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Adèle Jeanne, vous êtes donc sénateur socialiste de la Seine-Saint-Denis. Attentat raciste de Trappes. Mobilisation une nouvelle fois ce week-end à six mois de la présidentielle. Comment peut se positionner le parti socialiste ? Est-il condamné à courir après la France insoumise ? On va en parler durant cette demi-heure. D'abord, comment vous vous sentez, vous, ce matin, en tant que socialiste, après le week-end qu'on vient de vivre
On va dire qu'il y a, depuis plusieurs semaines, on a un pays qui est particulièrement secoué. Nous avons des Françaises et des Français... cette expression est un peu galvaudée, mais qui sont perturbés, qui ont perdu la boussole, qui s'interrogent sur l'avenir de notre pays, vous me demandez mon sentiment, comment je me sens, combatif. Parce qu'effectivement, ce qui est en train de se passer appelle, de la part de tous les responsables politiques, une mobilisation, une détermination forte. On parlait des difficultés sociales, la mobilisation des lycéens qui se tient depuis un mois, à laquelle le gouvernement n'a pas encore répondu, et puis le drame qui s'est tenu à Trappes il y a quelques jours. avec un habitant, effectivement, vous l'avez évoqué, qui est un habitant qui habite Aubervilliers, donc une ville de mon département. On a vu à l'instant le maire d'Aubervilliers, Sofane Keroumi, que je salue, et je salue aussi sa capacité, la capacité des habitants à réagir, j'ai envie de dire posément et sereinement à cet horrible attentat, un attentat terroriste, des images qui circulent, qui sont horribles, qui montrent bien la détermination de cette personne, à viser des personnes en raison de leur couleur. Effectivement, a priori, c'est attaquer à des personnes noires, des personnes arabes, sans se poser véritablement de questions. On comprend qu'aujourd'hui, il est en garde à vue, mais qu'il est en isolement en cellule psychiatrique pour étudier sa stabilité psychologique. Évidemment, tout cela appelle une réponse forte des républicains que nous sommes dans notre pays en tant que socialistes. On va s'y attener.
Et cet attentat raciste de Trappes fait la une de plusieurs de nos journaux régionaux ce matin. On va le voir, l'onde de choc de l'attentat raciste de Trappes. C'est à la une notamment de l'Est républicain, du républicain Lorrain. Et les dernières nouvelles d'Alsace, cette marche hier à Aubervilliers. Vous en parliez contre le racisme qui tue. C'est ce que titrent les dernières nouvelles d'Alsace. Plusieurs centaines de personnes qui ont rendu hommage à la victime. moi je suis combatif, je salue la manière, le calme dans lequel s'est déroulée cette marche hier. Est-ce que selon vous cet attentat de Trappes, c'est un acte isolé ou ça dit quelque chose de notre société ?
Très clairement, ça dit quelque chose de notre société. C'est un acte isolé dans le sens où cette personne, l'enquête le montrera, était radical, avait Mein Kampf dans son appartement, avait... En plus, il faut regarder, il avait mis des bonbonnes de gaz, donc il était quand même dans une logique d'aller jusqu'au bout des bonbonnes de gaz dans son appartement. Mais on voit bien, et ça c'est mon sentiment, que la parole raciste se déploie aujourd'hui en forte. Elle est subtilement utilisée de manière un peu singulière par le Front National. qui parle toujours, on l'a entendu à l'instant par Marine Le Pen, qui parle de « il n'y a qu'une seule communauté, une communauté française », mais derrière, sur les plateaux, dans les médias, il y a des phrases, il y a des mots qui font mal, il y a des mots qui donnent pour cible ensuite des populations, et le Front National, le Rassemblement National, sait parfaitement l'utiliser. On a parlé de Jordan Barleza, qui avait spécifiquement ciblé trappe. en disant que c'était une ville qui était la capitale du djihadisme international ou je ne sais quoi. C'était une république
islamiste en miniature.
