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Alors effectivement, ce week-end, on a pu suivre sur Toxin+, avec Bastien qui était déjà aux manettes et Thibaut qui était aux commandes sur le plateau, ce qui s'est passé en direct. Et donc pour résumer, 410 000 manifestants selon le ministère de l'Intérieur, 800 000 selon la CGT. Mais derrière la bataille des chiffres se passe la bataille du contrôle de l'image. En effet, avant le 21 octobre, le Matignon a demandé aux réseaux sociaux de renverser leur vigilance contre les appels à la violence. Des comptes ont été suspendus. Et même selon Blast, Sébastien Lecornu a aussi demandé aux opérateurs de préparer une coupure temporaire de plusieurs plateformes. Effectivement, nous avions une réunion de plusieurs plateformes qui étaient au ministère de l'Intérieur, enfin au ministère, pardon, à Matignon. Il y avait Meta, Snap, TikTok, Reddit, Discord et Google. Mais il n'avait pas un... invité X. Donc du coup, ils avaient essayé de contourner, parce que X est des fois un peu plus récalcitrant, en passant par les opérateurs. Les opérateurs avaient demandé du coup à avoir un arrêté ministériel pour se couvrir, qui n'a pas été donné. Mais n'empêche que derrière, les plateformes, elles, ont joué le jeu du gouvernement en essayant d'invisibiliser les choses. Heureusement, nous étions sur le terrain, nous allons avoir différents points de vue et nous allons commencer directement par écouter déjà ce que disait M. Nunez à la sortie du 24 octobre en disant, écoutez, pour lui, ça s'est plutôt bien passé. On l'écoute. Comme nous l
'avions anticipé. D'abord, les cortèges se sont bien passés. Les cortèges se sont déroulés, encadrés par les forces de sécurité intérieure. Les cortèges se sont bien déroulés, mais comme nous l'avions anticipé, nous avons eu plusieurs constitutions de groupes à risque, de personnes qui se sont grimées, la plupart vêtues de noirs. militants de l'extrême-gauche radicale, de l'ultra-gauche et qui ont parfois fédéré autour d'eux des éléments ultra-radicaux. Comme nous l'avions anticipé, à peu près dans chaque cortège, on a eu la constitution de ces groupes à risque qui sont intervenus aujourd'hui selon un schéma assez classique finalement, c'est-à-dire pendant le cortège, ils se sont détachés et ont cherché à commettre des exactions. principalement aujourd'hui l'attaque des forces de sécurité intérieure en réalité, puisqu'ils ont été empêchés de déambuler de manière sauvage ou de se diriger vers les centres-villes.
Effectivement, et d'ailleurs les forces de l'ordre ont été utilisées pour contrôler ce que les gens amenaient en manifestation. Par exemple, nous avions Didier qui nous a montré un drapeau français qui n'avait pas le droit d'aller manifester. Ça commence un peu à se tendre parce qu'il y a
de plus en plus de monde. vous voyez, hop, c'est l'emménagement.
Pourquoi ils lui prennent le drapeau français ? C'est interdit ? -ce que vous pouvez écouter ce qu'il lui dit sur le drapeau français ? Parce que c'est hallucinant.
Non, parce que comme toute manifestation est interdite... Ah oui, donc c
'est un symbole que je manifeste si j'ai un
drapeau.
Ok, j'ai compris. Et effectivement, il y a aussi, donc je précise sur la vidéo qu'on vient de voir, donc il y a les petits CRS qu'on leur casque jaune avec bande, et en bleu le commissaire qui dirige le dispositif, donc n'est pas un commissaire de CRS, ce qui est plutôt un commissaire a priori de Toulouse, qui vient diriger le dispositif. Et on a aussi également Léna, qui était à Marseille et qui nous a partagé ses images sur Toxin, et qui disait que là-bas on enlevait les portcarts aussi, qui n'étaient pas du goût du pouvoir. On l'écoute.
Les forces de l'ordre contrôlaient les gens, même des gens. qui étaient installés dans des cafés, etc., trouillaient les sacs pour voir s'ils n'avaient pas trouvé du sérum Phi. Ils prenaient les masques. Apparemment, ils prenaient aussi les gilets jaunes. Ah oui, ils ont saisi les gilets jaunes
?
ont saisi certains Gilets jaunes. Je ne savais pas que c'était interdit les
Gilets jaunes. Je croyais que c'était une obligation dans les voitures.
Moi non plus, j'ai trouvé ça assez incroyable. Là, évidemment, ils n'ont pas pu contrôler tout le monde. Ils contrôlaient aussi les pancartes. Donc ils choisissaient quelle pancarte était légitime d'aller aux manifestations et quelle pancarte il fallait garder. Et ils contrôlaient aussi les gens qui sortaient du métro.
Et donc pour revenir sur ce 24 octobre, j'ai le plaisir de recevoir Didier Maïsto. Bonjour Didier. Bonjour Alexandre, bonjour à tous. Merci d'avoir été sur le terrain à Nice ce week-end. Bonjour Maxime Nicole, ancien gilet jaune et porte-parole, enfin pas porte-parole, non, figure des gilets jaunes et qui était également sur le terrain. Mais avec, tu nous raconteras comment et bonjour Maxime.
tout le monde.
Merci et nous recevons également Jérôme Gigou, merci d'être en studio, secrétaire général du syndicat VIGI et également qui a fait des communiqués précemment notamment sur les gaz lacrymogènes qui va pouvoir nous décrypter aussi le point de vue policier de cette actualité. Bonjour Jérôme, merci d'être là. Donc on va commencer par Didier qui était au cœur des manifs et du coup est-ce que tu peux nous décrire ce que tu as vu par rapport aux annonces de Laurent Nunez au soir du 24 octobre
'abord, je vais être mesuré, mais je vais dire comme d'habitude les choses comme elles sont. Monsieur Nounietz, le ministre de l'Intérieur, ment et manipule les choses. Premièrement, il dit les cortèges, on a bien organisé, on avait anticipé, etc. Tout a été fait pour que ça se passe mal. Parce qu'au dernier moment, alors que les gens avaient négocié dans les préfectures, parce que les Français sont des citoyens modèles, bien élevés, gentils, pondérés, légalistes, ils vont en préfecture déposer des parcours, ils sont étudiés avec les services de la préfecture, et au dernier moment, les parcours changent. pousse les gens à l'extérieur des villes dans des parcours dangereux. Le pire endroit, d'ailleurs à Paris par exemple, pour sécuriser une manifestation, c'est fait pour qu'il y ait du trouble, du chaos, qu'on ne connaisse pas le bon parcours, qu'on n'ait pas la bonne information, qui est fluctuante, changeante. Ça déjà, ce n'est pas un élément de sécurisation, ce n'est pas un élément de calme dans une république apaisée. C'est le premier point dans l'extrait que tu viens de passer. Le second point, il met beaucoup l'accent sur le fait que les policiers, partout où c'était permis, encadrer les manifestations de manière calme, presque. C'était tous ensemble, tous ensemble, ouais, ouais, de concert dans cette république magnifique, etc. Ce n'était pas du tout le cas. Moi, j'ai filmé à Nice, c'était calme, je me suis pris du canon à eau. On est traité comme de la merde. Alors Didier, si
tu veux, on a l'extrait du canon à eau qu'on va pouvoir passer parce que c'était quand tu étais sur place. Autant passer les images que tu nous as faites. Donc est-ce qu'on est bon pour la vidéo du canon à eau du Didier ? là, je recherche parce qu'effectivement, Didier nous prend de court en ne mettant pas dans le bon ordre les vidéos. Et c'était la vidéo 14, Bastien. Voilà, on regarde.
Dernière sommation. Donc après, on va être arrosé et chargé. Il y a beaucoup de gens qui sont arrivés, beaucoup de gens calmes, pacifiques, mais les gens n'entendent pas partir d'ici. Parce que beaucoup me disent que par principe, quand on interdit une manifestation, ils n'ont jamais vu ça. Donc ils veulent rester et ils veulent faire entendre les revendications des lycéens, des agriculteurs, de tout le monde en fait. Donc voilà, ils ne veulent pas... agrémenter, nourrir le narratif des carbons. On va se prendre de l'eau, là, voilà. On se prend de l'eau.
Faites attention quand même à vous, Didier. Ça sert à rien de
se blesser. Voilà, c'était pour illustrer, reporter de Terra qui va se mouiller pour toxin.
