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Les affirmations chiffrées ou factuelles des personnalités identifiées sont confrontées aux sources officielles, aux fact-checkeurs et à la presse de référence. Vérification automatique : consultez les sources.
est 8h29 et vous êtes bien sûr RMC et BFM TV. Bonjour Laurent Nunez. Bonjour. Merci de répondre à mes questions ce matin. Vous êtes le ministre de l'Intérieur bien sûr. Enchaînement de violence, scène de chaos, puis d'extrême tension, tuerie de trappe. Sommes-nous solides ? C'est la question, au fond, que l'on se pose ce matin, à la fois en tant que société, en tant qu'État. L'État est-il d'ailleurs capable de protéger ses citoyens ? On va revenir évidemment sur toutes ces questions avec vous. Avant de revenir sur TRAP, d'abord un mot sur les manifestations qui se sont succédées après le week-end précédent, le chaos, le fiasco, peut-on même dire. Ce week-end, les manifestations, vous les qualifieriez de quoi ? La journée de samedi ? Maîtrisé, calme, avez-vous repris le contrôle ?
l'agent a été maîtrisé, évidemment, puisqu'il n'y a pas eu d'incident grave. malgré la volonté d'en découdre de militants de la mouvance ultra-gauche et que ça me roche radicale, mais qui ont opéré selon un schéma assez classique, c'est-à-dire qu'ils se sont greffés au sein des cortèges et ont tenté de commettre énormément d'exactions avec beaucoup de violence, principalement contre les forces de sécurité intérieure, puisque celles-ci ont réussi à les empêcher, à partir en cortège sauvage, ou à aller dégrader des commerces, ou essayer d'aller dans les centres-villes, puisque les manifestations de samedi, aucune ne se tenait dans les centres-villes, les préfets en lien avec les organisations. avait réussi à obtenir des parcours qui étaient plus isolés, plus éloignés, pardon, des centres-villes. C'est le cas notamment à Orléans, c'est le cas à Paris, bien sûr. Donc évidemment, les groupes à risque ont essayé de s'y rendre et les forces de l'ordre ont fait un travail admirable, ils ont l'en empêché. Donc oui, la situation a été maîtrisée. Il n'empêche qu'on a constaté un très haut niveau de violence contre les forces de sécurité intérieure, le même que le 17, mais ils ont pu répondre. Parce qu'ils
étaient plus nombreux ? Parce qu'ils avaient anticipé ?
Il y a trois raisons essentielles. D'abord, parce que la mouvance a pu être cantonnée au sein des cortèges. Elle ne s'est pas éclatée comme elle l'a fait le 17 octobre, ce qui avait provoqué le fait que les dispositifs policiers avaient été dispersés. C'était beaucoup plus difficile à contrôler, à maîtriser. Il y a trois raisons. On fait beaucoup plus de contrôle de flux sur les personnes qui se rendaient sur les manifestations. Parfois, dans la profondeur, contrôle de flux, ça veut dire une réquisition du procureur. On fouille les gens et on peut saisir du matériel, des armes par destination. Vous en avez trouvé beaucoup ? Bien sûr, énormément ont été saisies. Vous parlez de couteaux,
de barres de fer ? Couteaux,
des boules de pétanque, des billes en verre, des frondes, diverses armes. Et bien sûr, les mortiers. On a interpellé 1 400... 1435 personnes sur l'ensemble du territoire national. 1435, c'est le chiffre à jour d'hier soir. Et il y en a plus de 100. C'était pour détention d'armes par destination. Donc déjà, des contrôles de flux. On a renforcé en volume les effectifs en faisant des rappels sur les congés. J'en remercie les gendarmes et les policiers, évidemment. Et puis ensuite, troisièmement, il y avait un prépositionnement de l'ensemble des effectifs qui étaient mobilisés, qui permettaient de mieux sécuriser, de mieux encadrer ces cortèges. Et puis, quatrièmement, je rajoute un quatrième point, c'est évidemment les mesures de police administrative qui ont été prises. Et encore une fois, j'insiste le fait que les manifestations ne se soient pas tenues dans les centres-villes. Je crois que les organisations syndicales n'ont pas forcément compris. Enfin, on a eu des discussions, mais... Globalement, les déclarations ont été respectées. Il faut s'en féliciter parce que personne n'aurait compris qu'il y ait de nouveaux trous à l'ordre public dans des centres-villes qui avaient été dégradés le 17 octobre. Est-ce que ça veut dire que désormais,
pour les semaines qui viennent, on va essayer de se projeter puisque les manifestants disent que ces manifestations sont amenées à durer, que le mouvement est amené à durer ? Est-ce qu'on peut imaginer que samedi après samedi, il y ait des manifestations ? Et que votre réponse soit la même, c'est-à-dire interdire les centres-villes de ces manifestations ?
