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Bonjour Maya, bonjour à tous. Bienvenue dans les cas de vérité où je reçois aujourd'hui Clémence Guettet. Bonjour. Clémence Guettet, vice-présidente de l'Assemblée nationale chargée du programme de LFI à la présidentielle. Cet après-midi, la France insoumise sera représentée à la réunion autour de Sébastien Lecornu après les débordements et tout ce qui s'est passé samedi dernier dans la rue. Jean-Luc Mélenchon a promis de pourrir la réunion. Alors qu'est-ce qui va se passer
fait, on s'y rend déjà à l'invitation du Premier ministre pour en effet revenir sur ce qui s'est passé samedi dernier, le 17, ça ne vous aura pas échappé, il y a eu une très grande mobilisation à laquelle on a participé, nous, la France Insoumise. Pourrir la Réunion, pourquoi ? Parce qu'on n'accepte pas le cadrage qui en est fait, qui en est proposé par le Premier ministre, qui nous a dit en gros qu'on allait avoir droit à un grand cours sur la police et son œuvre.
Donc pourrir la Réunion, ça consiste en quoi ? A changer l'ordre du jour ?
ordre du jour qui est le fait que depuis plus d'un mois il ya une mobilisation populaire et qu'il faut y apporter des réponses Et donc on y va avec plusieurs messages. On a envoyé ce matin au Premier ministre un courrier dans lequel il y a les différents sujets qu'on souhaite aborder. Alors je vous en donne quelques-uns. D'abord les revendications des lycéens, les 10 milliards avec les 10 mesures qui sont accolées et notamment la suppression de Parcoursup, qui est une machine à tri-sociale. Deuxièmement, la vie chère, le pouvoir d'achat, l'augmentation des salaires et du point d'indice des fonctionnaires. Ça ce sont les revendications des syndicats. Et puis troisièmement, en effet, la sécurité. Parce qu'il y a un grand fier. auquel on assiste, du maintien de l'ordre depuis deux semaines. Qui en est
responsable ? Le Premier ministre lui-même ?
Le gouvernement, bien sûr. Le
ministre
de l'Intérieur en premier lieu, M. Nunez, qui d'ailleurs reconnaît le fiasco, puisque lundi, il a présenté sa démission au président de la République, enfin au Premier ministre, qui l'a refusé. Mais il reconnaît donc que c'était un échec. Et sur ce point, je le rejoins. C'était un complet échec.
Hier, avant vous, il y avait les syndicats qui ont été les premiers reçus par Sébastien Lecornu. Ils sont tous ressortis en disant qu'on appelle à la mobilisation et aux grèves le 5 novembre. Vous ne pensez pas obtenir plus qu'eux ?
Si les syndicats sont ressortis en disant qu'on appelle à la grève générale à partir du 5 novembre, reconductible, c'est parce qu'aucune réponse n'est apportée. Vous ne pensez pas avoir
plus ? Les syndicats n'ont pas obtenu ce qu'ils voulaient. Ils jouent leur rôle.
Ils jouent leur rôle, ils appellent à une mobilisation à partir du 5 novembre. Nous jouons le nôtre, nous allons porter les revendications dont je viens de vous parler auprès du Premier ministre. Et nous appelons d'ailleurs à une mobilisation à partir de ce samedi, 14h à République, pour la manifestation parisienne. Mais ce sera dans tout le pays.
À l'appel des Gilets jaunes. En particulier. Et des syndicats lycéens. Et des syndicats lycéens. Mais justement, le gouvernement promet un dispositif massif pour assurer la sécurité avec le recours à des blindés, aux militaires de la force sentinelle et aux unités d'élite de la police et de la gendarmerie pour faire face aux casseurs. Ça s'ajoute aux couvre-feux qui ont été instaurés depuis quelques jours. Comment vous faites-vous l'équilibre entre la liberté de manifester et la sécurité à assurer
En fait, c'est possible de le faire. Le problème, c'est que là, le gouvernement ne le fait pas. Il a deux missions. L'ordre public, c'est assurer la sécurité des biens et des personnes et le droit de manifester. Les deux ont été un échec complet samedi dernier. J'y étais à République. On ne pouvait pas rejoindre la manifestation qui était autorisée sans se faire gazer, nasser abondamment. C'était extrêmement anxiogène d'ailleurs. Et puis, en fait, cette sécurité, elle n'est pas respectée parce que le dispositif est complètement disproportionné. Comment le gouvernement explique que des magasins ont pu être pillés ? Alors que les manifestants qui étaient dans la manifestation autorisée, eux, ont été nassés et gazés. Voilà, il y a un dispositif qui ne va pas. Et je vais vous dire une chose. Le gouvernement répond par des couvre-feux, le déploiement de forces armées. J
'entends.
