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Messieurs, permettez-moi d'adresser mes premiers mots à l'ensemble des victimes et à leurs proches. Nous nous partageons les mois et à qui je tiens à faire part de tout mon soutien. Ensuite des événements intervenus le 23 octobre 2026 dans la matinée à Trappes et à La Verrière dans le département des Yvelines, le parquet national antiterroriste s'est, comme vous le savez, très rapidement saisie de ces faits. Avisé par le procureur de la République de Versailles, nous avons ainsi ouvert une enquête de flagrance. Des chefs suivants. assassinat et tentative d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste, en visant, dès la saisine, la circonstance aggravante que les faits ont été commis à raison de l'appartenance vraie ou supposée à une prétendue race, une ethnie, une nation ou une religion déterminée, acquisition et détention d'armes de catégories A et B en relation avec une entreprise terroriste, tentative de destruction par un moyen dangereux en relation avec une entreprise terroriste et association de malfaiteurs terroristes en vue de la préparation de crimes contre les personnes. Les investigations ont été confiées à la sous-direction antiterroriste de la direction nationale de la police judiciaire, service coordonnateur, à la direction générale de la sécurité intérieure, ainsi qu'aux directions zonales et à la direction interrégionale de Versailles de la police nationale. Les premières investigations, notamment les auditions des témoins et victimes, permettent de préciser le déroulement des faits de la façon suivante. Le 23 octobre 2026, aux alentours de 10 heures, un individu ultérieurement identifié comme étant Kevin T. ouvrait le feu à l'aide d'un pistolet mitrailleur en 8 lieux, dans le cadre d'un périple de 12 km, sur les communes de Trappes et La Verrière, avant d'être interpellé à Coignères, toute commune située dans le département des Yvelines. La première scène de crime se déroulait au niveau de l'avenue Hector Berlioz à Trappes, où il visait, depuis son véhicule, une autre voiture, sans faire de blessés. La deuxième scène de crime intervenait au niveau de la Maison de la Santé, également avenue Hector Berlioz, où il tirait en direction d'un homme sans l'atteindre. La troisième scène de crime avait lieu au niveau du square Louis Pergot à Trappes, où il assassinait M. Pengo Bossio Vangui. La quatrième scène de crime se déroulait au niveau de l'intersection Maurice Ravel-Clément Adère à Trappes où il tirait depuis son véhicule en direction d'un autre véhicule occupé par une personne sans la blesser. La cinquième scène de crime intervenait au niveau de l'avenue Henri-Barbus à Trappes où il tirait depuis son propre véhicule sur celui d'une autre personne sans la blesser. La sixième scène de crime se déroulait au niveau de la station essence Esso, située boulevard Martin Luther King à Trappes, où après être sorti de son véhicule, il tirait sur un autre véhicule ainsi que sur des personnes aux abords de la station essence et en blessait gravement une à l'entrée de la boutique. La septième scène de crime avait lieu au niveau de la pharmacie Bois de l'étang, située à Laverrière, où il tirait et blessait gravement deux personnes après être sorti de son véhicule. Enfin, la huitième scène de crime se déroulait toujours à la Verrière, où il tirait à de nombreuses reprises et blessait gravement une enfant de 11 ans. A ce stade de l'enquête, au cours de ces huit scènes de crimes réparties sur les deux communes, alors que l'ensemble des personnes impliquées sont encore en cours d'identification ou d'audition, nous déplorons. Une personne décédée, M. Pingo Bossio-Vangui, âgé de 26 ans et de notre société française. Quatre personnes gravement blessées. Trois d'entre elles sont toujours hospitalisées à l'heure où je vous parle et le pronostic vital de l'une d'entre elles est toujours engagé. En revanche, celui de l'enfant de 11 ans grièvement blessé n'est plus engagé depuis hier. Trois personnes ont été plus légèrement blessées. Huit personnes directement visées par les tirs n'ont pas été blessées physiquement. Parmi elles se trouve une autre enfant âgée de 12 ans. L'association d'aide aux victimes France Victime 118 a été saisie pour leur apporter aide et soutien. Dès le 23 octobre 2026, un centre d'accueil des victimes et des impliqués était mis en place par le préfet des Yvelines dans les hôtels de ville de Trappes et de La Verrière avec l'appui des maires de ces communes. Une cellule d'urgence médico-psychologique était également déployée par le préfet. Nous avons par ailleurs appris que depuis hier soir, des vidéos représentant certaines scènes d'attaque circulaient sur les réseaux sociaux. Je vous rappelle qu'au terme de l'article 35 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, la diffusion et la reproduction des circonstances d'un crime ou d'un délit, lorsque cette reproduction porte gravement atteinte à la dignité de la victime et qu'elle est réalisée sans l'accord de cette dernière, est punie de 15 000 euros d'amende. Je ne peux ainsi qu'appeler à la responsabilité de chacun. et demander expressément que par respect pour les victimes et conformément à la loi, aucune image des faits ou les portées atteintes à leur intégrité ne soit diffusée. Dès les premières informations transmises par le procureur de la République de Versailles, la