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Maya, bonjour à tous, bienvenue dans les quêtes vérité. Mon invité donc Marine Tondelier, bonjour Marine Tondelier, secrétaire nationale des écologistes et candidate à la présidentielle. Il y en a un qui vient de gagner sa présidentielle, c'est Lula au Brésil, face à Bolsonaro. Emmanuel Macron vient de le féliciter. Pour vous c'est un soulagement, c'est quoi
? Je pense que c'est un soulagement social pour énormément de Brésiliens, un soulagement pour leurs instances démocratiques aussi, parce qu'on sait qu'à chaque fois que l'extrême droite gagne, la démocratie est mise à mal. Et puis c'est un soulagement, je pense, pour toutes celles et ceux qui se soucient de la planète, parce que 60% de la forêt amazonienne est au Brésil, qu'on sait que Bolsonaro fils s'apprêtait à faire comme le père, c'est-à-dire à accélérer encore la déforestation. C'est Lula qui l'avait énormément ralenti et on a besoin pour la planète que ce soit le cas.
Aujourd'hui, Sébastien Lecornu va recevoir les syndicats de lycéens pour faire des propositions. Un
mois après, le début de la crise. Un mois après,
il les reçoit aujourd'hui. Alors, il pourrait annoncer des mesures, notamment sur Parcoursup, plus d'argent peut-être pour les lycées ou les universités. Quelle décision vous attendez, vous
Déjà, moi, je vous le dis, quand il nous a annoncé mercredi qu'ils allaient les recevoir lundi, puisqu'on était reçus à Matignon, on lui a tous dit, mais pourquoi vous vous attendez lundi ? Il y a des manifestations samedi. Normalement, les annonces, elles sont avant la manifestation. Et pourquoi, d'après vous ? Il nous a dit qu'il avait besoin de chiffrer les choses pour ne pas faire n'importe quoi. On a compris qu'il avait commencé à travailler quelques jours avant, alors que la crise durait depuis un mois. Mais ça ne s
'improvise pas. On a compris
qu'ils avaient mis un mois à se dire peut-être qu'on va devoir annoncer quelque chose. Déjà, félicitations aux lycéens qui ont tenu un mois et qui obligent le gouvernement à faire des annonces. Alors, ils demandent des choses de base. Je pense qu'on ne peut pas leur fuser du papier dans les toilettes, des portes dans les toilettes, assez de tables et de chaises dans les salles de classe. Ça, c'est la base. Il faut la suppression de Parcoursup, évidemment. Mais dès cette année. Dès cette année Je sais que c'est compliqué de se dire que tout d'un coup, il faudra créer des places plus nombreuses partout, mais on n'a pas le choix. On n'a pas le choix parce que cet algorithme, il est injuste, il est opaque. Il n'y a pas le choix que de le faire
cette année.
Et puis il stresse les élèves et leurs parents. Donc il faut le faire cette année. Oui, ça fait des années qu'on le dit maintenant. avant la présidentielle, et puis il faut aussi plus de profs, parce qu'on voit bien qu'on a les classes les plus chargées de profs, d'Europe, il faut mieux les rémunérer, et puis je pense qu'on a aussi besoin de montrer qu'on tient cette jeunesse, donc ça ne concerne pas que des mesures éducatives à la fin.
Alors samedi, vous disiez, il y avait entre 450 000 selon la police et 800 000 selon les organisateurs manifestants dans les rues.
Et 1 million selon les écologistes. Ah bah carrément.
Pendant la campagne présidentielle. Et c'est assez rare de voir des mouvements sociaux pendant une campagne présidentielle. Est-ce que vous qui êtes candidat, ça ne vous met pas la pression aussi ?
Ah non, moi j'adore.
Je dis ça, c'est-à-dire qu'avant, on imaginait qu'une présidentielle, ça réglait tous les problèmes. Ça n'est plus le cas.
