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va continuer pour avoir un autre point de vue sur la situation. Effectivement, il y a une déclaration d'Emmanuel Macron, les événements attrapent, les manifestations interdites. Trois épisodes de la semaine passée, une même question. Le pouvoir a-t-il perdu ses repères, Axel ? Et nous allons recevoir donc François Coq pour en parler, Axel.
Bonjour François Coq.
Bonjour Axel, bonjour Alexandre, bonjour à tous. Bonjour
François.
nous aviez manqué, ça faisait un petit moment que vous n'étiez pas intervenu sur Toxin, puisque vous avez eu un changement d'emploi du temps. Et donc c'est plus difficile pour vous de faire, enfin pas plus difficile, c'est que vous ne pouvez plus faire votre chronique politique comme habituellement le lundi. Donc nous sommes ravis de vous retrouver. Quand on est prof,
on marche à la cloche.
Et donc nous sommes ravis de vous retrouver. Donc de quoi allez-vous nous parler aujourd'hui s'il vous plaît ?
ce que vient d'évoquer Alexandre rapidement, c'est-à-dire qu'on a quand même tendance à passer M. Macron aujourd'hui par pertes et profits, parce que d'abord on a envie de vite le balayer, il lui reste plus que six mois à l'Elysée, et on a tous envie, je crois, que ce soit vite terminé. Et puis parce qu'on pense aussi tout savoir sur le personnage, sur sa politique, mais aussi sur la manière dont il exerce le pouvoir. Et j'aurais tendance à dire, au regard de ce qui s'est passé la semaine dernière, à tort de faire ça, parce que M. Macron nous donne une nouvelle image de lui-même, à travers la perte de repère qu'il a montrée dans les jours qui viennent de s'écouler. Mais c'est pas tant le personnage de M. Macron et c'est pas tant la perte de repère de M. Macron, qui est nouvelle, que ce que ça induit sur la fonction présidentielle. Je dis bien sur la fonction présidentielle. Car si la fonction présidentielle ne fait plus son office... elle ne sert plus de phare, de vigie ou même de rempart, ou si la fonction présidentielle devient elle-même fauteuse de troubles ou de désordre, voire même anticonstitutionnelle, comme ça a été le cas il y a quelques jours, on entre dans un nouveau rapport et dans une nouvelle dimension, et c'est cela que je voudrais évoquer avec vous. Et comme le disait Alexandre, moi je me propose, si vous le voulez bien, de prendre trois exemples pour discuter de ça. Le premier, qui je crois a été trop peu relevé, c'est lors du discours de l'allocution de M. Macron lundi dernier, si vous vous souvenez bien. Et il a eu cette phrase qui était totalement surréaliste, complètement lunaire. Je l'ai noté, je vais vous la citer. Il a dit, écoutez bien, certains ont défendu eux-mêmes leurs magasins et leurs vitrines face aux délinquants. Je veux leur dire qu'ils ne seront pas laissés seuls face aux difficultés. Vous comprenez bien que, dans une même phrase, M. Macron dit tout et son contraire. C'est lui-même qui vient de reconnaître que les commerçants ont été laissés seuls, ont été totalement abandonnés. Et il vient pourtant dire que l'État est à leur côté et sera à leur côté. Ça montre une vraie perte de repère par rapport à la réalité. Ça montre que l'Élysée... est totalement déconnectée. Ça montre aussi, et ça a été confirmé par le Canard, que M. Macron lui-même, dans la fonction présidentielle, est isolée et que la fonction présidentielle ne repose plus que sur un seul homme et sans même l'équipe qui est censée l'entourer, puisqu'on a appris que M. Macron avait écrit lui-même son discours, le discours de son allocution, ce qui montre d'ailleurs au passage sans doute pourquoi ce discours était si médiocre et qu'il n'a rien dit. Donc l'Elysée... est un bastion assiégé. C'est le premier point, la perte de repère de la fonction présidentielle, pas simplement de M. Macron, par rapport à la réalité. Le deuxième point que je voulais évoquer pour cette perte de repères est beaucoup plus grave. On en a parlé il y a un