Il a
dit ça il y a quelques années. Il
l'a dit il y a quelques années, mais petit à petit, quand ça s'accumule, lorsque l'on voit des prises de parole sur les plateaux télé, comme par exemple sur CNews, qui laissent libre cours. On est vraiment dans le café, le comptoir le plus total. On est sur des opinions, on n'a aucun fait scientifique. Et on distille une parole. qui peut être petit et raciste. On parle tout le temps de l'immigration comme quelque chose de compliqué lorsqu'on est à l'extrême droite pour notre pays. Ce pays tourne grâce aux forces de travail qui viennent de l'étranger. Ce sont des personnes qui viennent travailler en France, qui s'intriguent, qui font l'effort de l'apprentissage du français. Mais lorsqu'on parle des étrangers, il y a des partis, comme le parti du Rassemblement national, qui font dans cette campagne présidentielle, parce que c'est une étape, c'est un outil dans sa conquête. On parlait de... de Bolsonaro, on parlait de ce qui s'est passé aux Etats-Unis avec Trump, pas les Arabes et les Noirs qui ont été ciblés aux Etats-Unis, c'était en majorité les populations en provenance d'Amérique centrale et d'Amérique du Sud. Lorsqu'un pouvoir, j'ai envie de dire illibéral, a envie de faire la conquête du pouvoir, il trouve une cible, l'histoire l'a toujours montré, et c'est souvent l'étranger qui en fait les frais.
va écouter la manière dont a réagi le chef de l'État, Emmanuel Macron, après cet attentat.
Monsieur, aujourd'hui... attrape aux côtés de nos élus et des populations parce que ce qui s'est passé aujourd'hui est un tournant dans la vie de notre République et de notre nation. Ce qui s'est passé aujourd'hui, c'est un attentat terroriste raciste. Ainsi qualifié par le parquet national antiterroriste, ces personnes, elles ont été visées à raison de leur couleur ou de la religion supposée. Et pour rien d'autre.
Dans sa première réaction, il a même dit que c'était la première fois, ce qui a quand même interpellé, que c'était la première fois que des gens étaient visés pour leur couleur de peau ou leur religion supposée. Est-ce que c'est un tournant dans la société, comme il le dit ? Vous diriez ça, vous aussi
C'est une montée en puissance. Il y a déjà eu des actes de cette teneur qui se sont tenus dans le passé. Il y a eu Abou Bakar Sissé. Il y a eu des faits divers qui ont été relatés dans la presse, comme dans le Val-de-Marne, cette personne qui avait... à agresser un homme en raison de sa physionomie arabe, en le créant mort au bouillon et qu'il l'avait égorgé. Donc en fait, c'est plein de petits événements qui font que, derrière, on est dans une montée en puissance. Là, ce qui fait, je trouve, la différence, c'est ce côté... potentiel de tuerie de masse. Ça ressemble un peu à ce qu'on peut voir aux États-Unis, parfois, avec des personnes lourdement armées qui rentrent dans des collèges ou qui tirent dans la foule, dans des endroits, etc., qui peuvent être justement des cibles potentielles pour ces gens. Est-ce que c'est un tournant ? En tout cas, il y a une prise de conscience. Et cette prise de conscience, elle est encore plus forte à l'approche de l'élection présidentielle, où on se retrouve dans un débat extrêmement polarisé, dans la perspective de ces élections, et qui font qu'à un moment... Il y a des réactions très fortes qui doivent se faire, à mon sens. On ne peut pas avoir l'indignation sélective. C'est-à-dire que d'un côté, on ne peut pas dire trouver des compensations ou des explications pour certains types de crimes qui vont être commis, alors que dans d'autres populations, on va expliciter. Comme ça a été fait, vous avez raison, le président de la République, à un moment, a parlé de tournant. Et le procès qui lui a été fait, c'est de dire, mais non, il s'est déjà passé plein de choses auparavant qu'ont ciblé des populations en France. Oui, c'est
la première fois que des personnes sont visées pour leur religion.
Et derrière, le débat a tourné sur les propos du président de la République. Moi, j'aimerais que le débat tourne sur qu'est-ce qui se dit aujourd'hui sur les plateaux, pourquoi une parole racisquée. totalement libérée dans notre pays et qui fait qu'à un moment, on cible des populations et des personnes. Mais est-ce que là
-dessus, le Parti Socialiste se fait suffisamment entendre ? Comment vous, vous pouvez vous faire entendre sur ce sujet ? Comment Raphaël Luxman, qui est votre candidat désormais, Olivier Faure, se font entendre ? Est-ce qu'ils se font suffisamment d'ailleurs ?
