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Bonjour Michel Barnier. Bonjour. Débuté LR de Paris, ancien Premier ministre. Merci d'être avec nous. Vous connaissez mon camarade Julien Lécuyer qui est avec moi, coordinateur du bureau de Paris de la Voix du Nord. Bonjour cher Julien. Bonjour Steve. Beaucoup de questions pour vous ce matin Michel Barnier. On va revenir sur le marathon budgétaire au Parlement et sur votre candidat Bruno Roteo qui n'y peine à décoller dans les sondages mais avant ça évidemment ces manifestations et ces violences. qui ont mis la France à genoux le week-end dernier. Comment vous, ancien Premier ministre, vous qualifiez ce qui s'est passé
? D'abord, il faut garder son sang-froid. Il n'y a pas d'ailleurs que les problèmes internes de la France que nous avons à gérer tous ensemble. La sécurité, le déficit, nous en parlerons, j'espère, mais aussi les problèmes extérieurs, les agressions, l'agressivité de M. Trump. L'agression de M. Poutine, il faut penser à tout ça, et donc garder son sang-froid. Sur la tragédie de ce qui s'est passé le samedi dernier, d'abord je pense à tous ces commerçants qui ont tout perdu. qu'il faut aider absolument à reconstruire leur vie professionnelle et personnelle. Je pense aux forces de l'ordre qui ont été tellement sollicitées et agressées. Il y a près de 1000 policiers qui ont été blessés. Aux élus locaux, aux maires de Limoges et à d'autres maires. C'est la République qu'on attaque. On voit bien que... Vous parlez de moments de bascule pour cette République, justement. La République est fragile, je le pense, depuis longtemps. Il faut prendre soin de la République. comme il faut prendre soin de l'Europe. Ce sera d'ailleurs ma ligne personnelle dans cette campagne présidentielle. Mais en attendant, il faut faire attention à la République, parce que c'est notre bien commun, et faire attention à la France et à ceux qui... qui n'aiment pas la France et qui veulent détruire notre pays, comme on l'a vu avec un certain nombre de groupes violents organisés, notamment d'extrême gauche.
– Faire attention à la France et à la République, est-ce que ça nécessite, comme le gouvernement le fait, d'instaurer des couvre-feux, d'avoir une réponse judiciaire plus répressive ? Est-ce que vous pensez que c'est à la mesure de l'événement ?
Je ne sais pas si vous dites plus répressive, il faut avoir une réponse policière, il faut rétablir l'autorité, l'ordre. Remettre de l'ordre dans la rue, remettre de l'ordre dans nos comptes, remettre de l'ordre dans nos frontières, c'est un des enjeux d'élection présidentielle, alors qu'il y a tant de désordre. L'ordre doit être, l'autorité doit être réaffirmée. Et naturellement, on a bien vu le week-end dernier qu'il y avait eu un problème de sous-estimation. des mouvements de foule, des manifestations et pas d'anticipation de tous ces groupes d'extrême-gauche qui sont venus délibérément organiser pour barrer des rues, mettre des barrages. Mais comment vous expliquez
ces défaillances précisément ? Est-ce qu'il y a une responsabilité politique ou c'est une responsabilité plus générale de l'État en matière de surveillance de
ces groupes ? Excusez-moi, je ne vais pas mettre de lui sur le feu. Les ministres, les préfets... auxquels nous faisons confiance en tous, à leur poste maintenant. Je pense qu'ils vont tirer les leçons de ce qui s'est passé, des défaillances. Il y a eu des défaillances, à tel point d'ailleurs... Ce n'est pas la première
fois, M. Barnier. Ce qui étonne les gens, c'est que chaque année, il y a des mouvements sociaux avec des violences. Il fait des années que ça dure. Et que là, on a l'impression encore, une fois, de découvrir l'eau chaude. Oui, enfin, je
me souviens d'une époque où, avec Bruno Rotaillot, ministre de l'Intérieur, dans mon gouvernement, on n'hésitait pas à envoyer des véhicules blindés de la gendarmerie. Il y a sans doute une sous-estimation à coup sûr. A tel point, d'ailleurs, c'est pas moi qui le dis, c'est le ministre de l'Intérieur lui-même qui l'a donné sa démission. qui a été refusé. Il a donné sa démission pour marquer sa responsabilité. C'est un moment, d'ailleurs, où il faut que chacun assume ses responsabilités. On parlait de Bruno Retailleau. Ça veut dire
que chacun assume ses responsabilités ? Ça veut dire que le président aurait dû accepter la démission du président de l'Intérieur ? Je ne vais pas
faire de commentaire là-dessus. Je pense qu'il faut que chacun assume ses responsabilités.