Oui, non mais au-delà de ça, c'est vrai que c'est extrêmement pénible parce qu'on respire, moi, depuis le 17 octobre, j'ai toujours des glaires au fond de la gorge, j'ai du mal à respirer parce qu'on respire des tonnes de gaz lacrymogène, vous allez y revenir, sans doute dans l'émission, c'est vraiment insupportable. Donc voilà, tout est fait pour que ce soit chaotique, qu'on n'ait pas la bonne information. Le troisième point, c'est que M. Nounietz assiste fortement sur la présence des gens d'extrême-gauche, l'ultra-gauche qui viennent semer le trouble, des gens grimés en noir. Et là, il a parfaitement raison. Sauf qu'il est hémiplégique, M. Nounietz. Il y a ces gens-là qui, comme par magie, à 16h30, qu'on sonne le toxin. Tout se passe bien, et puis hop, il y a des hordes de gens d'ultra-gauche, ce n'est même pas l'extrême-gauche, puis parfois des pillards, là ce n'était pas le cas parce que le dispositif était tel qu'ils n'ont pas pu se déployer. Et puis à 16h45, viennent des défenseurs de commerçants avec des brassards, « Oh, on vient soutenir les gentils commerçants », en fait, ce sont des ministres aussi d'extrême-droite. Ça, il a dit, il faut que chaque fois qu'on le constate, les préfets doivent saisir la justice, doivent parler aux procureurs. De qui se moque-t-on ? Les préfets de la République macroniste, qui n'est pas une République, vont porter plainte et saisir les procureurs de la République qui sont complètement afféodés à M. Macron. C'est une farce tout ça. Donc, vous voyez, vérité au-delà des Pyrénées, erreur en deçà, je crois que le pouvoir joue. avec différentes factions. Les manifestants ne peuvent plus faire entendre leur voix parce que ce qui compte, c'est qu'on ne parle que des heurts, que de tout ce qui se passe mal, de tout ce qui explose. Finalement, comme je le disais samedi, on parle de choses dont on ne devrait pas parler. Je veux dire, quand on est reporter de terrain, quand on fait de l'analyse politique ou sociale, on n'a pas à parler du maintien de l'ordre. On le dit en début de manif, on dit à tant de policiers. tant de gendarmes, tant de matériel, on fait toutes nos émissions sur le maintien de l'ordre. On est dans le métalangage, on ne parle plus du fond des choses, on parle de l'impossibilité qu'elle se déroule dans la sérénité. C'est aussi ça la Macronie. C'est une œuvre de diversion et c'est une œuvre qui tire par le bas tous les mouvements en créant et en instillant le chaos. Et ça marche assez bien, je dois le dire.
Merci Didier. On va revenir en plus sur les mouvements ultra-droite, ultra-gauche un peu plus tard dans l'émission. Et là, je voudrais avoir aussi le point de vue de Maxime Nicol qui est allé en manifestation, mais cette fois-ci qui, a priori, n'est pas venu à découvert comme d'habitude. Et il va nous expliquer pourquoi, Maxime. Donc toi, normalement, tu étais dans la région autour de Lyon, c'est ça
'est ça. Bonjour tout le monde. C'est un peu particulier d'être commentateur. Ça fait huit ans pour ceux qui me suivent que je milite et ça fait quelques années que je suis régulièrement sur des médias. Merci beaucoup Alexandre, on avait eu l'occasion à l'époque des Gilets jaunes de discuter.
Tout à fait,
c'était un plaisir et
merci d'avoir accepté pour ce matin de revenir encore témoigner, expliquer ce que tu as fait ce week-end.
Oui, parce qu'à l'époque, comme aujourd'hui, la même méthode est employée, c'est la police en bouclier du gouvernement face à des citoyens, donc finalement des citoyens contre des citoyens. Et à l'époque, on avait discuté, puisque tu étais à Vigipolis et que tu étais policier, donc le dialogue citoyen était ouvert, là où l'État voulait essayer de le rendre impossible. Pourquoi j'essaye de manifester différemment ? Parce que je veux essayer de comprendre ce qui se passe quand on est cagoulé, quand on est tout habillé de noir et qu'est-ce qui se passe. Puisque comme le disait Didier, et il l'a dit d'ailleurs plein de fois par rapport aux manifestations, je l'ai aussi vu plusieurs fois. Tout se passe bien dans une manifestation. Et puis d'un seul coup, il y a des gens qui arrivent, tout de noir vêtu, et qui passent des barrages de police qu'on n'arrive pas à passer avec du sérum physiologique, mais qu'on arrive à passer avec des cagoules et des masques. Donc je voulais essayer de voir. Et effectivement... De la même manière qu'on a pu le voir ce week-end avec l'extrême droite qui a pu passer devant les barrages de police, se tabasser avec des gens d'extrême gauche et puis repartir face aux policiers. Des vidéos, on en a un paquet. Si vous portez une cagoule et que vous êtes tous deux noirs vêtus à la fin d'une manifestation... C'est un passe d'immunité. Vous pouvez passer les barrages de police sans problème et les passer dans l'autre sens sans problème aussi. Parce que toi,
habituellement, quand un visage découvert, tu es évidemment reconnu. Donc, comment ça s'organise ? Et là, tu es venu habillé en noir. Comment c'est ça organisé pour qu'on voit la différence de traitement qu'il y a eu
c'est un peu particulier parce que moi, comme je suis reconnu par les policiers très rapidement, au même titre que toutes les personnes qui ont été médiatisées, que ce soit Jérôme, Priscuit, etc., est annoncé à la radio. Et donc, en général, quand on est annoncé à la radio, il y a deux solutions. Soit l'ordre est donné de nous interpeller, de nous placer en garde à vue pour nous éloigner de la manifestation, ce qui a été le cas pendant le mouvement des Gilets jaunes. On était très rapidement placés en garde à vue et éloignés des manifestations. Soit, comme c'est le cas depuis le 17 octobre, je peux rester statique sur une place. Quand ça charge, ça passe autour de moi. Il ne se passe absolument rien. Donc, est-ce que l'ordre est donné de surtout pas nous atteindre pour éviter que ça ait un impact dans les manifestations ? Je ne sais pas. En tout cas, je n'ai absolument pas été chargé ou frappé ou visé particulièrement le 17 octobre, ce qui est un petit peu différent, ce qui a été un petit peu différent samedi. Je voudrais aussi dire deux, trois choses sur la... la méthode de fonctionnement du traitement des manifestations du gouvernement. Si on imagine que le gouvernement est irresponsable et ne sait absolument pas ce qui se passe, je pense qu'on se trompe. Le gouvernement a mis en place depuis les Gilets jaunes... un financement exceptionnel de toutes les forces de police et les services de renseignement y compris, avec une restructuration quasiment complète qui aujourd'hui fait que tout est surveillé par les services de renseignement. Ils savent qui vient, quand, par quels moyens. Ils sont capables de savoir le nombre de black blocs ou d'extrême-gauche ou de personnes d'extrême-gauche qui seraient susceptibles de venir à des manifestations, à quel endroit, avec quelle volonté. Donc qu'on me fasse croire que le 17 octobre, le gouvernement n'a pas su interpréter les signes et n'a pas mis en place les dispositifs nécessaires pour éviter les saccages et les pillages, j'y crois absolument pas. Deuxième raison pour laquelle j'y crois absolument pas, j'ai pu filmer, j'ai diffusé cette vidéo, donc c'est moi qui l'ai faite, je me suis rendu devant l'Elysée le 17 octobre sans passer aucun barrage de police. D'accord, donc quand
il se disait, il y a des gens qui approchent de l'Elysée, il faut les repousser, toi tu as pu passer tranquillement ?
pu passer absolument tranquillement et j'ai filmé la rue où il y avait zéro dispositif de police, il y avait trois policiers devant l'Elysée, c'est tout. Et j'ai dû en croiser à peine une dizaine en circulant dans les rues. Donc vu le nombre de personnes qu'il y avait, si les gens avaient vraiment voulu aller à l'Elysée, ils auraient pu. Mais les dispositifs de police qui ont été déployés ont été déployés derrière Concorde, face à des lycéens, quand de l'autre côté où il y avait les boutiques de luxe, il y avait des saccages, et ça a duré pendant plusieurs heures sans intervention des forces de police. Je tiens à noter aussi que le maire de Marseille a menacé Laurent Nunez de diffuser des vidéos de surveillance de la ville qui montraient que certains CRS sont restés dans leur véhicule en laissant les saccages et les pillages se faire. là où Nunez a répondu qu'il allait venir sur Marseille immédiatement, ce qu'il a fait d'ailleurs. Des vidéos où on voit... Je prends un autre exemple. Il y a la préfecture de... Là, je n'ai plus la ville en tête, mais il y a une préfecture qui a confirmé que, lors d'une vidéo, un maire interpelle un individu masqué qui lance des cailloux sur la police. Et il se trouve que, effectivement, la personne qui lançait des cailloux était bien policier.
Oui, c'était le roi répété, monsieur Anthony Smith, et c'était à Reims, effectivement.
