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Les affirmations chiffrées ou factuelles des personnalités identifiées sont confrontées aux sources officielles, aux fact-checkeurs et à la presse de référence. Vérification automatique : consultez les sources.
Nous allons effectivement commencer Bruno Le Maire avec ces images. Ça se passe d'ailleurs encore en direct. Ces rassemblements qui étaient organisés en début de soirée en hommage aux victimes de cet attentat de Trappes. L'une des informations de la soirée c'est d'ailleurs que la garde à vue de l'auteur présumé des faits a repris après avoir été interrompue pour vérification psychiatrique. C'est ce qu'on a appris au cours d'une conférence de presse du procureur antiterroriste dont on parlera évidemment tout à l'heure. D'abord, avec vous, Bruno Le Maire, ce drame et ses conséquences, est-ce que vous diriez que ça va être un tournant de cette campagne présidentielle, puisqu'on voit bien que depuis vendredi, cette campagne s'est encore un peu plus tendue
je ne sais pas, il y en a beaucoup dans les campagnes présidentielles. Ce qui s'est passé est dramatique, qu'on puisse être victime d'une attaque, qu'elle soit d'ailleurs verbale ou de manière plus tragique, physique. à raison de sa couleur de peau, de sa race, de son religion, de son orientation sexuelle, c'est une chose qui est révoltante dans la République. Donc je m'associe à toutes celles et tous ceux qui, aujourd'hui, manifestent contre cette violence, qui, je le redis, démarre toujours par la violence verbale et finit dans cette violence physique qui nous bouleverse tous.
Est-ce que vous comprenez que quelques heures à peine après ce drame, alors que l'enguette ne faisait que commencer, la classe politique se souhaite aussi vite emparer ce drame et surtout qu'il y ait eu très vite une recherche de responsables, de boucs émissaires ? Comment l'expliquer ?
ne suis plus dans la classe politique depuis deux ans.
Oui, mais vous savez comment elle fonctionne. Je m'en
porte très bien, mais ces réflexes pavloviens ne sont pas les bons. On doit penser aux victimes, on doit penser aux familles, on doit penser à la République et se dire tout simplement qu'on doit faire bloc dans ce genre de situation. Faire bloc pour rappeler avec beaucoup de fermeté que des attaques racistes, qu'elles soient une fois encore verbales ou physiques, sont tout simplement... intolérable en France.
Mais ça, c'est terminé. C'est terminé ce bloc, c'est terminé la concorde lorsque la France est touchée par un attentat. On en a eu l'illustration parfaite vendredi. Vous
le dites avec beaucoup de justesse, mais ça n'est jamais terminé. C'est un recommencement perpétuel, mais on ne doit pas viser autre chose aujourd'hui en France face à toutes les déchirures que connaît la société française, qui peuvent être des déchirures terroristes comme celle qu'on vient de voir, mais aussi des déchirures sociales, des déchirures entre générations. On ne doit rien viser d'autre que la réconciliation. Mais vous ne trouvez pas
que la France est malade quand même ? Parce que si on regarde la société du racisme, de l'antisémitisme, de la violence dans les rues quand il y a des manifestations, ce n'est pas nouveau, ça fait maintenant pas mal de temps. que ça existe. Et quand on regarde le personnel politique qui devrait observer ça et qui devrait chercher des solutions, c'est pour élever le ton, c'est pour s'insulter, c'est pour instrumentaliser parfois ce qui arrive de pire dans la société française. Donc on est quand même dans une situation assez compliquée avec une société qui est sur des charbons ardents, si je puis dire, et puis une classe politique qui est survoltée. et qui gueule avec la meute au lieu d'apporter des
résultats. Je ne suis peut-être pas assez survolté pour faire encore partie de la classe politique. Je crois au contraire au calme, je crois au sang-froid et je crois à la sérénité. Vous avez aujourd'hui une dislocation de la société française sous le coup des différences de revenus, des problèmes de pouvoir d'achat. des inquiétudes parfaitement légitimes des jeunes qui se disent « quel boulot on va avoir ? ». Et dans le fond, tout le monde a raison dans cette affaire. Quand je vois les policiers, tout à l'heure, la personne interviewée juste avant le disait avec beaucoup de justesse, qui s'en prennent plein la figure, qui sont attaqués, qui doivent rétablir l'ordre dans des conditions extraordinairement difficiles, qui sont parfois menacés physiquement, on comprend que ces policiers vous disent « stop ». Ça suffit qu'on s'en prenne comme ça aux forces de l'ordre, que ce soit des policiers, des gendarmes ou des pompiers. Et puis de l'autre côté, vous avez des lycéens qui disent « on nous charge, c'est pas normal, on a des revendications légitimes ». Bien entendu qu'il faut aussi entendre ces étudiants. Et donc ce n'est pas le moment d'élever la voix, c'est le moment d'écouter. Parce que vous n'apporterez pas de réponse à cette dislocation de la société française si vous n'allez pas au fond des problèmes. Le problème des policiers, c'est quoi ? c'est que sur le rétablissement de l'ordre et le maintien de la règle, on a... trop lâché. Moi, j'estime que lorsqu'il y a atteinte à des forces de l'ordre, policiers, gendarmes, pompiers, ou des représentants de l'État, enseignants, que ces atteintes soient physiques ou verbales, les peines doivent être automatiques.