Alors non. Et puis surtout, vous savez, des fois, il y a des manifestations contre une réforme. Genre pendant les retraites, on disait « on manifeste pour retirer cette réforme ». Là, ce n'est pas le cas. C'est finalement une manifestation pour toute leur œuvre. Depuis 10 ans, c'est un bouquet final de cette cocotte minute qui ne retient plus la colère sociale. Et c'est ça qui va être compliqué pour eux, parce qu'ils n'ont pas voulu répondre aux lycéens. Ils ont envoyé des CRS plutôt que des mesures. Bon, résultat. Tout le monde s'est joint à ce mouvement. Il y a une convergence des luttes aujourd'hui. La suppression de Parcoursup, par exemple, ce serait très bien. C'est important, c'est incontournable. Mais ça ne suffira pas.
Non, alors vous estimez donc que si Parcoursup est supprimé, ça ne suffit pas pour mettre fin au mouvement des lycéens ? Dans
la rue, maintenant, il y a des fonctionnaires, il y a des écologistes, il y a des féministes, il y a des retraités dont on s'apprête à geler la pension. Il y a énormément de monde. Donc vous
dites que les mouvements sociaux doivent continuer ?
Ils doivent continuer. Il y a une grève générale qui est annoncée par la CGT à partir du 5 novembre. Et vu ce que j'ai entendu à Matignon, il y a de fortes chances qu'elle ait lieu.
Et vous soutenez ce mot d'ordre ?
Je soutiens évidemment ce mot d'ordre. Et donc il va falloir un coup de pouce pour le SMIC, il va falloir des mesures pour l'alimentation. 3% des Français aujourd'hui ne mangent pas à leur faim. Mais
quand vous dites ça, Marine Tondelier, vous êtes bien consciente que c'est pendant la campagne présidentielle. Est-ce que ça ne désorganise pas non plus la campagne ?
Ça met une saine pression.
marge des manifestations, en tout cas samedi, il y a eu des groupes d'extrême droite et d'ultra droite qui ont manifesté et qui ont fait le coup de poing, c'est comme ça qu'on dit, dans certaines villes, à Nice, Montpellier, Rouen.
Ça c'est une pression pas saine, par exemple. Par
exemple. Le ministère de l'Intérieur reconnaît avoir été alerté, mais qu'il n'a pas pu intervenir parce qu'il y avait les manifestations à gérer. Laurent Nouniez n'exclut pas cependant des décisions administratives, c'est-à-dire par exemple interdire et dissoudre certains mouvements d'ultra droite. C'est ce que vous attendez comme décision ?
Moi je suis extrêmement choquée par le deux poids deux mesures. Vous savez, il y a des lycéens qui, il y a un mois, ont décidé de bloquer pacifiquement des lycées qui ont eu droit à une répression hors norme par rapport aux autres blocages lycéens de toute l'histoire de France. Et donc, vraiment, c'était sans merci pour eux. Et là, quand on annonce un couvre-feu, on a à Lyon un mouvement d'extrême-rême qui dit « moi, je vais défier le couvre-feu » et qui sont plusieurs centaines à défiler. Rien n'est dit. À Nice, ils vont tabasser des manifestants. Il dit qu'on ne peut pas s'occuper d'eux, parce qu'on s'occupe de la manifestation. On s'occupe de la manifestation, protège les manifestants, c'est ton travail. Je pense qu'il y a une certaine impunité envers les mouvements d'extrême droite qui ne peuvent plus durer. C'est dangereux.
Il y a eu aussi la tuerie de Trappes sur laquelle j'aimerais bien qu'on revienne. Une enquête a été ouverte pour assassinat en lien avec une entreprise terroriste. Emmanuel Macron reconnaît un crime raciste. Mais le maire de Trappes parle d'un crime... islamophobe. Reprenez-vous ce terme.
Bien sûr, parce qu'il y a du racisme. Le racisme peut prendre différentes formes. En l'occurrence, quand on tire sur des gens devant une mosquée et qu'on a Mein Kampf chez soi et qu'on revendique d'aller chercher des gens selon leur couleur de peau en faisant un amalgam en plus entre les couleurs de peau. Mais voilà, je pense que les choses sont claires. Il ne faut pas avoir peur des mots. Donc pour vous
?
je sais qu'en France, des fois, il y a des politiques qui ne veulent pas prononcer le mot islamophobie. Mais quel est leur problème avec ce mot ? C'est une forme de déni, peut-être une forme de négation du problème. Ce problème, il existe. C'est comme ça. L'ONU parle d'islamophobie. Ils ont même mis une journée internationale sur le sujet le 15 mars. Pourquoi en France, on aurait peur de ce mot ? Pour
vous, ce qui s'est passé à Trappes est clairement un acte islamophobe.
