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milliards d'euros demandés pour 10 mesures, c'est le mot d'ordre des lycéens. Et il y en a un avec nous sur France Info. Bonjour Bilal Nargissi. Bonjour. Merci de nous avoir rejoints. Vous êtes élève au lycée Paul-Éluard de Saint-Denis, membre du Renouveau Lycéen. C'est l'une des organisations qui va être reçue par le Premier ministre Sébastien Lecornu. Dans quel état d'esprit vous êtes à quelques minutes maintenant de ce rendez-vous ? Est-ce que vous avez une note d'espoir ou est-ce que vous vous dites c'est la dernière fois qu'on leur laisse une chance de vraiment répondre à nos revendications ?
pense qu'il faut avoir l'espoir, c'est important. On a été reçu par le président de la République, donc ça montre que le gouvernement est dans une démarche de nous écouter et d'avancer avec la jeunesse. Aujourd'hui, par le Premier ministre, donc à voir ce que ça va donner, mais il faut avoir l'espoir. Il faut partir avec des revendications, il faut pouvoir dialoguer avec ce gouvernement-là et pouvoir trouver une issue favorable à tout ça.
Sébastien Lecornu, Martin, on le disait tout à l'heure, il doit répondre à la grogne lycéenne. C'est la première fois qu'il rencontre les organisations lycéennes. Et ça en dit long sur le retard à l'allumage que certains dénoncent et qu'Emmanuel Macron semble presque confirmé tout à l'heure. Il a dit qu'effectivement, les mobilisations couraient déjà depuis plusieurs semaines quand elles ont fait tâche d'huile et que le mouvement s'est élargi à d'autres corps de métier. Et c'est maintenant que le gouvernement doit répondre.
c'est tard, effectivement, il a fallu qu'Emmanuel Macron fasse la démarche de vous recevoir pour que Sébastien Lecornu accepte également de recevoir ses lycéens. Ça fait un mois quand même que ce mouvement est lancé et ça fait un mois, un peu moins d'un mois, qu'il demande à être reçu par Sébastien Lecornu. Il ne le fera que maintenant, Sébastien Lecornu. Et désormais, il n'a plus le choix, Sébastien Lecornu, il n'a plus le choix finalement de donner, de céder certaines choses. Il est, on pourrait dire, dos au mur. Vous savez, quand il a fait son allocution seul à Matignon, on attendait des réponses pour les lycéens. On a surtout eu des réponses pour les prix des carburants. Il a quand même donné un horizon à ce moment-là. Il vous donnait l'horizon de la fin du mois d'octobre. On y est à la fin de ce mois d'octobre. Donc là, il n'a plus le choix. Par ailleurs... Il avait lancé, je crois que c'était au moment de cette allocution également, cette plateforme Agora, sur laquelle, peut-être que vous nous direz ce que vous en pensez, mais sur laquelle, en tout cas, les lycéens pouvaient dire, voilà, nous, c'est ça qui nous embête. Un peu comme les cahiers de doléances, mais en 2026. Mais il y avait un vrai problème sur les cahiers de doléances, c'est qu'on attend encore la couleur, finalement, d'un résultat sorti de ces cahiers de doléances. Donc là, il y a vraiment... la nécessité vraiment impérieuse pour le gouvernement, à la demande notamment du chef de l'État, et c'est peut-être aussi pour cela qu'il n'a plus le choix, Sébastien Lecornu, d'avoir des résultats, de recueillir ces cent milliers de propositions sur cette plateforme Agora, mais surtout des réunions avec le ministre de l'Éducation nationale, avec le ministre de l'Enseignement supérieur. Et aujourd'hui, il faut des réponses, parce que le pari qui est fait par le gouvernement, c'est de se dire que... C'est maintenant ou jamais, si on veut que le mouvement s'arrête, c'est maintenant qu'il faut... lâcher, donner certaines choses, je ne sais pas si c'est le bon terme, mais en tout cas, accorder certaines choses aux lycéens qui réclament sur ces revendications pour que ce mouvement s'arrête. Sinon quoi ? S'ils ne sont pas satisfaits, peut-être que vous nous le confirmerez également, le mouvement reprendrait à la reprise des cours.
La première réponse, c'est vrai, c'était cette plateforme de doléances et puis ces temps d'échange démocratique qui ont été mis en place assez rapidement. Est-ce que pour vous, c'était déjà une manière de vous faire entendre
et non, parce que certes, ça montre que le gouvernement essaie d'écouter la jeunesse, mais nous faire entendre, je ne sais pas, deux heures de temps de démocratie dans les établissements scolaires, ce n'est pas assez. Pour parler de tout ça, ce n'est vraiment pas assez. Et concernant aussi le cahier d'oléances, c'est n'importe quoi, on ne sait pas où ça va. Qui va le lire ? Qu'est-ce qui va en ressortir ? Donc voilà, le plus important, c'est d'être reçu par les autorités, que ce soit le président, le Premier ministre, peu importe le ministre, et de dialoguer ensemble avec des jeunes de ce mouvement-là. Parce que c'est bien beau d'écrire sur un site, mais on a besoin de parler de vive voix avec les autorités.