Voilà. Donc, on voit qu'il y a une volonté du gouvernement que les choses dérapent. Et à mon sens, il y a deux raisons. La première, comme le disait votre intervenant tout à l'heure, Macron va tout faire pour essayer de maintenir les élections présidentielles dans six mois. C'est, je pense, son lettre-motiv absolu. Et il ne veut absolument pas écouter ce que les gens ont à dire. Je rappelle que Didier, moi et plusieurs intervenants qui avons eu la possibilité d'aller sur des médias mainstream, on a clairement affiché le fait que les gens... Peu importe, leur secteur d'activité voulait plus de représentativité populaire dans les institutions et mettre des contre-pouvoirs en place pour contrôler ce que font nos élus. Je vous rappelle quand même que sans contrôle, aucun Macron vient de commander pour 2,3 millions d'euros de réfection de son bureau présidentiel. Dans le même temps, des gens meurent dans ce pays et des élèves de moins de 18 ans se font matraquer, voire mutiler, puisque je rappelle quand même que dans notre pays, actuellement, des enfants se font mutiler pendant les manifestations. sous ordre bien sûr, mais se font quand même mutiler. Donc tout ça, c'est un climat qui est très compliqué. On voit des citoyens se taper les uns sur les autres. Didier le rappelait tout de suite, en fin de cortège à Lens, mais aussi à Rennes, aussi à Lyon, l'ultra droite a fini par se battre avec l'ultra gauche à coups de barre de fer, marteau, même pour certains qui portaient des armes blanches, parce que j'ai vu des couteaux, etc. Et on a Laurent Nunez qui dit Merci aux forces de l'ordre, tout s'est bien passé. Je ne sais pas si on peut appeler ça un climat apaisé, mais je pense que si dans des manifestations des citoyens viennent à se battre à coups de barres de fer et d'armes blanches, je ne suis pas certain que ce soit un climat qu'on puisse appeler sain. Et je ne pense pas que Laurent Nunez a fait son travail en laissant ça arriver, même Emmanuel Macron d'ailleurs, en laissant ça arriver dans les rues de France.
Évidemment, est-ce que M. Nunez conclut son discours en disant que finalement, les gens n'ont pas pillé ce week-end, ils ont juste attaqué les forces de police. Est-ce qu'on peut s'en féliciter ? Je ne suis pas sûr. C'est pour ça qu'on va aller voir avec Jérôme Gigou un point de vue de police. Mais avant, je voudrais voir quelques différents points de vue de vidéos de manifestations que comme ça, tu pourras commenter. Alors d'abord, on va partir sur place de Vincennes à Paris, où justement, les manifestants ont été dispersés avec des coups. Donc là, on voit que ça avance plus vite. Bon, a priori, les gens ne sont pas dangereux à ce moment-là. Donc, des petits coups pour avancer. Donc, je rappelle que les bandes bleues, ce n'est pas des CRS. C'est des compagnies d'intervention ou des personnes de commissariat. Des fois, carrément, en fonction d'eux. Donc là, c'était l'endroit de la dispersion de la manifestation parisienne. Mais il y a aussi également ce qui s'est passé à Lille. Là, c'est à l'inverse. C'est un CRS qui s'est pris un jet pavé dans la tête. On regarde. Et donc là, il est au sol, effectivement. Donc de l'autre côté aussi, il n'y a pas que des gens forcément tendres. Et là, c'est ce qu'on dit quand M. Nunes se félicite qu'il n'y a que les policiers qui ont été attaqués parce qu'effectivement, le dispositif a permis d'éviter les pilleurs qui ne sont pas vus vu le dispositif policier. Mais par contre, les gens qui viennent avec des revendications politiques violentes, ils veulent s'en prendre forcément aux policiers. Donc que ce soit en centre-ville ou pas, les attaques vont avoir lieu. Et enfin, on parlait justement des gaz. Ça s'est passé à Rennes. Même les CRS se sont intoxiqués eux-mêmes avec leurs propres gaz lacrymogènes. Donc là, on les voit. Je précise, on me dit des fois pourquoi les CRS n'ont pas de masque. Parce que des fois, ils ont des masques à gaz, effectivement. Mais s'ils mettent le masque à gaz, ils ne sont pas très bien adaptés. Donc ils ne voient plus rien. Ils sont complètement embués. Donc ils ont le choix soit de pouvoir respirer correctement, soit de voir correctement. Parce que l'équipement n'est pas adapté. Mais on voit bien que ça fait mal à tout le monde. Et justement, je voulais rebondir sur tous ces sujets avec Jérôme Gigou. Donc déjà, sur l'utilisation des forces de police. Parce qu'on a vu deux intervenants qui étaient sur le terrain. savoir un petit peu comment les ordres sont mis sur le terrain, et après enchaînés sur les gaz lacrymogènes, parce que je sais que vous avez pris la parole récemment sur ces sujets.
Alors je pense qu'il faut prendre les choses par le début, c'est-à-dire que lors d'une manifestation, il y a tout un travail qui est fait en amont par les services de renseignement. Donc ces services de renseignement, notamment pour le 17 octobre, on a pu s'apercevoir que c'était vraiment un gros flop, tout le monde l'a dit, c'est remonté même au plus haut niveau de l'État. Mais ce que je sais pour avoir travaillé dans le renseignement pendant plusieurs années, c'est que très régulièrement, la hiérarchie nous demandait de baisser les chiffres, de les mettre à la baisse, uniquement pour éviter d'alerter l'Elysée, le pouvoir en général, pour éviter de faire peur. Donc là, déjà, c'est déjà un dysfonctionnement de ne pas pouvoir dire la vérité. Après... Sur le terrain, effectivement, on a... Alors, je tiens à préciser aussi qu'effectivement, les Black Blocs, l'ultra droite, l'ultra gauche, tout ça, ce sont des gens qui sont connus parce que c'est du travail qui est fait en amont. Donc, obligatoirement, on connaît toutes ces personnes-là et on sait, effectivement, quand elles se déplacent. Donc on peut être surpris du résultat après. Ce qu'on s'aperçoit, c'est que sur le terrain, après dans les manifestations, on se retrouve avec des black blocs, on se retrouve avec de la violence, et je crois que mes collègues ont fait preuve de sang-froid à plusieurs reprises. Concernant, tout à l'heure, vous avez parlé des canons à eau, je trouve que les canons à eau, c'est une alternative non violente, même si effectivement... Ça ne fait pas plaisir de recevoir de l'eau, mais il faut bien pouvoir disperser la population quand c'est une fin de manifestation. On n'empêche pas les gens de manifester, mais à l'issue, il faut que les gens puissent se dire « maintenant, là, c'est terminé ». Parce qu'on sait très bien que les échaufflourés arrivent souvent en fin de manifestation. Donc, on sait très bien que les dernières personnes qui restent en manifestation, c'est souvent des fauteurs de troubles. Donc c'est pour ça qu'on décide de dissoudre à la fin la manifestation d'une manière comme une autre. Il y a d'autres moyens qui existent que le canon à eau. On a par exemple des canons à ultrasons qui ne sont pas utilisés en France, mais qui sont utilisés à l'étranger. Et ça pourra être une autre alternative. Concernant le gaz lacrymogène, effectivement je suis intervenu il y a quelques jours à ce sujet. Parce qu'on s'est aperçu, après plusieurs analyses, que le gaz, quand il allait dans le sang, cela créait du cyanure. Donc, un gaz mortel, un produit mortel, finalement. Et donc, nos collègues sont autant touchés que les manifestants. Alors, bien évidemment, il y a tout le temps des gens qui vont dire, oui, mais quelle autre alternative ? On ne va quand même pas leur tirer dessus. Bien évidemment, on ne va pas tirer sur les manifestants, mais... le gaz reste quand même un problème. Donc, quelles sont les solutions ? Est-ce que, par exemple, ce canon à ultrasons ne serait pas une autre manière de repousser les manifestants ? Alors, qui présente aussi certains dangers, d'après ce que j'ai pu lire, mais il faut arriver à proportionnaliser tout ça.
Et sur le gaz lacrymogène, il y avait aussi une proposition d'un Américain qui avait des gaz, justement, qui avait mis les usines à gaz industriel et qui proposait maintenant des gaz poivre en disant que c'était plus bio et avec moins d'effets nocifs. Est-ce que ça pourrait être intéressant ou pas pour les services de police ou pas
? Alors effectivement, ça peut être très intéressant puisque c'est un produit naturel qui repousserait les manifestants qui souhaiteraient causer des désordres. Donc effectivement, ça pourrait être une alternative.
