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Bruno Rotaillot, bonjour. Bonjour Olivier Truchot. Votre campagne présidentielle, c'est pas des vacances. Je regardais ce week-end, il y a la puissance affichée par Marine Le Pen, archi-favorite de cette élection présidentielle. Et puis il y a David Lysnard, le maire de Cannes, qui est en train de vous doubler dans les sondages. Est-ce que vous envisagez de jeter l'éponge ?
dans les derniers sondages. Une hirondelle ne fait pas le printemps ? Non, non, moi j'ai un projet qui est singulier, que je veux porter jusqu'au bout. Mon projet n'est pas celui du Rassemblement National, ce n'est pas non plus celui des ex-premiers ministres, notamment des deux ex-premiers ministres. Donc c'est un projet qui va renverser la table, mais qui est à la fois radical mais crédible. Et je pense qu'aujourd'hui on est au bord du gouffre, demain il peut y avoir une crise à la grecque. Ce n'est pas parce que... vendredi, Moody's n'a pas dégradé la note française, que le problème, il n'est pas là. Moody's n'a pas dégradé, mais les marchés financiers nous ont dégradés. Alors on peut toujours se dire, on s'en fiche des marchés financiers. Sauf que si on a des taux d'intérêt aussi élevés, notamment pour acheter la dette française, ça veut dire que les Français qui vont vouloir se loger, par exemple. qui vont devoir aller trouver un prêt bancaire pour emprunter dans une banque, ça leur coûtera de plus en plus cher. C'est ça qui est très grave. Mais comment vous
expliquez qu'une offre à droite différente de la vôtre, plus libérale peut-être, celle qu'incarne David Lysnard, est en train de séduire, de convaincre des électeurs de droite qui devraient plutôt se porter sur vous ? Je
pense que c'est un problème de moment. Simplement, on est aujourd'hui dans une France qui est totalement sidérée par la violence. à la fois partagé entre la colère et l'émotion. Partagé entre la colère et l'émotion. Vraiment. L'élection présidentielle, la campagne, elle va commencer en début d'année prochaine. Pas avant. Souvenez-vous, c'est Pascal Perrineau, un politologue, qui avait démontré pour les municipales que les Français, pour 40% d'entre eux, ce qui est incroyablement important, 40% des Français s'étaient fixés dans leur choix de vote dans les trois jours auparavant. Donc aujourd'hui, ça ne veut rien dire. Tout peut être... Je pense que ça ne veut rien dire. Mais dans tous les sens alors. Mais dans tous les sens. Mais aussi bien pour moi que pour d'autres. Mais regardez, essayez de faire une sorte de flashback sur les dernières élections présidentielles. Vous voyez six mois avant et vous verrez que les surprises ont toujours été énormes. Elles le seront d'autant plus aujourd'hui qu'on est au bout d'un système et que tout peut advenir. Vraiment.
par exemple, vous, quand on vous associe au bloc central, on dit même qu'il faudrait faire une primaire de Rotaillot à Gabriel Attal. Est-ce que ce n'est pas ça qui vous plombe ? Parce que visiblement, aujourd'hui, ce que les Français veulent rejeter avant tout, ils n'ont peut-être pas encore choisi, mais enfin, ce qu'ils semblent vouloir rejeter, c'est ceux qui ont incarné le pouvoir pendant 10 ans. On voit aussi bien les codes de popularité de l'exécutif ou des difficultés que rencontrent Edouard Philippe ou Gabriel Attal. Et vous-même, vous êtes un peu associé à ça parce que vous avez été ministre, même si vous étiez peut-être un ministre de cohabitation. Vous avez été ministre de gouvernement macroniste.