En tout cas, moi, je suis sur le plateau avec vous ce matin et j'espère me faire entendre justement en tant que membre du Parti Socialiste. Mais j'ai envie de dire que là, c'est même plus une question d'être seulement membre du Parti Socialiste. C'est une prise de conscience globale. que ce soit Raphaël Glucksmann, que ce soit aussi des maires socialistes et au-delà en Seine-Saint-Denis, comme moi je suis élu à Saint-Ouen, conseiller municipal. Le maire de Saint-Ouen, Karim Bouamran, organise un rassemblement cet après-midi justement en hommage au décès de cette personne, mais également pour... Crier non, dire non au racisme et aux actes racistes qui peuvent être perpétrés. Et ça, j'ai envie de dire, pas seulement une question de parti, c'est quelque chose qui doit être porté au niveau global et ne pas avoir d'indignation sélective.
Vous pointez la responsabilité du Rassemblement national, le RN qui a été réuni ce week-end à Orléans. Jordan Bardella réélu, président du parti. Marine Le Pen qui a lancé sa campagne présidentielle. On va aller à Orléans retrouver Alexis Marie, journaliste au service départemental de la République du Centre. Bonjour Alexis, merci beaucoup d'être avec nous à un congrès du RN qui ne s'est pas tenu sans contestation.
Effectivement, dès le samedi, puisque Orléans avait été mise sous cloche par les forces de l'ordre, c'était une volonté affichée du préfet et du maire d'Orléans, Serge Gouard, qui est d'hiver droite. Donc la ville, effectivement, avait été vraiment protégée, la Loire même avait été coupée, les ponts, l'accès était interdit. Et donc d'un côté, il y avait le Rassemblement National qui faisait sa rentrée, son congrès, et puis l'élection de Jordan Bardella à sa tête. Par ailleurs, dans le centre-ville, il y avait 13 000 personnes selon les organisateurs, 26 000 selon la préfecture, mais en tout cas, il y avait du monde pour dire non au RN. Et donc, du coup, ces gens, principalement des forces de gauche, ont redit haut et fort qu'il fallait faire quelque chose et que le RN était un danger pour la démocratie et la société française. Et donc, du coup, moi, ma question à Adelziane, c'était, je voulais lui demander, est-ce qu'il pense que pour faire front ? Par rapport au RN, il faut l'union de la gauche dès le premier tour de l'élection présidentielle.
Adelian. Là, on est dans une élection présidentielle qui doit permettre justement à l'ensemble des sensibilités, des valeurs, des principes portés par les différents partis de gauche de pouvoir s'exprimer. Aujourd'hui, on a des sondages qui montrent en fait qu'on a... trois blocs, et enfin, un grand bloc, on va dire le bloc de l'extrême droite, un bloc à gauche et un bloc au centre. Je pense que les choses vont bouger d'ici quelques mois, mais en tout cas, ma vision de la société, ma vision aussi de la manière dont on doit combattre le Front National, le Rassemblement National, elle s'exprime à travers les valeurs de mon parti, puis les valeurs de mon parcours et de la manière dont je souhaite les exprimer à travers mon parti politique, le parti socialiste. Et en l'espèce... Est-ce que l'union de la gauche doit permettre de battre le Front National ? Moi, ce que je vois, c'est que si on doit se baser sur les sondages de second tour, on voit bien qu'aujourd'hui, on est sur un scénario où c'est Marine Le Pen contre Jean-Luc Mélenchon. Et on voit bien que ce sondage-là donne 70% à Marine Le Pen et 30% à Jean-Luc Mélenchon. Et c'est marrant, parce que c'est 30%, c'est à peu près l'addition des voix de gauche au premier tour. Oui, j'en ai une autre. Voilà, qui donne justement ce calcul-là. Donc ça montre que justement, si on doit battre le Rassemblement national, c'est bien sûr en rassemblant la gauche, mais en allant au-delà du rassemblement de la gauche au second tour, autour des valeurs et des principes de notre République. Et ça, je pense que dans les prochains mois, à rappeler ce que… qui suppose l'arrivée du Rassemblement national au pouvoir, rappeler les conséquences pratico-pratiques, ça va être une de nos actions dans les prochains mois et dans les prochaines semaines.