Et deux autres questions. Il y a une question aussi sur le fait qu'il y a aussi, je ne sais plus qui en a parlé, mais de tirer aussi avec des marqueurs pour pouvoir tirer sur les gens et après les récupérer par la suite. Est-ce que ça pourrait être intéressant ou pas avec des marqueurs de paintball ou de l'encre indélébile ? Alors effectivement,
ça a été un sujet qui est abordé et qui est toujours à l'étude. Et là, je crois qu'on passe à un autre cap, c'est-à-dire que j'ai lu récemment que des études sont faites pour que... sur ces petites billes qui seront envoyées sur les manifestants, enfin, j'utilise le terme manifestant, mais je devrais plutôt dire les casseurs, parce qu'il faut bien différencier le casseur du manifestant. Donc sur les casseurs, dans cette bille, il y aurait de l'ADN qui permettrait de les identifier même plusieurs jours après. Le gros problème, c'est que si on les identifie plusieurs jours après, effectivement, on pourra dire que cette personne était bien présente à l'instant T sur la manifestation, mais on ne pourra pas prouver qu'elle a, par exemple, volé une paire de Nike ou autre chose dans une boutique. Donc c'est ce
qui pose problème. Et des fois, on peut aussi tirer à côté de la personne. On sera sûr de viser la bonne personne ou ça pourrait être une personne qui était à côté de la personne qui commet l'exaction ? Alors normalement, d
'après ce que j'ai pu lire, ces armes... en alternative serait assez précise. Donc effectivement, il faudrait qu'il y ait un mouvement de foule, mais bon, de toute façon, s'il y a un mouvement de foule de black bloc, qu'on touche l'un ou l'autre, de toute façon, il était quand même présent. Donc ça pourra être une alternative dans l'avenir pour identifier les personnes. Et
donc ensuite, on va revenir, du coup, juste une chose qui m'a quand même choqué dans le début de vos propos, quand vous dites que vous minimisez, des fois, les services de renseignement, on leur demande de minimiser pour ne pas paniquer l'Elysée. Mais ce qui veut dire, c'est que derrière, le dispositif de maintien de l'ordre est sous-alimenté, ce qui veut dire. Parce que du coup, j'imagine que le maintien de l'ordre est mis en fonction des notes de renseignement. Donc ça veut dire qu'il y a une partie de la hiérarchie policière qui met en fait sciemment en danger les manifestants parce qu'ils auront un dispositif sous-dimensionné. Et les policiers, du coup, comme on peut voir, est-ce que c'est exact ou ça n'a pas d'impact sur la gestion opérationnelle ? Bien
évidemment, ça a un impact sur la gestion opérationnelle, donc c'est pour ça qu'il faut être le plus précis possible, et que d'entendre dire la hiérarchie, non, il faut baisser les chiffres, souvent mes collègues étaient scandalisés. Donc effectivement, derrière tout le dispositif policier qui est mis en place, si les chiffres sont en dessous, il y aura beaucoup moins de CRS ou de personnes de maintien de l'ordre.
Justement, on va revenir du coup après sur ce qui s'est passé. On va reprendre avec tout le monde, parce que tout le monde en a parlé, mais on va le voir en direct. Effectivement, il y a eu des affrontements entre identitaires d'extrême droite, classés à l'extrême droite, et des gens de l'ultra-gauche. Donc on regarde par exemple, là c'est le journal Blast qui a fait une petite vidéo à Rouen. On regarde. Pardon, la vidéo... donc on a Didier Maisto qui également, lui, a pu interroger quelqu'un qui a été blessé à la tête à Nice. Donc on regarde cette courte interview de cette personne blessée à Nice. Vous avez pris des coups de la police, c'est ça ?
pas de la police. Ah, les identitaires, c'est ça ? Ils sont arrivés, c'est ça, ok, d'accord. C'est eux qui sont venus au milieu de la manif pour en découdre. C'est ce qu'on nous disait tout à l'heure. Et vous, vous avez reçu un coup derrière la tête
? D'accord. Vous avez le crâne ouvert. On va vous soigner. Prenez soin de vous.
Effectivement, après, Didier a pu, en exclusivité, retrouver sur Toxin+, pour ceux qui ont raté le live ce week-end. Et un autre extrait de ce live également, Didier a pu interroger une personne italienne qui était antifasciste et qui venait témoigner de ce qui se passait et pourquoi il était venu en France. On l'écoute.
Et
voilà, il y a un autre qui est pris par 7 personnes rouées de coups. d'où est-ce ?
50 mètres de là. Et aujourd
'hui, ils sont arrivés sols par notre part.
Et il dit que les lacrymogènes ont été jetés en direction des gens qui manifestaient et pas du tout en direction des gens qui s'en étaient pris aux personnes et qui les frappaient.
Et voilà,
ils lui ont vidé son sac.
Alors Didier, justement, est-ce qu'on pourrait avoir plus de détails sur comment ça a été vécu, ces affrontements entre l'ultra droite et l'ultra gauche là-bas ? Comment les policiers ont géré ça ? Et qu'est-ce que tu as pu constater directement qui n'a pas forcément été passé sur les grands JT ?
Alors d'abord, pour rebondir très brièvement, très rapidement sur ce qu'a dit le secrétaire général de Vigie, effectivement, moi je ne suis pas contre les canons à eau, c'est une alternative intéressante, qui est désagréable, mais qui ne blesse pas les gens. Simplement, il faudrait arrêter avec les LBD, les grenades assourdissantes, des encerclements, etc., qui sont des armes d'une catégorie armes de guerre, et donc ils n'ont rien à faire dans un pays comme la France pour les manifestations. Après, je dirais qu'un outil reste un outil. Il y a bien sûr la question des outils, des armes et des moyens, mais la question est aussi celle du discernement et du règlement politique des situations. Parce que la police n'a pas vocation à être la voiture balai de la société. La police, elle ne peut pas régler tous les problèmes. Et à un moment, si vous voulez, le discernement, c'est quand moi je suis devant, j'ai mon brassard presse fluo, orange, je suis en train, les gens en plus me connaissent, de... de commenter, on voit que je ne représente aucun danger, et le type dans son canne à eau m'envoie sur tout mon corps en train de filmer de l'eau. Bon, ce n'est pas très malin, je ferme la parenthèse. Ce que j'ai vu à Nice, effectivement, c'est qu'à un moment, au milieu de l'après-midi, on n'entend pas bien le son parce que j'ai ressorti, j'allais partir, c'est en fin de l'après-midi. en matériel, donc j'ai mis mes oreillettes et je n'ai pas eu le temps de mettre le micro, mais on entend quand même un petit peu, que ces gens d'extrême droite, ces milices, sont arrivés, ils étaient 200 à peu près, et pas 50 comme j'ai pu le dire à droite et à gauche, à peu près entre 150 et 200 je dirais, qui sont venus de Nice-Nord, par les rues adjacentes, ce qu'il y a au bout de la place Masséna, c'est-à-dire l'avenue Jean-Médecin. et qui sont arrivés comme ça en groupe et qui sont passés tranquillement. J'ai eu beaucoup de témoignages, dont celui de ce jeune homme, celui qui a été blessé, puis le Black Bloc italien, l'antifasciste italien. J
'ai dû couper la vidéo, mais des gens demandent dans le chat que faisait un antifasciste italien chez nous. Comme tu as eu l'histoire, je te laisse raconter le total.
Alors ça, c'est une autre question, effectivement. On a pu le voir, j'ai de la famille à Toulon qui m'ont dit la même chose. pour le 17 octobre à Toulon, il y a des gens. Et de toute façon, il y a quand même des choses qui sont coordonnées, soyons clairs. Moi, je ne suis pas là pour dire « Vive les milices d'extrême-gauche ». Ah bah, les milices d'extrême-gauche, je trouve que c'est deux faces d'une même pièce, deux conneries ambulantes. On fait s'affronter les gens et on tue comme ça tous les mouvements sociaux dans l'extrême violence. Ces gens-là sont les meilleurs alliés du pouvoir. On peut se poser la question. On a vu des événements en Italie. dans toute l'Italie du Nord, à Bologne, à Milan, à Turin, certains me disent même à Florence, on l'a vu en Allemagne, on l'a vu aux Pays-Bas, en Belgique, en Albanie. Je veux dire, il y a évidemment, c'est assez complexe, il y a une percussion. entre des mouvements mondialistes ou une aspiration de la jeunesse antifasciste, des mouvements politiques coordonnés au niveau européen. Et puis il y a des problèmes plus locaux, plus régionaux, plus nationaux, comme nous pouvons le vivre en France. Et tout ça se mélange. C'est pour ça que ces manifestations, aujourd'hui, ne sont pas monocouleurs. C'est un agrégat à la fois de différentes attentes. en France, les paysans, les chauffeurs de taxi, les fonctionnaires, les personnels soignants, les lycéens, les étudiants, et vient se greffer là-dessus quelque chose de plus vaste, qu'on peut condamner, qu'on peut aimer. Moi, je ne suis pas là pour faire de la morale, ce n'est pas mon but, ce n'est pas mon objet, mais ça, on peut se poser la question. Toujours est-il, toujours est-il, que contrairement à ce qu'a pu dire, par exemple, j'ai vu qu'il y a des gens comme Chaotique 747, Je n'ai pas trop cherché s'il était un sportif ou un rappeur, je ne sais pas.