mais ça, c'est un vrai argument. C'est important que vous le mettiez sur la table pour que je puisse y répondre. Moi, je pense, l'analyse que je fais, c'est que le bilan d'Emmanuel Macron est tellement cataclysmique. que ceux qui l'ont approché de trop près, ces anciens premiers ministres, seront vraisemblablement irradiés, si j'ose dire. Ce que je veux simplement dire... Et vous, vous êtes irradié aussi ? ne le crois pas. C'est comme si on reprochait à chaque part de soi, parce qu'il a été ministre de cohabitation de François Mitterrand, d'être devenu mitterrandiste. La première chose que j'ai fait lorsque j'ai vu Michel Barnier, qui voulait me nommer à Beauvau, qui venait d'être nommé premier ministre, c'était avec Gérald Archer. La question que nous lui avons posée, c'est est-ce que tu respecteras la Constitution ? L'article 20 de la Constitution, c'est le gouvernement gouverne, pas le président de la République. Et c'est à partir de là que je suis rentré au gouvernement. En clair, je n'étais pas nommé ministre, si j'ose dire, de M. Macron, mais j'étais ministre dans un gouvernement dirigé par Michel Barnier. Oui, vous l'avez dit, un ministre de cohabitation et souvenez-vous. Les désaccords que j'ai eus sur l'immigration, sur l'Algérie, sur la Corse d'ailleurs, on en parle encore aujourd'hui, avec le président de la République. Je crois qu'il y a peu de ministres de l'Intérieur qui ont eu cette liberté de parole, y compris en Conseil des ministres, autant que je l'ai eue. Flora Guevally.
Bonjour. Je ne suis pas exactement de votre famille politique, moi je viens plutôt de ce qu'on appelle la gauche réformiste, peut-être il y a dix ans le Parti Socialiste, sauf qu'aujourd'hui je suis orpheline politique, parce que depuis dix ans le Parti Socialiste s'amuse à faire des alliances avec la France Insoumise, il y a eu la NUPES, il y a eu le nouveau Front Populaire, ce qui a conduit à vider totalement de son essence, de sa sève, ce qu'incarnait cette gauche réformiste, qui aujourd'hui peine à être représentée dans l'échiquier. Ma question pour vous c'est, on voit la droite, dix ans plus tard la droite républicaine que vous incarnez se diriger vers vers le même chemin qui est de concéder certaines alliances de refuser le front républicain de faire des alliances circo par circo selon les sujets là je parlais avec des députés de votre groupe à l'assemblée qui me disait non mais le rn nous mettra pas de sortant en tout cas on est en train de négocier ça nous mettra pas de c'est peut-être de la politique fiction pour l'instant mais on espère que le rn ne nous met pas de sortant face à nous ce qui est en fait déjà la base d'un accord électoral. Cependant, moi, je crois, au même titre que je crois qu'il y a deux gauches irréconciliables, je crois qu'il y a deux droits irréconciliables et que le RN est en train de piller vos principes, vos valeurs et surtout votre héritage gaulliste. Je ne sais pas si vous avez vu certains députés RN se promener avec la croix du général sur leur veste actuellement et se comporter quand même comme des charognards de l'héritage du général de Gaulle. Bref, est-ce que vous n'êtes pas en train de suivre la triste voie que nous avons... vous empruntez, nous, la gauche réformiste, il y a dix ans. Et est-ce que vous n'êtes pas en train de quitter le pouvoir républicain pour la décennie qui s'ouvre
Alors, parfaitement d'accord. On a besoin d'une gauche. Moi, je suis pour un rapport démocratique droite-gauche. Que la droite s'assume, que la gauche s'assume, sans tomber justement sous la domination de M. Mélenchon. Donc, 100% d'accord avec vous. Pardon quand j'entendais Marine Le Pen hier dire qu'elle n'était ni de droite ni de gauche. C'est dû en même temps. Moi, je n'ai pas envie d'un nouvel en même temps. J'ai lutté contre le « en même temps » d'Emmanuel Macron pendant dix ans. Ce n'est pas pour retomber dans un autre « en même temps ». Très clairement, en fait, ce que je veux dire. C'est qu'on peut effectivement avoir un certain nombre de solutions sur la fermeté, évidemment, parce que c'est des solutions de bon sens. Mais quand j'entends Marine Le Pen sur la retraite, sur son projet économique, je me dis que ça ruinera la France. Ce n'est pas le projet que je porte. Et, comment dirais-je, la légitimité d'un candidat à la