Elles ne doivent plus être
individualisées. Je considère que pour les lycéens, on y reviendra évidemment, il y a une inquiétude profonde et légitime de la part de jeunes qui voient très bien que depuis maintenant des décennies, on privilégie les plus âgés. Au détriment des plus jeunes et de l'éducation, ça se voit dans les budgets, ça se voit dans les choix collectifs. Et je le dis depuis des années, je l'ai dit quand j'étais ministre de l'économie et des finances, quand on me disait, mais pourquoi vous voulez une réforme des retraites ? J'ai dit, mais ce n'est pas pour embêter les personnes âgées, c'est tout simplement pour dégager des moyens financiers pour les plus jeunes, pour l'éducation et pour l'école. Donc Yves Tréard, votre question est fondamentale. choix fait-on face à cette dislocation de la société française ? La colère ou la concorde ? Moi je fais le choix de la concorde et de la sérénite. Mais attendez, parce que juste on parlera... Lors d'une campagne électorale, ça devrait être le cas, et c'est pas le cas. Mais c'est un combat qui doit être mené tous les jours, et j'ai le sentiment en continuant... Mais comment, Bruno
Le Maire ? Tout simplement,
en continuant à tracer sa route, en creusant son sillon. J'ai la conviction absolue qu'au bout du compte, à la fin de cette campagne... Les Français écouteront ceux qui se sont exprimés avec le plus de calme. Et tous ceux qui me disent, parce que j'en entends beaucoup, qui me disent mais c'est plié le match, ça se joue entre le Rassemblement National et la France insoumise. Ce sera Marine Le Pen ou ce sera Jean-Luc Mélenchon. Il y en a même qui me disent mais vous devriez déjà vous rallier à l'un ou à l'autre pour trouver votre place. Écoutez, moi je suis en dehors de tout ça, c'est pas mon sujet. Mais je leur réponds qu'on sous-estime la lucidité des Français. capacité à décrypter le langage des politiques. Et je suis convaincu, parce que je fais confiance au peuple français, je fais confiance à leur intelligence, leur capacité à comprendre ce qui apporte des solutions et ce qui crée des problèmes. Ils choisiront la personne la plus solide, avec le plus d'expérience et la plus sereine.
Je nous dirai d'ailleurs dans un instant qui est cette personne, selon vous. Mais vous parliez de Jean-Luc Mélenchon. Il était à l'un de ses rassemblements ce soir, évidemment, en hommage aux victimes de Trappes. Parce qu'il faut qu'on reste encore un moment sur Trappes. Voilà ce qu'il dit sur le racisme et comment, lui, il entend combattre le racisme.
'est mon devoir de marcher devant vous en portant l'idée. que dans la Nouvelle-France, nous ne voudrons plus jamais entendre parler d'un racisme, ou que ce soit dans une fonction d'autorité. Ce qui sera pourchassé et puni systématiquement par la déchéance des fonctions d'autorité, par ceux qui, d'une manière ou d'une autre, auront signifié qu'ils en sont affectés.
« Infecté », ce sont les mots de Jean-Luc Mélenchon. Comment vous réagissez à ces déclarations ? Et est-ce que la lutte contre le racisme, elle doit, selon vous, passer par là
je suis stupéfait de la duplicité de Jean-Luc Mélenchon. C'est le même homme qui a joué avec des non-juifs. C'est le même homme qui, de manière très sournoise, a joué avec l'antisémitisme. Tout en nous expliquant après, bien entendu, on m'a mal compris, on m'a mal entendu. Et c'est cette duplicité de la France insoumise que je veux dénoncer. Bien sûr que le racisme est intolérable, car ce n'est pas une opinion le racisme, c'est un crime. Comme dans n'importe quelle République, ces crimes-là doivent être pourchassés et condamnés. Mais il y a dans le discours de la France insoumise sur ce sujet, comme sur tant d'autres, énormément de duplicité de calculs politiciens. Donc j'invite chacun à ne pas prendre au pied de la lettre ce que dit Jean-Luc Mélenchon et de regarder qui attise la violence dans notre pays. et qui joue sur le calme et le sang-froid.
— Mais est-ce que vous diriez comme une partie de la gauche que le racisme s'est libéré en France et que, disons les choses clairement, le Rassemblement national a une responsabilité là-dedans ?
Mais tous ceux qui ont tenu des propos de haine... ou qui ont pointé du doigt des Français, une fois encore à raison de leur race, de leur religion, de leur couleur de peau, ont une responsabilité. Les mots ont un poids. Moi, ce que je trouve stupéfiant sur ce sujet, on pourra parler des comptes publics aussi, même si c'est un sujet moins important que la question du racisme, c'est la facilité avec laquelle certains disent des choses qui incitent à la haine, qui incitent... sournoisement au racisme ou à l'antisémitisme. Et puis après, il s'étonne qu'il y ait le développement du racisme ou de l'antisémitisme dans notre pays. C'est les mêmes, en général, qui vous disent qu'il faut toujours dépenser plus, que les comptes publics, ce n'est pas important, que la dette, on s'en fiche, et qui après vont vous expliquer « Ah, mais c'est dramatique, on a un problème de finances publiques, il faut rétablir les comptes ». Cette duplicité du langage et de l'action... Je pense qu'elle torpille la crédibilité des politiques.
Les accusations en racisme ou en antisémitisme, elles portent sur deux mouvements principalement. Pour le racisme, c'est maintenant le Rassemblement National. Pour l'antisémitisme, effectivement, beaucoup disent que la France insoumise flirte avec. Et c'est les deux mouvements qui montent. Donc ça, ça dit aussi quelque chose peut-être de la société française qui, finalement, on a beau dénoncer cela... Les électeurs, ils n'y trouvent pas une importance capitale.
Je rajoute même à la question d'Yves Traire, Mélenchon attise la violence, dites-vous, est-ce qu'elle n'est pas déjà là ? Est-ce qu'il ne surfe pas sur une violence qui existe déjà au sein de la société française ?
Mais la responsabilité politique, précisément, c'est de dessiner quel est l'avenir souhaitable pour une nation, pour sa nation, quand on aime la France et quand on aime les Français. L'avenir souhaitable pour la nation française, ce n'est pas la violence. Ni verbal, ni physique. Je ne crois pas un instant que les Français soient antisémites ou racistes. Pas un instant. Alors vous pouvez toujours jouer sur les mauvais sentiments ou le ressentiment de certains. Je pense qu'au bout du compte, c'est un très mauvais calcul. Et que cette polarisation à laquelle nous assistons aujourd déni.
De dire qu'aucun Français ne serait ni raciste ni antisémite.
Non, c'est de la volonté. C'est la reconnaissance de ce qu'est le peuple français. C'est ce que vous imaginez pour le peuple français, ce que vous voulez pour le peuple français. Être politique, ce n'est pas commenter. C'est orienter et c'est décider. Je veux d'une France dans laquelle le racisme et l'antisémitisme n'ont pas leur place. Et je suis convaincu de pouvoir compter sur une immense majorité de Français.
