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Il est l'heure des partis pris. On va commencer par la politique avec vous, Jean Quatremer. Marine Le Pen est optimiste. Voilà, c'est nouveau. Elle ne nous avait pas habitués à ça.
Alors, il y avait un petit côté Woodstockin dans le discours prononcé par Marine Le Pen dimanche à Orléans. Vous vous rappelez Woodstock, c'était en 1969. C'était l'apogée du mouvement hippie. Vous êtes un peu jaune pour le savoir. Vous savez, c'était les cheveux longs, les tenues colorées, le pacifisme du « faites l'amour, pas la guerre », l'amour libre et bien sûr quelques cigarettes qui font rire pour coroner le tout. Alors je sais, quand on parle du RN, on ne pense pas précisément « flower power », le pouvoir des fleurs. Mais dimanche, la candidate du RN à la présidence de la République a troqué son battle dress de combat pour une chemise à fleurs. Plus question de cliver, de diviser, de dénoncer. Les images des émeutes du 17 octobre ont été un clip de campagne géant pour le RN. Nul besoin d'en rajouter. Pour elle, le match est plié. Écoutons-la.
avons toujours osé... Regardez et affrontez la réalité en face. Nous avons osé mettre des mots sur cette réalité, sans tabou, sans interdit, mais non, vous le savez, sans lucidité et sans courage. Ce courage nous a permis de gagner la bataille du diagnostic. Quand tout le monde voulait nier la réalité et les menaces, faire diversion ou pousser à la démobilisation. Tout le monde en France est maintenant d'accord avec nous. La bataille du constat est gagnée. que cette bataille du constat est gagnée, que je vous en parlerai peu.
Alors Marine Le Pen promet désormais aux Français une renaissance avec un R majuscule, un mot qui parlera à Emmanuel Macron, une renaissance équivalente à la renaissance qui a précédé les Lumières et la révolution industrielle. Écoutons-la encore.
c'est d'abord une méthode ce n'est pas une rupture brutale et encore moins une révolution destructrice et l'élévation progressive de tout un pays vers le beau le vrai le juste vers la sécurité la prospérité la créativité nous ne sommes pas dans le c'était mieux avant nous disons c'était bien avant ce sera mieux demain
Ça sera mieux demain. Pour la candidate du RN, cela passe notamment par la promotion du beau. Une question profondément politique selon elle, car le beau, dit-elle, conduit au bien-être et au bien. Écoutons-la à nouveau.
bonjour, respecter une file d'attente, préserver le silence, prendre soin de l'espace commun, céder une place, protéger le plus fragile, ces gestes en apparence minuscules. porte en eux toute une conception de la société.
fait, elle promet aussi le retour à la civilité qui est la clé du vivre ensemble. Autrement dit, Marine Le Pen se voit désormais en mère de la nation. Elle se voit même en oiseau veillant sur ses enfants. Écoutez.
droite incrimine celui qui souffre, la gauche incrimine celui qui réussit. Moi, je refuse de les opposer. Je ne les oppose pas parce que pour reprendre ce beau proverbe indien, je ne suis ni l'aile droite ni l'aile gauche, je suis l'oiseau.
Les Beatles ne renieraient pas cette belle envolée, non ? Alors la candidate du RN, même si elle s'en défend, rêve donc d'une France à l'ancienne, largement fantasmée. Elle pourrait tout à fait reprendre l'affiche de François Mitterrand de 1981, où le candidat socialiste posait devant un petit village français avec ce slogan « La force tranquille ». Sarah Knafo et Natacha Polony sont exactement sur le même créneau, comme on peut le voir à l'écran. Une France rassurante, celle des campagnes et des artisans, pas celle de l'intelligence artificielle, du numérique, de la robotique, d'une France confrontée à des puissances agressives. Pourquoi un tel discours d'apaisement, voire lénifiant, peu dans les habitudes de Marine Le Pen ? Tout simplement parce qu'elle se voit déjà à l'Elysée en mai prochain, comme le prédisent tous les sondages. Elle est sûre de sa base, mais elle sait que pour obtenir une majorité de gouvernement, elle doit pêcher des voix au centre. et à droite, et donc rentrer les griffes. Mais il ne faut pas se tromper. Sur le fond, Marine Le Pen n'a pas varié d'un lieux tas. Politique sécuritaire, lutte contre l'immigration, lutte contre l'islam politique, sortie de facto de l'Union européenne, fin des alliances militaires au nom d'un gaullisme mal compris, refus de soutenir l'Ukraine, etc. Au-dessus des partis, certes, mais avec son parti dominant l'ensemble des secteurs de la société. Son oiseau, c'est un aigle. pas un petit moineau.