présidence de la République, c'est d'avoir un projet très particulier, très singulier. Le projet que je porte, voyez... C'est un projet d'ordre public, parce que je pense que sans ordre public, il ne peut pas y avoir de liberté. Et je suis plutôt libéral en économie. Mais on est au bord du gouffre. Donc moi je dis... C'est possible pour les Français d'avoir plus de prospérité, de niveau de vie, mais à condition que le travail paye et à condition qu'on arrête l'assistanat. C'est pour ça que j'ai fait la proposition. Quelle est votre proposition là-dessus ? La proposition, c'est de faire en sorte qu'en travaillant un petit peu plus, une demi-heure de plus par jour, on mette sur la table l'équivalent de deux mois nets supplémentaires et que parallèlement, on tape l'assistanat. et qu'on plafonne à 70% du SMIC la totalité des aides sociales. Vous demandez aux Français de travailler une demi-heure de plus, mais en étant payant plus. Voilà, c'est-à-dire que, admettons, un Français fait 35 heures, l'entreprise ne peut pas avoir plus d'heures parce qu'il est contingente, parce qu'il n'y a pas de carnet de commandes. Déjà, je libère les charges, j'allège les charges, et ça fait 500 euros de plus. Mais... Si on va un peu plus, un peu plus haut que les 35 heures, alors là, c'est vraiment quelque chose d'important et on arrive à payer beaucoup plus, ce qui fait que les 500 premiers euros sur les 35 heures plus le reste sur les heures supplémentaires, c'est quasiment deux mois de plus, deux mois nets de plus. Et je décourage aussi l'assistanat parce que c'est plus possible. J'ai rencontré, vous voyez, samedi ou vendredi, un couple de gilets jaunes. C'était une famille recomposée, il y avait quatre enfants. Les deux travaillent. Un des deux fait des heures sup. Et malgré ça, ils n'arrivent pas à boucler les fins de mois. Mais c'est à cause de ceux qui y sont assistés ? Je pense que la dépense, je pense oui, que l'État-providence est allé trop loin. Je pense très franchement qu'il faut donner, et c'est ce que je veux moi, faire en sorte que le travail paye plus, donner plus à ceux qui travaillent et moins à ceux qui parfois profitent.
Comment on sort de cette crise lycéenne, étudiante, qui est mélangée d'ailleurs, parce que dans la rue, on a vu samedi, à la fois des jeunes, mais aussi ceux qui dénoncent la vie chère. Comment on sort de cette crise ? Sébastien Lecornus, cet après-midi, rencontre les syndicats d'étudiants et va faire ensuite des réponses très concrètes. C'est ce qu'on annonce à Matignon. Quelle serait votre solution, vous
'abord, en disant la vérité, que nos jeunes soient profondément inquiets qu'ils ne le seraient pas. Depuis 1945, c'est la première fois, c'est la première génération où les jeunes vivront peut-être moins bien que leurs parents. Et il faut voir, les restos du cœur, quasiment un jeune sur deux. Vous vous rendez compte ? C'est-à-dire que pour ceux qui viennent au resto du cœur, un sur deux sont des jeunes de moins de 25 ans. Donc il y a un vrai problème. Jadis, étudier, c'était l'assurance. de bétonner son avenir. Ce n'est plus le cas maintenant. Donc moi, je pense qu'il y a des choses qu'il faut entendre. Je pense que Parcoursup est dévalué. Il faut une nouvelle plateforme avec des critères qui soient des critères visibles, lisibles, pas d'algorithme, pas de boîte noire. Mais il faut des critères méritocratiques. Donc il faut une sélection quand même. Je suis pour une sélection. Je suis pour la sélection. Parce que
tout à l'heure, on recevait Coppelia Moreau, c'est l'une des figures du mouvement, qui dit que le bac, c'est la sélection. Une fois qu'on a son bac, on peut pouvoir s'inscrire
