime parcours sup », il y a plein gens dans la rue qui attendent d'autres choses, qui attendent des mesures de pouvoir d'achat, qui attendent un coup de pouce pour le SMIC. Nous, nous portons, les écologistes, des paniers de biens à prix coûtant dans les supermarchés sur les produits de première nécessité. Maintenant, il va falloir qu'ils répondent. à plus que les lycéens, plus que tout le monde est dans la rue. Vous dites, je crains
le pire. Qu'est-ce qu'il peut se passer de pire que la semaine passée
semaine passée, il faut quand même le dire, moi je suis allé rencontrer les commerçants dans le 11e arrondissement. Et vraiment, le sentiment qu'ils ont eu, on ne peut que les comprendre, c'est qu'il n'y avait plus d'État. L'État n'était plus là pendant plusieurs heures. Pendant dix heures, ils se sont retrouvés seuls face à des casseurs qui n'étaient pas les Black Blocs. Parce qu'eux, ils disent les Black Blocs, on est sur le tracé des manifs. Donc on les connaît bien. Les Black Blocs, ils visent les banques, les McDo et maintenant les carrefours. Les symboles. Eux, ils avaient des librairies, des barres à bière, etc. Ils disent vraiment à 18 heures, la police a disparu de notre quartier pour aller protéger l'Elysée. Parce que rien n'avait été prévu pour l'Elysée, pas suffisamment. Donc tout le monde a disparu. Et en dix minutes, tout est parti hors de contrôle. Ils ont mis le feu à des immeubles. Ils ont des fourgonnettes. Et aujourd'hui, le préfet de police de Paris... 5 personnes qui sortaient et qui découpaient la disqueuse pour arriver au stock d'un magasin. A la disqueuse ! C'est pas quelqu'un qui a vu sur TikTok, qui se dit « tiens, je vais prendre le RER pour voir ce qui se passe ». C'était du grand banditisme. Et les gens ont peur pour leur vie. Donc ça, évidemment, on ne peut que le comprendre.
Et aujourd'hui, le préfet de police de Paris les appelle à avoir recours quand ils le peuvent à la sécurité privée. L'État a perdu le contrôle.
Et l'État ne reprend pas le contrôle.
Quelles mesures le gouvernement devrait annoncer aujourd'hui, demain, pour que vous, vous appeliez les Français à arrêter de manifester en disant c'est bon, on a eu ce qu'on voulait ?
Il faut en urgence des mesures pour les commerçants, pour les protéger, parce qu'ils vont se retrouver en prise avec des assureurs où des fois il y a des clauses, quand c'est des émeutes, des violences urbaines, ça ne s'est pas pris en compte, donc ça il faut des mesures d'urgence. Il faut des mesures d'urgence pour sécuriser les manifestations. Ce n'est pas la gauche qui a supprimé 13 000 postes de policiers, c'est Nicolas Sarkozy. Donc nous on veut plus de services publics et la police est un service public. Et il faut des mesures sociales d'urgence. Les écologistes ont porté hier au Sénat cette proposition de loi qui vise à dire dans les supermarchés maintenant, plutôt que vendre le coca, les EROEO, tous les trucs... pour la santé à prix coûtant et de surmarger, parce que des fois c'est plus de 40% sur les fruits, sur les légumes, sur le bio, sur les produits sains, et bien nous on veut dans tous les supermarchés, sans produits, de première nécessité et sains. bon pour la santé, qualitatif, à prix coûtant. Ça ne veut pas dire que les supermarchés vendent à perte, ils ne perdent pas d'argent, ils n'en gagnent pas non plus. Et ça permet de gagner à peu près 500 euros pour un ménage moyen sur l'année. Donc c'est du pouvoir d'achat en plus pour les Français, mais sur des produits qui sont bons pour
leur santé. Marine Tondelier, on l'a dit, vous serez à la manifestation parisienne demain. D'autres membres de votre parti seront à Orléans pour participer à la mobilisation contre le congrès du RN qui s'y tient ce week-end. Pourquoi aller manifester contre le congrès d'une organisation politique quand on la combat dans les urnes
que je pense que les urnes ne résolvent pas tout. Vous voyez, moi je combats le pouvoir d'achat dans les urnes et puis je suis quand même dans la rue pour défendre mes droits. Moi je vais vous dire, je n'y serai pas. spécifiquement mes méthodes, moi, d'aller manifester dans les meetings politiques des autres. Mais votre porte-parole de campagne sera... Le Rassemblement National n'est pas un parti comme les autres. Jordan Bardella, qui va être prolongé à la tête... Désolée, j'ai passé une nuit beaucoup trop courte. Jordan Bardella, qui va être prolongé à la tête de son parti, a tenu des propos antisémites graves. Il est de notoriété publique qu'il a menti. Au vu de tous les éléments qu'on a, des preuves, ceux qui croient qu'il dit la vérité, ils ont le droit de le croire, mais moi je pense l'inverse, on est quand même très nombreux à se dire que manifestement il a menti. Et comme ça, ça passe crème, il va prolonger la tête de son parti. Moi j'avais fait des propositions fortes contre le mensonge en politique à la rentrée, et je maintiens que le mensonge en politique doit être fermement... punis, combattus, avec des sanctions d'inéligibilité. Ce ne serait pas la seule raison pour laquelle ce parti serait sanctionné, puisqu'il est aussi sanctionné pour avoir volé de l'argent, détourné de l'argent du Parlement européen. À un moment, ça suffit. Le mensonge, c'est un péché. Il n'arrête pas de parler des honnêtes gens, Bardella. Bruno Retailleau aussi, c'est une expression
qui est très commune. Oui, Bruno Retailleau, je
pense, a le concours avec le RN du nombre de condamnations dans la direction de son parti aussi. Donc très bien, ça leur fait un point commun. Marine
Tondelier, vous êtes chrétienne, pratiquante. Un des piliers de la foi, c'est l'espérance. Je suis laïque surtout, donc je fais ce que je veux dans ma vie privée, mais quand je suis à la radio... Mais est-ce que c'est une ressource politique, la foi, pour espérer en cette période de crise, ou est-ce que ça relève strictement de l'intime ?
