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président de la République a déclaré dimanche, lors de son allocution télévisée, qu'il fallait, je le cite, « bâtir un modèle économique durable plus fort, travailler et produire davantage ». Le propos mérite d'être éclairci à l'heure où des centaines de milliers de personnes ont perdu leur emploi et autant vont subir le même sort dans les semaines à venir. Le travailler plus pour gagner plus n'est pas une idée neuve pour un nouveau monde, puisque le concept fut créé par Nicolas Sarkozy. Travailler plus est l'objectif. Après avoir par ordonnance utilisé la crise sanitaire pour multiplier dès maintenant les dérogations aux droits du travail et à la protection des salariés, vous encouragez à multiplier les accords d'entreprise dits de performance, véritable chantage à l'emploi, où l'on demande de choisir entre licenciement et diminution de salaire, comme chez De Richebourg ou Ryanair. Les premières victimes de votre politique sont les salariés peu diplômés et les jeunes, déjà durement touchés par les conséquences du confinement. Pourquoi vous obstinez-vous dans ces choix archaïques qui n'ont pas donné de résultats probants, sauf pour les actionnaires ? Quand allez-vous faire le choix d'une économie orientée vers l'emploi au service d'une autre production qui protège et qui donne du travail au plus grand nombre ? Allez-vous enfin partager le travail pour permettre l'épanouissement de chacun et ne pas contraindre toujours plus ceux qui ont un emploi en précarisant les autres ? Cette voie nouvelle, vous devez l'explorer et ne pas rester bloqué sur les vieux dogmes libéraux.
Mesdames et Messieurs les sénateurs, la sénatrice Michèle Gréaume. Le président a effectivement appelé la collectivité nationale à travailler davantage. Quel est le sujet en France ? Je pense que nous serons d'accord à peu près tous. Pour dire que pour avoir un haut système de solidarité, comme nous le voulons tous en France, il faut produire de la richesse nationale. C'est la richesse nationale qui produit aussi la capacité à être un grand pays, à être compétitif, mais aussi à assurer un haut niveau de protection et de solidarité nationale. Pour produire de la richesse, il y a un élément clé, c'est le travail. Et ce n'est pas vous qui me considérez, puisqu'il peut y avoir des débats sur la part du travail dans la croissance, mais enfin, personne ne n'ira que le travail crée de la richesse nationale. Or aujourd'hui, en France, déjà avant la crise, nous étions en train de réduire le chômage, mais on vient de loin, on vient de vivre 30 ans de chômage de masse. Le fait qu'il y ait autant de gens qui ne travaillent pas, qui ne peuvent pas travailler en France, oui, était un drame social pour eux, mais était aussi un manque pour la nation. Et donc, la priorité d'aujourd'hui, c'est que tous puissent travailler. Or, évidemment qu'il y a un risque aujourd'hui, que le chômage repart après une baisse forte. Je vous rappelle qu'il y a quatre mois exactement, ici même, Nous parlions des 8,1% de taux de chômage qui était le plus bas tôt depuis 11 ans et des plus 16% d'apprentis. Nous étions dans une dynamique avec de l'investissement fort, de l'investissement international comme on n'avait jamais eu, on est devenu le premier pays d'Europe, des signaux qui étaient, sans être tous au vert, largement orientés au vert. Évidemment, la crise économique et sociale ne remet pas en cause les fondamentaux de la France que nous avons réparés par les différentes réformes en bonne partie, mais qui remet en cause de façon exogène. la dynamique dans laquelle on était, pose cette question. Et donc c'est pour ça qu'il faut effectivement faire en sorte que tous ceux qui étaient au chômage partiel retrouvent le contrat de travail puissent être réactivés, que ceux qui étaient en CDDI intérimaire aient des chances de retrouver un travail, que la jeunesse ait des perspectives d'avenir parce que 700 000 arrivent sur le marché du travail, que tous les parents, grâce à l'action du ministre de l'éducation nationale lundi prochain, puissent travailler sans être obligés de rester chez eux sans solution de garde d'enfants. Toute cette mobilisation pour que tout le monde puisse travailler vite sera essentielle pour maintenir l'activité demain. L'activité, c'est l'emploi. Et donc c'est cette dynamique que nous voulons encourager très rapidement. Il ne faut pas attendre, l'emploi n'attendra pas.
y a un chemin nouveau à emprunter, c'est celui d'un partage équitable des richesses produites et une nouvelle réduction du temps de travail. Alors que la moyenne de travail est actuellement de 39 heures dans notre pays, seule une étape supplémentaire dans la réduction du temps de travail vers les 32 heures permettrait le travail de toutes et tous. La France, qui a une des plus grandes productivités au monde, en a les moyens. Quelle société voulons-nous ? Celle de la précarité et du chômage de masse ou celle qui permet à tout le monde de travailler ? Merci.
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