La réponse, elle se fait au cas par cas. C'est les préfets qui apprécient la situation. Et il se base sur le fait qu'il y ait eu des troubles à l'ordre public ou qu'il y a des risques de troubles à l'ordre public. Très honnêtement, dans les jours qui viennent, la situation ne va pas vraiment changer. On va
continuer des couvre-feux ? Des couvre
-feux, bien sûr. Ça, ce sont les préfets qui décident en lien avec les maires. On en a un peu plus d'une dizaine, évidemment. Et puis, sur les parcours des manifestations, ce qu'on a vu... Samedi, le niveau d'engagement de violence contre les forces de sécurité intérieure, la volonté des groupes à risque partout sur le territoire national, le schéma parisien de groupes à risque d'ultra-gauche, extrême-gauche, radicales, au sein des cortèges qui essaient de le faire dégénérer, ça s'est produit à Tours, ça s'est produit à Lyon, à Toulouse, dans de nombreuses villes françaises. Le schéma qui a fait que les préfets ont pu se dire qu'il ne peut pas y avoir de manifestation centre-ville compte tenu des risques de troubles à l'ordre public et des risques de dégradation de commerce. Il n'a pas été significativement modifié par ce qui s'est passé samedi. Certes, il y a eu moins de pillages
ou de tentatives de pillages, mais vous avez vu dans de très nombreuses villes de France, des centres-villes qui étaient quasiment déserts. C'est-à-dire que des magasins qui ont fermé, des commerçants qui ont anticipé, qui se sont barricadés, qui n'ont plus confiance dans l'État pour les protéger, qui se sont retrouvés eux-mêmes à devoir faire leur propre police. Parfois aussi parce qu'ils ont entendu les propos du préfet de police de Paris, qu'ils laissaient entendre qu'au fond c'était à eux de se débrouiller. Est-ce que l'État, aujourd'hui, n'est plus en mesure de protéger ses citoyens ?
L'État, un, il s'est passé ce qui s'est passé le 17 octobre, et je le regrette. Vraiment, je le regrette. Premier point. Deuxième point, c'est bien l'État qui protège les commerces. Et au bout d'un moment, il ne faut pas se tromper de cible. Nous, nous sommes là, les forces de sécurité intérieure, sous mon autorité, sont là pour protéger nos citoyens, pour protéger les commerces, évidemment. Attention, ce sont des militants d'ultra-gauche, d'extrême-gauche radicalisée. C'est eux qui appellent au chaos, qui appellent à l'insurrection, qui ne respectent pas le cortège, qui ne restent pas avec les organisations syndicales et qui veulent en découdre. Regardez ce qui s'est passé à Paris à la fin du cortège. Regardez ce qui s'est passé dans de nombreuses villes où ils ont essayé de rejoindre les centres-villes par la force. pour aller évidemment dégrader des commerces. Ils en ont été empêchés. Donc au bout d'un moment, il ne faut pas se tromper de cible. On a quand même une mouvance qui appelle à l'insurrection, qui appelle à la révolte, et qui est là. Et c'est à cause d'elle qu'on déploie ces dispositifs policiers pour les contenir.
Y a-t-il eu des blessés ? A déplorer du côté des forces de l'ordre, y a-t-il eu des manifestants blessés ?