Alors c'est intéressant parce qu'elle est très lyrique, vous le pointez avec une certaine gourmandise, je ne vais pas le cacher à nos téléspectateurs. Mais vous dites, voilà, elle est apaisée Marine Le Pen parce qu'elle s'y voit déjà. N'est-ce pas peut-être pour aller justement attraper les 15% qui lui manquent aussi ? Et est-on sûr qu'en leur chantant une sérénade et celle de l'apaisement, elle les touchera ces 15% ?
Mais ce n'est pas pour la présidentielle, encore une fois. C'est vraiment pour les législatives qui suivront. Parce qu'elle sait très bien que si elle veut avoir Madame Bardella comme Premier ministre, qu'elle a annoncé déjà que ce serait son Premier ministre, il faut qu'elle ait une majorité absolue à l'Assemblée. Et c'est là où elle va pêcher des voix. Parce que de toute façon, dans tous les cas de figure, aujourd'hui, elle est
élue. François, deux salles, deux ambiances, parce qu'on a aussi entendu le discours de Jordan Bardella, qui a été réélu triomphalement, si je puis dire, 98,98% à la tête de son parti. Lui, il a été nettement plus ferme et beaucoup moins lyrique que Marine Le Pen.
Oui, mais c'est son rôle, je pense que Jean a raison de pointer ce changement de positionnement. parce qu'en fait, elle est en situation de pouvoir l'emporter, du coup, elle n'est déjà presque plus un parti de contestation. Et c'est ça qui est saisissant dans ses drapeaux, son air, c'est une espèce de, je ne dis pas de décontraction, le mot est un peu léger, mais enfin de tranquillité, qui probablement vise à rassurer ceux qui ont besoin de l'être. J'observe d'ailleurs que, pour faire le lien avec le débat précédent, Et c'est aussi cette année que le programme, pour la première fois depuis qu'elle est candidate, c'est-à-dire depuis 2012, mentionne la nécessité de réduire le déficit dans des proportions significatives. Ça n'est pas, je veux dire, un label de solidité pour ses propositions, mais son positionnement est très différent. Monsieur Allemagne,
je parle sous votre contrôle, mais il y en a une en Italie qui fête ses quatre ans, là, ces jours-ci, à la tête de son pays, c'est Giorgia Meloni, et il ne semble pas l'avoir entendu apaiser son propos en arrivant au marché du pouvoir. Peut-être un peu après, avec Moussel, mais certainement pas sur le plan national. Non,
parce que dès le début, c'est qu'on oublie que... De toute façon, Fratelli d'Italia, son parti a toujours été atlantiste. Donc le soutien à l'Ukraine était évident dès le début. Et dès qu'elle est arrivée au pouvoir, quand Silvio Berlusconi, qui était encore vivant, et Salvini de la Ligue sont venus rouler des métalliques dans son bureau en vouloir imposer les uns les autres, elle les a mis à la porte et elle a appelé Mario Draghi. On oublie toujours qu'elle a continué avec Mario Draghi et qu'elle continue à tenir ses grands discours. D'ailleurs, c'est une très bonne oratrice, mais surtout, quand à un moment, il y a eu un problème économique, c'est que Salvini tapait à la porte en disant, machin, les taux d'intérêt, j'ai un vague souvenir de ça, elle l'a laissé faire, ça a été un désastre, et puis elle a repris la main, et on ne l'entend plus. Et le fait qu'elle soit tout de suite rapprochée de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, sur la crise des migrants, etc., elle a été très maligne. Mais par contre, ce que fait Marine Le Pen, c'est aussi ce qu'a fait ce candidat en Thuringe, le candidat de la... AFD, qui est là clairement un parti néo-nazié qui essaye même pas de se dédiaboliser, c'est qu'il a fait une campagne extrêmement positive en faisant chanter le public, en étant dans les lendemains qui chantent, soyons tous ensemble, on est en train de créer une nouveauté. Et même, il y a des intonations chez Alice Weidel où on sent que le petit ressassement, etc., l'approche de grandes élections, ça ne marche pas, et qu'on n'a jamais rien trouvé mieux que de dessiner un avenir pour réussir à convaincre des gens, mais j'ai l'impression qu'effectivement, toutes les extrêmes droites sont en train, on n'est plus dans la dédiabolisation, on est dans un projet d'avenir qui ne se limite pas à c'était mieux avant, et effectivement, c'est ce qu'elle a repris tout du long dans son discours, et ça brouille encore plus les cartes, et rend encore plus dangereux l'analyse, ou en tout cas, à un moment, la fatigue démocratique est dedans, je pense qu'il y a beaucoup de citoyens qui vont se dire, bon, c'est plié, si elle le dit.