Ça ressemble à un projet, ça. Non, ça... Ça ressemble simplement à une personne
qui est depuis 30 ans dans la vie publique, qui s'en est retirée depuis deux ans, qui a toujours le même amour de son pays, le même amour des Français, et qui lorsqu'il circule en France, que ce soit aux Pays-Bas où j'étais ce week-end, ou en Bretagne, ou dans les Ardennes où je me suis rendu à plusieurs reprises, ne voit pas de Français racistes ou antisémites. C'est résiduel, ça doit être combattu, et ceux qui jouent avec ça seront perdants à la fin. Et tout dépend de nous. notre capacité justement à projeter un avenir positif pour les Français, c'est cela qui permettra de desserrer l'étau du Rassemblement national et de la France insoumise. Ils jouent avec la violence, on doit présenter la paix. Ils jouent avec le retour en arrière, on doit se projeter vers l'avant. J
'entends ce que vous dites, mais ce qui est frappant aussi en ce moment, c'est de voir à quel point le bloc central, l'espace central a du mal à se faire entendre. Qui est susceptible parmi David Lysnard, Edouard Philippe ou encore Gabriel Attal ? ou peut-être quelqu'un d'autre d'ailleurs, vous peut-être d'ailleurs, de faire entendre cet espace central, cette autre voie ?
Il faut d'abord le définir. C
'est ce que vous voulez faire. Le drame
actuel, c'est que vous avez des candidats qui dans le fond, pour beaucoup d'entre eux, vous disent on va garder à peu près le même modèle et puis on va mettre des rustines ici ou là et faire des réformes, ça ira mieux. Mais j'ai malheureusement beaucoup plus d'ancienneté dans la vie publique que tous ces candidats. J'ai commencé avec Jacques Chirac, que j'ai profondément aimé, je l'ai dit sur ce plateau à plusieurs reprises. Et j'ai dit, j'ai répété, sous Jacques Chirac, sous Nicolas Sarkozy, sous Emmanuel Macron, nous allons atteindre le plein emploi. comme en Allemagne, comme aux États-Unis, comme en Suisse, c'est-à-dire 4 à 5 % de taux de chômage. On n'y est jamais arrivé. Donc moi, je suis arrivé à une conclusion, fort de cette expérience, mettre des Russies, ça ne sert à rien, il faut changer le modèle. Que ceux qui travaillent gagnent beaucoup plus, que ceux qui ne travaillent pas arrêtent d'être autant aidés qu'ils le sont. Et là, vous pourrez peut-être véritablement faire les choses et orienter les jeunes vers des métiers et des employés qui existent. Mais ce n'est pas ce que dit
Edouard Philippe à sa manière, Bruno Le Maire ?
Je vous dis qu'il faut changer. Ils font tous du copier-coller du
macronisme ?
Je pense que nous restons trop dans le prolongement de ce qui a été fait depuis plusieurs décennies et que nous ne savons pas marquer avec suffisamment de force auprès de nos compatriotes à quel point des ruptures sont nécessaires.
C'est justement parce que... En fait, ce qui a été terrible pour ce qu'on appelle le bloc central, qui n'est central que pour ceux qui veulent bien l'appeler comme ça, d'ailleurs, c'est qu'il n'est pas un bloc non plus. Il est assez hétéroclite. Quand je dis
le bloc central, je parle au milieu de LFI et de URL. C'est une expression convenue,
mais elle refait assez mal la réalité. Mais je comprends pour
beaucoup de gens que David Lissnard ne soit pas le bloc central.
Mais il y a quand même une chose qui fait très mal quand même quand on regarde tout ça. C'est qu'il y a un homme qui est président de la République aujourd'hui qui, il y a près de 10 ans, a écrit un livre qui s'appelle « Révolution ». Et les gens ont voté en se disant... On dégage la vieille école et on va maintenant changer le logiciel. Grâce à lui, on va aller vers quelque chose qui est tout à fait nouveau. On va réformer notre pays. Moralité, le compte n'y est pas, puisque aujourd'hui, le pays est dans un état qui est éruptif plus que jamais. Et cette révolution n'a jamais eu lieu là où elle était attendue. Comment aujourd'hui, avec les propos que vous tenez, Bruno Le Maire, vous pouvez encore... D'après vous, avoir la capacité, je vais l'exprimer comme ça, d'être cru ? Peut-être,
Yves Tréhard, parce qu'il manquait en 2017 Emmanuel Macron, ce dont malheureusement je ne manque pas, l'expérience. C'est quand vous dites révolution alors que vous n'avez jamais été élu et que vous arrivez au pouvoir très jeune, vous pensez que tout commence avec vous. Moi j'ai une certitude, c'est que tout ne commence pas avec moi. Et que depuis des décennies, il y a des présidents de la République qui se sont succédés, qui se sont dit tiens on va tout diriger depuis l'Elysée et tout va aller mieux. J'en ai tiré une conclusion, le président de la République doit présider, mais la décision doit être chez le Premier ministre. J'ai vu la distribution des pouvoirs entre 35, 40, 45 ministres. Je suis arrivé à une conclusion. Il faut 10 ministres, pas plus, et leur nombre doit être fixé dans la Constitution. J'ai vu des budgets, j'en ai fait passer 7, où à chaque fois on augmente les dépenses, et où à chaque fois vous avez des amendements de parlementaires qui multiplient les dépenses. J'en ai tiré une conclusion d'expérience, vous devez restreindre le droit d'amendement des parlementaires sur le budget. J'ai vu des gouvernements tomber à un moment où la France avait besoin de stabilité. J'en ai tiré une conclusion. Vous devez empêcher le Parlement de renverser un gouvernement s'il n'a pas une majorité alternative. J'ai vu à quel point on passait parfois en force avec le 49-3. J'en ai tiré une conclusion, nous devons retirer le 49-3 de la Constitution. Et donc je ne vous dis pas révolution, non ? Ça veut dire nouvelle cinquième. Moi,
je suis désolée, mais ça me fait un peu penser à François Hollande. C'est-à-dire qu'il regarde, il observe, pas sur le
fond, mais sur la forme. Sur la
manière de procéder, entendez-moi, non pas sur le fond, mais sur la forme. Vous observez, vous critiquez, vous faites des propositions, ça ressemble. Clairement, un programme, vous dites que finalement, personne n'est vraiment à la hauteur. Est-ce qu'à un moment donné, vous vous poserez en recours ? C'est pour ça que je parle de François Hollande.