Oui, pour les forces de l'ordre, j'ai évidemment le chiffre très précis. On est à 267 blessés. Hier soir, c'était à date. La plupart, heureusement, blessés légers. Et pour les manifestants, les chiffres me remontent toujours plus difficilement. Mais j'avais un chiffre, tout à fait, c'est une estimation de 250 blessés parmi les manifestants. On nous signale quand même trois blessés assez graves. Je crois que c'était à Tours, Reims, à Toulouse, pardon. Reims et Clermont-Ferrand.
Montferrand, notamment, on parle d'une personne qui aurait été blessée à la main. Est-ce qu'il pourrait s'agir d'une grenade ?
Oui, on n'a pas de certitude à ma connaissance sur ce cas-là. À Toulouse, c'est peut-être le cas. En tout cas, il y a des enquêtes de l'IGPN, comme à chaque fois. Vous avez parlé de
l'ultra-gauche. Il y a aussi eu des affrontements entre ultra-gauche et ultra-droite. On parle de Montpellier, Dijon, Nice, Nancy, Rouen, Tours. De quoi s'agit-il ? Et est-ce que ça veut dire que désormais, vous avez face à face, mais aussi face à vous, deux mouvances ultra-gauche et ultra-droite ? Je vais
bien. D'abord, un point sur les trois sites. Les trois villes où je vous ai cité, où les personnes ont été grèvement blessées, c'est dans le cadre d'actions de police, compte tenu d'un contexte d'extrême violence. C'est dans un
contexte d'extrême violence. Oui,
je n'ai pas trop de doute sur la proportionnalité de l'action policière, si jamais elle était à l'origine de ces blessures. Sur ce qui s'est passé, effectivement, nous savions, puisqu'il y avait des appels pour le 24 octobre, précisément, de nombreuses mouvances ultra-droites. Pas mal d'identitaires, en fait, de la mouvance identitaire, ce qui est une mouvance ultra droite, de nationalistes également, qui voulaient descendre dans les centres-villes pour protéger les commerces. Officiellement, évidemment, dans leur discours, enfin, c'est pas bien officiel, mais enfin sur les réseaux sociaux, c'est ce qu'ils disaient. Donc nous savions qu'ils risquaient de venir, effectivement, dans de nombreuses villes. Moi, dès samedi soir, il était porté à ma connaissance que ça avait été le cas à Nice, à Montpellier. On a vu des vidéos, puis les rapports me sont remontés, il y en a eu dans d'autres villes. Ce sont effectivement des groupes qui sont venus. En groupe constitué, principalement en réalité pour s'en prendre à la mouvance d'ultra-gauche, comme ils le font habituellement. Et les policiers ont pu constater effectivement des affrontements auxquels ils ont mis un terme. Je veux couper court à ces rumeurs. À aucun moment, évidemment, la police ne les a protégées. À aucun moment, ils n'ont travaillé en concertation avec des policiers et des gendarmes. Bien évidemment. Si vous répondez
à ces rumeurs, c'est parce qu'elles ont été relayées. Pas sous forme de rumeurs, mais sous forme d'accusations. Manuel Bompard, par exemple, le coordinateur de LFI, qui dit samedi sur Twitter, à Nice, toute manifestation était interdite. Sauf, dit-il, pour les fascistes qui ont pu se balader en ville armés de couteaux et de barres de fer pour agresser les passants. Le ministre Nunez et le maire Ciotti les protègent-ils ?