n'importe où. C'est mentir à ces jeunes de dire que le bac doit être un grade universitaire. Je pense que c'est faux. Dans la mesure où aujourd'hui, la sélection, c'est par l'échec. Un jeune sur deux qui sort de l'université au bout de cinq ans sans aucun diplôme. Et aujourd'hui, il est plus facile parfois. de rentrer dans des filières langues universitaires que de rentrer dans un bac plus 2, un IUT. Et là c'est sélectif. Mais voilà, je pense qu'on a gâché des générations avec ce mensonge. C'est des magots en fait ? C'est totalement des magots. Mais le grand mensonge, c'était de dire 80% d'une classe d'âge au bac. Non, c'est 100% d'une classe d'âge. Moi ce que je veux, c'est arracher l'éducation nationale, toute la formation professionnelle. pour la confier aux régions et mettre dans le coup les entreprises. Je veux qu'on ait une double filière, un peu comme en Allemagne, une filière généraliste et une filière d'excellence professionnelle. J'en ai marre que des gamins, je vais vous dire, soient dévalorisés parce qu'ils ont l'intelligence de la main et qu'il faudrait faire des études longues. C'est comme ça qu'on fait des générations aussi qui sont frustrées parce qu'on leur donne un master, etc. Et après, ils ne trouvent pas de travail. Donc, il faut une sélection, oui. C'est ça la vie. Et de toute façon, aujourd'hui, la sélection, il faut le dire, clairement, elle existe. C'est la sélection par l'échec. Abel
Boyi. Moi, je suis un ancien électeur de droite dans une ancienne vie. Et aujourd'hui, je suis un peu comme Flora, je suis un orphelin politique. Je ne sais pas vers qui va se diriger mon vote, quoique je sais qu'il ne se dirigera pas vers le Rassemblement National. Ce qui m'embête, c'est que la droite aujourd'hui, lorsqu'elle n'est pas en responsabilité, elle est très forte pour dire ce qui ne va pas. Et quand elle accède aux responsabilités, elle est très forte pour expliquer pourquoi elle n'a pas fait les choses. Et quand je vous vois, je me dis, elle est où cette droite ? qui était pleine d'énergie, même quand les situations étaient compliquées, c'est-à-dire même, je vous écoute depuis tout à l'heure, il y a beaucoup de terminologies assez négatives, assez violentes. Donc je comprends qu'on est face à une situation compliquée, mais j'ai l'impression que vous arrivez un petit peu comme un président de ma convention obsèque avec votre cercueil et vous annoncez que c'est la guerre, mais on a besoin de rêver. Et c'est pour ça que le Rassemblement National et que LFI, indépendamment de ce que l'on pense, ils proposent un programme d'espoir, qu'il soit applicable ou pas, ce n'est pas le sujet. Retrouver une droite un peu, façon époque chiracienne, qui me fait rêver à nouveau, qui me dit, mais tout comme j'ai envie de retrouver une gauche aussi, c'est deux parties de gouvernement qui savaient donner un rêve d'espoir et ne pas que parler de ce qui ne va pas. Parce que quand je vous entends, je me dis, mais en fait, demain si vous êtes président, mais comment allez-vous faire pour relever la France réellement ? Mais on ne peut pas mentir aux Français. Mais ça je suis d'accord. Je
vais vous dire, pourquoi je ne suis pas un électeur du Rassemblement National ? Parce que je ne suis pas démagogue, voyez. Parce que je dis aux Français, c'est possible. Moi, je veux qu'il y ait une France prospère. Je veux que ceux qui bossent aujourd'hui arrivent à boucler leur fin de mois. Comment vous expliquer que 3 Français sur 10, y compris ceux qui travaillent, se trouvent dans le rouge, le 17 ? Le 17 de chaque mois, il y en a un tiers dans le rouge qui travaille. Mais tout ça, on le sait en fait, puisque
les Français le vivent dans leur chair au quotidien. Non, attendez, vous voulez rire. Le Français qui est dans le rouge le dit, il le sait. Est-ce qu'il a besoin qu'on vienne lui répéter ? Mais oui. Ben non. Mais si, en disant qu'il y a un chemin d'espoir. Oui, mais quel est votre chemin d'espoir ? Deux mois de salaire
de plus ? Pardon, deux mois de salaire de plus ? Vous croyez que ce n'est pas un espoir ? Le fait que ceux qui profitent ne soient pas justement contraints, parce que, pardon, les prestations sociales, c'est nos impôts, nos cotisations. Mais ceux qui profitent, c'est qui ? Ceux qui profitent, c'est qui ? Eh bien, c'est des gens qui, voilà, touchent des aides, qui sont assez malins pour toucher des aides, et qui restent chez eux dans le canapé. Est-ce que vous supprimez l'AME, l'aide médicale d'État ? Bien sûr que je le supprime. On est un des seuls pays européens. Là encore, question de justice. Moi, je veux la justice. C'est ça l'espoir de la justice. Que celui qui travaille, ça va lui profiter. Pareil, pardon, l'AME. Comment voulez-vous ? Un clandestin vient, il va avoir 100% remboursé. Vous avez un Français qui bosse, qui travaille, qui cotise, qui va se faire soigner chez le chirurgien dentiste, et lui, il va avoir que 70%. Mais attendez, mais on marche sur la tête.