Il y a dans le mot recours une telle prétention.
Je me garderai
bien de l'employé. Il y a eu un seul recours dans l'histoire de France récente. C'est le général de Gaulle. Personne n'arrive à sa cheville, même si ça peut être un motif d'inspiration. Sur la démarche, je vois très bien ce que vous voulez dire et je le partage. Vous ne desserrez pas l'étau qui est en train de se resserrer comme une mâchoire sur les Français. Ce n'est pas nous le problème. Nous, ça ne compte pas. Nous, les politiques, ce qui compte, c'est les Français. Il y a un étau qui est en train de se resserrer, la France insoumise d'à côté, le Rassemblement national de l'autre. – Qui
veut prévoir la révolution, et l'un et l'autre,
enfin
un
changement. – Oui, enfin, ils prévoient surtout du côté du RN la capitulation. On arrête le soutien à l'Ukraine et on tombe dans les bras de la Russie. Et du côté de la France insoumise, on vous promet la fin du droit de propriété. Il y a de quoi avoir des frissons dans le dos et commencer à s'inquiéter pour soi, pour ses enfants et pour ses petits-enfants. Mais ils ont un programme. Ils ont deux visions de la société qui sont incompatibles avec ma vision de la République et la vision de la nation. Comment est-ce que vous desserrez l'étau ? Est-ce qu'on peut y arriver tout seul avec ses petits bras en disant « je suis le meilleur » ? Non. Zéro chance. Est-ce que vous pouvez y arriver en disant « j'ai tiré les leçons de nos échecs ». Et je m'excuse. des échecs ou des erreurs que nous avons pu commettre devant les Français. Il
y en a une qui
est
lourde et qui est...
La plus lourde de toutes, vous êtes accusé de ça.
La dette.
La dette, pardon, la dette, tout le monde a compris, je l'espère, que ce n'est pas la personne qui est en face de vous qui est le premier responsable, c'est notre modèle social et c'est le poids des dépenses de retraite. Alors c'est la
dissolution.
Non, je pense que la fraude la plus grave qui est commise les personnalités de centre droit et de centre gauche, je me mets dedans. 'est le référendum de 2005. Les Français ont dit non à cette construction européenne. On pensait
mal, on
va faire autre chose et on va quand même adopter une constitution pour l'Europe. Mais on va le faire avec le Parlement. Cette blessure-là, c'est tellement peu refermé. que depuis on n'a jamais refait de référendum. — Moi, je pense qu'il y a quand même d
'autres blessures aujourd'hui. — Non, pour moi, c'est
la blessure la plus profonde. Mais ce que je veux dire dans ma... —
Les Français sont exaspérés. La dette, vous diriez toujours « je n'ai aucune responsabilité ». Aucune.
Ça fait deux ans que j'ai reconnu mes responsabilités, qu'il y a eu une commission d'enquête. Mais vous pouvez toujours continuer la logique du bouc émissaire. Qu'est-ce qui se passe ? Vous dites, c'est Bruno Le Maire ? Super. Bruno Le Maire, ça fait deux ans qu'il est parti. La dette, elle a cessé d'augmenter. En revanche, vous avez
dit, monsieur Le Maire, alors personne ne dit, c'est vous, monsieur Le Maire, c'est de votre faute, mais vous, vous avez dit, le président de la République est dans le déni.
Mais 2021. La dette baisse après la forte augmentation pour protéger les Français pendant le Covid. 2022, elle baisse à nouveau. 2023, elle était à combien la dette ? Rappelez-moi. 109%. 2024, dissolution. Aujourd'hui, elle a combien ? Rappelez-moi. 120%. Donc c'est le problème de qui ? C'est Bruno Le Maire qui est responsable de tout ? Non, c'est les choix politiques de 2024. Et c'est un modèle social qui dépense plus de richesses qu'il n'en produit. Donc ce sujet-là, il est évidemment important, je ne le nie pas. Mais si on refuse de voir que c'est un problème de système... Et pas un problème de personne. On ne règle pas le problème. Et ce qui compte pour moi, c'est qu'on règle les problèmes des Français. Et donc je reviens à mon raisonnement pour desserrer les taux et les fiérènes. C'est reconnaître nos erreurs, les admettre. Et j'en ai tiré toutes les leçons pour dire qu'on ne se contentera pas de Rustine. Nous allons changer le modèle. Je ne comprends
toujours pas quelle est votre ambition.
Mais mon ambition, c'est d'être utile. C'est de faire comprendre. à toutes les personnalités politiques de centre-droit, de centre-gauche, qui veulent desserrer cet étau entre la France insoumise et les Rassemblements nationales, si vous revenez en disant on va faire exactement les mêmes choses, mais en un petit peu mieux, ça ne marchera pas. Si à l'inverse vous dites, nous sommes au bout d'un modèle. qui dépense plus de richesses qu'ils n'ont produit. Ou la monarchie technocratique décide à la place du peuple français. Et vous ne faites pas droit au référendum d'initiative citoyenne qui est demandé par 85% de nos compatriotes. On ne comprend pas que l'Europe à 27, ça ne marche plus. Et qu'il faut une Europe à 6, comme je le propose depuis des mois. Si vous n'êtes pas capable d'avoir un langage aussi clair, aussi volontariste... aussi ambitieux, les Français ne vous écouteront pas. Une Europe à six, ça c'est un
vrai changement de paradigme. Avec qui ? On garde qui ? On sort qui ? On dézoome
un tout petit peu ce qui se passe et qu'on regarde un peu au-delà de nos frontières. Vous avez la révolution industrielle la plus importante qui ne se soit jamais produite de l'histoire de l'humanité, qui s'appelle l'intelligence artificielle. C'est une révolution industrielle. avec derrière des usines, de la production manufacturière, des semi-conducteurs, je travaille dedans aujourd'hui, avec des investissements qui se chiffrent en centaines de milliards de dollars chaque année. On veut y participer ? où on veut être en dehors. Si on y participe, la France a tout pour réussir. Elle a l'énergie nucléaire, elle a des scientifiques, elle a des savants, elle peut en tirer une prospérité considérable. Mais si on se met à 27 pour décider si on va faire tel investissement sur tel semi-conducteur ou pas, on est mort. Donc je dis, partons à 6, un petit nombre d'États... Et vous allez pouvoir raccrocher les wagons et on va se raccrocher à la prospérité mondiale.