Dont
le Premier ministre Sébastien
Lecornu,
qui
aurait
pu aussi remettre sa démission. On a besoin de gouvernement. Il ne faut pas créer de l'instabilité supplémentaire. Mais on voit bien qu'à un moment donné, il faudra... Mais ça
veut dire quoi, assumer sa responsabilité ? Ça va jusqu'où ? Jusqu'au président de la République ?
Non, ne cherchez pas à me poser des questions. C
'est vous. Ce sont vos mots, Michel Barnier. Quand
le ministre de l'Intérieur remet sa démission, il reconnaît sa responsabilité. Il assume.
Mais depuis Emmanuel Macron, quand on remet sa démission, en général, elle n'est pas acceptée. On peut quand même partir, même si la démission n'est pas acceptée. Il aurait dû partir,
c
'est ça que vous dites. – Il y a quelques moments
dans la vie où il faut que les gens assument leur responsabilité. – Bon, on a compris.
Bruno Retailleau qui demande l'instauration de l'état d'urgence, est-ce que c'est nécessaire aujourd'hui ? – Il a
raison, il a raison. Je pense d'ailleurs qu'on aurait dû dire cela dès le week-end dernier. Je pense que l'état d'urgence est une mesure… Bruno Retailleau, il sait de quoi il parle. Quand il parle de ce sujet et d'autres d'ailleurs, il sait de quoi il parle en matière de sécurité. Et s'il le dit, c'est qu'à coup sûr, cet instrument qui est dans la loi, l 'état d'urgence devrait être
utilisé. Et qu'est-ce que ça permettrait concrètement que, par rapport à ce qui existe déjà, interdiction de rassemblement, couvre-feu territorialisé ?
L'état d'urgence permet des mesures exceptionnelles. permettre d'aller plus vite, de mobiliser un nombre de moyens. Je ne vais pas détailler les choses parce que ce n'est pas mon rôle. Mais l'état d'urgence, c'est un État qui montre la gravité de la situation et qui donne au préfet, au gouvernement, au ministre des moyens supplémentaires. On sait
que la question s'est posée à l'Elysée ce dimanche. Finalement, ça n'a pas été retenu. Qu'est-ce que vous vous retenez de l'allocution présidentielle de dimanche ?
D'abord, j'ai du respect pour la fonction présidentielle. Je suis attaché à la Ve République. Je suis gaulliste depuis toujours. Je ne ferai rien et je ne dirai rien qui mettrait en cause la fonction présidentielle et celui qui l'exerce. dans le moment où nous sommes. Ce que je constate, c'est qu'il y a un décalage entre la parole présidentielle actuelle et la réalité du pays. Et donc il faut réduire ce décalage.