Écoutez, aller tirer sur des gens devant une mosquée, je ne sais pas comment appeler ça autrement que d'islamophobie. Et je vous le dis, il y a... C'est un vrai sujet. Moi, je ne veux pas qu'avec ces sujets, on hésite sur les mots. Il y a un million de personnes qui se disent victimes de racisme dans ce pays. Et je veux qu'on puisse leur dire tous, ce matin, toutes les émissions, qu'on est à leur côté, qu'ils ne sont pas seuls et que ce sujet est pris au sérieux. Il
y a des rassemblements aujourd'hui en mémoire de Pengo Bossio-Wenghi contre le racisme et en sa mémoire, donc je le disais. Vous y serez, vous ?
Évidemment, je suis en train de m'organiser pour que ce soit. Vous appelez
à être dans ces rassemblements ? Bien
sûr, mais ces rassemblements, ils ne vont pas suffire. Moi, je veux qu'on puisse dire que même sur les plateaux télé, tout le monde a une responsabilité. Il y a un philosophe allemand qui s'appelle Victor Klemperer qui dit que les mots peuvent être une minuscule dose d'arsenic. On les avale sans y prendre garde. Ils ne semblent faire aucun effet. Et voilà, quelques temps après, l'effet toxique se fait sentir. Je pense que c'est ça qu'on a laissé faire en France, en laissant une parole débridée à des gens qui sont racistes, qui sont condamnés pour ça et qu'on invite sur les plateaux télé.
Certains plateaux télé, peut-être. Oui, mais
il y en a qui sont candidats à la présidentielle. Quand
vous dites sur les plateaux télé,
vous visez certains ? Non, mais moi, j'ai bien vu, y compris Zemmour. qui a tenu des propos horribles sur le 17 octobre, qui précède des actes en réalité. Il y a un continuum entre les mots horribles tenus sur les plateaux télé et les actes de certains déséquilibrés sur le terrain. Et donc tout le monde a une responsabilité, oui. Les politiques, mais les chaînes de télé aussi.
La présidentielle, on est en plein dans la campagne, je vous le disais tout à l'heure. À gauche, deux candidats sont déjà bien avancés, c'est Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Guxman. Quel espace vous reste-t-il ?
'écologie.
'est-à-dire ?
Parce qu'ils ne sont pas écolos. Quand on était à la rentrée, et je ne dis pas qu'ils sont contre l'écologie, mais ce n'est pas leur ADN. Moi, je vois bien, à la rentrée, après les incendies en Gironde, tout le monde disait « moi, je suis le héros de l'écologie ». Je n'en ai pas beaucoup entendu parler depuis. Et c'est ça le truc, nous, les écologistes. C'est notre ligne, ça ne nous empêche pas de parler d'autres sujets. Mais je vois bien que quand on ne parle pas de l'environnement, personne ne le fait à notre place. C'est pour ça, quand vous parlez de l'Oula, je vous parle de la forêt amazonienne. J'essaie toujours de revenir aux fondamentaux, parce que l'avenir de nos enfants, il est concerné par Parcoursup, mais aussi par l
Yannick Jadot, vous savez, est déjà partie. Elle n'est plus dans les rangs écologistes. Voilà. Il est parti chez Raphaël Glucksmann. Il est suspendu, c'est ça ? D'autres, comme Sandine Rousseau, regardent plutôt du côté de Jean-Luc Mélenchon. C'est leur droit, c'est la démocratie. Vous n'avez pas peur de vous retrouver seule à faire la campagne présidentielle ? Absolument
pas. Je ne suis pas seule. Je ne l'ai jamais été et je ne serai jamais dans ce mouvement. Ou le sentiment d'être lâchée ? Moi, j'ai toujours plaidé une campagne pour l'écologie et pour l'Union. Vous aussi ? Vous le savez Mais vous aussi, j'espère. Mais en fait, tout ça commence par une campagne autonome. Et c'est logique. Les sujets qu'on porte, personne ne le fera à notre place. Et un mouvement dans la Ve République, vous le savez, doit faire des campagnes sur ces sujets. La seule raison pour laquelle on pourrait renoncer à une candidature, et c'est la candidate elle-même qui vous le dit, donc c'est fort, c'est parce qu'il y aurait un chemin de victoire pour notre camp qui passe par autre chose. Donc nous, nous sommes en train de discuter. Ça veut dire
quoi ? Ça
veut dire qu'on est en train de discuter avec tout le monde. Je vous avais dit qu'on avait fait un courrier mi-août. On a pris des contacts. Nous discutons en ce moment avec tout le monde. Et moi, mon travail, c'est que tout soit possible. L'autonomie ou une campagne avec quelqu'un d'autre, mais pour quelque chose qui dépasserait évidemment cette candidature. Quelles sont
les conditions ?