Mais est-ce que Raphaël Luxman peut encore être devant Jean-Luc Mélenchon ? Jean-Luc Mélenchon a un socle très solide au premier tour. Est-ce que vous pensez que l'objectif du PS qui est de devancer Jean-Luc Mélenchon peut être atteint
Là, quand je regarde, pas plus tard que ce matin, des sondages qui sortaient, on voit que Jean-Luc Mélenchon... Il est arrivé une forme de plafond, presque entre 15 et 18%. Raphaël Glucksmann, qui a été désigné par le Parti socialiste, lui a démarré à 11% et au sortir de la primaire, il est en train de monter entre 13 et 15%. On va rentrer dans le vif du sujet de la campagne. Moi, ce que je constate, c'est que personne n'a encore posé sur la table de vraies propositions dans le cadre de son programme présidentiel, savoir quels souhaits nous voulons donner à la société française dans les 5, 10, 20, 30 prochaines années. On parle beaucoup de dettes, de déficits, de difficultés à financer aujourd'hui les services publics. Où qu'on soit dans la rue, il y a des manifestations. Si on vous dit, ça ne sert à rien de manifester, il n'y a plus de sous. Donc on se retrouve dans des situations où les habitants, les Françaises et les Français sont complètement, j'ai envie de dire, pas dépassés, mais dans une forme de pessimisme ambiant. Par rapport à votre question, précisément, à l'une de ces éléments, oui, il y a une possibilité, parce qu'on va rentrer dans le vif du sujet dans les prochaines semaines. que Jean-Luc Mélenchon ne soit pas forcément au second tour et qu'on propose une alternative forte. Ce que la droite est en train aussi de préparer, les échanges qu'on entend autour du bloc central, lorsqu'on va de Gabriel Attal, Edouard Fiedt-Bermanin jusqu'à Bruno Retailleau, ce bloc central, peut-être qu'il va se constituer et redonner une forme de droite traditionnelle, de gouvernement, il faut l'espérer, parce que c'est ça dont nous avons besoin, sortir de la radicalité et avoir des propositions fortes en termes de politique de gouvernement, de droite ou de gauche, qui sera à mesure... de rassurer les Français.
Alexis, vous avez une deuxième question.
je voulais demander à Delziane par rapport à l'arrivée d'un groupe RN au Sénat. Est-ce que vous, comment vous l'appréciez, comment ça va se passer pour vous dans l'hémicycle ? Est-ce que là, pour le coup, c'est à votre sens une nouvelle menace ou une nouvelle preuve que le RN fait son bonhomme de chemin justement par rapport à la présidentielle ?
C'est le reflet, en fait, pour les élections sénatoriales, d'une réalité en France. Ça vient effectivement mettre en chiffre les élections municipales, mettre en chiffre le résultat des élections municipales qui sont passées en 2026. Moi, ce que je vois, c'est qu'on m'avait interviewé le soir de cette élection et j'avais dit que nous allions combattre le RN sur les principes, sur les projets. C'est le genre de vidéo où je fais 25 000 vues parce que derrière, je me retrouve. à être complètement bâché par des bots d'extrême droite qui m'insultent, des insultes racistes, etc. C'est pas grave, ça fait partie du combat qu'on doit mener. Comment je le vis, à titre personnel, pour commencer comme ça ? Et ensuite, on va les mener, ces combats, dans l'enceinte de l'hémicycle. Exemple très concret, la semaine dernière, nous avions le projet de loi sur l'encadrement des loyers qui devait être prolongé. À ma connaissance, nous avons débattu, le RN a voté contre l'encadrement des loyers. Ce sont les seuls à avoir voté contre. L'ensemble de l'hémicycle a voté pour cet encadrement des loyers et sa poursuite. On voit bien qu'il y a, quand on parle de combat, mettre en évidence le différentiel entre un rassemblement national qui dit vouloir soutenir les classes populaires et ensuite au moment des votes. On voit bien que ce n'est pas du tout ça qui se passe et c'est plutôt vers les classes les plus privilégiées que les votes du Front National se tournent.
Merci Alexis-Marie, merci beaucoup d'avoir été avec nous. Journaliste à la République du Centre, on voit votre une en ordre de marche sur le congrès du RN qui s'est donc tenu à Orléans. Un petit mot, puisqu'il y a eu des mobilisations, Adelziane, Alexis le rappelait, contre ce congrès du RN. Raphaël Luxman n'était pas sur place. Pourquoi ?
– Il faudra lui demander. – Mais c'est un problème ? – Mais en fait, moi ce que je vois, c'est
que… –
Moi ce que je comprends aussi, c'est que pour Affleck-Luxmann, il y a des questions aujourd'hui qui se posent en termes de sécurité, parce qu'à chaque fois qu'il sort, il est enfariné, ou on lui jette des projectiles, c'est grave. On en parle régulièrement ici, puisque dans les prochains jours, il va y avoir aussi des questions qui vont se poser sur… La liberté de manifester, la capacité des uns et des autres à pouvoir se déplacer en sécurité lorsqu'ils sont sur le terrain pour exprimer leur voix. Pour Raphaël Guzman, c'est une question qui est en train de se poser, ça a été évoqué dans les médias. En tout cas, moi, je me félicite de cette mobilisation à Orléans qui s'est passée de manière très pacifique pour exprimer le rejet des édits du Front National.