– Il est parti juste dans la foulée de son allocution faire une tournée au Moyen-Orient, trois jours, c'était nécessaire. Il s'est dérobé, certains disent qu'il s'est dérobé. – Je ne crois pas, franchement,
je ne crois pas que le président de la République se dérobe, mais sans doute cette visite était utile, la preuve c'est que… Il en rendra compte, il a obtenu des accords pour alimenter le flux d'importation de pétrole et d'énergie, de fuel dont nous avons besoin. N'oubliez pas non plus la crise. actuellement énergétique et le coût qu'elle provoque pour beaucoup de ménages et d'entreprises et de salariés et d'agents. Donc cette visite était utile. Est-ce qu'il fallait la faire ce jour-là ou le lendemain ? C'est une autre question. Encore une fois, il y a ce décalage qui me préoccupe. La question qui nous préoccupe
aujourd'hui,
c
'est comment sortir de l'impasse. Très concrètement, comment sortir de l'impasse ? Aujourd'hui, il y a une réunion à Matignon, Sébastien Lecornu qui réunit les partis politiques. Qu'est-ce qu'il faut attendre de cette... Comment on sort de l'impasse aujourd'hui
? Vous m'invitez comme quelqu'un qui a eu l'honneur d'être Premier ministre pendant quelques temps, le temps que le Parlement m'a donné, avec beaucoup d'irresponsabilité des partis politiques à l'époque déjà. souhaiter que le gouvernement trouve les moyens de rétablir l'autorité, des mesures d'urgence. Il y a l'urgence, donc il faut mettre les choses dans l'ordre. L'urgence, l'autorité et l'ordre. Et puis ensuite, il faut sans doute dans ce pays qui est très à cran. Les gens sont très nerveux, très inquiets, ont le sentiment d'une injustice dans beaucoup de circonstances, dans beaucoup de secteurs. Il y a beaucoup de nervosité dans le pays. Et quand le pays est aussi nerveux, il faut... Avoir de l'écoute aussi pour les gens qui ont manifesté pacifiquement samedi dernier, pour les jeunes qui expriment dans beaucoup de lycées, y compris dans les zones rurales, n'oubliez pas, il n'y a pas que les villes, qui expriment des besoins concrets, des professeurs dans leur classe, des équipements corrects. Il faut reconnaître le rôle des régions et des départements pour les collèges et les initiatives. Vous savez, j'ai été pris en un département pendant longtemps, en Savoie. Ce que font les départements et ce que font les régions actuellement, l'État ne le ferait pas. Donc il faut reconnaître ce travail. Ce que fait Valérie Pécresse dans l'île de France est considérable. Ce sont des milliards d'euros qui sont utilisés pour rénover les initiatives.
Pour bien comprendre votre réflexion, est-ce que la forme que prend les discussions entre le Premier ministre et les chefs de parti aujourd'hui... est à la mesure de l'urgence ou bien de
la volonté de... C'est toujours utile de rencontrer des chefs de partis après coup. C'est sans doute utile aussi d'anticiper et de prévenir. Ce qui me paraît plus utile, c'est le dialogue qu'on peut établir avec les syndicats. Le dialogue social est très important. Je pense depuis toujours, d'ailleurs, que le dialogue social et la cohésion sociale sont des éléments de la compétitivité de notre pays. Monsieur
Barnier, ils sont sortis. Il y a eu une réunion avec les syndicats hier. Ils en sont sortis très déçus. Il n'y a pas de marge budgétaire pour accorder quoi que ce soit. Donc, en fait, où va-t-on
? Je réponds à votre question sur le dialogue. C'est dans un pays qui a cet état de nervosité, de tension, de fracture aussi. Il faut des espaces de respiration. Il faut anticiper. Peut-être le tort du pouvoir public actuellement, c'est de ne pas avoir anticipé ou compris ce qui se passait, ce qui se disait, les inquiétudes des lycéens et dans la rue aussi. Vous ne devez pas me parler comme si j'étais ministre ou premier ministre aujourd'hui. Je ne le suis
pas. Vous avez l'expérience de l'État, vous avez été Manel. J'ai l'expérience de l'État et je vous
dis que dans un État comme celui-ci... Il faut des espaces de dialogue et de concertation. Par rapport à des partis politiques, je vois l'extrême gauche à l'Assemblée nationale, on a un climat à l'Assemblée nationale dans beaucoup de moments et sur certains débats qui est de type pré-insurrectionnel.