C'est un rappeur qu'on reçoit de temps en temps ici, effectivement, qui est très engagé. C'est un rappeur, je me suis posé la
question, je n'ai pas eu le temps de fouiller. Lui, il dit, je vais vous dire, ce que racontent les médias, c'est n'importe quoi. C'est des gens qui étaient pacifiques, c'était une foule bigarrée, gentil, il y avait des renouins, il dit, je reprends son vocabulaire. des Renouins, des Rebeux et des Blancs. Et dans la communion, ils avaient un brassard blanc de paix pour aller aider les commerçants. Et il dit, bon voilà, c'est des gauchistes, c'est LFI qui souffre sur la Bresse, qui mord. Mais non, ce n'est pas du tout ça. D'abord, ce n'était pas LFI en tant que tel, c'était des gens d'ultra-gauche, on peut dire par extension, après qu'évidemment LFI trouve eux. plus son compte, mais c'était clairement des gens qui n'étaient pas venus pour défendre les commerçants, d'abord pour la bonne et simple raison que 90 à 95% des commerces dans le centre-ville de Nice et dans tous les quartiers où la manif était interdite étaient fermés et barricadés avec ces fameuses planches de bois plus le rideau de fer, donc il n'y avait rien à protéger. Ce sont des gens qui sont venus faire le coup de poing, qui viennent en découdre. et qu'on a vu quand même relativement bien passer. Sur le maintien de l'ordre, ce que vous disiez, je vais y répondre très concrètement. J'ai vu quand même quelque chose d'assez hétéroclite, puisqu'on nous avait dit qu'il y avait 450 policiers de force de l'ordre gendarme mobile à Nice, 650 sur l'ensemble du département, 450 à Nice, et 280 policiers municipaux et quelques unités du RAID, etc. Et dans les policiers nationaux, il y avait des gens de la BAC et, comme vous le disiez, des commissaires, des gens venus de Toulouse qui n'étaient pas des CRS ou d'ailleurs… de partout en France. On a raclé les fonds de tiroirs, on a fait venir tout ce qui était dispo. Mais sur le terrain, on nous avait dit, ces gens-là, les policiers municipaux, les gens du REC seront en appui au cas où, etc., ils ne participeront pas aux opérations. Moi, je peux vous dire, et je l'ai documenté, que qui dirigeait les opérations à Nice ? La police municipale. C'était ceux qui étaient en première ligne, parce qu'ils connaissent bien leur ville, etc. C'était eux qui étaient devant, avec des LPD, avec les lanceurs de grenades lacrymogènes. Et derrière, c'était par groupe de trois. Vous aviez généralement deux personnels de la BAC. Ils se tenaient de façon caractéristique par les épaules, derrière le cou, pour avancer comme ça et reculer. pour se protéger, mais c'était la police municipale, moi ça m'a un peu étonné, qui dirigeait l'ensemble des opérations, ou à tout le moins, qui étaient devant. Donc il y avait un peu un mélange comme ça, je me suis dit, tiens, si l'État en est réduit à mélanger un petit peu comme ça, dans un schéma de maintien de l'ordre, et c'est même pas du maintien de l'ordre, puisqu'on est... dans le cadre de manifestations non autorisées. Donc c'est de la prévention périmétrique, c'est de l'interdiction. Je ne suis pas sûr que ce soit tout à fait le rôle de la police municipale. Ça ne s'est pas trop mal passé, mais moi j'ai par exemple des policiers, une policière municipale assez agressive, je dois dire, qui m'a demandé... de manière musclée à plusieurs reprises, de reculer, de ne pas filmer, etc. Bon, je n'ai pas envie d'écouter une policière municipale me donner des ordres, alors que dans l'exercice de mon métier. Donc ça ne s'est pas trop mal passé, mais si ça avait mal tourné, à qui a incombé la responsabilité ? Donc ça, vous voyez, on est dans l'improvisation quand même assez totale, avec des gens que j'ai vus passer, et on les a vus à Nice, mais on les a vus après. Évidemment, quand vous êtes sur le terrain, vous ne pouvez pas voir ce qui se passe, même si on a fait des duplexes, vous n'êtes pas au courant de tout. Mais on l'a vu à Lyon, on l'a vu à Rouen, on l'a vu à Nice, on l'a vu à Montpellier. On a vu un peu partout ces gens venir à un moment T, le moment T, ils débarquent, le moment M, il n'y a personne. Et puis d'un coup, il y a des ministres qui font le coup de poing et qui sont... Pas empêchés par les forces de police. C'est ça que tout le monde a constaté. On a l'impression qu'ils viennent parfois même, j'ose le mot, prêter main forte aux forces de police parce qu'ils ont des slogans plutôt favorables à la police en disant « et au-delà, la rue nous appartient, la France nous appartient, vive la police ». Est-ce qu'on est tout à fait dans un cadre légal, apaisé ? Est-ce que c'est le rôle des ministres de protéger les commerçants ? Comme l'a dit, et je voudrais insister là-dessus, hier soir le ministre de l'Intérieur, il a dit des gens qui voulaient faire le coup de poing, etc., ou qui disaient vouloir... protéger les commerçants, il a dit ça avec une forme de mensuétude dans le propos qui est extrêmement choquante. Je veux dire, moi je suis pour arrêter toutes les ministres, qu'elles soient d'extrême gauche ou d'extrême droite, mais aussi d'extrême droite. Et d'ailleurs, je vois ce qu'est devenu notre pays, où on voit des jeunes gens, excusez-moi, qui feraient mieux de devenir médecins, avocats. commerçants, maçons, etc., plutôt que de passer leur temps dans les rues à faire le coup de poing et rentrer chez papa-maman le soir. C'est ça la perspective qu'on offre à notre jeunesse ? Et donc, l'exécutif joue là-dessus, je le disais, en interdisant les manifestations. Beaucoup de gens ont été présents à Nice et beaucoup d'anciens, même, par principe. La manifestation est interdite, donc nous venons. manifester notre droit à manifester. Ça a été rappelé par le Conseil d'État. par le Conseil d'État, qui a effectivement dit que, finalement, M. Macron comptait pour du beurre, parce que ce qu'il avait dit n'était pas dans le cadre de sa fonction, n'était pas de ses prévrogatives, et que donc ça relevait des préfets qui, au cas par cas, pouvaient interdire telle ou telle manifestation. Vous voyez donc, pour conclure, on confond de manière consciente, sciemment, les objectifs, les buts. Et les moyens, on confond le maintien de l'ordre et le chaos. Tout cela, pourquoi ? Pour ne pas parler du fond des revendications, pour ne pas voir que le pays tout entier, encore une fake news de monsieur, et j'arrête ici, de monsieur Nunez. Il a dit qu'il y avait quand même beaucoup moins de monde. que le 17 octobre. Ce n'est pas vrai. Je veux dire, dans tous les cortèges qui étaient autorisés, évidemment, les cortèges autorisés, il y avait plus de monde que la semaine dernière, y compris à Paris. Il y avait jusqu'à, je ne sais pas, 150 000 personnes. On a vu ces images absolument incroyables de la densité de ce cortège, ce qui était déjà le cas la semaine dernière, boulevard Magenta. Et évidemment qu'il y ait autant de monde alors que les... trois quarts des manifestations sont interdites et que le pays est quadrillé déjà sous couvre-feu, déjà, sans le dire, dans une forme d'état d'urgence ou d'état d'exception. Moi, je dis chapeau quand même aux gens qui, en dépit de la violence, qui doivent subir la violence de l'exécutif, la violence de leur vie. en Macronie depuis 15 ans, parce que j'ai inclus le début calamiteux du parcours de M. Macron, et en dépit de la violence exercée par les forces de l'ordre, parce que les gens ont quand même un petit peu peur d'aller manifester, et en dépit de la violence des Black Blocs contre les dits Black Blocs, ou des antifas, ou des hommes noirs, contre les identitaires, appelons-les comme ça, moi je me pose quand même beaucoup de questions, je voudrais savoir... qui organise les gens. Il y en a sans doute qui le font de manière spontanée. Moi, je ne crois pas beaucoup au hasard et à la coïncidence. Ça fait 35 ans que je fais ce métier et plusieurs années que je couvre les mouvements sociaux. Je ne crois pas aux coïncidences, comme l'a dit Maxine Nicole aujourd'hui. de surveillance, on sait exactement qui vient, où vous êtes, tout est borné, on connaît le numéro de votre bagnole, on vous suit sur les réseaux, il y a des comptes qui savent exactement en temps réel ce que vous faites, et on ne voit pas arriver, comme à Marseille, 30 000 personnes, à Paris, 30 000 personnes, ou 200 néo-nazis qui viennent faire le coup de poing en nous disant « Oh, c'est des gentils, ils vont défendre les commerçants ». C'est quand même… Vous voyez, l'état du pays ce soir, ce matin, il n'est quand même pas mirobolant. Voilà ce que je peux dire.