Non, on ne protège personne, certainement pas. En tout cas, on applique les interdictions pour tout le monde. On a empêché les affrontements entre ces groupes. Les policiers et les gendarmes avaient une mission, c'était d'éviter les pillages et de mettre un terme aux exactions de la mouvance d'extrême gauche. Vous savez qu'en police et en gendarmerie, quand on a une mission, c'est compliqué de se détourner de cette mission. Ils ont intervenu à de nombreuses reprises pour disperser, empêcher les affrontements entre l'ultra-gauche et l'ultra-droite. Et M. Thomas Porte, je peux l'informer d'une chose, c'est qu'à Nice notamment, le groupe a été dispersé et on a 11 personnes d'ultra-droite qui ont été interpellées. Et qui sont en garde à vue. Et le procureur de Nice s'est saisi de la constitution de ce groupe. Parce qu'évidemment, il va y avoir des suites. Ils se sont constitués dans ce qu'on appelle un groupe de combat. Ou à tout le moins, un groupe constitué en vue de commettre des violences. Donc ça veut dire, un, que ça relève peut-être d'incrimination. pénale, c'est pas à moi d'en juger, mais j'ai demandé à tous les préfets, partout, ça s'est produit, de saisir la justice, de, effectivement, comme vous venez de le dire, ma Pauline de Malherbe, il y a des polices administratives qui s'appliquent, notamment des possibilités de dissoudre ces groupes, s'ils se sont vraiment, et ça semble être le cas, constitués en groupes de combat, et si jamais c'était des groupes dissous, on les poursuivra au pénal pour reconstitution de l'Igdissou.
Laurent Nunez, comment on se projette sur la suite ? Un mouvement qui est appelé à durer, voilà ce que disent un certain nombre de manifestants, est-ce que samedi après samedi, parlons déjà du samedi prochain, il se trouve que c'est aussi la journée d'Halloween, Est-ce que vous redoutez des débordements ? Est-ce que vous allez devoir mettre en place ?
Mais clairement, oui. Clairement, oui. On ne va pas dire, vous savez, l'action de police et de gendarmerie, c'est pas j'appuie sur un bouton et je fais disparaître des personnes qui appellent à des messages de violence, d'insurrection, qui n'hésitent pas à dire qu'ils lancent la révolte. Non, oui, clairement, oui. Et puis la soirée, oui. Et puis il y a la soirée d'Halloween, traditionnellement, qui est toujours un peu animée, j'ouvre les guillemets, c'est un euphémisme. Oui, on s'attend à ce que ce soit à nouveau compliqué, que ce soit de nouveau une grosse journée de mobilisation. Vous
allez être obligé de mettre un dispositif en place qui sera comparable à celui du dernier samedi ?
Évidemment. déployer un dispositif extrêmement robuste. À nouveau, évidemment, les policiers et les gendarmes vont être mis à contribution, d'abord parce qu'ils vont encore travailler, et surtout parce qu'ils sont pris à partie dans des conditions qui s'apparentent assez souvent quand même à des tentatives de meurtre, il faut le dire.
Des tentatives de meurtre ? Les policiers font l'objet de tentatives de meurtre ?
Écoutez, quand vous balancez un mortier à bout portant, un pavé, ou que vous arrivez avec des frondes et des billes, c'est de la violence volontaire qui peut un jour, un jour, j'espère que ça n'arrivera jamais, mais j'espère qu'un jour... justice pourra suivre sur ce grief là parce que quand vous vous êtes
en train de dire qu'au fond le qualificatif si c'était vous qui deviez en décider vous diriez qu'il s'agit de tentative de meurtre
je dirais pas je dirais pas judiciairement mais quand vous lancez des pavés quand vous êtes sur un toit d'ils sont ciblés et que vous balancez des morceaux de cheminée sur une compagnie de la direction de l'ordre public et de la circulation à la pp comment vous voulez appeler ça judiciairement peut-être que ce sera jamais qualifié comme ça mais moi comme ministre de l'intérieur Et comme l'ensemble de nos concitoyens, c'est comme ça que je le lis.
Le plateau des mille vaches, deux des suspects de l'incendie volontaire de la mairie de Limoges sont issus de ce plateau des mille vaches. Est-ce que vous estimez que les 20 dernières années, cette mouvance d'ultra-gauche, anarchiste, anticapitaliste, écologiste, semble-t-il, en tout cas pour les deux principaux suspects, a été minimisée ? Quand on regarde, après l'affaire de Tarnac, après le sabotage de lignes TGV, de lignes EDF, d'Enedis... et qu'il y a eu en réalité assez peu de conséquences judiciaires, en tout cas pas de nature à arrêter leurs actions. Est-ce que vous vous dites qu'on a sous-estimé cette mouvance ?