D'autant que vos revendications, elles sont claires pour vous, et elles n'ont pas changé depuis le début.
Non, c'est toujours les mêmes. Et puis, c'est des jeunes qui se battent depuis le début. Et c'est important pour nous de savoir qu'on est reçu enfin par le président, par le Premier ministre, par les ministres. Et oui, c'est important.
Vous avez l'impression, peut-être parce qu'au moment, il y a un mois, quand le mouvement a débuté, Sébastien Lecornu réagissait sur les réseaux sociaux en s'en prenant à la France insoumise. Il ne cherchait pas à traiter finalement la cause du mouvement et à répondre à vos revendications. Vous avez l'impression que ça y est, le gouvernement a pris la mesure en tout cas des choses et se dit que c'est maintenant qu'il faut répondre à vos revendications
La France Insoumise accusée d'instrumentaliser quelque part votre mouvement.
Là, ça montre enfin qu'ils nous prennent au sérieux. Au début, quand on voit, j'ai notamment vu un reportage sur l'intérieur, vu de l'intérieur, où on voyait le ministère de l'Intérieur qui réagissait au mouvement, on ne prenait pas du tout au sérieux. Et quand on voit qu'enfin on nous prend au sérieux, qu'on arrête de dire que c'est telle partie ou peu importe, ça montre enfin qu'en fait on n'est plus infantilisé et qu'on a des revendications totalement légitimes.
On a entendu Emmanuel Macron, Mathioc, ensemble sur France Info, dire qu'il fallait rester humble et concentré sur ce mouvement. Ça veut dire que peut-être, c'est vrai, l'enjeu pour le gouvernement, c'est d'apporter une réponse claire. Maintenant que les lycéens ont été entendus par le Président et qu'ils vont l'être par le Premier ministre, ils ne vont plus pouvoir avoir d'échappatoire parce que là, les mots sont dits et il va falloir y répondre.
en effet, il y a une double difficulté pour le gouvernement au départ et pour le Président de la République. Au début de la mobilisation lycéenne, c'est qu'il y avait... difficulté à identifier quels étaient les mots d'ordre et les revendications principales. des lycéens. Est-ce que ça concernait surtout les rythmes scolaires, le bâti scolaire, la qualité d'éducation, le remplacement des professeurs, l'orientation, etc. Donc il y avait eu une difficulté. Donc là-dessus, le gouvernement a essayé de faire une première proposition était une proposition sur la méthode avec la plateforme Agora. Mais c'est vrai que vous l'avez rappelé, ça ressemble beaucoup à ce qu'a fait le président de la République depuis 2017, c'est-à-dire lancer des grandes consultations citoyennes, des grands débats. On a eu ça sur beaucoup de sujets. Vous l'avez rappelé après, les gilets jaunes, les pompiers. Les pompiers, on l'a eu, l'écologie, les policiers municipaux. Ça permet de
faire des statistiques, finalement.
Exactement. Donc ça a permis quand même, malgré tout, ça ne permet pas de pouvoir répondre sur le fond en termes de politique publique, mais ça permet d'identifier un faisceau d'indices et des priorités des lycéens. Ensuite, après, maintenant, on arrive, du coup, maintenant que ces priorités-là, et vous avez pu les exprimer auprès du président de la République, de vive voix, sont sur la table du président de la République et du gouvernement, et surtout, en réalité, du gouvernement. Maintenant, c'est comment le gouvernement... le gouvernement va pouvoir y répondre. Et c'est vrai que sur la question des moyens, que ce soit sur le bâti ou sur les professeurs, c'est compliqué avec le déficit public. qui est aujourd'hui au niveau de l'État français, mais également le fait que la France dépense déjà beaucoup sur l'éducation par rapport aux autres pays de l'OCDE. Donc, d'en rajouter encore plus, il va y avoir une difficulté pour le gouvernement à annoncer peut-être des choses qui pourront vous satisfaire. Je ne sais pas si c'est vous, mais en tout cas, il y a des syndicats lycéens qui disent qu'il faut un milliard ou un milliard cinq sur le bâti scolaire. Est-ce que la France a les moyens aujourd'hui de le faire ? Ça va être une des questions que va devoir trancher Sébastien Lecornu. Et puis ensuite, après, il y a sur la question de l'orientation, Parcoursup, et là, pour le coup, pour le gouvernement. c'est aussi se renier, ou en tout cas renier le premier quinquennat, et donc qui a été quand même, Parcoursup a été un des grands emblèmes du quinquennat d
'Emmanuel
Macron sur les questions d'éducation, donc il faudra aussi se renier politiquement pour pouvoir apporter des réponses qui vous seront satisfaisantes.