– Précisément, je voulais vous faire entendre Jean-Luc Mélenchon. Jean-Luc Mélenchon qui a réagi à l'invitation de Sébastien Lecornu. Écoutez ces mots et je vous fais réagir juste après.
va y aller, on va te pourrir la réunion. Nous, on vient ici pour discuter avec vous des revendications. Quand est-ce que vous donnez une réponse aux revendications qu'ont présentées les lycéens, les étudiants et les travailleurs ? Et le reste, allez discuter avec qui vous voulez, avec les directeurs de la police, de ce que vous voulez, parce que c'est vous qui êtes responsable du maintien de l'ordre, c'est-à-dire de la défense de liberté constitutionnelle. C'est pas nous, parce que nous, nous les faisons vivre, les libertés constitutionnelles. La liberté constitutionnelle, c'est le droit que j'ai de me moquer de vous en plus.
Si je suis un peu taquin, je dirais que la première partie de cette intervention, ça reprend un peu ce que vous dites, il faut écouter les lycéens, écouter les manifestants. Comment voulez
-vous qu'un leader comme ça, et actuellement je respecte toutes les formes d'expression politique quand elles sont démocratiques et républicaines, comment voulez-vous qu'un homme comme ça ait l'ambition de diriger le pays, avec ce type de méthode et de mots, ce manque de respect à l'égard des institutions, cette manière aussi de ne pas respecter la réalité du pays ? Comment on peut imaginer d'être président de la République ? à l'extrême droite, à l'extrême gauche, et naturellement, je l'espère, de notre côté, du côté de la droite républicaine et du centre, si on n'explique pas la réalité, la vérité de la situation au pays. Les Français sont intelligents, les Français ont envie qu'on leur dise la vérité, qu'on leur fixe une perspective. Et la vérité, aujourd'hui, c'est que le pays va mal, qu'il est en crise morale, on le voit bien, en crise financière, en crise économique, et qu'il ne faut pas nier cette vérité. Je suis très inquiet d'entendre quelqu'un comme... et je vois tous ses amis à l'Assemblée nationale qui ont une telle haine, une telle... intolérance, il y a une telle violence dans les mots à l'Assemblée nationale, j'ai déjà été député il y a quelques années, je vois la différence, je suis très inquiet de cela.
– A l'inverse, M. Barnier, quand on entend le gouvernement et notamment le Premier ministre lors des questions au gouvernement, on a l'impression qu'ils veulent faire porter un chapeau très grand à LFI dans l'organisation du chaos. On le sait, les mouvements d'ultra-gauche ne répondent pas, les autonomes notamment, ne répondent absolument pas aux… aux ordres de la France insoumise ? Est-ce qu'on n'a pas tendance à caricaturer également ?
Je ne sais pas qui répond aux ordres de qui, mais je vois une grande complaisance. une grande amabilité des députés LFI à l'égard de tous ces mouvements d'extrême-gauche, des violences, j'entends même des députés, des maires, récemment un maire de la région parisienne que vous connaissez bien, dire que la violence peut être légitime. Il faut faire très attention. Le pays a suffisamment de fractures, ne pas en rajouter. En tout cas, il faut que chacun assume ses responsabilités et que les députés LFI, leur complaisance à l'égard de ces violences, à l'égard de ces mouvements... très brutaux et très violents. Je pourrais aussi parler de l'antisémitisme. On
va
parler
du budget, mais peut-être dernière question. Vous êtes sur la ligne, Bruno Retailleau et Gérard Larcher, sur une éventuelle interdiction de la France insoumise ? Non, je ne pense pas
que ça servait. Cette position-là, je pense que si on interdisait ce parti, qui compte plusieurs dizaines de députés, il se recréerait automatiquement, immédiatement, autrement. Donc je ne dirais pas
sur ce terrain. Le taux d'emprunt de la France à 10 ans a franchi la barre des 5%. C'est la première fois depuis 2002. Voilà la
vraie inquiétude. On parle des jeunes et je suis soucieux qu'on trouve des espaces et qu'on aurait dû créer des espaces d'écoute et de dialogue dans les lycées et les collèges. pour anticiper un nombre de problèmes. Mais la première politique qu'on peut mener pour la jeunesse, c'est de ne pas augmenter la dette. que cette dette, elle coûte 10 milliards d'intérêts dans... 10 milliards d'intérêts chaque année de plus, 10 milliards d'euros. Combien on rénove de lycées ?