Les conditions, c'est un accord de gouvernement, un accord législatif, parce qu'on ne gouvernera pas seul, c'est un accord programmatique, évidemment, et c'est un accord sur le dispositif de campagne. Un nouveau
Front populaire.
Mais c'est aussi le fait qu'il y ait un chemin de victoire. Parce que moi, je ne suis pas là pour dire, une partie de la gauche veut tuer l'autre partie de la gauche, et sommes les écologistes d'appuyer avec eux sur la détente. Je veux un chemin de victoire, sinon tout ce qu'on dit là sur nos programmes, nos projets, c'est des promesses, comme des catalogues au Père Noël, où les enfants sont là avec les yeux qui clignotent en disant, je pourrais avoir tout ça, puis à la fin, ils n'auront rien. Moi, je veux qu'on gagne. En tout cas,
ce sont les adhérents écologist dire par vote le 13 décembre s'ils sont d'accord pour que vous soyez candidate ou pas.
Oui, mais moi, je suis candidate aujourd'hui
et
la décision finale, elle aura lieu le 13 décembre. Et j'aurais aussi un avis, figurez-vous, monsieur Le Tellier. Mais moi aussi, je te dirais ce que je pense devoir faire le 13 décembre.
Justement, si le non à votre candidature l'emporte, vous faites quoi ? Ce n'est pas un
référendum oui ou non. Je
vais
vous dire ce qui va se passer. Je connais bien mon mouvement. C'est qu'on va discuter avec les partenaires et qu'il est assez vraisemblable. qu'en réalité, il y a un chemin assez évident qui se pose. Mais ça ne dépend pas de vous. C'est quoi le chemin évident qui se pose ? Si il y a un chemin de victoire possible, monsieur Tellier, je ne m'imagine pas les écologistes ne pas en faire partie. Depuis le début, on dit qu'on est contre la victoire de l'extrême droite. Depuis le début, on dit qu'on est pour une victoire de notre camp. Je regrette qu'il n'y ait pas eu de primaire. Je regrette qu'il n'y ait pas eu d'union. Et sans union de toute la gauche, c'est mal parti. Je vois qu'ils n'ont pas envie. Vous êtes en train de dire
s'il y a... un candidat ou une candidate d'union, vous êtes prête à vous retirer ?
S'il y a un chemin de victoire possible. Et je le dis depuis le départ. Ce que je dis
dans mes mots, c'est ce que vous dites. Mais
M. Glucksmann et M. Mélenchon, qui pensent pouvoir gagner, s'ils n'arrivent pas à convaincre les adhérents écologistes, qui sont quand même les plus proches dans l'hémicycle, comment pourront-ils convaincre les Français ? C'est la condition pour que vous
retiriez le cas échéant.
Ce n'est pas se retirer, c'est se dépasser pour quelque chose de plus grand que soi, ce que tout le monde va devoir faire, parce que personne ne gagnera seul. Donc nous serons responsables, pour plusieurs s'il le faut, mais ça commence par des discussions exigeantes, parce que pour gagner cette présidentielle, il va falloir se dépasser un petit peu.
Merci Marie-Thondelier d'être venue sur le plateau des cas de vérité, où vous avez dit qu'il fallait supprimer Parcoursup tout de suite. Et pas que.
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