Et vous le dites, ce débat aura lieu au Sénat demain après-midi, puisque vous allez examiner dans le contexte qu'on connaît le texte « Casseurs payeurs ». Examinez donc en séance un texte qui vise à étendre, Quentin, la responsabilité civile des casseurs.
On parle de ce texte depuis plusieurs semaines. Au pic des manifestations lycéennes, le gouvernement avait annoncé avancer le calendrier de l'examen de ce projet de loi Casseur-Payeur. Un texte initialement évoqué après les violences en marge de la finale de la Ligue des Champions. C'était fin mai. Avec les violences des dernières semaines, il devenait urgent pour l'exécutif de voir ce texte aboutir. Sébastien Lecornu qui a même parlé mardi dernier de textes absolument indispensables. Ce sont ses mots depuis le 20 mai. vote de la loi anti-casseurs de 2019, il est déjà possible de demander à l'auteur de violences et de dégradations de rembourser les dégâts. Mais pour obtenir réparation, encore faut-il établir la responsabilité de celui qui a causé les dommages. Le nouveau projet de loi met donc en place une nouvelle responsabilité solidaire, une responsabilité collective pour les dommages causés lors de violences urbaines. L'idée est de réclamer jusqu'à 10 000 euros à une personne ayant sciemment participé à un groupe au sein duquel des violences... des vols ou des dégradations ont été commis. Autre mesure du projet de loi, les APL, les aides personnelles au logement et les allocations familiales pourront désormais être mobilisées. L'État pourra prélever dessus en cas de non-paiement des dommages et intérêts auxquels une personne est définitivement condamnée.
Et avant d'arriver en séance, le texte a été examiné mercredi en commission des lois. Quentin, la droite et le centre l'ont encore durci.
Oui, on va prendre un exemple. On parlait des prestations sociales qui pourraient être saisies. La majorité de la droite et du centre y a ajouté le RSA, tout en permettant le maintien d'un reste à vivre pour les plus précaires. Exactement. Un autre ajout, c'est cet amendement pour infliger une peine complémentaire d'interdiction du territoire français à l'encontre des étrangers condamnés pour certaines infractions graves susceptibles d'être commises lors de violences urbaines. Et enfin, un autre amendement qui a été adopté, qui entend faciliter le recours aux drones dans le cadre des manifestations. L'amendement qui propose ainsi de simplifier la procédure d'autorisation pour pouvoir mieux identifier les casseurs avec ces drones. Alors ça, c'est
ce qui s'est passé en commission. Et le gouvernement pourrait lui aussi ajouter des mesures mardi en séance.
Oui, notamment des mesures sur le fait de dissimuler son visage. C'est ce qu'a dit Laurent Nouniès devant les sénateurs, le ministre qui veut ainsi également proposer de nouvelles mesures en matière d'interdiction de manifester. Alors on voit que l'actualité a poussé la majorité de droite et du centre, on l'évoquait en commission, à durcir le projet de loi. Est-ce que c'est légitime selon vous Edelziane ? Face aux casseurs, ne faut-il pas muscler l'arsenal législatif ?
pense que la proximité de l'élection présidentielle fait que l'ensemble des partis qui se revendiquent de l'ordre ont besoin de montrer qu'ils musclent le jeu et qu'ils font des propositions qui s'adressent aux Françaises et aux Français pour montrer qu'ils prennent les choses en main. Deux choses. La première, c'est qu'il faut parfaitement comprendre. lorsque les manifestations ont eu lieu le 17 octobre dernier, de l'émotion et du ras-le-bol des Français et des commerçants, en particulier, on l'a vu à Paris et un peu partout en France, lorsqu'il s'est agi de détruire des restaurants, des commerces, etc. Tous les pillages. Donc il y a eu les manifestants qui ont manifesté de manière pacifique, encore ce week-end, de manière très pacifique. Il faut le redire, parce qu'il y a eu 800 000 manifestants en France. Et quand les manifestations sont bien encadrées... Quand il n'y a pas de sous-estimation, des difficultés de menaces comme ça s'est passé le 17 octobre, et les commissions d'enquête au Sénat et à l'Assemblée nationale montreront justement les défaillances de sens, les choses se passent bien et on peut manifester. Et sur la loi Casseur ? Ça fait partie un peu des subtilités lorsqu'on est dans le monde du Parlement. La loi, même en commission, la sénatrice Jourdain a dit qu'il ne fallait pas l'appeler comme ça, que c'est justement un motif de réparation. Cette loi Casseur-Pilleur, elle ne va rien apporter de nouveau sur le recouvrement. Même sur la
responsabilité civile solidaire, ce qu'on disait, le texte qui permet de s'en prendre, y compris à des gens qui n'ont pas directement cassé mais qui étaient dans le groupe.
