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Le maire de Marseille qui est avec nous en direct. Bonsoir Benoît Payan.
Sonia Brouk.
Merci de votre présence ce soir en direct après la visite d'Emmanuel Macron qui a donc dit à Marseille plus jamais monsieur le maire, plus jamais le 17 octobre, en référence bien sûr au chaos un peu partout en France et notamment à Marseille avec ces images qui ont fait mal évidemment à toute la France et bien au-delà de ce bus de Marianne à terre mais aussi de toutes les dégradations. Est-ce que le plus jamais 17 octobre, vous avez confiance dans une telle phrase
l'espère. Plus jamais, j'aurais beaucoup de mal personnellement à dire plus jamais. J'espère plus jamais. C'est-à-dire qu'il faut mettre tout en œuvre pour que ça ne se reproduise pas. C'est que le raté sécuritaire, que l'incurie du 17 octobre ne se reproduise pas. Et pour ça, il faut évidemment des renseignements de bonne qualité. Il faut des forces de l'ordre en nombre suffisant. Il faut des forces de l'ordre qui ont une doctrine adaptée à la situation. On a vu que le 24, on était capable... avec des forces de sécurité intérieure supplémentaire, de répondre aux difficultés. Et c'est ce à quoi j'aspire. Ce que je crains, c'est que s'il n'y a pas de sortie politique, Sonia Mabrouk, nous vivions ça tous les samedis. C'est-à-dire qu'on peut se retrouver la semaine prochaine ou la semaine d'après avec une situation qui pourrait ressembler... Au 17 octobre. Donc on ne peut pas rester simplement passif en attendant que les forces de l'ordre soient exténuées ou en essayant de faire régner l'ordre sans sortie politique.
le maire, est-ce que vous avez eu évidemment un entretien privé avec Emmanuel Macron ? Est-ce qu'il a reconnu lui-même, personnellement ? la défaillance et est-ce que c'est sa responsabilité du 17 octobre ? On l'a entendu pointer de nouveau la sous-anticipation, donc les renseignements, mais est-ce que lui-même a admis une responsabilité dans cette faillite, dans ce chaos
je pense que d'abord, c'est assez rare pour être souligné, le chef de l'État a reconnu qu'il y avait une défaillance majeure du dispositif de sécurité le 17 octobre. Je ne pense pas que ce soit de la responsabilité du président de la République de dire il faut mettre tant de policiers à tel endroit, tant de policiers à tel endroit. Je veux bien qu'on lui fasse porter un chapeau plus grand que le sien, mais je crois qu'il faut des limites. Et je pense que la Ve République et que l'ordre républicain, certes, doit rester à l'État, mais qu'il ne faut pas... Non plus tomber dans la caricature ou dans le populisme et d'essayer de faire croire aux Français qu'il appartient au chef de l'État de déployer lui-même les forces de l'ordre sur le territoire national, métropolitain ou ultramarin. Ça n'aurait aucun sens Sonia Mabrouk. Néanmoins, il a dit à Marseille ce matin pour la première fois que le 17 octobre avait été, il ne l'a pas dit dans ses termes, mais avait été un fiasco. Je considère que le 17 a été un fiasco. Je préfère bien évidemment avoir vu des forces en nombre suffisant avec des manifestations pacifistes le 24 que ce que j'ai vu le 17. On en a parlé tous les deux sur votre plateau. Intenable, insoutenable.
Donc si j'ai bien compris, il a reconnu que l'État a failli.
Clairement.
Monsieur le maire, nous étions il y a quelques jours ensemble sur le plateau et puis après le 17 octobre, vous étiez, à juste raison, très énervé, très remonté, très atteint par tout ce qui s'est passé à Marseille. Vous demandiez des explications, même des comptes et vous étiez avec une pointe vindicative. Comment expliquer aujourd'hui que vous soyez autant rassuré puisque vous semblez craindre que le 17 octobre se reproduise ? Quelle garantie vous a-t-on donné ?