Merci, Didier. Justement, Maxime, de ton côté, ça s'est passé comment ? Est-ce qu'il y a eu des facilités pour les gens d'ultra-droite ? Est-ce que la police a dû s'interposer entre tout le monde ? Comment ça s'est organisé sur les manifestations où tu as pu être
'aimerais réagir sur un truc avant. Avec plaisir. Je note une chose, on est dans un discours qui est quand même assez incroyable, j'ai l'impression de voir le camp de droite contre le camp de gauche, ou les gentils américains contre les méchants russes, et là je parle manifestation de police. Donc on a d'un côté le discours policier qui dit qu'il faut plus d'armes, plus de moyens, plus de surveillance, plus d'efficacité dans la dispersion. Donc c'est une surenchère perpétuelle de l'armement, alors que je pense qu'aujourd'hui, niveau armes, entre le gaz qui est une arme de guerre, le LBD qui est une arme de guerre, les blindés centaures qui coûtent une fortune chacun avec de l'argent magique qui coule d'une fontaine dont on ne sait pas l'origine. L'équipement a été, je pense, revu à la hausse ces dernières années et de l'autre côté, on a des manifestations où il y a... de la même manière, de l'extrémisation, si je peux dire. C'est-à-dire que là, maintenant, on a des gens qui arrivent avec des tirs de mortier, des engins incendiaires, etc. C'est quoi le but ? À quel moment on se pose la question, il serait peut-être temps d'essayer d'arrêter tout ça ? la surenchère policière, la surenchère citoyenne, à quel moment il y a quelqu'un qui, sur un plateau de télévision, au sein des instances politiques, qui dit « bon, je pense que ça fait dix ans que des gens manifestent, je pense qu'on peut établir factuellement que les gens qui manifestent aujourd'hui touchent quasiment tous les secteurs socioprofessionnels ». On ne peut pas dire que ce ne sont que des gilets jaunes ou que ce ne sont qu'une certaine partie de la population. On voit des infirmières, des pompiers, des policiers qui manifestent aussi, des professeurs. Tout le monde manifeste parce que tout le monde se retrouve dans des situations, de plus en plus de monde en tout cas, se trouve dans des situations de plus en plus difficiles. La seule réponse qu'on a, c'est plus d'armes, plus de renseignements, plus de violences, plus de... À quel moment ? C'est exactement
ça. C'est complètement ce que je disais en disant que la police ne peut pas être la voiture ballée de la société. C'est tout les problèmes. Et effectivement, en ne parlant, ce que je disais en préambule, que de la sécurité et de cette surenchère permanente, ça permet de ne pas parler du fond. Et ça fait dix ans qu'on parle de la répression, de le sujet. On n'est pas entendu, des armes, etc. C'est
insupportable en fait. Et puis c'est un cercle vicieux. Forcément, les policiers qui sont mis en bouclier vont prendre forcément la colère des gens. Donc pavés, mortiers, peu importe, et de plus en plus graves. Et donc alors après, on donne le droit de tirer, on donne le droit de tuer, on trace à l'ADN, on vient vous chercher dans vos maisons. Rappelez-vous une chose quand même, dans l'histoire du monde, plus vous acceptez de perdre en liberté pour de la sécurité, et plus vous perdez les deux à la fin. C'est ça. Je veux dire policiers y compris, et tout citoyen de ce pays un jour se retrouvera, en jouant ce jeu-là de la surenchère, dans un monde de surcontrôle permanent, où si un pouvoir politique décide que ce qui était légal le lundi devient illégal le mardi, et voire devient une atteinte à la sécurité de l'État le mercredi, vous finirez en prison sans n'avoir absolument plus aucune possibilité de leur dire stop. Donc moi j'aimerais bien quand même qu'il y ait quelqu'un, au sein des instances politiques, d'ailleurs on le voit aujourd'hui l'opposition, il n'y en a pas un qui se lève et qui bloque l'Assemblée nationale en disant, là c'est bon, destitution, puis on remet le pays à plat, on calme les choses, on apaise le feu, non, on laisse des gens souffler sur les braises, d'un côté les policiers qui prennent sur la tronche tous les jours disent, bah nous... forcément, la réaction humaine, on veut pouvoir se protéger, et de l'autre côté, des gens qui prennent sur la tronche tous les jours, on peut le comprendre aussi légitimement, qui n'ont aucune écoute politique, se disent « on ira jusqu'au bout ». Je veux dire, le discours dans les manifestations s'extrémise, surtout quand on voit ce qui se passe à l'étranger, où il y a des résultats plus ou moins probants, quand il y a de la violence. Quand on entend un manifestant dire « la seule manière qu'on se fasse écouter par le gouvernement, c'est la violence », c'est que le gouvernement est fautif. Effectivement, c
'est intéressant ce que tu dis.
Très brièvement, Didier. Très brièvement, vas-y.
Oui, très brièvement. La classe politique n'a pas su se réunir pour destituer M. Macron. L'article 68 qui dit que le président, j'en fais lecture, de la République, ne peut être destitué qu'en cas de manquement à ses devoirs, manifestement incompatibles. avec l'exercice de son mandat. C'est une chose très simple, si on ne destitue pas M. Macron, on ne destitue plus personne, car ce monsieur a manifestement pas les épaules, pas la cervelle et pas l'humanité nécessaire. Il ne fait pas honneur à la fonction, je vais le dire. en termes châtiés, mais c'est que la classe politique, et on comprend pourquoi, vu le financement, vu la structure du financement des partis, etc., du financement public de tout ça, et le fait que nous sommes dans une fausse démocratie majoritaire, avec un scrutin uninominal à deux tours, qui scande et qui rythme ensuite. toute la vie politique française, ils n'ont pas intérêt à le faire. Donc tout le monde s'agite dans un théâtre d'ombre, sans prendre les bonnes décisions. Mais manifestement incompatible avec l'exercice de son mandat, si on ne destitue pas Macron, on ne destitue plus personne après ça. Voilà, c'est tout. Je pense que tout
le monde le
comprend.
Je suis tout à fait d'accord et j'aimerais voir peut-être une prise de conscience collective et que dans les manifestations comme sur les plateaux de télévision, on mette face à leur responsabilité les journalistes mainstream qui apaisent et mettent de l'huile sur le feu plutôt que de poser des questions qui devraient être fonction première de leur travail, c'est-à-dire informer correctement mais informer de façon complètement neutre et donc demander pourquoi le gouvernement met de l'huile sur les braises, de l'essence sur les braises. Moi, je ne suis pas persuadé que ce soit la bonne phrase de dire que Macron est complètement stupide. Je pense que oui, il ne fait pas honneur à ses fonctions de protection du bien collectif et de l'intérêt collectif. Par contre, il fait exactement ce pour quoi il a été mis en place, c'est-à-dire protéger la finance et obéir à des lois qui sont européennes dans un intérêt européen qui n'est absolument pas un intérêt collectif, en tout cas pas un intérêt humain. Donc moi, j'aimerais, dans les prochaines interventions que je fais, en tout cas j'essaierai d'appuyer sur ce... Sur ce point-là, j'aimerais, quand je vois par exemple le secrétaire général de la police, j'aimerais avoir une discussion les yeux dans les yeux en lui disant, venez collectivement tous les deux, on appelle à un apaisement d'État et à une réponse politique maintenant, plutôt que de jouer la surenchère. Moi, je ne veux pas que vous ayez plus de flingues, mais je ne veux pas non plus qu'on se tape sur la gueule, ad vitam aeternam, parce que j'ai conscience que les gens dans les rues… ont des revendications légitimes et n'ont aucune écoute depuis des décennies, et je comprends leur colère. Malheureusement, c'est vous qu'on met en face, et je comprends aussi votre épuisement et le fait que vous en ayez ras-le-bol de vous prendre tout sur la tronche. Eh bien, venez, on travaille ensemble pour que ce gouvernement arrête de vous prendre pour des cons, de nous prendre pour des cons, et face à ses responsabilités, en appelant. un référendum sur la destitution, par exemple, d'Emmanuel Macron, mais aussi, j'appelle la responsabilité de tous les politiciens de ce pays qui sont très, très vindicatifs quand il s'agit de critiquer Macron sur les plateaux de télévision ou dans leur petite cahute sur le bord des manifestations en faisant joli et en essayant de gratter des électeurs. Mais quand il s'agit de prendre leurs responsabilités et de mettre fin à tout ça, on ne voit personne sur les bancs de l'Assemblée dire « il faut bloquer le pays ». au sein des institutions politiques du pays, tant que Macron n'est pas parti et tant qu'il n'y a pas un renouveau politique dans le pays. Juste
avant de faire réagir Jérôme, justement, comme il va pouvoir réagir, juste une petite chose sur justement la gestion des médias mainstream. Donc là, ce sera une vidéo sur France Info qui a traité le sujet du 24 octobre et on enchaînera directement sur une vidéo du 24 octobre également, mais sur CNews. C'est parti, on regarde les deux vidéos défilées.
voit ces images en direct de Lyon où la situation semble encore, semble tout de même un peu tendue. On voit les canons à eau qui ont été déployés par les forces de l'ordre.