des extrêmes droite en train de muter à l'échelle européenne, c'est ce que vous nous dites. Merci également pour ce regard international que vous posez. On va se parler avec vous, François, d'économie. Bon, le budget, il est examiné en ce moment. Vous nous parlez ce soir de la manière dont il pourrait être adopté, par ordonnance, c'est ce qu'on entend, c'est la petite musique, d'habitude, ça fait bondir. Mais là, ce que vous nous dites, c'est qu'en réalité, ça semble en secret... en coulisses, derrière les portes, faire l'unanimité.
tout cas, progresser, je suis frappé par ça. Ça serait une procédure inédite sous la cinquième, et pourtant tout le monde commence à y songer, vous l'avez dit, adopter ce budget par ordonnance, c'est-à-dire sans vote du Parlement. Ça voudrait dire d'ailleurs que tout le travail parlementaire fait en ce moment dans la confusion serait complètement vain, il n'aurait servi à rien sur les milliers d'amendements, parce qu'on reviendrait au texte initial présenté par le gouvernement, c'était en septembre, et du coup ça serait adopté par voie réglementaire, c'est-à-dire sans que le député se prononce. C'est la différence avec le fameux 49-3, où le gouvernement engage sa responsabilité et donc se lit. qui cite directement l'approbation des représentants de la nation. Dans un vote qui, au vu de la situation politique actuelle, aurait peu de chances d'être conclusif en faveur du gouvernement. La Constitution, son article 47, établit que cette adoption par ordonnance ne peut se faire que 70 jours après la première présentation du projet initial. Ça nous met au 17 ou au 18 décembre, suivant la date que vous retenez comme point de départ. Une ordonnance, c'est un texte signé par l'exécutif et lui seul. Ce qui aurait l'avantage pour le président de laisser la France avec un budget. Budget certainement critiqué, budget certainement amélioré, mais pour autant il y aurait au moins un cadre budgétaire pour sa dernière année. En principe, une fois voté, le budget traditionnel est soumis au Conseil constitutionnel, vous savez, pour conformité. Cette procédure... en principe permettrait de l'éviter. Il serait soumis seulement au Conseil d'État puisque justement il est considéré comme un texte réglementaire. Alors bien sûr... C'est un déni de démocratie, formellement, justement. On chante les représentants de la nation. Le Parlement, dont la fonction première est de voter le budget, serait court-circuité. Mais il faut bien dire que le Parlement a montré quand même ses limites dans cet exercice. Je vous propose de voir un court extrait tout récent lors du débat sur l'adoption du budget de la sécurité sociale, ponctué par un éclat de rire.
scrutin est clos. Votant 138, exprimé 116, majorité 59 pour 1 contre 115, l'Assemblée n'a pas adopté. S'il vous plaît.