Oui, de plus, parce que la note totale est... Depuis que j'ai quitté
Matignon, il y a au moins 20 milliards d'intérêts de plus à payer mécaniquement. Bientôt le
premier poste de l'État. Sans parler
de l'abandon, on est bientôt à 90 milliards d'intérêts de la dette, sans parler de l'abandon de la réforme des retraites. La situation s'est aggravée. Et j'observe d'ailleurs, messieurs, je veux dire à ceux qui nous écoutent, qu'on est deux ans après... que j'ai quitté Matignon, dans les mêmes paramètres. On veut éviter d'avoir 6,2, 6,3 de déficit, 6,2 de déficit. On veut le ramener à 5. C'est exactement l'objectif que j'avais et sur lequel j'ai trouvé en face de moi des partis responsables. Ça veut dire que rien n'a été fait depuis que vous êtes
parti, Michel. On se
demande à quoi on servit ces deux années. Ah non, mais il faut développer. Comment ? C'est-à-dire qu'effectivement, Sébastien Lecornu n'a pas fait le job. Je vous dis, on peut se demander à quoi ont servi les deux années qui viennent de s'écouler par rapport à cette question de la dette, puisque deux ans après... Deux ans après, les chiffres sont exactement les mêmes. On veut éviter d'avoir 6-2. 6,2 de déficit, on veut le réduire à 5. C'est exactement ce que je disais quand j'étais à Matignon et qui me valait d'ailleurs certaines critiques, y compris dans la majorité sortant.
La réponse de Sébastien Lecornu, puisqu'il y a eu un échange de lettres avec Sébastien Lecornu, qui vous répond « Si la copie de gouvernement actuel a été adoptée, le poids de la dépense publique dans l'économie diminuerait pour la première fois depuis 2023. » Sous-entendu que c'est vous qui n'avez pas fait le job, Michel Barnier.
Je suis resté trois mois à Matignon. Oui, mais
c'était sa
réponse à vous, à votre interpellation du gouvernement. J'ai dit au Premier ministre qu'il fallait être courageux, qu'il fallait être audacieux. J'ai regretté à nouveau qu'on ait abandonné cette réforme des retraites parce qu'il faudra bien y revenir, quel que soit le gouvernement l'année prochaine, il devra... devant les Français, assumer le fait que les retraites ne seront pas payées dans quelques années.
Vous-même, vous avez, comme vous le rappelez, testé pour voir, entre une aile gauche qui réclame des dépenses sociales supplémentaires et l'extrême droite qui brandit toujours la menace de censure, on le voit bien. Ce n'est pas la volonté de faire des économies qui manquent, c'est la capacité de les faire passer dans le budget. – Alors comment on fait ? Vous avez encore une fois l'expérience. – Je voudrais y
ajouter aussi un parti socialiste qui n'était pas à la hauteur, en tout cas quand j'étais Premier ministre, et qui risque de ne pas l'être à nouveau pour des raisons électorales et tactiques. – Oui mais donc
à part se payer de mots en disant il faut faire des économies, comment on fait pour faire passer ? – La dissolution de
2024 a été une erreur majeure, grave, je vous le dis, et c'est ça qui crée l'instabilité actuelle et l'incapacité. – Mais ça c
'est le constat, mais comment fait-on ? Dans ces cas-là, on arrive avec le budget 2027, avec un autre chemin de croix qui arrive, c'est 49-3 assuré. Il faut prendre le risque
du 49-3, je pense que le provise devrait le prendre. Il faut prendre le risque du 49-3. Ou aller faire des ordonnances pour que la France ait un budget, au minimum, travailler, tenter de réduire ce qui peut être réduit comme dépense publique et pour réduire le déficit, et puis arriver aux élections qui sont le moment où on pourra redonner à un tour de paix une nouvelle dynamique avec un nouveau président. accompagné, je l'espère, d'une nouvelle majorité absolue.