C'est ces images et je vois ces manifestants qui sont en train de transformer leur tournée.
Le petit commentaire qui va arriver après, ça va être intéressant.
Et vous avez désormais des gens qui se comportent comme de futurs casseurs, de futurs émeutiers. Les cagoules, les masques, on s'échauffe, ils sont en train de sauter. Et là, vous avez une transformation petit à petit de la population de ce défilé. C'est soudain, en fait, ce
genre d'attitude et cette faculté à se transformer, on va dire, et à modifier son... Voilà, et donc du coup,
c'est ce que je voulais dire, c'était pour rebondir sur ce que disait Maxime, c'est sur comment les médias mainstream traitent l'information. Ces deux vidéos, en fait, à part les policiers sur le côté gauche de CNews, c'était ce qui se passait à Tirana, en Albanie. C'est-à-dire que pour montrer que c'est le chaos en France, ils vont prendre des images de l'étranger et présentent ça comme si on était à Lyon ou à Paris. Donc en plus, ils ont... même pas de scrupules, ils montent les mêmes endroits, mais à des endroits différents en France. Donc je voulais juste te faire agir sur ça, Maxime, avant de passer la parole à Jérôme pour réagir sur l'ensemble.
Ça me fait réagir, oui, non. Je veux dire, c'est une méthode qui a été utilisée aussi pendant les Gilles jaunes et je pense dans tous les mouvements sociaux de ces dernières années. Les médias mainstream sont tellement submergés d'informations, essayent tellement de traiter l'information pour respecter le cadre dans lequel ils veulent essayer de faire passer leurs idées. que finalement, des fois, ils se plantent. Alors là, c'est flagrant, c'est presque ridicule parce qu'encore une fois, on notera qu'il y a un argent, un pognon de dingue qui passe dans ces chaînes de télévision avec des équipes de professionnels, avec des cadreurs professionnels, avec des journalistes qui, eux, ont apparemment une carte de journaliste, ce qui n'est pas le cas pour tout le monde, en tout cas chez CNews. Mais oui, c'est triste parce que ces gens-là ont le devoir d'informer. Et c'est un droit constitutionnel que nous avons d'être informés. Et on voit quoi ? On voit des caméras. Je vais faire une petite parenthèse de deux secondes, par exemple. On a passé un bus pour la campagne de Juan Branco que je conduisais autour de l'Arc de Triomphe. On a descendu les Champs-Elysées, on a été jusqu'au Concorde, etc. Assemblée nationale et Tour Eiffel. Et quand on est arrivé en haut des Champs-Elysées, il y a une équipe de tournage de CNews qui était en train de filmer l'Arc de Triomphe, qui n'était pas du tout préparé à ce qu'on passe devant sa caméra. Et je me suis arrêté devant sa caméra, c'était en plein direct. CNews a vu ça et a tout de suite décalé la caméra pour qu'on voit... le moins possible de ce qui était marqué sur le bus. Donc, ils ne contrôlent pas toujours les choses. Et quand les choses leur échappent, ils essayent de sauver les meubles. C'est ce qu'on a vu là. Alors, ils vous diront qu'effectivement, ce n'était peut-être pas des images françaises. Ils ont présenté leurs excuses après,
en disant qu'ils étaient trompés. Mais n'empêche qu'on attend, comme tu disais, un peu mieux de qualité, surtout pour le service public. Après CNews fait bien ce qu'il y a. Ils ont qu'à aller sur le terrain.
Encore une fois, c'est financé en partie de l'argent public. Effectivement.
Je vais donner la parole à Jérôme, parce que Maxime, tu l'as interpellé, sur comment on pourrait avoir quelque chose de commun entre manifestants et policiers pour la désescalade de la violence et s'occuper vraiment des personnes dangereuses. Ce que disait Maxime, notamment, c'était que les manifestants, tu as bien fait la distinction tout à l'heure, les gens qui viennent casser, qui sont des délinquants et des criminels dans les manifestations, se surequipent, les policiers se surequipent. Il y a une surenchère au surequipement qui est dommageable pour tout le monde, parce que derrière, ce qu'on a pu voir, un policier se prend un pavé pleine tête, des fois des manifestants se prennent des tirs dont ils ne sont pas destinataires normalement. Donc est-ce qu'il y a quelque chose de possible de travailler, comme ça avait été le cas au moment des Gilets jaunes, sur les nouvelles actualités ou pas du coup
moi je voudrais dans un premier temps répondre à Didier et je reviendrai ensuite sur Maxime. Effectivement il y a plusieurs choses qui m'interpellent. Premièrement déjà sur la police municipale. Donc la police municipale maintenant est de plus en plus intégrée dans les dispositifs, notamment depuis la RGPP. Les fonctionnaires de police sont maintenant sous-effectifs, puisque cette politique publique faisait qu'un policier partant à la retraite n'était pas remplacé.
Alors RGPP, je précise, c'est la réduction générale des politiques publiques. Donc si je ne me trompe pas, c'était sous M. Sarkozy ? Tout à fait. Et juste une anecdote sur ça, pour aussi te faire réagir Jérôme, c'est qu'à l'époque, il y avait la police municipale de Poissy, qui était en 2011, qui s'était équipée comme une CRS, très clairement. Et il y avait M. Guéant qui avait pris une circulaire, enfin un arrêté, plutôt pour dire que ce n'était pas le rôle d'une police municipale. Et il avait envoyé, je cite un passage de la circulaire, leurs propres responsabilités civiles ou pénales. Donc aujourd'hui, qu'est-ce que ça veut dire ? Aujourd'hui, il y a un changement de cette circulaire, de cette consigne, parce que à l'époque, c'était justement suite au RGPP qu'il y a certaines maires qui avaient mis ça. Donc le ministre de l'Intérieur avait dit que ce n'était pas votre rôle. Et aujourd'hui, il y a un changement du coup
? Alors oui, moi, je l'estime qu'il y a un changement. Effectivement, on pourrait parler pour la police municipale d'une course à l'armement où certaines polices qui sont plus riches que d'autres peuvent offrir du matériel beaucoup plus récent. Par contre, au niveau de la police nationale, je dirais que c'est tout l'inverse. On n'est pas du tout dans une course à l'armement, contrairement à ce que j'ai entendu tout à l'heure. Je pense que les services de l'État réfléchissent de plus en plus à trouver des moyens alternatifs pour répondre à la violence. Comme quoi, par exemple ?
la sécurité privée.
La sécurité privée, effectivement, mais aussi en termes armement, par exemple, remplacer, utiliser les canons à eau, utiliser pour remplacer le LBD. Aujourd'hui, nos collègues n'ont que cette arme pour repousser les manifestants dès que ça dégénère. Ils n'ont pas d'autre choix que d'utiliser
cet armement.
D
'accord. Et justement, sur le surequipement, je sais que la CRS 8, qui a été mise en avant à l'époque, c'était Darmanin, ministre de l'Intérieur, qui était la CRS modèle d'intervention, avec un petit peu une moquerie de M. Darmanin qui disait qu'elle intervenait partout en 15 minutes. Mais du coup, est-ce que ça doit être une CRS surequipée qui doit pouvoir intervenir dans les points chauds ? Ou ça devrait être l'équipement normal d'une CRS et qu'ils ont fait des économies mettant les autres CRS en danger
? Alors effectivement, tous les CRS devraient être équipés de manière... le mieux possible, pas utiliser uniquement une CRS qui se déplacerait dans toute la France. Effectivement, le but est bien de faire des économies. Je tenais aussi à préciser une chose, j'ai entendu dire tout à l'heure que vous vous plaignez des manifestations, des trajets qui étaient déviés. Il faut savoir qu'à Paris, en l'occurrence, nous savions que tous les commerçants se sont armés. Donc en fait, il était préférable de changer le parcours de la manifestation plutôt que d'avoir des bavures sur un trajet où les gens étaient armés. Une question pour Jérôme,
il y a un moment que j'y réfléchis, si tu permets. Est-ce qu'il ne faudrait pas finalement une seule et même police sur l'ensemble du territoire, ou non simplement de l'égalité des territoires, etc. Pourquoi on a, c'est très compliqué, en plus le droit entre l'Europe, les communautés de communes, on ne sait plus les compétences, une seule police qui est équipée en fonction des besoins de telle ville, de tel secteur, et pas cette surenchère ? où on voit les policiers municipaux, les gens qui ont fait des arguments de campagne, ça ne doit pas être un argument de campagne, la sécurité. C'est un droit auquel chaque citoyen est en droit de pouvoir aspirer.