Voilà, tout est résumé par ce court extrait. Mais surtout, le contexte politique peut inciter l'opposition à accepter les ordonnances sans broncher au-delà de ce qu'on attend d'eux. C'est-à-dire avec des cris, je dirais, un peu stéréotypés. Au fond, à six mois d'une élection, et alors que la crise financière menace, personne n'a intérêt à ferrailler sur cette question. On sait bien que le budget, il sera modifié de façon substantielle par le vainqueur dès l'été prochain. Pourquoi pas s'en laver les mains et faire assumer par le gouvernement ce texte plutôt que de se plonger dans des négociations qui de toute façon ne seraient pas satisfaisantes. Plus cynique encore, celui ou celle qui aurait espoir d'accéder à l'Elysée pourrait même se dire après tout c'est pas si mal qu'on fasse un peu de boulot d'assainissement budgétaire avant que je n'arrive. ça me donnera un peu de marge supplémentaire. Rappelons que le fameux budget initial, il prévoit la réduction de 0,8% du PIB sur le déficit. La moitié de cet effort est néanmoins dévorée par la progression de la charge de la dette et par la détérioration de la conjoncture. Au total, si ce texte était adopté, le déficit reculerait donc seulement de 0,4 points de PIB, passant de 5,4. À 5%. Mais
alors, à quoi servirait, François, pour prolonger votre chronique, tout ce théâtre au fond ? Actuel ? Oui. Si tout le monde s'entend en coulisses. Marquer son
territoire politique. Oui, ça aura permis, effectivement, à certains de s'exprimer. Mais c'est une perte de temps considérable. Il faut dire qu'en réalité, la vie parlementaire depuis la dissolution est largement une perte de temps.
Amnouz Chalmani, c'est à vous. Vous allez nous parler et vous nous emmenez en Serbie. En Serbie où les étudiants ont en quelque sorte... renverser monsieur Boutic. Et vous nous dites qu'à la fin, c'est la démocratie. l'a emporté
? Oui, ça fait toujours plaisir, c'était improbable. Ça faisait 14 ans qu'Alexander Vucic tenait la Serbie, soit comme président, soit comme Premier ministre. Il était même allé jusqu'à démissionner de son poste de président pour mener la liste de son parti et espérer redevenir Premier ministre. Eh bien, rien du tout. Il a été battu, les chiffres sont sans appel. La liste soutenue par les étudiants, 52,9% des voix, c'est 140 sièges sur 250 au Parlement pour une majorité absolue fixée à... 126, c'est le parti progressiste serbe, qui malgré son nom et le SNC de Vucic, qui est un grand populiste, 38,8% et 103 sièges, 104, on n'a pas encore, il y avait 96% des butins qui étaient dépouillés. Et Vucic a, Dieu merci, reconnu sa défaite, mais avec l'amertume de celui qui ne l'a pas vu venir. Alors il accuse le mouvement étudiant d'avoir bénéficié de soutien de pays européens et accruchez-vous de l'état profond américain. C'est toujours pareil, c'est le dernier refus des autocrates. peuple vous congédie, forcément c'est quelqu'un d'autre qui a tiré les ficelles. Alors pour fêter leur victoire, parce que vraiment sur la séquence c'est extrêmement symbolique, parce qu'il n'y a pas eu de violence, et c'est d'autant plus vaut, les démocrates ont repris le parc des pionniers qui est entre le Parlement et la présidence, et ils l'ont repris sans heurts, sans violence, et pourquoi ils sont allés là ? Parce qu'un camp Proustich avec tentes, discours et tout, s'était installé depuis 18 mois. Comme pour dire aux citoyens serbes, c'est chez nous, c'est pas chez toi, c'est Vucic, c'est nous les populistes. Et bien dimanche soir, l'espace public est revenu à son seul propriétaire légitime, le citoyen. Et c'était quand même une très très belle image. Et pour parvenir à ce résultat spectaculaire, il faut revenir à novembre 2024. Qu'est-ce qu'il se passe en novembre 2024 ? On est dans la gare de Novi Sad, et le vent de la gare qui vient juste d'être rénovée s'effondre et fait 16 morts. C'est la conséquence directe évidemment de la corruption, du fait que les marchés publics et les travaux publics Ils sont dans une opacité extraordinaire et sont toujours données aux copains de Vucic, etc. Donc on prend l'argent et on ne fait pas le boulot. Et la justice paraît silencieuse, parce que la justice est aux ordres. C'est pratique quand même, une justice indépendante. Alors la mobilisation citoyenne commence évidemment à demander une enquête indépendante. Et puis la fin de la corruption, j'allais dire comme à chaque fois, c'est déjà connu en fin des élections. anticipées, qui ont donc eu