Vous gardez qui, qui sort, qui reste, ça risque de faire des mécontents. Qu'est-ce
que j'attends du prochain président de la République ? Pas qu'il me dise s'il va mettre le taux de TVA à 20, à 21 ou à 22. C'est qu'il aille chez le chancelier allemand et qu'il pose trois questions. Un, qu'est-ce qu'on fait avec la Chine qui est en train de nous envahir avec ses produits industriels à bas coût et qui va tuer notre industrie ? Comment nous nous protégeons ? Comment nous fermons nos frontières ? Comment est-ce que nous mettons des tarifs douaniers sur la production industrielle chinoise ? Première question. Deuxième question, qu'est-ce que nous faisons avec les Américains ?
Ils
sont en train de tout prendre sur l'intelligence artificielle, de nous imposer sur vos écrans. sur vos micros, sur vos téléphones portables, une intelligence artificielle dont ils tirent tous les bénéfices. Qu'est-ce qu'on fait pour en garder des bénéfices pour nous ? Troisième question, qui est du niveau du président de la République ? Que faisons-nous avec la Russie ? Comment est-ce qu'on règle ce problème de l'Ukraine ? Comment est-ce qu'on soutient l'Ukraine pour qu'elle conserve sa liberté et sa souveraineté ? C'est ça les questions
? Mais ça serait plus que 6, parce que 6, c'est les 6 fondateurs de l'Europe, mais vous ajouteriez l'Espagne, l'Espagne et surtout la Pologne.
La Pologne est indispensable, tout simplement parce qu'elle a de la croissance, qu'elle est dynamique, qu'elle a une frontière avec la Russie et qu'elle
est importante pour notre sécurité. Là, vous êtes en train de nous dérouler un programme, donc ça veut dire une chose, c'est que dans votre tête et probablement dans votre esprit, c'est que le match n'est pas joué entre la France insoumise et le Rassemblement national dans 6 mois.
'est ma conviction absolue. Je suis très, très surpris par le défaitisme, par l'espèce de renoncement, comme si ce n'était pas grave. Je vois trop de parlementaires, amis, d'élus. Ils ont le morace dans les chaussettes. J'ai l'impression que c'est fait. que demain, l'élection va avoir lieu, que c'est fini. Mais il faut avoir un esprit de résistance au fond de soi. C'est ça la politique. Celle capable de dire, je n'accepte pas que nos compatriotes soient condamnés d'ici six mois à devoir choisir entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen. Parce que derrière, c'est des visions de la société qui sont incompatibles avec notre idée de la nation. Comment vous
avez pris cet après-midi la déclaration du président qui a un peu sidéré une bonne partie quand même des politiques de ce pays ? Président qui dit « Ce n'est pas normal qu'à six mois de l'élection présidentielle, le pays soit dans cet état d'ébullition ». Vous parliez de déni tout à l'heure. Comment vous la recevez cette phrase, vous qui le connaissez ? Je vous propose qu'on
l'écoute comme ça et après vous réagissez comme ça, vous pourrez entendre tout ce qu'il a dit.
n'est pas normal qu'à six mois d'une élection présidentielle, notre pays soit dans cet état d'ébullition. Il y a des gens qui se réjouissent du désordre, moi non. Donc plus jamais le 17 octobre. Il y a normalement un débat présidentiel qui doit se faire pour qu'on ait des élections. C'est parce qu'il y a des élections qu'il n'y a pas de violence. C'est ça une démocratie. Il faut le rappeler aux gens. Mais on continuera de tenir à la fois samedi, le 5 novembre pour la journée de mobilisation sociale et le samedi qui suivront. Si on fait bien notre travail collectivement, c'est un mouvement qui va se calmer parce qu'on répondra aux attentes légitimes et parce que l'ordre sera tenu.
puisque ça suscite un débat sur ce plateau, est-ce que vous trouvez ça logique, entendable que le président dise cela
'ai une vision très différente de celle du président de la République. Dans son rôle, il défend la sécurité, c'est le premier des droits. Il permettrait d'avoir un mot pour tous ces commerçants, à qui moi j'avais dit à Marseille en 2023, ça ne se reproduira pas. Ça s'est reproduit. Et là aussi, ayant beaucoup d'expérience. J'ai dit aussi à des commerçants en 2005, au moment de la révolte des banlieues, quand nous avions déclenché l'état d'urgence avec Jacques Chirac, Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy, ça ne se reproduira jamais. Ça s'est reproduit. Donc je pense que c'est sous-estimer la profondeur du mal.
Et
le mal, il est d'abord social. Bien sûr que ces pillages sont inadmissibles, condamnables, je l'ai fait, je l'ai dit, je l'ai répété, je me suis même prononcé pour l'état d'urgence, pour la protection. Mais quand j'entends tout ça n'est pas normal, que cette ébullition, derrière il y a une souffrance, il y a une souffrance qui est réelle. C'est la souffrance de l'ouvrier que j'ai vu il n'y a pas très longtemps à côté d'Auré, qui a 35 ans, qui paye 150 ou 170 euros de plus pour son plein d'essence, qui s'en sort pas, qui fait des plaques en béton armé pour le bâtiment, il bosse et il ne s'en sort pas. C'est la souffrance de l'infirmière qui est à l'hôpital et qui a des conditions de travail qui sont difficiles. C'est la souffrance de tous ceux dans notre pays qui se disent... De quoi l'avenir va être fait pour nous, pour nos enfants ? On ne s'en sort pas. Et je pense que nous aurions tous intérêt, de gauche, de droite, peu importe, à comprendre ce qui ne va pas en France. C'est que ceux qui bossent ne s'en sortent pas parce que notre modèle économique est un modèle à somme nulle. C'est-à-dire qu'on finance tout notre modèle, toute la redistribution, toutes les aides sociales par le travail. Ça ne peut plus durer. Mais
le fait quand même que le président lui-même dise cela, vous allez nous dire dans un sens ce qui n'a pas fonctionné et comment on en est arrivé là. Mais lui, le président, qu'est-ce qui l'a manqué ? Qu'est-ce qu'il a loupé ?
ne vais pas me faire le juge du président.