Et une répression absolument massive à des revendications politiques. Mais il faut assurer
la sécurité, vous êtes d'accord ?
Mais bien sûr, mais y compris en termes... budgétaire, puisque c'est une obsession du gouvernement, vous le savez, on est en plein examen du budget, ça coûterait moins cher d'octroyer les revendications aux lycéens de 10 milliards que de continuer à utiliser un tel appareil répressif. Donc ça n'a aucun sens. Défigurez-vous que ça coûte très cher le déploiement de la BAC, de Sentinelle. C'est une évidence. Il y a des chiffres, y compris sur l'utilisation des armes de guerre. Vous savez, ça coûte très cher tout ça. C'est dangereux, ça coûte cher.
Dans plusieurs villes, les préfets ont interdit des manifestations prévues aujourd'hui, notamment autour de certains lieux de pouvoir, le Sénat, l'Elysée, l'Assemblée nationale dont vous êtes la vice-présidente. Craignez-vous que ces lieux de pouvoir et de démocratie politique deviennent des cibles
Je crains que la colère continue d'augmenter. Mais est-ce que l'Assemblée nationale
peut être une cible ?
On a vu des mairies. Une cible, qu'est-ce que ça veut dire ? Une cible de qui ? Les manifestants veulent manifester. Celles et ceux qui veulent piller ou casser, je ne connais pas leur agenda politique. Je ne peux pas vous dire. Mais il faut protéger l'Assemblée. Il faut protéger les commerces, il faut indemniser les petits commerçants qui se sont fait ravager leur lieu et ce qui leur amène leur salaire chaque mois. C'est une évidence là aussi. Mais ce que je veux vous dire, c'est que ça fait un mois que le gouvernement joue le pourrissement. Il faut qu'ils sortent de ça. Il faut qu'ils donnent des réponses aux gens. C'est ce que vous allez dire à la
réunion ce matin, cet après-midi. La commission d'enquête parlementaire sur la maintien de l'ordre a été mise en place à l'Assemblée nationale. Il y aura trois rapporteurs. Un écologiste, un renaissance, un socialiste. Pas deux rapporteurs de la France insoumise. Est-ce que vous y participerez quand même ?
Bien sûr qu'on va participer à cette commission d'enquête. Vous savez, les postes de rapporteurs et les postes en général dans cette institution, on est habitué à en être exclu par une grande alliance centriste qui généralement se partage les postes. Centriste,
mais pas que centriste.
En l'occurrence, si les écologistes représenteront la gauche dans cette commission d'enquête, nous sommes à la France Insoumise le premier groupe d'opposition de gauche et donc nous estimons normal d'avoir un poste de rapporteur. Nous n'en avons pas, mais je vais vous dire franchement... Est-ce que vous y
voyez une volonté de mise à part ? de mise à l'écart de la France Insoumise. Mais
bien sûr, mais permanente dans cette institution. des macronistes eux-mêmes, ceux qui dirigent, je vous rappelle que nous devrions être au gouvernement alors qu'il est. Et c'est là tout le problème aussi du moment, c'est-à-dire que toutes les voies d'expression démocratiques dans ce pays, la Macronie les bouchent une à une. Les mobilisations sociales, gilets jaunes, réforme des retraites, et ce qu'on voit actuellement réprimer, reconnaître le résultat des urnes, ça leur a été impossible en 2024. Donc voilà, on est dans cette situation. Une
dernière question, parce que le gouvernement continue d'accuser la France associeuse... de mettre de l'huile sur le feu ou d'avoir des propos qui entraînent des violences. Est-ce que vous craignez que ça vous colle ? au basque, j'allais dire, pendant toute la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon.
Honnêtement, ce gouvernement n'inspire que dégoût à la population française. Je pense qu'il devrait s'en rendre compte. La fin de règne est très, très, très, très longue. Mais aujourd'hui, ce qu'on voit, nous, c'est que les soutiens sur le terrain, ils affluent parce que les gens ne sont pas dupes de cette propagande-là. Je rappelle quand même qu'un article de Mediapart cette semaine a montré que le renseignement, donc les personnes qui permettent ensuite de mettre sur pied le dispositif de maintien de l'ordre et de sécurisation des manifestations, était vraisemblablement manipulée par le gouvernement. Et vous allez saisir la
Cour de justice de la République ? Bien sûr. C'est si sûr ? Parce que ça a été proposé. Oui, bien sûr. Manuel Bonpart,
le coordinateur du mouvement, l'a annoncé. Nous allons le faire, bien sûr.
Merci Clémence Guettet d'avoir accepté notre invitation dans les cas de vérité où vous avez annoncé que la Cour de justice de la République sera bien saisie. A vous, Maya.
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