Donc le premier exemple d'espoir que vous donnez, c'est l'étranger qui prend les droits des Français. Mais par exemple, un jeune de 13 ans, puisque moi je suis engagé sur la jeunesse, vous voulez taper sur les jeunes délinquants et vous avez raison. Mais que proposez-vous à un jeune pour qu'il ne bascule pas dans la délinquance ? Ce que je lui propose... Parce que votre programme est très punitif, mais où est le préventif ? Bah si, dans les
mots si. Non, je lui propose un avenir. Je lui propose par exemple de casser le collège unique. que c'est une idée folle en France. qu'on demande à des enfants de 13 ans, de 11 ans, de 12 ans, d'être dans le même moule. Les enfants ne sont pas, nos jeunes ne sont pas des produits standards. Je suis d'accord avec ça. Et donc il faut des groupes de niveau, des vrais groupes de niveau, pour que ceux qui visent l'excellence puissent grimper, et ceux qui ont des difficultés, on puisse les rattraper. Je propose justement le pré-apprentissage à 14 ans. Je propose que chaque enfant soit considéré en fonction de ses talents. Pourquoi est-ce que le talent de la main n'est pas autant reconnu que le talent... Je suis
d'accord, mais
parlez
plus de cet aspect. C'est un aspect positif en fait, le côté tout sécuritaire de la droite. On a besoin de ça. Je retiens. C'est vrai, c'est vrai. Je retiens le conseil. Bruno
Retailleau face aux grandes gueules, candidat à l'élection présidentielle, auteur de ce livre, on va en parler dans un instant, de combat et d'espoir. Ce sont des lettres personnelles que vous avez écrites aux Français, à certains Français, aux éditions de l'Observatoire. Mais je voudrais qu'on dialogue et que vous dialoguez vous avec Audrey qui est commerçante au 32-16. Parce que les commerçants en ont ras-le-bol de voir tous ces... samedi, finalement privatisés par des casseurs, des émeutiers. Ils sont obligés de se barricader, de mettre des planches de bois et ils perdent à chaque fois une journée de commerce. Audrey, bonjour. Bonjour. Vous êtes président de l'Union des commerçants de Coulomiers et vous vouliez interpeller Bruno Retailleux. Expliquez-nous.
Oui, oui, parce qu'en fait, on ne parle pas suffisamment, je pense, des petites villes comme les nôtres. Moi, je suis dans une ville qui est donc Coulomiers, 15 000 habitants. Et on n'est pas touché directement par les manifestations et par les casseurs, mais on est touché par un impact important, c'est-à-dire que les gens, les clients, fuient les centres-villes. Pour un exemple, ce samedi-là, on a fait moins 70% de chiffre d'affaires. Et on n'en parle pas suffisamment, mais nous aussi... Parce que les gens ont
peur de se retrouver face à des manifestants violents, donc ils sont bons. Exactement,
ils fuient les centres-villes et tous les centres-villes. Moi j'ai un commerce à Coulomiers, j'en ai un autre sur la ville de Provins. Et ce samedi-là, on va dire depuis mercredi dernier, il ne se passe plus rien. Les gens désertent les centres-villes. Donc c'est vrai qu'on en a un peu ras-le-bol et qu'on aimerait que ces manifestations s'arrêtent. Parce que clairement, on va tous mourir.
Ce matin, Laurent Nunez disait qu'il y aura d'autres couvre-feu, d'autres journées de manifestation, l'acte 3, l'acte 4, l'acte 5. Donc c'est parti jusqu'à Noël, Bruno Rottalier ? Non, mais
elle a totalement raison. J'entendais Emmanuel Macron la semaine dernière dire aux commerçants, plein d'empathie, rassurez-vous, vous serez remboursés. Oui, mais on ne sera pas
remboursés, nous.
D'abord, ils ne seront pas tous remboursés, complètement remboursés. Mais ce n'est pas ce qu'on demande à un chef de l'État, de rembourser. C'est de protéger. C'est de protéger. Et moi, ce que je pense, parce que c'est vrai qu'en plus, vous avez, je crois, une qui n'est pas terrible sur le plan du chiffre d'affaires. On arrive à Noël, donc ça va être capital. Moi, je pense que, un, il faut la plus grande fermeté possible. Il faut aussi taper. Quand je vois, en matière de justice, on me signalait un individu, 23 ans, son prénom c'est Andy, il a participé à toutes ces exactions du 17 octobre, et il a tiré avec un tube artifice, un mortier, et c'est très dangereux, si les policiers y comparaient, pas une journée de prison ferme.