Je vais bien me
faire le juge de ce que j'ai fait. Vous nous dites
que c'est normal que le pays soit dans cet état d'ébullition. On a bien compris. Vous vous dites que c'est normal. Il y a une souffrance. Lui, il dit que ce n'est pas normal. Qu'est-ce qu'il rate ? J'entends trop de discours
consistant à dire l'ébullition. Elle est alimentée par des partis extrêmes qui jouent avec le feu. Mais il n'y arriverait pas, ces partis qui effectivement jouent avec le feu et jouent avec la violence. Il n'y arriverait pas si derrière il n'y avait pas une vraie souffrance. que j'entends, que je touche du doigt, que je vois chacun de mes déplacements, de gens qui se serrent la ceinture, qui ne devraient pas se serre la ceinture, de gens qui s'inquiètent pour leurs enfants, qui ne devraient pas s'inquiéter. Donc il faut financer
notre système social, si je comprends bien, autrement que par uniquement le travail. C'est-à-dire qu'effectivement, toutes les cotisations qu'on paye, ce sont des cotisations qui sont prélevées sur nos salaires, nos revenus. Et d'après vous, il faudrait changer ce modèle-là.
Vous avez une proposition. J'ai changé de
modèle. J'ai une proposition qui est très concrète. On doit avoir une réponse immédiate sur les salaires pour que tous ceux qui bossent se disent que ça vaut le coup de travailler et qu'ils sont libres en travaillant beaucoup et qu'ils ne se retrouvent pas prisonniers de leur travail. J'ai proposé l'augmentation du SMIC. a beaucoup surpris. Il y a des patrons qui disent qu'on ne peut pas y arriver. On va regarder les allègements de charges. En complément de ça, le profil, ne rentrons pas trop dans la technique. Mais ce geste fort de l'augmentation du SMIC, j'y suis favorable. Deuxième geste, financer autrement les charges en disant qu'on va augmenter la TVA. J'ai proposé trois points. Taxer l'intelligence artificielle qui aujourd'hui remplit les poches des milliardaires américains, comme je l'ai fait sur les géants du numérique en affrontant Donald Trump. directement, et taxer les importations carbonées chinoises. Avec ça, vous avez plusieurs dizaines de milliards d'euros que vous vous rendez directement à ceux qui travaillent pour qu'ils aient une augmentation de salaire entre 150 et 250 euros. La taxation de l'IA, ça se fait pas simplement. J'ai mis 5 ans à faire la taxation sur les géants du numérique. Mais au bout du compte, ça rapporte de l'argent au trésor public et c'est de là... Enfin, je propose une troisième chose. Attendez,
parce qu'il faut s'arrêter quand même sur l'augmentation de la TVA. Non, mais l'augmentation de la TVA, pour ceux qui manifestent en ce moment, je pense que c'est inaudible.
Je termine juste sur la troisième proposition que je fais, qui est de simplifier la feuille de paye. Je l'avais proposée il y a trois ans, personne ne m'a suivi, pour passer de plus de 50 lignes à 15 lignes. Et vous supprimez des cotisations, comme la cotisation pour la formation professionnelle ou le versement de transport, tous ces petits 1%. qu'on vous prend à chaque ligne et qui font qu'à la fin, vous avez un salaire qui n'est pas du tout à la hauteur de ce que vous pourriez espérer. Augmentation du SMIC. Nouveau financement de la protection sociale et suppression d'un certain nombre de cotisations. Là, tout d'un coup, vous aurez ce choc salarial qui me paraît indispensable. L
'augmentation de la TVA, c'est le même principe que pour François Hollande, précisément, dont on parlait tout à l'heure. C'est la TVA sociale.
On est un peu à faire renverser puisque lui, il propose... Quatre points. Moi, je n'ai proposé que trois points.
Vous voyez qu'il y
a des...
Il peut y avoir, vous savez...
Quelques convergences.
Je ne suis pas sectaire.
Mais les économistes ne sont pas tous d'accord sur l'efficacité
de ce problème. Oui, j'ai beaucoup écouté les économistes. Chacun arrive avec ses critiques, mais je ne vois pas de proposition aussi complète que celle que je fais pour pouvoir dire à l'ouvrier que j'ai rencontré il y a quelques jours... à côté de Van, pouvoir lui dire « Oui, tu travailles, mais à la fin du mois, tu auras un bon salaire, tu pourras te payer un resto, tu pourras financer les études de tes enfants, tu pourras partir en vacances et tu ne te poseras pas de questions quand tu passeras à la pompe en disant « Je ne peux pas me payer le plein ». C'est ça que je veux pouvoir dire. Donc mes propositions sont peut-être critiquables, mais elles ont le mérite de la simplicité et de l'efficacité. Et au bout du compte, qu'est-ce qu'on veut comme modèle ? Moi, je veux un modèle économique on produit
avant
de… Nous avons un modèle qui ne repose que sur la consommation. Donc on baisse la TVA, on consomme toujours plus. C'est ce qui propose de baisser la TVA sur l'essence. Mais on produit de moins en moins et donc on s'appauvrit.
On est d'accord que vous ne touchez pas aux produits de première nécessité. Non, bien sûr. Voilà, c'est important de le préciser. Merci de me poser la question. Au
contraire, si on doit rajouter un ou deux produits de première nécessité dans les taux très réduits, ça ne me pose aucune difficulté. Mais ma vision à 20 ou 30 ans... C'est d'avoir des gens qui travaillent et qui ne se posent aucune question sur leur vie quotidienne. Et c'est retrouver une nation française qui produit des biens agricoles et des biens judiciaires. – Mais pour
le coup, vous connaissez par cœur ces sujets. Donc imaginons que demain, vous arrivez au pouvoir, vous augmentez cette TVA de trois points. Donc à partir de quel moment ça peut se répercuter sur les salaires ? Est-ce que ça va vite ?