instant, c'est ce qui s'est passé à Trappes vendredi dernier. Là, M. Macron a montré sa perte de repères républicaine cette fois. Parce qu'il est intervenu non pas simplement deux heures après l'attentat de Trappes, il est intervenu le soir même, c'est-à-dire il est intervenu au moment où sa prise de parole aurait dû être calibrée, aurait dû être préparée. Et qu'a dit M. Macron ? Il a dit, vous l'avez tous noté, j'en suis sûr, c'est la première fois dans notre pays qu'un acte terroriste vise à tuer en raison de la couleur de la peau ou de la religion. Et donc, bien évidemment, on a tous sursauté en se disant, mais... Que dit le président de la République ? Il oublie les précédents de Mohamed Merah qui s'en était pris à des Français de confession juive en 2012, ou il oublie l'hyper-cacher de 2015, ou il oublie le père Hamel qui a été assassiné par un islamiste en 2016, ou il oublie l'attentat de la basilique de Nice en 2022. Malheureusement, la liste est longue. Ça veut dire quoi ça ? Ça veut dire qu'il y a une réécriture de l'histoire par sélection personnelle de la part de Mohamed. monsieur Macron. Ça veut dire que la fonction présidentielle, je reviens à ça, la fonction présidentielle est en perte de repère là où elle devrait être garante de l'unité nationale et au contraire, avec de telles déclarations, elle monte les Français les uns contre les autres puisque ceux qui ne se sont pas sentis reconnus dans ces déclarations sont montés au créneau. Et donc, la fonction présidentielle devient un facteur de division là où elle devrait être. contrairement à ce que dit M. Macron quand il emploie les termes, un facteur d'unité. Troisième et dernier exemple, et je m'arrête là, sur la manière dont la perte de repère de la fonction présidentielle s'exprime, c'est peut-être la principale, celle qui est intervenue jeudi, quand M. Macron est venu nous parler des manifestations. Vous vous rappelez, il est venu nous dire à propos du droit à manifester, là encore je le cite, « La recommandation générale, c'est qu'il n'y ait pas de manifestation dans les jours à venir. » Lorsque des demandes de manifestations seront faites par des gens qui n'ont aucune légitimité pour cela, alors elles seront interdites par les préfets. Vous avez bien entendu, l'interdiction des manifestations reposerait désormais, pour M. Macron, sur la légitimité. Mais enfin, qui décide de cette légitimité ? Si on rentre sur cette piste-là, sur cette voie-là, ça veut dire à partir de là que le pouvoir politique peut décider. par lui-même, d'interdire ou d'annuler les manifestations en fonction de ces désidératas politiques. Bien évidemment, tout cela est illicite, mais c'est aussi anticonstitutionnel. C'est en contradiction avec l'article 11 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, qui a valeur constitutionnelle, puisqu'elle est dans le préambule de notre Constitution. C'est en contradiction avec les articles 8 et 10 de la Convention européenne des droits de l'homme. Pourquoi ? Parce que chez nous, le seul critère pour interdire une manifestation, c'est le risque de troubles à l'ordre public ou à la tranquillité de la vie publique et à la liberté de circulation. Il y a donc une perte de repère constitutionnelle là, et donc il y a une perte de repère par rapport au sens de l'État, non seulement de M. Macron, mais de la fonction présidentielle. Bon, j'en ai fini de mes exemples et je pose juste la question. Face à cela... Qu'est-ce qu'il faut faire ? Qu'est-ce qu'on doit faire ? Est-ce qu'on doit attendre, comme je le disais, 7 mois ? Si on fait ça, je vous dis qu'on est en train de jouer la stratégie du pourrissement de M. Macron. Vous l'avez tous compris, il est à 16% d'opinion favorable, il égringole dans les enquêtes d'opinion. C'est ce qu'a révélé une enquête du JDD, je crois, pas plus tard qu'hier. Est-ce qu'on rentre dans cette stratégie du pourrissement et qu'on ne dit rien parce qu'on dit qu'après on sera débarrassé de