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Dans le fond, moi je ne suis pas inquiet sur les mois qui viennent, c'est-à-dire que LFI peut mettre le bazar dans la rue, peut mettre fin à la démocratie, les Français vont choisir au mois de mai à l'élection présidentielle. Est-ce que dans le fond aujourd'hui, la tyrannie qui est déjà présente dans la démocratie, ce n'est pas le Conseil constitutionnel ? Quand on voit qu'on a un Richard Ferrand qui nous dit que peu importe le résultat, il va de toute façon censurer 80% des lois, par exemple concernant Marine Le Pen, est-ce qu'elle n'est pas déjà au cœur du système actuel ? par une prise du pouvoir par les juges, ce qui est théorisé déjà depuis plusieurs années. Jean-Michel Blanquer ?
Non, je ne pense pas. Je pense que la tyrannie, on ne peut pas baptiser tyrannie tout ce qui ne nous plaît pas. Dans la théorie démocratique même, il y a la question de la séparation des pouvoirs. C'est le sujet que l'on a aux États-Unis aujourd'hui dans la relation entre Trump et la Cour suprême, comme on l'a eu d'ailleurs en d'autres temps dans la relation par exemple entre Franklin Roosevelt et la Cour suprême. Mais là on réalise
qu'il n'y a plus de pouvoir, c'est-à-dire que le Conseil constitutionnel a tellement de pouvoirs que les autres pouvoirs sont démonétisés. Le gouvernement peut faire peu de choses, le législatif. peut faire peu de choses.
Vous savez, le Conseil constitutionnel, il porte l'interprétation de la Constitution. La Constitution, elle garantit nos libertés. On peut être, à certains moments, heureux d'avoir un garde-fou par rapport à d'éventuelles violations des libertés. Après, c'est au Conseil constitutionnel d'être... raisonnable et rationnel, je raisonne évidemment en juriste, sur son interprétation de la Constitution. On pourrait passer des heures sur ce sujet, il faut que sa jurisprudence puise sa légitimité dans une interprétation stricte de la Constitution sans aller au-delà dans l'interprétation. Sur la question de la révision de la Constitution, on est sur un sujet qui est quand même ancien et qui n'a jamais été pleinement réglé. mais en raison du précédent de 1962 du général de Gaulle qui a utilisé l'article 11 pour réviser la Constitution, alors qu'il y a un article 89 qui est prévu pour ça, on pourrait refaire le débat mais il est éternel, et jusqu'à présent le Conseil constitutionnel adopte l'idée que c'est par l'article 89 et pas qui s'intitule de la révision de la Constitution. que l'on doit réviser la Constitution. Il est assez normal que ce soit plus difficile de réviser la Constitution que de réviser une loi, c'est le principe de la Constitution, et ça s'applique dans tous les pays, y compris les Etats-Unis. – Même si De Gaulle l'a fait en 62,
et c'est argument contre argument.
– Oui, oui, tout à fait. – Et il y a cette
jurisprudence de l'an 2000, pardonnez-moi de ne plus me souvenir de l'arrêt, et qui dit que, oui, le président du Conseil constitutionnel peut s'arranger le droit de refuser certains référendums, ce qui est, encore une fois, dans une idée de démocratie est assez étonnant. Je pense
que l'élargissement de la portée du référendum peut être un des enjeux des prochaines présidentielles. Il est présent dans beaucoup de programmes. Oui, bien sûr. Mais vous savez, la question du référendum, elle a une histoire en France, notamment sous Napoléon. Il y en a eu depuis, Jean-Michel Blanc. Oui, pas tant que ça d'ailleurs. Heureusement, depuis le début de la Ve République, ce que je crois, c'est que nous avons une sorte de panne du référent pour eux. Parler du référendum en tant que tel, nous avons une panne du référendum en France. Je pense que par exemple, lorsqu'il y a eu la défaite électorale du président de la République aux européennes en 2024, la réaction n'aurait pas dû être la dissolution, mais un référendum sur un sujet clé pour les Français. C'est intéressant
d'entendre ça d'un ancien ministre du gouvernement du quinquennat de M. Macron. Comme vous
le savez, j'ai parti au premier quinquennat et je n'ai pas fait une très grande différence. Ah non non, c'est pas le Ponce-Pélade, j'ai écrit là-dessus, c'est un précédent livre qui s'appelait La Citadelle. Chacun a bien compris que, autant je suis totalement solidaire du premier quinquennat, et je suis même fier de certaines choses que nous avons faites, autant je me désolidarise totalement du deuxième, qui a été une dérive, et ce que malheureusement j'ai pu et dire dès 2022.
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