Jamais de l'avis. Vous ne m'entendrez jamais. Je suis ministre de l'Intérieur. J'ai été responsable des services de renseignement dans ma vie passée. Jamais, vous ne m'entendez d'ailleurs, qu'on a sous-estimé la menace de l'ultra-gauche. C'est faux. C'est faux. Ces groupuscules dont vous parlez, le site dont vous parlez, je ne peux pas m'étendre sur ces sujets. Ils sont évidemment suivis. Sur la zone dont vous parlez, on est plutôt sur des anarchistes, voire des anarcho-autonomes. Jamais cette mouvance a été délaissée. D'ailleurs, Tarnac, vous vous souvenez que ça n'a pas été retenu finalement comme un dossier terroriste. Puis ensuite, l'association de malfaiteurs est tombée également. Cela étant, les services de renseignement travaillent sur cette mouvance. Pourquoi ? Pour plusieurs raisons. D'abord parce que c'est une mouvance qui se livre à effectivement beaucoup d'actions de sabotage, dont le projet est quand même de renverser les institutions, de renverser notre République, et puis qui a des connexions avec des groupuscules similaires dans des pays où ils sont sur l'action déjà à un niveau terroriste, puisqu'il s'agit de l'Allemagne, de l'Italie, de la Grèce, voire de l'Espagne. Donc c'est une mouvance qui a toujours été suivie, comme l'ultra-droite. Il ne faut pas négliger que nous avons eu ces dix dernières années beaucoup plus de dossiers terroristes d'ultra-droite que d'ultra-gauche. Mais on en a aussi à l'ultra-gauche. Donc il faut être extrêmement vigilant.
Laurent Nunez trappe l'effroi. Un homme abattu, visé parce que noir. Cinq blessés graves, dont une petite fille de 12 ans. visée par un acte raciste à l'évidence. La garde à vue a été levée en raison d'état psychiatrique du suspect et l'avocat de la famille, Maître Bouseroux, s'interroge sur cette décision. Il dit que cette décision, intervenant à la suite d'un examen psychiatrique demandée par le parquet national antiterroriste, ne manque pas de nous étonner, voilà ce qu'il dit dans un communiqué, car en pratique, c'est lever une garde à vue pour motif... psychiatrique, c'est extrêmement rare. Il laisse entendre, au fond, que peut-être ce serait pour minimiser cet acte
'abord, ce n'est pas rare. Ça arrive assez souvent, y compris sur des actes de terrorisme islamiste. D'ailleurs, souvent, à l'extrême droite, à l'extrême droite, à l'échiquier politique, on nous dit que c'est pour minimiser cet acte. Non, d'abord, ce qui s'est passé à Trappes, c'est très grave. C'est un attentat terroriste raciste. L'auteur a agi pour tuer des personnes qui, à ses yeux, n'avaient pas s'intégrer au sein de la société française parce qu'elles étaient d'origine, simplement d'origine étrangère. C'est très grave ce qui s'est passé pour le vivre ensemble et pour la cohésion de notre pays. C'est très grave et moi je le condamne fermement. Et j'ai évidemment une pensée pour la victime décédée et pour les victimes blessées qui... C'est en train de
devenir, c'est-à-dire qu'il y a
le
drame. Absolue. Et très vite, il y a eu la polémique.
Je termine. Le fait que l'individu aille en soins psy, que peut-être qu'il souffre de troubles psy, ça ne change rien à la gravité de l'acte, au fait que ce soit un attentat. terroriste, raciste. Ça ne change rien, on ne cherche pas à minimiser. C'est normal, ça fait partie des procédures. Si, quand il est examiné par les enquêteurs, on constate qu'il n'est pas dans son état normal. Il souffrirait de schizophrénie et il a été testé positif au cannabis et à la cocaïne. Ça n'enlèvera pas le qualificatif d'attentat terroriste, que les choses soient claires, ça ne l'enlèvera pas. Ça reste un individu qui est ému par la haine, le racisme, et il a tué pour ça. C'est du terrorisme.