Donc,
tant qu'on n'aura pas ce courage... Bien entendu. On a dit le contraire, on a dit, regardez,
comparution immédiate, il y a des gens en prison, Gérald Barmanet, ministre de la Justice en félicite. Je suis
favorable, y compris pour l'inscrire dans une charte de l'ordre républicain que j'annexerai à la Constitution, je suis pour que dès lors qu'on agresse un policier, un gendarme, voire même des sapeurs-pampiers, eh bien c'est casse-prison, parce que sinon l'autorité, on la dilue. Et je pense que pour répondre, il faut justement un État qui soit très très très ferme, Laurent
Nunez aurait dû démissionner.
Il a présenté
sa démission, elle a
été refusée, il est resté. Voilà, donc ça concerne Emmanuel Macron. Mais c'est vrai qu'il y a eu un fiasco. Et ce fiasco, il venait après ce qu'avait dit le chef de l'État, en demandant aux policiers, aux gendarmes, de l'empathie. Pardon, mais un gendarme ou un policier, ce n'est pas un animateur socio-culturel. Regardez le va-et-vient sur les grenades assourdissantes. Un jour on suspend et le lendemain on rétablit. On en a besoin ? Non mais je vais vous dire, le fond du fond, c'est que le pouvoir des Jormais malheureusement a peur. Ces hésitations c'est le symbole d'un pouvoir qui finalement refuse d'assumer le monopole de la force légitime. On a toujours peur. Non, il faut. Quand j'étais à Beauvau, j'ai donné, je me souviens, sur Bloquantout, la doctrine que j'avais demandé à appliquer aux gendarmes et aux policiers, c'est d'aller au contact et de ne pas se laisser, quand il y avait des violences, des dégradations, pour pouvoir interpeller systématiquement.
Mais comment expliquez-vous qu'en France, on ait besoin de la grenade de désencerclement ? C'est la seule police en Europe qui l'utilise.
non, vous avez ce qu'on appelle des moyens intermédiaires. Entre l'arme létale, c'est-à-dire une arme qui peut tuer, et puis la matraque ou d'autres moyens, vous avez ce qu'on appelle justement des forces intermédiaires. Et si vous supprimez ces forces-là, compte tenu de l'hyperviolence, vous aurez des policiers et des gendarmes dos au mur qui n'auront plus pour se défendre. Mais pourquoi les larmes de police ? Alors, Charles, continue.
Moi, je m'intéresse plus à votre candidature sur le plan politique. Un peu deux phénomènes. D'abord l'héritage de Macron qui fait que chacun se dit que sans parti politique, il peut se lancer dans la présidentielle. Ce qui fait qu'on a ce phénomène étrange où des candidats sont désignés par leur parti. C'est votre cas. C'est le cas de Raphaël Glucksmann. Même si ce n'est pas son parti, il a été désigné par le PS. Et vous en avez toujours... À chaque fois, un autre à côté qui dit « Coucou, je suis là. » Vous avez François Hollande pour la gauche, David Lissnard vous concernant, d'autres qui la ramènent moins maintenant, mais qui sont quand même un peu en embuscade, Bertrand, etc.
Xavier Bertrand a prévu d'annoncer bientôt sa candidature.
Le suspense sera bientôt rompu. Donc, premier phénomène. Vous aviez un côté punk, un peu à droite, à une époque qui plaisait. Je sais que ça ne plaira pas aux Inrocs, mais à mon sens, Retailleau est punk. Il n'est pas punk qui veut. Je pense qu'il est plus punk que Guillaume Meurisse et compagnie, que Nova, etc. Et vous avez été aussi un peu débordé sur votre droite par des gens encore plus radicaux, avec le verbe encore plus tranché. Et en même temps... Moi, je me demande, est-ce que vous ne vous dites pas que, s'agissant de LR précisément, Tout le boulot qu'a fait Lysnard sur le programme, les slogans, une certaine nouveauté, tout le boulot qu'on peut ne pas aimer du tout, la radicalité de Zemmour, etc. -ce que vous ne vous êtes pas un peu reposé sur vos lauriers en vous disant « je suis président du parti, j'étais ministre, ça va aller tout seul » ? Pas du tout.