Alors je pense que même, ça ne sera même pas validé par le Conseil. parce que... C'est pas solide juridiquement, selon vous ? De mon point de vue, ça me fait un peu penser à la loi immigration, lorsque moi je suis arrivé en 2023, il y a à peu près une vingtaine d'articles qui avaient été censurés, mais on était allés au bout dans les débats, on le dit, des cavées législatives, des articles qui n'étaient pas constitutionnels. Par contre, ce qui est très évident dans ce texte, c'est que ça existe déjà. le recouvrement de l'État est en capacité d'avoir réparation, ensuite d'aller chercher les responsables. On disait avec
la loi Casseurs de 2019. Tout à fait. Par
contre, ce qui est grave dans cette... Difficile
à faire. Ce
qui est difficile à faire, je l'entends parfaitement. Par contre, lorsqu'on dit qu'on va aller chercher collectivement des personnes qui sont à proximité de Casseurs, de Pilleurs, et qu'on va dire... telle et telle personne était à proximité immédiate, donc elle est responsable. Mais ça, c'est l'arbitraire policier qui va s'engager. Et ça, je pense que du point de vue constitutionnel, ça sera très compliqué à faire. Par contre, politiquement, il y aura les débats et des messages politiques, des centristes et de la droite. C'est de l'affichage, en fait, ce texte, selon vous. Pour moi, il y a une forme d'affichage. Parce que le problème aujourd'hui, c'est pas... Le droit permet déjà... ces aspects-là. C'est le recouvrement des sommes qui est complexe. Lorsqu'on va aller chercher, alors on parle de RSA, etc., c'est pas ça, malheureusement, qui permettra de reconstruire la mairie de Limoges. Et on voit bien que souvent, les personnes sont insolvables. Il y a un danger encore demain, ça peut toucher aussi des manifestations d'agriculteurs, de pompiers, peut-être de docker qui viendraient manifester et qui seraient justement ciblés par un arbitraire policier. Mais donc le
groupe PS vaudra contre ce texte ?
Là, il y a des discussions actuellement, je vous donne une petite tendance, il y a des débats entre nous, mais nous, nous sommes très attachés, et c'est là le danger pour moi dans ce texte, à la liberté de manifester. On voit bien que vous avez parlé d'interdiction de manifester, l'un de la manifestation... Oui, ça pourrait être dans les ajouts
du gouvernement en
séance. Et ça, justement... Il y a une vidéo qui ressort régulièrement ces derniers jours de François Mitterrand en 1994 qui parle de la liberté de manifester. La liberté de manifester, c'est ce qui fait le distinguo entre une démocratie... et une dictature. On le voit bien dans tous les pays du monde où des dictatures sévissent. La première chose qui est ciblée, c'est la possibilité pour les gens d'aller dans la rue et de s'exprimer pacifiquement. Nous, sur ce genre de texte... Mais là, par exemple, on est au-delà
de la liberté de manifester. Quand on a vu les casses, les pillages, les commerces vandalisés... C'est là
où, pour moi, il ne faut pas mélanger les pilleurs et les casseurs. Et je pense que ça a été dit énormément, surtout les plateaux, par les politiques. et les manifestants. La preuve, ce week-end, les choses se sont bien passées. Alors, la dernière minute, on est passé du centre de Paris à manifester sur les boulevards des Maréchaux. Les syndicats étaient présents, les mots d'ordre étaient pacifiques et structurés. Il faut bien distinguer entre les manifestants, qui étaient plus de 800 000 en France samedi dernier, de toutes les actions qui peuvent être menées par des casteurs et des pilleurs.
Merci Adelziane. Merci beaucoup d'avoir été avec nous.
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