gravité intrinsèque des faits caractérisée par l'existence d'un périple meurtrier Particulièrement préparé, l'usage d'un pistolet mitrailleur et le ciblage de nombreuses victimes, dont des enfants, nous a conduit à retenir des qualifications terroristes et donc notre compétence. Le profil de la majorité des victimes et certains propos qui auraient été tenus par le mis en cause nous ont par ailleurs conduit à retenir la circonstance aggravante de fait lié à l'appartenance vrai ou supposé à une prétendue race, une ethnie, une nation ou une religion. Cette circonstance aggravante avait déjà été retenue en matière de terrorisme pour les faits commis par exemple par Mohamed Merah à Toulouse en 2012 ou plus récemment dans les réquisitoires ouvrant les informations judiciaires des faits commis à la Grande Motte en 2024 ou appuyés sur agent en 2025 en application de la loi du 3 février 2003. Il doit être précisé qu'à ce stade des investigations, Kevin T, s'il ne conteste pas la matérialité des faits, conteste le caractère raciste de ces crimes. Le mis en cause est âgé de 39 ans et d'une unité française. Il était interpellé à 10h20 par les effectifs de la BAC de Saint-Quentin-en-Yvelines, quelques minutes après les faits, alors qu'il circulait à bord de son véhicule Renault Clio. Il ne posait aucune résistance lors de son interpellation. Son KG judiciaire porte mention de quatre condamnations de droit commun, toutes réhabilitées de plein droit, du fait de la loi au regard de leur ancienneté. Cette réhabilitation m'interdit aujourd'hui d'en faire état de façon plus spécifique. La dernière date de 2012. Kevin T était par ailleurs inconnu des services de renseignement. Les analyses toxicologiques réalisaient le concernant, mettant en évidence la présence de THC et de cocaïne dans son sang. Dans la fouille de son véhicule Renault Clio était découvert un pistolet mitrailleur de marque Sten, calibre 9 mm, ainsi que plusieurs éléments d'armes et de munitions, en particulier des chargeurs et un pointeur laser, un couteau, une bombe lacrymogène, une paire de menottes et un brassard police. Je tiens à préciser qu'aucun tract d'un parti politique n'a été découvert dans son véhicule. Un décompte plus précis sera communiqué ultérieurement, mais en l'état, 128 munitions tirées ont été dénombrées. Kevin T. ayant déclaré avoir piégé son domicile, dont il était propriétaire, situé à Plaisir dans les Yvelines, la perquisition était réalisée avec le soutien du RAID et des services de déminage. Ces services ont indiqué que le système, composé de deux minuteurs branchés sur des prises de courant, était assez basique et mal configuré en ce que les brins de fil étaient torsadés et non écartés. L'ouverture de la fenêtre puis de la porte par le RAID ont permis de faire baisser l'intensité en gaz. Cela étant, le dispositif était fonctionnel et était de nature à détruire l'appartement et endommager les appartements adjacents. L'examen médical, réalisé en début de la garde à vue le 23 octobre 2026, concluait à la compatibilité de son état de santé avec la mesure. Face aux comportements de Kevin T., notamment des actes auto-agressifs et de propos incohérents dans le temps de sa garde à vue, ainsi qu'au regard des témoignages de ses proches sur son état psychique, les enquêteurs faisaient appel aux pompiers qui préconisaient, après examen, la poursuite de la mesure dans un cadre hospitalier. L'intéressé est alors transféré au sein de l'unité Cusco de l'Hôtel Dieu à Paris le 24 octobre dans l'après-midi. A nouveau examiné par un médecin légiste de l'unité Cusco, la mesure de garde à vue était déclarée compatible avec son état de santé, sous réserve de son déroulement hospitalier. En fin de journée, au regard des éléments précités, un examen psychiatrique était requis par le PNAT. Le médecin concluait que son état nécessitait une période d'observation psychiatrique susceptible de durer 48 heures maximum. En conséquence, la garde à vue de Kevin T. était levée à minuit 30 le 25 octobre 2026. Il était transféré, conformément aux conclusions de l'expert psychiatre, au sein de l'infirmerie psychiatrique de la préfecture de police, en observation, en application de la procédure prévue par l'article L3213-2 du Code de la santé publique. Ce jour, 26 octobre, un psychiatre de l'infirmerie psychiatrique de la préfecture de police, intervenant dans le cadre de cette procédure, procédait à un nouvel examen de l'intéressé. Il relevait que Kevin T. ne présentait pas de symptômes de décompensation aiguë, ni de signes directs ou indirects en faveur d'une activité hallucinatoire ou délirante. Il ne présentait pas de signes cliniques d'une pathologie aliénante décompensée justifiant une hospitalisation sous contrainte. L'expert considérait donc que la garde à vue de Kevin T. pouvait reprendre. Cette mesure était donc reprise ce jour à 14h46. Elle est en conséquence au regard des délais légaux susceptibles de durer jusqu'à jeudi 29 octobre 2026 à minuit 36. Quatre membres de son entourage familial et amical ont par ailleurs été placés en garde à vue dans le cadre de l'enquête de flagrance. Ces mesures ont été levées dans la soirée du 25 octobre 2026 sans suite à ce stade. Nous ne manquerons pas de vous tenir informés comme habituellement des suites qui seront données à cette procédure. Je vous remercie.
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