Vous pouvez avoir la foi religieusement et vous pouvez avoir la foi dans ce que vous racontez, vous pouvez avoir la foi dans l'homme, dans l'humain, dans la solidarité. En tout cas, il faut de l'espoir et il faut surtout de la détermination. Parce que je peux vous le dire que la chronique de la défaite annoncée de mon camp politique, qui s'écrit jour après jour, elle est désespérante, elle est assez traumatisante pour notre camp, elle démobilise. Et moi, je le dis, je ne fais pas de politique pour faire comme ça des promesses, comme des listes au Père Noël. Vous savez, quand on donne nos programmes, En ce moment, on a les catalogues de Noël dans les boîtes aux lettres. J'ai l'impression que c'est la même chose. On se dit, tu pourras avoir ça, tu pourras avoir ça. Et puis peut-être tu auras ça comme des enfants devant les vitrines des Galeries Lafayette avec les yeux qui clignotent de tout ce qui pourrait peut-être avoir du Père Noël. Puis à la fin, ils auront un truc et c'est tout parce qu'il n'y a pas les moyens de leur payer plus. Donc moi, je ne fais pas de la politique pour faire miroiter aux électeurs ce qu'ils pourraient avoir si peut-être ont gagné. Je veux le mettre en oeuvre vraiment et j'en appelle à tout mon camp politique. Il va bien falloir qu'on trouve une solution. Et c'est pour ça que je fais une double campagne pour l'écologie et pour l'union parce que sinon, on fait de la Vous êtes toujours
candidate ? Je suis toujours candidate, mais nous discutons avec tous les partis
politiques et nous prendrons une décision de 13 décembre dans l'intérêt de notre camp politique et des Français. Si seulement tout le monde pouvait réfléchir comme ça, on n'en sera peut-être pas là.
Marine Tondelier, hier, comme d'ailleurs ce matin ici à RTL, vous êtes allée à Matignon avec votre bébé. Je précise qu'il était dans une pièce annexe à La Réunion, de la même manière qu'il n'est pas dans ce studio ce matin, mais parce que vous l'allez. Vous l'entendriez. Cet enfant, ça vous permet de le nourrir si l'on en a besoin. Est-ce qu'il y a dans cette démarche ? quelque chose de politique aussi, une volonté de faire évoluer les mentalités sur ce point précis.
Il se trouve que du fait de mon activité politique, j'ai dû reprendre très très tôt. Et ce bébé il a un mois et j'ai commencé à la laiter et j'ai... réussi à mettre en place cet allaitement, ce qui est déjà un défi en soi, beaucoup de femmes le savent, et je n'allais pas renoncer à cet allaitement pour des raisons politiques. Donc je fais en sorte que ça marche, ça ne dérange personne, on s'adapte, mais c'est vrai que je me rends compte que ce sujet est très politique, il y a beaucoup de femmes qui m'écrivent en disant merci, parce que vous mettez en scène le fait que ce n'est pas toujours facile et qu'on a beaucoup d'injonctions contradictoires. Vous utilisez
l'expression « vous mettez en scène », c'est aussi une critique qui vous est faite ?
Oui, mais en fait, ça n'ira jamais. Les femmes sont toujours commentées, les politiques aussi. Alors, les femmes politiques, c'est encore pire. On a bien compris que quoi que je fasse, si j'avais dit que je n'allais pas être mon enfant parce que j'ai une campagne présidentielle à faire, alors là, imaginez aussi des commentaires. Ça n'aurait jamais été. Donc voilà, c'est comme ça. Je le fais, je le fais au mieux. Et je peux vous dire que ça aide beaucoup de femmes. Moi, chaque nuit, quand je me réveille, je me dis, tu as ce moment de solitude, tu es tout seul. Mais en fait, il y a une équipe de nuit dans ce pays qui, toutes les nuits, se lève pour nourrir l'avenir de nos enfants, par biberons aussi d'ailleurs parfois. Et puis, il y a des injonctions contradictoires. dit aux femmes si vous allaitez six mois c'est le mieux. Et sauf qu'au bout de deux mois, il faut reprendre le travail. Et donc, vous vous retrouvez avec votre tirelée, ça ne marche pas, il y a beaucoup d'échecs à ce moment-là. Il faut un congé allaitement dans ce pays pour les femmes qui le souhaitent. Il faut une vraie prise en charge du postpartum, une femme sur trois, et en souffrance psychique, deux mois après son accouchement. Parce que, en fait, c'est compliqué. Et que si vous n'êtes pas aidé, moi j'ai un conjoint extraordinaire, j'ai une famille, une maman qui habite à côté de chez moi, qui m'aide. Si vous êtes tout seul, c'est assez ingérable, il y a beaucoup de femmes qui souffrent. Et donc, on va porter leur voix dans cette campagne, il n'y a pas beaucoup de femmes candidates, il se trouve qu'il y en a deux. dont une qui ne parle pas beaucoup des droits des femmes. Donc ma présence, si elle peut aider à ça, c'est tant mieux. Et on va parler aussi des ménopause précoces, des pubertés précoces, des cancers du sein, de l'endomédriose, de l'infertilité, de tous ces sujets dont on parle
très peu. Et vous êtes trois candidates puisque Nathalie Arthaud l'aide également. Eh bien parfait. Merci Marine Sonzelier, l'œil d'Alex Vizorek dans un instant.
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