n'ai absolument pas changé. Je reste évidemment très en colère. C'était une colère froide et je l'ai toujours. Parce que, évidemment, je ne peux pas accepter, nous ne pouvons pas accepter que dans la 7e puissance du monde, dans la 2e ville de la 7e puissance du monde, il y ait eu une défaillance à ce niveau-là, un tel niveau d'impréparation. Et il a fallu que j'appelle le 17 octobre le chef de l'État. Le chef du gouvernement, le ministre de l'Intérieur, pour qu'on puisse m'envoyer en catastrophe des forces de l'ordre qui n'étaient évidemment pas préparées, qui n'étaient évidemment pas correctement coordonnées sur le territoire municipal. Tentez d'éviter le pire, mais le pire n'a pas été évité. Et donc toute la semaine entre le 17 et le 24, il a fallu qu'on travaille à un dispositif forcément différent pour que la manifestation se passe dans les conditions les meilleures. Et vous savez que j'ai dit et que je répéterai sur votre plateau que je n'accepte pas qu'on confonde des manifestants qui ont de légitimes revendications et des casseurs. Ce sont deux choses différentes. Les casseurs, leur place, elle est en place. prison. Celles et ceux qui s'en sont pris aux mairies, leur place, elle est en prison. Les manifestants qui ont de légitimes revendications, il faut les écouter. Je n'ai pas, moi, d'assurance. On ne peut pas avoir d'assurance, Sonia Mavroc, en la matière. Il faut, pour que ça ne se reproduise pas, il faut un dispositif de sécurité à la hauteur. Mais, encore une fois, combien de temps va-t-on devoir vivre avec... Des villes mises sous cloche avec des villes, avec des colonnes de CRS, de gendarmerie, de police municipale. Il nous faut une sortie. Et la sortie, Sonia Mabrouk, elle n'est que politique. Elle ne peut être que politique. Il faut que ce pays, que cette République, bien sûr... l'ai dit, je lui ai dit en privé, je lui
ai dit les yeux dans les yeux. – Est-ce que vous lui avez dit clairement qu'on ne peut pas vivre sous une forme, en tous les cas, de confinement sécuritaire, que ce soit Marseille ou autre, parce que, quand même précisément dans nos téléspectateurs, c'est que les commerces, pour certains, ont été pillés à Marseille quand même ce semaine 24, et pour les autres, ils étaient fermés. Donc c'est quasiment parfois une ville morte.
– Mais bien sûr. Et donc vous devez bien comprendre qu'y compris mes commerçants qui ont tout perdu, des fois c'est une vie de travail qui s'effondre devant nous. Ce sont des salariés parce que derrière les commerçants, il y a tous les collaborateurs. Il y a la personne qui fait le ménage le matin, il y a le vendeur, il peut y avoir le chef de rang. Ce sont des histoires entières qui se sont effondrées devant nos yeux. Donc d'abord, il va falloir les indemniser et je veux qu'on les indemnise jusqu'au dernier centime. Mais j'ai besoin, nous avons besoin que la paix sociale redevienne dans ce pays ce qu'elle doit être, que l'ordre républicain soit. rétabli. Mais pour cela, il ne faut pas simplement faire des coups de menton sur les plateaux de télévision comme certains. Il faut maintenant une sortie politique. Pour avoir une sortie politique, il faut faire des propositions à la crise que nous sommes en train de vivre. La crise que nous sommes en train de vivre, elle est sociale, elle est politique, elle est économique. Nous avons des lycéens qui revendiquent d'étudier dignement. Nous vivons... Avec 2,30 euros le litre de gasoil, 2,20 euros l'essence, nous avons une crise du pouvoir d'achat majeure. Et donc il faut des réponses à ça. Les réponses, elles sont... Et j'ai fait des propositions au président de la République. Vous reconnaissez des réponses à une
crise... C'est pas facile, hein, comme ça ? Oui. Non, non, je vous en prie. Des réponses à une crise protéiforme. Restez avec nous, parce que j'ai une question essentielle à vous poser. Mais sur ce plateau, Arthur Berda, notre journaliste, c'était chez vous, dans votre belle ville de Marseille. Il a suivi... Il a suivi le président de la République. Vous l'avez interrogé notamment, Arthur, sur la comparaison avec certaines émeutes, notamment après l'affaire Naël. Il a été au chevet, si je puis dire, des commerçants sinistrés, des forces de l'ordre exténuées. Bilan de la journée. Certains disent que le président est venu constater les dégâts à Marseille.