lieu dimanche. Et voilà, les étudiants qui se mettent dans l'affaire dès l'hiver 2024, ils bloquent, ils marchent, ils manifestent, comme d'habitude, on connaît la chanson, mais quelque chose commence à frétiller, on est en mars 2025, et Belgrade connaît la plus grande manifestation anti-gouvernementale de son histoire. Donc là, sur ce, il se passe quand même quelque chose, parce qu'on remarque que les agriculteurs, des employés, des médecins, des professions libérales, des artisans, les rejoignent, du plus modeste au plus bourgeois, d'ailleurs quand on voit le chiffre. on se dit ça marchait et là vous allez me dire oui enfin c'est déjà arrivé mais quoi tient quand même le fait que ça s'est fonctionné que ça me mette moi dans une telle joie et ben c'est que le mouvement étudiant surtout passé son temps à refuser les pièges en l'occurrence il a refusé l'indignation facile c'est très facile le soir vous indignez le matin vous êtes déjà passé à autre chose il a refusé les idoles idéologie qui divise il n'y a pas eu de débat interminable sur pro ou anti poutine Il va avoir lieu, à mon avis, plutôt anti-Poutine, mais ce n'était pas le moment. Et il n'y a pas eu la fameuse guerre des tranchées entre la gauche, la droite, les libéraux, les moins libéraux, etc. Ce n'était pas le moment. Non, il a fait quelque chose d'assez inédit. C'est que le mouvement étudiant élargi a fait mieux, il a appris la démocratie ensemble. Ils ont appris par exemple très vite à surveiller les bureaux de vote pour empêcher la fraude, ce qui n'est quand même pas rien dans un pays tenu de 14 ans par Vovic. Et en assemblée quotidienne, ils ont débattu des institutions. C'est-à-dire clairement comment on fait, concrètement pour lutter contre la corruption, comment on rend la liberté effective dans la vie de chacun. Et leur revendication, c'est une ligne de constitution libérale. comme je l'aime, des dirigeants responsables, des institutions dépolitisées, des médias libres et une justice indépendante. Vous allez me dire, c'est le B à bas, pas tant que ça. Et puis, il y a ce geste que je trouve magnifique, parce qu'on se dit mouvement étudiant, etc. Et bien, sur les 250 candidats qui a présenté la liste étudiante énergive, il n'y a pas un seul étudiant. C'est pas rien. C'est la tête de liste, c'est Ilya Sordanovic, professeur de cardiologie à Novissad. Derrière lui, des universitaires, des artistes, des sportifs, chacun maître dans son domaine. Et pourquoi c'est important, c'est inédit, c'est que les populistes prospèrent partout sur la haine des élites. et le culte de l'incompétence et ses gamins, ils disent l'inverse. Ils disent quoi ? Ils disent « Nous voulons les meilleurs, pas les plus bruyants. Nous ne voulons pas le pouvoir. Nous voulons qu'il soit bien exercé pour pouvoir, nous, arriver à maturité et peut-être prendre le pouvoir. » Et là, je me suis rappelé de Vaclav Havel, qui est un de mes héros dramaturges et opposants communistes non violents. Il fut le premier président de la Tchèquie libre, de la Tchèquie indépendante. Il parlait du pouvoir des sans-pouvoirs. Et c'est quoi le pouvoir des sans-pouvoirs ? C'est de vivre dans la vérité facilement. au mensonge institutionnalisé et est-ce qu'il y a pire mensonge institutionnalisé que ce qu'a été l'Union soviétique ? Eh bien, les étudiants serbes, ils en ont fait juste un programme. Morale et crédibilité se sont donnés la main et jamais la participation n'a été aussi forte. 69,3% de participation, un record depuis 30 ans. Alors rien n'est gagné, tout est à construire, bien sûr, à mettre en pratique. Si Ilia Sordanovic a promis, je cite, que plus jamais nous n'aurons de tyrans dans ce pays, Radomir Saïcic, chimiste et universitaire, lui, qui représente Le mouvement a rappelé, je cite, dès lundi commence un travail sérieux, responsable et acharné pour construire une Serbie où la loi s'applique de la même façon à chacun. La Serbie vient de rappeler à l'Europe, qui quand même, soyez objectifs, vit une grande paresse, une grande fatigue démocratique, que la démocratie n'est pas un héritage, mais que c'est un apprentissage quotidien. Et bien moi, cette affaire me fait très plaisir. Et ça s'est senti très très belle histoire. Lente
marche, progressive, mûre vers la démocratie. On n'a pas cherché à renverser. en réalité un potentat. On s'est emparés du pouvoir par les urnes. C'est une magnifique histoire. Très intelligemment.
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