Lorsque vous entendez cet avocat qui dit également... que l'État aurait sans doute failli. Je le cite. La famille, notamment de Penga Bossio Wangui, qui est donc décédée. La famille demande que soient déterminées avec précision les conditions dans lesquelles cet individu n'a fait l'objet d'aucun signalement préventif, alors même que son armement et son profil auraient dû attirer l'attention des services compétents. Voilà ce que dit l'avocat. Elle demande la communication de l'ensemble des éléments relatifs à son suivi ou à l'absence de son suivi, et se réserve le droit de rechercher toute responsabilité. administrative ? Est-ce que l'État a failli
Non, attendez, je comprends les interrogations légitimes de la famille, de l'avocat, je le comprends. Chaque fois qu'il y a un attentat terroriste, c'est évidemment la première question qu'on se pose. Est-ce que l'individu était connu ? Est-ce qu'il était suivi ? Enfin, connu pour radicalisation, pas connu pour des faits de droit commun. Ces questions sont légitimes. Au cas d'espèce, il semblerait, je suis très prudent, que cet individu soit passé à l'axe sans qu'il y ait eu de signe annonciateur qu'il appartenait. Un attentat comme ça, on ne va pas se classer ultra-droite. On est sur l'ultra-droite. C'est clair, net, précis. Donc il n'y avait pas de signe avant-coureur à ma connaissance. Il n'était pas connu des services. Ce qui arrive malheureusement dans beaucoup d'attentats terroristes, les derniers attentats terroristes récents, c'est souvent ça. Pourquoi ? Parce que les services font un travail remarquable, quelle que soit la thématique de la radicalisation, islamistes radicales, ultra-droite, ultra-gauche font un travail remarquable et connaissent beaucoup d'objectifs. Mais il y en a qui passent à l'acte subitement, soudainement. Est-ce que c'est ce qui s'est passé au cas d'Espèce ? En tout cas... Toute la réponse sera portée par la justice aux questions que se pose la famille. Et moi, comme ministre de l'Intérieur, comme patron des services de renseignement, également qu'on fera toute la lumière sur cette affaire pour savoir s'il y avait des signes avant-coureurs ou pas. À ma connaissance, ça n'est pas le cas. Encore une fois, ça n'enlève rien à la gravité de cet acte.
Est-ce qu'il y a sur le territoire un certain nombre, un grand nombre ? À combien est-ce que vous estimez des profils de ce type, aujourd'hui dormant en quelque sorte dans la société
? Ce type de profils sont ceux qui nous inquiètent le plus. Je ne parlais que de la mouvance ultra-droite, je mets de côté les autres sujets. La mouvance ultra-droite, elle est aussi connue, les identitaires, les nationalistes, les néo-nazis, ce qu'on a vu d'ailleurs défiler en groupe de combat, samedi dans les rues des villes dont j'ai parlé. Ce qui nous inquiète le plus, c'est plutôt ce genre de profil, des individus un peu isolés, qui sont nourris d
'idéologies
racistes, qui s'abreuvent des discours ambiants, et qui soudainement... passe à l'action. C'est ça qui nous inquiète le plus. Et c'est évidemment ce qui est le plus difficile à détecter, bien évidemment. Est-ce que les réseaux sociaux sont mis à
contribution à la fois pour déceler, mais d'ailleurs peut-être, on s'est posé la question samedi en regardant les algorithmes, est-ce qu'ils sont réfrénés en quelque sorte ? Est-ce qu'aujourd'hui vous estimez que les réseaux sociaux doivent être des partenaires ou est-ce qu'ils jouent le jeu ou non
Alors d'abord, effectivement, c'est ces individus qui souvent sont isolés. On ne verra aucun espèce, mais qui se sabreuvent effectivement de réseaux sociaux. Effectivement, beaucoup de la radicalisation peut passer par les réseaux sociaux. Et évidemment, les plateformes ont des obligations de signalement quand il y a des contenus qui sont illégaux, notamment sur la thématique du terrorisme.