Macron dans 7 mois, il faut que ça passe le plus vite possible ? Sauf que je vous invite à réfléchir au fait que ça veut dire que si on laisse faire cette stratégie du pourrissement, ça veut dire que non seulement M. Macron ne va pas apporter une réponse... politique à la crise qui n'est pas qu'une crise sécuritaire, qui est d'abord une crise politique et donc il n'y aura pas de réponse sur Parcoursup ou sur l'avenir des jeunes. Ça veut dire qu'il n'y aura pas de réponse sur la question prégnante du pouvoir d'achat qui a complètement disparu dans l'agenda, vous l'avez vu, depuis deux ou trois semaines avec la demande initiale du 17 octobre qui était sur le pouvoir d'achat et sur le prix de l'essence. Je dis que si on rentre dans la stratégie du pourrissement de M. Macron, ça veut dire qu'on le laisse aussi. passer le budget par sa stratégie des ordonnances qui vise à gagner du temps et donc à mettre ce qu'il souhaite dans le budget pour l'année à venir. Et je remarque aussi que si on ne pose pas réellement cette question en ces termes, c'est que les principaux opposants à M. Macron, je pense à Mme Le Pen ou à M. Mélenchon, ou en tout cas les deux favoris aujourd'hui pour l'élection présidentielle, sont bien contentes de rentrer dans ce calendrier parce qu'ils n'ont aucun intérêt ni l'un ni l'autre à ce qui est une accélération du calendrier électoral puisqu'ils pensent l'un. et l'autre pouvoir faire la différence avec la campagne qu'ils sont en train de mener. Alors, si on ne fait pas ça, qu'est-ce qu'il faut faire ? Il faut demander sa démission, et avoir des élections anticipées. Mais, je vous entends déjà sur cette antenne, je sais qu'il y a eu cette discussion, on ne l'obtiendra pas, vous me direz, ça ne sert à rien de la demander, il ne démissionnera pas. Et, pour être honnête, vous avez sans doute raison. En politique, il faut bien avoir toujours en tête qu'il faut toujours réclamer ce qui est juste. Parce que même si on ne l'obtient pas, ça pose les conditions pour la suite, ça pose les conditions du nouveau rapport de force, et là ça va poser les conditions du rapport de force de l'élection présidentielle à venir et du quinquennat à venir. Quel est l'enjeu aujourd'hui ? C'est le rapport de force entre la légitimité institutionnelle d'un côté... celle dont se prévalore M. Macron, et de l'autre côté la volonté populaire. Et il ne vous a pas échappé que nous sommes dans cette tension depuis le début du premier quinquennat de M. Macron. Qu'est-ce que c'est que le mouvement des Gilets jaunes de 2018 ? Sinon la contradiction entre la légitimité institutionnelle de quelqu'un qui a été élu un an avant et la volonté populaire qui devrait être permanente et inaliénable et qui s'est exprimée à travers les Gilets jaunes et le mouvement populaire qui les a poussés. Voilà, moi je pense qu'il faut demander ce qui est... ce qui est juste, c'est aussi cela, faire évoluer le rapport de force, c'est aussi cela, s'appuyer sur la souveraineté populaire pour rentrer dans un nouveau quinquennat dans lequel elle aura une place plus importante. La perte de repère de M. Macron, mais à travers lui, de la fonction présidentielle, est un élément fort de la situation qu'on ne peut pas simplement balayer d'un revers de la main. Pourquoi ? Parce que si on veut que 2027 ne serve pas à rien... rien, comme ça semble malheureusement être le cas, eh bien, il faut bien qu'on fasse valoir le retour du peuple d'une manière ou d'une autre.
Merci beaucoup. Moi, c'était très clair, très efficace et très complémentaire, avec une vision, une fois de plus, pertinente. Merci beaucoup, François. Et au plaisir de te revoir très vite sur l'antenne, parce qu'effectivement, tes analyses sont toujours pertinentes. Et on profite des vacances, du coup, parce que là, moins de cloche, a priori, à l'école.
C'est ça. Merci, Alexandre.
Merci beaucoup. Bonne journée à toi. Au revoir, François.
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