49-3 ou ordonnance, c'est quoi votre véhicule préféré, pour parler en termes un peu juridiques, un peu techniques ?
Je pense aujourd'hui que les conditions sont telles que le province devrait... Procédé par 49,3.
Par 49,3, sur le budget. Petit mot sur ce qui se passe dans d'autres pays européens, Michel Barnier, certains pays qui sont secoués par des manifestations violentes. En Italie, on a assisté le week-end dernier à des scènes de pillage en plein centre de Milan, des revendications contre la vie chère au Portugal, en Espagne ou en Grèce. Est-ce que vous comprenez les revendications de cette jeunesse et qu'est-ce que l'Union européenne, que vous connaissez très bien, a à répondre à cette jeunesse aujourd'hui ?
Les réponses, elles sont parfois à Bruxelles. lorsqu'il s'agit de la sécurité de notre continent, d'être moins naïf dans nos échanges commerciaux avec la Chine, lorsqu'il s'agit d'investir pour l'avenir, comme on l'a fait après la crise du Covid, en empruntant ensemble pour investir ensemble dans l'avenir, dans la formation, dans les nouvelles technologies, dans la défense d'une politique agricole. Voilà les réponses que l'Europe commence à apporter un peu mieux qu'il y a quelques années dans le grand vent d'ultralibéralisme qui régnait à Bruxelles. Mais après, il y a des réponses qui sont au niveau national, on le voit bien chez nous. Ce n'est pas Bruxelles qui va répondre à la question des lycées et des collèges en France. D'ailleurs, d'une manière générale, la bonne réponse doit être apportée au bon endroit. Quand on parle des déserts médicaux, on n'en parle souvent ici au Sénat où nous nous trouvons, la réponse est souvent départementale et locale. Les lycées, c'est la région. Les transports, c'est les régions. Et puis, il y a des problèmes qui dépendent de Paris et d'autres qui dépendent de Bruxelles. Ce qui m'intéresse aussi dans cette affaire, c'est que l'Union européenne, qui est critiquable, qui ne fonctionne pas toujours bien, il y a plein de choses à changer à Bruxelles, la bureaucratie et la technocratie qui dominent parfois. Mais de grâce, restons ensemble. Parce que quand vous regardez la situation mondiale de tous ceux qui nous entourent, si on n'est pas ensemble, on est foutus. Si on n'est pas ensemble, on est définitivement condamnés, nous Français. On peut toujours faire des discours sur la souveraineté nationale. Et je suis le premier à dire que notre rôle, c'est de défendre l'intérêt du pays, l'intérêt national. Nous, on sera définitivement dominés par les Chinois et les Américains. – Julien, sur la politique
et cette
campagne présidentielle.