Jérôme, sur le côté de la question de Didier, après, est-ce qu'il y a des choses possibles à faire en travail commun avec les manifestants pour apaiser les tensions ? Oui, pour répondre à la question.
Tout à fait. Donc, je suis totalement d'accord qu'une seule police serait l'idéal. Mais ce système maintenant est basé sur un système américain. Ça fait déjà plusieurs années, je pense que ça date depuis Charles Pasquois, où il avait voulu créer une garde nationale, comme ça existait aux Etats-Unis. Sauf qu'en France, on n'a pas les moyens de payer de tels dispositifs. On a commencé à créer un système américain avec diverses polices, mais on n'a pas été jusqu'au bout. Aujourd'hui, un gardien de la paix est aussi officier de police judiciaire, souvent, mais ce n'est pas le cas partout. Alors qu'aux Etats-Unis, les policiers sont tous officiers de police judiciaire.
donc après sur la question de Maxime Nicole, est-ce qu'il y a des choses qui peuvent être travaillées ensemble comme ça avait été possible, pas forcément avec le gouvernement directement s'ils ne veulent pas discuter, mais avec certains syndicats de police pour trouver des solutions pour la sécurité à la fois des manifestants et des policiers, tout en pouvant s'occuper des personnes qui posent problème ? Alors à Vigie nous
sommes totalement ouverts à la discussion puisque c'est un peu le corps de notre... l'âme de notre syndicat, de discuter avec tout le monde. Et effectivement, s'il y a des solutions à apporter, nous sommes prêts à les entendre et en discuter. Maintenant, je trouve que l'État et le gouvernement général n'écoutent personne et en fait qu'à sa tête, finalement. Alors que, véritablement, il faudrait, à mon avis et à mon sens, développer... ces discussions.
-ce que du coup, je sais que par exemple, dans les pays, notamment en Allemagne, dans les pays du Nord, sur les manifestations, il y a un dialogue entre la police et les manifestants, et puis en général, les polices de ces pays interviennent uniquement sur les fauteurs de trouves, avec une baisse justement de la dangerosité pour les policiers et pour les manifestants, qui en même vont aider les policiers. Est-ce qu'il y a des schémas comme ça qui pourraient se développer en France, vu qu'on a vu l'efficacité à l'étranger ? Alors oui, tout à fait, pourquoi
pas. Moi d'ailleurs, j'invite Maxime à participer à notre prochain bureau national, où il pourrait prendre la parole et pouvoir discuter avec mes collègues de tout cela, et peut-être en tirer un cahier de doléances qui pourrait être remis ensuite au gouvernement. Mais bon, à savoir si on serait écouté ou pas, c'est la période présidentielle, je crois que là... Pendant les six mois, on n'aura rien de particulier et il faut préparer l'avenir. Donc pourquoi pas, si Maxime est d'accord, nous sommes prêts à le recevoir.
Donc si Maxime, je ferai un échange de coordonnées si tu es d'accord.
Ce qui est drôle, c'est qu'imaginez bien que les personnes mobilisées dans le pays ne vont absolument pas apprécier ce que je vais dire. Mais oui, je suis ouvert à la discussion, donc effectivement j'accepte sans problème de discuter. Je pense que c'est aussi une forme d'apaisement la discussion. Ça ne plaira pas à tout le monde, puisque beaucoup de citoyens aujourd'hui sont très en colère contre la police. Mais j'ai une position... compliqué, j'ai une parole publique, et si je ne montre pas l'exemple, et si je ne montre pas qu'il est possible de discuter, je pense que ce serait une erreur de ma part, donc j'accepte. J'accepte de discuter, évidemment, et vous me direz... Je vais jouer les
coordonnées du coup, mais en tout cas, merci pour ce moment. Et ce qui montre qu'on peut quand même avancer les choses et qu'on est tous, enfin, tous partis du peuple et qu'on peut tous essayer de trouver des solutions. Je rappelle que Vigier aussi fait partie d'un syndicat européen, je ne me trompe pas. Oui, tout à fait. Donc, avec des idées qui peuvent être prises dans les pays où ça marche correctement, j'allais dire.
Oui, d'ailleurs, on a eu beaucoup de retours de la part de nos collègues européens parce qu'en fait, ces violences sont un petit peu devenues des violences européennes. Et bientôt... Prochainement, Vigie va se réunir avec Eupol pour discuter de ces différentes choses et savoir si on peut apporter des choses nouvelles, si des polices étrangères peuvent nous apporter quelque chose de nouveau pour la police française. Avant de conclure, Alexandre, 8
secondes, comme la barre aux Vaux-Maltines, message de service. pour tirer mon chapeau à Thibault, qui a mené un duplex que j'ai vu se révéler, qui a eu le sens de l'info, beaucoup de culture, d'intelligence, de calme. Il a fait une après-midi magnifique, je ne connaissais pas ce talent. Et bien sûr, Bastien, qu'on ne voyait pas aux manettes, qui a trié, qui a envoyé les bonnes vidéos au bon moment. On a fait la course en tête, alors qu'on a infiniment moins de moyens que BFM. On était avant même BFM, j'ai pu me mobiliser à Nice sur les endroits stratégiques. Pareil avec l'ENA à Marseille, nos correspondants à Montpellier et ailleurs. Chapeau à toute l'équipe de Toxin. En quelques années, je suis très fier de voir où on en est arrivé, bien sûr. À toi, Alexandre, et à notre cher Clémence et à toute l'équipe, Valentin, des gens que j'ai vu démarrer d'ailleurs à Sud Radio. Voilà ce que je rappelle de Didier, ancien directeur
de Sud Radio et qui connaît effectivement le métier.
Je peux vous dire chapeau et je voulais vraiment le dire parce que Toxin, c'est aussi toute une équipe, des gens qu'on ne voit pas forcément, qui se mobilisent, y compris le week-end et les vacances. Merci à vous.
Alors juste précision pour le message de service, si Thibault n'est pas un novice non plus, il anime plusieurs podcasts dont on partagera les liens pour ceux qui veulent le retrouver. ont apprécié ça. Et ceux qui ont raté le live de 5h30 de ce week-end, n'hésitez pas à le voir sur Toxin+. Et je voulais profiter, avant de conclure cette matinale, d'une question à Jérôme, parce que je sais qu'il a travaillé sur l'extrême droite et l'extrême gauche, sur les mouvements ultra quand il était au renseignement. Savoir sur ce qui s'est passé là, est-ce que les services de l'État avaient réellement les renseignements ? Est-ce que c'est un cafouillage au niveau de la direction ? Comme on pourrait l'avoir, je rappelle, tu as travaillé aussi sur le 78 où il y a eu l'attentat contre Samuel Paty, c'était M. Nunez qui était responsable de la coordination du renseignement. Et malgré que tout le monde ait tout fait remonter, il a raté. Est-ce que là, c'est un loupé des services de renseignement qu'on peut travailler sur l'ultra-droite et l'ultra-gauche ? Ou c'est un loupé de l'État ? Ou alors, c'est carrément pire, un laissez-faire de l'État ? Alors,
j'aurais tendance à dire qu'il y a eu un laissez-faire, en sachant que les hommes de terrain, les collègues de renseignement, les agents de renseignement de terrain, ont parfaitement conscience de tout ce qui peut se passer sur le terrain. Ils font remonter l'information. Mais bizarrement, elle n'arrive pas jusqu'en haut. Ou du moins,
elle est minimisée. Donc même chose pour les mouvements, pour les manifestations, on minimise le nombre de manifestants, mais on minimise aussi le nombre de casseurs d'ultra droite et d'ultra gauche pour faire plaisir au palais, j'allais dire.
Oui, tout à fait. Pour éviter de faire peur en haut, il faut le dire carrément, on minimise les
choses. Donc on va conclure ce live. Je vous remercie tous les trois. Merci Jérôme Gigou, merci Maxime Nicole, merci Didier Maisto. Donc on va passer les coordonnées. Bien sûr, si vous êtes encore là et que vous n'avez pas mis un pouce, c'est le moment de booster les algorithmes pour qu'on puisse justement diffuser ce live. Et c'est de belles prises de position d'un dialogue qui va s'ouvrir. On ne sait pas ce qu'un dialogue peut donner, mais déjà, ça permet de discuter. Et effectivement, ce qui a été pointé du doigt à la fois par Didier Maisto, Maxime Nicole et Jérôme Gigou, c'est qu'il y a des gens qui ne veulent pas écouter aujourd'hui. Tout le monde essaye de faire avancer des... revendications quelles qu'elles soient et malheureusement on a un gouvernement qui est sourd donc peut-être que si tout le monde s'y met ça va aboutir donc le dialogue est lancé j'espère que vous reviendrez chez nous pour nous dire ce qui a pu donner cet échange parce qu'évidemment ce ne sera pas public
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