Laurent Nunez, il y a une semaine, vous présentiez votre démission à la suite de la journée et du fiasco du 17 octobre. Est-ce qu'aujourd'hui, vous vous dites, je suis au bon endroit et j'ai les moyens ? de remettre l'ordre dans ce pays
? Oui, bien sûr. Sinon, oui, bien sûr. Moi, j'ai accepté d'être ministre de l'Intérieur pour servir à mon pays, d'abord. Moi, je ne me projette pas, je n'ai pas de projet personnel. Je resterai aussi longtemps qu'on me fera confiance et le président de la République et le Premier ministre à mon poste. J'ai une expérience que je mets à la disposition de mon pays. Moi, je suis là pour servir mon pays. Et rien d'autre. Je n'ai aucun projet politique personnel. Je ne me projette pas au-delà de l'intérêt général. Et l'intérêt général, c'est la stabilité de notre pays. Est-ce
que l'on va pouvoir tenir six mois jusqu'à l'élection présidentielle ? On
tiendra six mois jusqu'à l'élection présidentielle. On tiendra. Vous n'avez aucun doute. Bien sûr, on tiendra. Après, évidemment, il y a des... Vous voyez ce qui s'est passé à Trappes. Vous voyez ce qui se passe, ce qui est encore une fois très grave et qui dit beaucoup de choses. Est-ce que notre société...
Ce qui
se passe dans la rue, quand maintenant l'expression, elle se traduit finalement par... On n'imagine pas l'expression et la revendication d'une opinion autrement que par la violence. Quand vous voyez que nous sommes obligés, il faut aussi mettre ça sur la table, quand vous voyez que nous sommes obligés de protéger massivement le Congrès du Rassemblement National parce qu'il y a des gens qui vont manifester contre, au risque d'agréger, je ne critique pas. Tout le monde peut manifester. Orléans, notre mission, c'était de garantir la liberté de réunion politique et la liberté de manifester. Mais condition qu'il n'y ait pas de trop valeur publique. Bon, Orléans, heureusement, elle n'est pas passée à l'action parce qu'elle en a été empêchée par le dispositif policier mis en place. Vous avez partie de la mouvance d'ultra-gauche, d'extrême-gauche radicale, etc. Donc quand vous mettez tout ça bout à bout, oui, ce sera compliqué. Il faut de l'apaisement, il faut du cohésion, il faut du vivre ensemble.
Une société cocotte minute. Certains estiment effectivement qu'il y a la question de la durée, qu'il y a aussi la question de l'agenda et du calendrier électoral. Ce n'est pas votre prérogative, mais celle du président de la République. Mais est-ce qu'en termes de maintien de l'ordre, le fait que le deuxième tour tombe le lendemain d'une journée à très forte mobilisation de manifestations, est-ce que vous estimez que malgré tout, c'est un risque
La date a été donnée après un Conseil des ministres au début juillet, je crois. C'est le décret de convocation des électeurs qui fixera la date. D'ici aux élections élections et même tout simplement à très court terme dans les semaines qui viennent, oui, il y a une situation qui est extrêmement tendue. Et il faut que... Moi, mon travail, c'est de maintenir l'ordre public dans la rue, de le faire. Il y a eu évidemment le gros plantage du 17 octobre, que j'assume totalement. D'ailleurs, c'est pour ça que j'ai présenté ma démission. Je ne me suis jamais planqué dans ma vie, comme fonctionnaire et comme ministre, encore moins. Maintenant, je pense qu'il faut que nous, on apporte des solutions de maintien de l'ordre. Mais il faut aussi que dans notre pays, un certain nombre de groupes politiques, de syndicats, il y a la revendication, elle est légitime. Mais attention aussi au vivre ensemble, à la cohésion et à la mesure qu'il faut avoir dans la façon dont on exprime les demandes. Attention.
Merci Laurent Nunez d'avoir répondu à mes questions ce matin. Ministre de l'Intérieur sur RMC et BFM TV. Sur BFM TV, dans un instant, ce document BFM TV, vous découvrirez des images exclusives du tireur de l'attentat raciste de Trappes dans une station-service. L'homme qui ouvre le feu, vous verrez son arme qui s'enraye, vous le verrez tentant, tentant de faire davantage encore de victimes. Le suspect qui souffre de schizophrénie, on le disait, sa garde-vue a été levée.
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