Absolument Emmanuel Macron, il est venu littéralement constater les dégâts. On le voyait d'ailleurs à l'instant à l'écran puisque le hall de la mairie qu'il a visité d'ailleurs aux côtés de monsieur le maire Benoît Payan a lui-même été dévasté. Le buste de Marianne a été cassé, une vitre a été brisée, une chaise a été elle aussi cassée, les murs ont été tagués. Donc si vous voulez il est venu... constater les dégâts, avec aurait-on pu croire ou pu craindre une forme d'impuissance. Il n'empêche, Emmanuel Macron, il a d'abord reconnu ce que M. le maire a qualifié de fiasco le 17 octobre. Il a reconnu qu'il y avait eu une faillite. On n'a pas du tout anticipé le 17 octobre. C'est l'expression d'Emmanuel Macron. Laurent Nunez avait dit « on a perdu le contrôle ». Emmanuel Macron dit « on n'a pas du tout anticipé ». A l'inverse, il s'est félicité, c'est encore son expression, du retour de l'ordre républicain le 24 octobre. Samedi dernier, une ville sous cloche, disait Benoît Payan, avec beaucoup de commerces fermés. Emmanuel Macron a rencontré les commerçants. Si vous me permettez une question pour M. le maire Benoît Payan. D'abord, vous avez contesté, M. le maire, le chiffre de 30 000 casseurs évoqués par la préfecture. Est-ce qu'on sait, in fine, combien il y a eu de casseurs démeutiers dans la ville de Marseille le 17 octobre ? Et puis deuxième question, vous dites qu'il faut sortir de la crise avec des réponses. Il y a un débat budgétaire en ce moment, ça c'est le rôle des parlementaires. Vous, vous êtes maire, vous êtes un maire engagé à gauche. Il y a aussi un débat présidentiel. Est-ce que vous trouvez ces réponses chez l'un des candidats qui briquent la présidentielle
sur la première question, bien évidemment, moi je m'en tiens maintenant aux chiffres officiels fournis par le procureur de la République, c'est-à-dire 1 800... Casseurs et émeutiers, c'est-à-dire bien loin des 30 000. Mais on comprend bien pourquoi ce chiffre a été annoncé. Il était faramineux, il était farfelu. C'était pour montrer que l'État ne pouvait rien faire. Ce qui est un double aveu d'impuissance. Et ce n'était pas acceptable d'entendre ce chiffre. Et je crois d'ailleurs que le procureur de la République a eu raison de remettre, si je puis dire, l'Église au centre du village. Ensuite, sur les réponses politiques, au-delà de la gauche et de la droite, je pense qu'on fait face à une crise. De sens. Et donc, ça n'est même plus qu'une question de droite et de gauche. Ramener la concorde républicaine, c'est que des gens se hissent au-dessus de leurs conditions. Sans pour autant renier ce qu'ils sont. Une démocratie, elle doit se vivre dans un débat apaisé. Elle doit se vivre dans une confrontation d'idées apaisées. Je ne le vois plus. Aujourd'hui, je vois des femmes et des hommes qui briguent la fonction suprême, qui briguent la magistrature suprême et qui mettent de l'huile sur le feu. Et qui tentent de diviser la France. Vous imaginez ? Vous imaginez des gens comme le général de Gaulle s'amusant à diviser la France pour essayer de la présider. Tout ça n'a pas de sens. Pour sortir par le haut, il faut prendre en compte ce qui est en train de se passer. Il y a une France qui a besoin d'ordre et elle existe. Elle est silencieuse. Et il y a une France qui a besoin de réponses sur son pouvoir d'achat, qui a besoin de réponses sur les conditions de travail, sur leurs conditions de vie et d'apprentissage.
Merci. Merci à vous pour cette réaction, Benoît Payan. Merci, monsieur le maire de Marseille.
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