Je n'ai rien vu d'ailleurs comme proposition originale parmi ceux que vous citez. soit qui n'ait pas été parfois pillé dans notre propre programme, et je pense avoir un projet un des plus aboutis. Là où je vous donne le point, c'est sur cette idée qu'il y a une forme d'individualisation, c'est-à-dire que chacun, après Macron, se dit « tiens, je peux être président de la République ». En revanche, je suis sûr, côté punk par exemple, je suis certain que les Français vont demander au fur et à mesure... de la dureté du moment, à la fois une radicalité, et je veux d'ailleurs, je veux renvausser la table, par exemple, en changeant une partie de la Constitution, pour rendre au peuple le pouvoir de choisir, le pouvoir de choisir son destin, de peser sur son destin, de la radicalité, mais en même temps de la crédibilité. On est dans un moment tellement difficile qu'un moment... qu'il faudra progressivement, et les Français le sentiront, parce que ce sera leur retraite, leur salaire, le pouvoir d'achat qui s'en pôle. Il faut des gens sérieux. Il faut aussi du sérieux. Il faut la radicalité, mais aussi le sérieux.
On va parler des lettres, mais... Vous
m'avez répondu sur
Marine
Le Pen sur le volet économique, mais vous ne m'avez pas répondu sur le sujet des valeurs et notamment du cadre républicain. Et dans votre livre, vous écrivez à Jean-Luc Mélenchon et vous terminez votre lettre par « Vous êtes Jean-Luc Mélenchon, mon seul adversaire, puisque vous êtes... » Vous seul êtes une menace politique pour la République. Est-ce que post-Révélation Mediapart sur l'antisémitisme de Bardella et l'étude qui a suivi qui montre que 57% des parlementaires RN ont un sujet affiché avec le racisme et l'antisémitisme, vous écrirez encore ce livre de la même manière ?
1. Je ne suis pas au Rassemblement National. C'est bien parce qu'il y a des raisons. Vous dites que seul Jean-Luc Mélenchon est une menace pour la République. J'assume. Non, une menace pour la République. Oui, je l'assume. Je vais vous dire pourquoi. L'URN n'est pas une
menace pour la République. Je l'assume, je
l'assume. Quand j'ai dissous la jeune garde comme ministre de l'Intérieur, avec un dossier de violence très lourd et d'antisémitisme, il s'en était pris d'ailleurs à un jeune juif de 15 ans, compatriote juif d'une quinzaine d'années. Je dissous et... Très peu de temps après, M. Mélenchon dit dans un meeting, écoutez, je leur donne raison, bravo, continuez. Monsieur Le Pen, en 1989, avait au moment d'un meeting joué... avec la consonance juive d'un certain nombre de noms de journalistes, exactement comme M. Mélenchon l'a fait. On en est rendu à un parti qui, clairement, joue avec l'antisémitisme, joue avec le racialisme, joue avec la violence. Les
tweets de Bardella sont moins graves que les blagues de Mélenchon ?
Mais pas du tout, pas du tout. Simplement, vous avez un parti qui a théorisé la violence et qui l'applique. Et qu'ils l'appliquent. Le racialisme, l'antisémitisme, la violence, le côté antidémocratique, ils veulent mettre en prison les préfets. Le côté antidémocratique, quand ils disent, quand ils disent, par exemple... Écoutez, j'assume parfaitement qu'au point où on en n'est plus le rassemblement de Jean-Marie Le Pen. Il y a sans doute des racistes, il y a sans doute des antisémites, et j'espère qu'ils feront un certain nombre de ménages. Vous avez plus peur de Mélenchon que de Marine Le Pen pour la France. Oui, parce que jamais lui, voyez, regardez ce qui s'est passé avec Quentin de Roque. Il y a eu ce qu'on appelle une inversion de la responsabilité, une inversion accusatoire. On en interne. Le jeune type meurt. Et on nous fait comprendre que finalement il l'a bien cherché parce que c'était un militant identitaire. Je n'ai jamais entendu sonne Mme Le Pen. Je suis en profond désaccord avec elle, encore une fois. Mais très franchement, objectivement, les choses sont différentes.
Merci Bruno Retailleau de Combat et d'espoir. Lettre aux Français, si vous voulez lire les lettres que Bruno Retailleau adresse à certains Français, dont Jean-Luc Mélenchon. Il n'y a pas François Hollande, mais il y a vos 10 enfants. C'est l'ancien Français, les Français. Il y a vos 10 enfants notamment, aux éditions de l'Observatoire. Merci Bruno Retailleau.
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