– Sur la présidentielle, vous soutenez Bruno Rotaillot. Les derniers sondages ne sont pas vraiment favorables, c'est le moins qu'on puisse dire. Il est donné entre 5 et 7,5% des voix. Il dégringole dans le dernier baromètre politique de l'IFOP également. Est-ce qu'on est sur une campagne qui risque de se déliter
'abord, je souhaite qu'il y ait une campagne présidentielle sérieuse malgré le contexte. Et deuxièmement, je ne crois pas du tout qu'on puisse porter ce jugement si négatif sur la campagne de Bruno Rotaillot. D'abord, l'expérience que je peux avoir, que vous avez comme journaliste éclairée, c'est que les sondages du mois d'octobre ne sont jamais les votes du mois d'avril ou du mois de mai. – Vous l'avez connu plus
dynamique comme sondage. – Oui,
mais moi j'ai connu aussi des périodes où les candidats étaient très hauts et qui se sont trouvés très bas. Donc je vous recommande de garder votre sang froid, de garder votre calme et de faire confiance. Moi je fais confiance. à Bruno Taillot, il mène une campagne extrêmement sérieuse, il est sincère, et les gens le voient à la télévision quand il s'exprime, il sait de quoi il parle, il a le sens de l'État, et il a un programme extrêmement clair. Mais la sincérité,
ça ne suffit pas, M. Barnier, même si c'est important. La droite a toujours été considérée comme le parti de l'ordre,
à l'heure actuelle, c'est plutôt le
Rassemblement National qui sont bénéficiés et de tirer profit des crises successives. comment récupérer la main et notamment comment Bruno Retailleau peut faire.
Il ne va pas monter sur la table pour vous faire plaisir. Il va continuer à être ce qu'il est, un homme qui a le sens de l'État, qui a de l'expérience, qui a des idées fortes et claires, notamment sur ces domaines de sécurité et sur plein d'autres domaines. Il s'est exprimé sur le logement, sur l'économie, sur le travail, sur l'immigration. Je pense qu'il mérite qu'on lui fasse confiance et le temps. qui est utile devant nous et de la campagne, va le démontrer.
Il y a un autre candidat à droite qui fait parler de lui en ce moment, c'est David Lysnard. Il se passe quelque chose en ce moment avec David Lysnard
Lysnard est le maire de Cannes, président de l'Association des maires de France. Il a une personnalité singulière et importante. Je pense que ses idées ne sont pas très loin de celles de Bruno Rotaillot. Je souhaite qu'il puisse s'entendre. Ils ont d'ailleurs vu hier et qu'il puisse se mettre d'accord pour eux. réunir et rassembler leurs forces. Pour un ticket, Bruno Retailleau, David Lissnard.
Il peut être président de l'Association des maires de France et candidat à la présidentielle, David Lissnard ?
C'est au maire de France de le décider, ce n'est pas à moi. Vous portez vous-même une démarche baptisée Bâtir ensemble, plateforme pour une future coalition. Vous en êtes où de cette initiative ?
Je continue patiemment, besogneusement, à travailler sur cette idée, que je crois juste, parce que je pense qu'une campagne présidentielle, c'est d'abord un débat d'idées, et que tous ces candidats... qui devront se rassembler à la droite et au centre pour n'en avoir qu'un, j'espère en janvier, peut-être à travers une primaire, ça sera l'occasion de faire appel aux Français pour qu'ils votent, en tout cas je le souhaite.
– Jusqu'où cette primaire ? Éric Zemmour
Non, certainement pas, M. Zemmour d'ailleurs est candidat, non non, je parle des candidats de la droite républicaine, vous parliez de… Bruno Rotaillot, que je soutiens activement. David Disnard, Edouard Philippe, Gabriel Attal. Oui, et tous ceux qui ont travaillé avec moi quand j'étais Premier ministre et qui devront travailler ensemble, mais sur une ligne extrêmement claire et en tirant les leçons des dix années qui viennent de s'écouler. Donc, voilà ce que je pense.
Merci beaucoup, Michel Barnier. Merci d'avoir répondu à toutes nos questions. Merci, Julien. On va voir la une de la Voix du Nord aujourd'hui. Je crois que c'est sur la défaite de Lens, c'est ça ?
Lens et Lille, zéro problème. Comme le dit la Une. Ça va mal. Très mal parti. Il faut supporter Paris. Merci beaucoup. Merci
beaucoup d'avoir été avec moi pour cette interview.
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