– Ça va très vite. – Ça peut aller vite ? – Mais c'est d'ailleurs, pourquoi est-ce que je retiens ces propositions et pourquoi ? J'affirme aussi la nécessité d'augmenter le SMIC. C'est que les gens ne peuvent pas attendre. Le mot d'ébullition, on en a beaucoup parlé. Ça veut dire quoi, ébullition ? Il faut faire retourner tout de suite. Vous n'avez toujours pas répondu à la question, d'ailleurs. Vous n'avez pas répondu, je me permets de vous dire. Non, non, sur le fait
que ce soit ce que ça dit du chef de l'État que lui, aujourd'hui... Moi, je ne suis
ni psychiatre ni interprète de psychologie. Je vous dis simplement que s'il y a une ébullition, c'est qu'il y a des causes profondes et que l'ébullition n'étant pas bonne pour un pays. Je reviens à mes premiers propos. Apaiser, retomber la température, c'est pas traiter les problèmes de surface, c'est traiter les problèmes de fond. Et le premier problème de fond, c'est cette injustice. C'est cette injustice intolérable. Intolérable. de gens qui bossent et qui s'en sortent pas.
Donc vous avez dit augmentation de la TVA 3 points et vous dites ça se répercute très vite sur les salaires. Revalorisation du SMIC. Ce qu'il faut dire, Lisa Hadef, c'est qu'il y a une réflexion en cours du côté du gouvernement pour répondre précisément à ceux qui étaient dans la rue encore samedi dernier pour...
revaloriser le SMIC plutôt que prévu. C'est ça, pour que tout le monde ait le même niveau d'information, surtout chez vous qui nous regardez. Je rappelle que le SMIC, c'est la rémunération minimale obligatoire en France et qu'il existe deux mécanismes de hausse. Il y a la revalorisation annuelle automatique le 1er janvier et il y a aussi une revalorisation en cours d'année en cas de forte inflation, par exemple en juin. Il avait augmenté de 2,41%, ce qui a apporté le montant du SMIC mensuel net à 1 867,02 euros. Maintenant que tout le monde a les mêmes outils... de compréhension. Voici ce qui a été exactement dit par le ministre de l'Economie, Roland Lescure. Il dit « Une hausse anticipée du SMIC avant la revalorisation automatique du 1er janvier et dans un contexte de fortes revendications sur le pouvoir d'achat fait partie des débats. » Donc, ça veut dire que le SMIC pourrait être revalorisé plus tôt que prévu, mais la conséquence directe, c'est qu'en janvier, au moment de la revalorisation officielle, si je puis dire, cette hausse anticipée sera déduite. En clair, si le SMIC devait augmenter de 2% en janvier et qu'il a déjà été augmenté de 2% en novembre, la hausse du 1er janvier sera de 0%. Pour donner une aide plus conséquente, il faudrait que le gouvernement octroie un pourcentage supplémentaire supérieur à l'inflation, par exemple plus 1% en plus de l'indice. J'espère que c'est clair, sinon M. Le Maire saura mieux le résumer. Mais surtout, est-ce que ce n'est pas tout ce qui ne va
pas en ce moment dans la manière dont ce gouvernement répond aux revendications ? C'est-à-dire qu'il y a du monde dans la rue, on nous explique qu'il va y avoir des réponses à porter, et donc une revalorisation qui intervient plutôt du SMIC, mais qui en fait va annuler celle qui était prévue en janvier prochain. Donc d'une certaine manière, on se moque un peu de nous. Je
pense qu'il est préférable de trancher vite. et de trancher clairement dans ce genre de situation. Les attentes sociales sont légitimes. Donc on doit y répondre. L'augmentation du SMIC fait partie des réponses possibles. On doit aussi répondre aux attentes des entrepreneurs qui disent « on ne sorte pas ». Il y a trop d'arrêts maladie. C'est devenu un sujet, mais partout où vous allez en France, le patron de PME, le patron de l'hôtel, du restaurant, de la petite entreprise, vous dira « j'en peux plus de tous ces arrêts maladie qu'on me dépose comme ça sans que je puisse rien faire ». Apportons lui aussi une réponse immédiate à cette question des arrêts maladie, comme on apportera une réponse avec le SMIC. pour les salaires les plus modestes, comme une réponse était attendue sur les lycéens,
elle est venue, tant mieux, elle est un peu tardive. – Quelle réponse sur le SMIC ? Là, on voit bien que ça ne sera pas suffisant. Vous, vous feriez quoi ? Il faut des réponses concrètes, urgentes, rapides. On fait quoi sur le SMIC ? On l'augmente de combien, selon vous ?
– Je ne vais pas vous donner de chiffres précis, j'irai plus loin que ce qui a été proposé aujourd'hui par le gouvernement. Parce que le message politique compte autant que le chiffre. Le message politique, c'est nous avons entendu votre colère. Elle est légitime. Et répondre aux colères quand elles s'expriment de partout, que ce soit les lycéens, les petits patrons qui ne s'en sortent pas avec les arrêts maladie, les salariés qui ne s'en sortent pas avec le niveau du SMIC, les différentes revendications qui, toutes, sont légitimes. La responsabilité du gouvernement, c'est de les prendre une à une et d'apporter des raisons. Je souligne une
contradiction, je suis sûr qu'il allait vous dire exactement la même chose que moi. Vous êtes le premier à dire attention à la dette et aux finances publiques. Comment on répond si on n'a plus les finances
Mais la dette et les finances publiques, je le redis, c'est deux sujets. Ce n'est pas les salariés. C'est les
Mais vous augmentez le SMIC, ça veut dire que pour la fonction publique, ça serait percut.
Vous donnez au lycéen, c'est un
budget à débloquer.
Mais ça veut dire faire des choix que nous n'avons pas eu le courage de faire suffisamment clairement. 'est repousser l'âge légal de départ à la retraite, dépenser moins pour les retraites. Et plus pour les étudiants, pour les jeunes, pour l'innovation, pour la production en France. C'est ça le grand choix politique que nous avons à faire et qui est très difficile. Pour répondre
au chaos dans le pays maintenant, on lance la réforme des retraites tout de suite. Ça va améliorer les choses. Je
dis, j'ai regretté à plusieurs reprises qu'on ait débranché la réforme des retraites que nous avions fait passer. – Ce
n'est pas que vous regrettez, c'est que vous dites que c'est carrément responsable, ce rejet de la réforme de l'économie. – Oui, j'ai dit que c'était totalement irresponsable. – Oui, mais responsable de la situation dans laquelle on est. – C'est ce qui a provoqué
la situation d'effondrement sur la dette et sur les finances publiques que nous connaissons aujourd'hui. On ne va pas pleurer sur les lères renversées. Maintenant qu'on en est là, et que nous avons un moment de refondation qui s'appelle l'élection présidentielle, qu'est-ce que nous choisissons pour l'avenir ? Est-ce que nous continuons à garder un modèle dans lequel on dépense beaucoup plus que tous les pays développés de la planète ? pour les retraites, et beaucoup moins pour l'éducation, l'innovation et les lycées. Eh bien, ma réponse est extraordinairement simple. Et c'est ça, mon avis, qui peut desserrer l'étau entre l'FI et le RN. C'est dire, on va investir
plus sur l'innovation et l'éducation. Sauf que Bruno Le Maire, il reste six mois ici à l'élection présidentielle. Il faut passer un budget. Un budget pour lequel, évidemment, personne ne va être d'accord. En plus, vous avez les tensions dans la rue, les manifestations. Chacun veut défendre son bout de gras ou en réclame davantage. Comment vous faites passer le budget ? Est-ce que c'est important
?
'est
décisif ? J'ai cru que vous alliez nous dire qu
'on laisse tomber le budget, on va jusqu'à la présidentielle. J
'ai gardé toute ma tête malgré les budgitions actuelles. J'essaie de garder mon sang-froid. Je pense que c'est absolument essentiel. La seule raison pour laquelle Moody's n'a pas dégradé la note française, ils l'ont très clairement indiqué dans leur note, c'est qu'ils attendent un budget. S'il n'y a pas de budget, nous serons dans le toboggan. Donc nous devons avoir un budget, je constate, mais sans aucune surprise. que les parlementaires ont tous refusé les propositions d'économie du gouvernement, à commencer par la suppression, la réduction de l'avantage fiscal sur les retraités. Les 10%. Ce qui valide ce que je vous disais tout à l'heure, de toute façon, n'attendez rien des parlementaires de l'opposition. Ils ne proposeront que des dépenses et jamais d'économie, je l'ai vu, pendant 7 ans. Les mêmes qui pleurent ensuite sur les renversés et sur la dette. Donc l'urgence est d'adopter... Un budget. Donc passage en force. Plus les discussions seront courtes, plus on ira vite. Et plus le budget sera derrière nous, mieux nous nous porterons. Moi j'apporte un soutien total au Premier ministre et au gouvernement pour faire passer ce budget. Il ne sera pas parfait, tout le monde le sait. Tout le monde sait que dans six mois, ça peut être le 49.3, ça peut être l'ordonnance, il y a plusieurs options. Vous voulez supprimer, vous voulez
supprimer Bruno Le Maire, on ne comprend plus là.
Pour l'instant, il n'y a pas encore de réforme constitutionnelle. Vous supprimez le 49.3. Le jour où vous supprimez le 49.3, le jour où vous ne pouvez plus renverser un gouvernement sans avoir de gouvernement alternatif. C'est deux constitutionnelles qui vont ensemble. Mais là, on doit gérer l'urgence. Et la responsabilité du gouvernement, c'est d'éviter que les taux, qui sont déjà à près de 5%,
n
'arrivent à 6%. Ou davantage. Ce qui voudra dire que vous ne pourrez plus vous loger. Vous ne pourrez plus emprunter chez le banquier pour acheter un appartement ou une maison individuelle. Et les entreprises ne pourront plus emprunter pour investir. Donc on doit stopper net l'hémorragie. La seule façon de stopper net l'hémorragie, c'est le budget. Et une hémorragie, chacun sait que c'est une urgence. Donc il faut aller vite.
L'idée, c'est de limiter la casse d'ici la présidentielle.
Est-ce que ce qui a été annoncé aujourd'hui pour les lycéens, Bruno Le Maire ? Je ne sais pas si ça suffira pour les marchés, mais ce sera déjà un bon signal.
Plan de rénovation des lycées et des universités d'un montant de 5 milliards d'euros au total. Il va y avoir une vraie refonte de parcours sup avant un remplacement. Plus de classes avec moins d'élèves aussi. Est-ce que vous trouvez que ce qui a été annoncé est à la hauteur ce soir, alors que les organisations lycéennes, qui ont quand même obtenu des réponses, on en reparlera, continue à se mobiliser ?
Je trouve que tout ça va dans la bonne direction.
Mais ?
C'est dommage d'avoir attendu trois semaines
pour
entendre des revendications. Peut-être parce que j'ai deux fils qui sont lycéens, encore. Et qui
manifestent
Non, ils ne manifestent pas, parce que je leur ai dit que je préférais qu'ils restent travailler. Mais très franchement, vous ne pouvez pas dire à des gosses... Je vous écoute, vous savez, la chance. Vous ne pouvez pas dire à des gosses. devez travailler chaque jour parce que chaque note va compter pour Parcoursup. Et si vous loupez Parcoursup, vous allez louper votre vie. Et puis de l'autre, leur dire, tu sais pas quoi, ton prof de français va être absent pendant trois mois. Là, il y a vraiment un truc qui ne va pas. Donc toutes ces attentes des lycéens, elles étaient parfaitement légitimes et fondées. Le gouvernement aurait dû y répondre plus tôt. Ma deuxième remarque, c'est que faire de la transparence au parcours sup, et c'est très bien, la question clé n'est pas résolue, c'est celle de l'orientation de nos enfants.
Et il faut de la sélection.
Il faut une meilleure orientation. Vous ne m'avez pas répondu. Si, il faut une meilleure orientation pour que les jeunes aillent vers les emplois qui existent, qui sont les mieux rémunérés et qui correspondront à leurs attentes.
Merci beaucoup Bruno Le Maire d'avoir été avec nous. Et à très vite, peut-être lorsque vous direz officiellement que vous êtes candidat à la présidentielle. Je suis toujours très
heureux de revenir chez vous.
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