Parcoursup, la rénovation du bâti, l'abrogation de Parcoursup ou juste une adaptation ?
progression, ce serait beaucoup trop compliqué aujourd'hui. Ça mettrait le système et la suite de l'orientation en péril. Mais une refonte, ça peut être intéressant. Et puis, c'est ce qui est proposé par le gouvernement et ce qui est abordable. Une refonte totale. Et puis, surtout, avec les lycéens et les lycéennes, aujourd'hui, ils ne le font pas tout seuls. En fait, ils le font avec nous. Donc, c'est ce qu'on porte aujourd'hui. Et pour
demander quoi ? De comprendre comment ça fonctionne ? Davantage de transparence sur la sélection ? Transparence,
voilà. Et aussi de savoir... En fait, comment on choisit un profil tel, etc. C'est la transparence. Mais nous, ce qu'on veut aussi, c'est un travail, mais qui va aller sur la durée. Avec nous, ce n'est pas, par exemple, oui, je vous donne ça aujourd'hui. Puis ensuite, un mois plus tard, on n'entend plus parler de rien. On veut travailler avec le gouvernement. C'est un
dialogue qui s'instaure sur la durée.
Et c'est important aujourd'hui.
Et sur la rénovation du bâti, qu'est-ce que vous allez demander ? On sait que cet été, on a tous passé cinq canicules avec une forte disparité en fonction des territoires, des lycées, des établissements, même en général, qui étaient beaucoup moins avancés que d'autres dans cette rénovation énergétique. Qu'est-ce que vous allez leur demander ? C'est de l'argent, là, concrètement ? C'est une enveloppe
pense que c'est de l'argent qu'on doit donner aux collectivités territoriales et qu'après, ensuite, eux, doivent redistribuer aux établissements. Moi, je prends l'exemple de mon établissement en Paule-Allure à Saint-Denis. Donc, il y a un plan de la région de 45 millions d'euros pour rénover le bâti. Mais en attendant, on est dans des conditions qui sont déplorables. Les préfabriqués ne sont pas du tout adaptés. Et puis, c'est des conditions en attendant des travaux qui sont quand même assez inquiétantes. Et puis, c'est des conditions aussi qui datent depuis 2023 ou bien avant. Oui, le lycée, ça dure
trois ans. Donc, ça peut ne pas être fait pendant toute votre scolarité.
C'est ça, moi. Je suis en terminale, donc je n'ai pas envie de me dire que je me bats pour moi, je me bats pour les personnes qui sont en seconde ou qui vont rentrer après en seconde. Donc oui, c'est important aujourd'hui de continuer cette mobilisation et d'être enfin entendu, je l'espère.
Et le gouvernement, Martin, avait annoncé une enveloppe pour la rénovation du bâti avant les vacances scolaires. Qu'en est-il aujourd'hui ?
fait, politiquement, dans ce type de mouvement social, il faut un moment, un symbole. Il faut savoir au minimum avancer un symbole et aujourd'hui, le symbole sera... Même s'il y aura peut-être des annonces sur le bâtiment scolaire, aujourd'hui le symbole s'appelle Parcoursup. Parce que c'est plus
simple ?
ne coûte rien ? Ça ne coûte rien. Changer le nom de Parcoursup, demander de la transparence aux universités, ça ne coûte absolument rien. Aujourd'hui le gouvernement dit et redit qu'il n'y a pas le moindre euro à sortir des caisses. S'il y en a, il faudra faire des choix ailleurs. Alors ça tombe bien, c'est en ce moment que le budget se fait à l'Assemblée nationale. Mais Parcoursup, c'est un nom, c'est quelque chose qui a été érigé. vraiment comme un symbole par le mouvement lycéen, alors peut-être pas votre organisation, mais par d'autres, comme le symbole en tout cas. Et Emmanuel Macron l'a bien compris en disant que le système devrait être revu en profondeur. Sébastien Lecornu parle davantage de bouger sur Parcoursup, alors on ne sait pas très bien ce que ça veut dire quand Sébastien Lecornu dit cela, mais clairement le gouvernement devra... Lâchez un symbole aujourd'hui et il y a fort à parier que ce symbole s'appelle Parcoursup.
Alors évidemment, Parcoursup, c'est l'une de vos batailles. Mais est-ce que vous seriez satisfait au point de ne plus descendre dans la rue si vous n'aviez une réponse que sur ce point-là
aujourd'hui, il faut qu'on ait des réponses sur tous les aspects de nos revendications. Ce n'est pas parce qu'on parle de Parcoursup, même si c'est la revendication principale, que demain, on ne va pas s'arrêter de sortir dans les rues. C'est vraiment voir un peu tous les axes. Peut-être que Parcoursup va passer en premier plan, mais ensuite, il faudrait voir aussi le bâtiment scolaire et toutes nos revendications. Ce n'est pas parce qu'on dit oui, Parcoursup, on règle ça, que le reste, il y a vraiment un problème au niveau de l'éducation en France. Il faut s'y pencher. Il faut s'y pencher.
L'éducation rejointe dans les cortèges ce week-end et le week-end dernier par les services publics, par les hôpitaux aussi. C'est les mêmes problématiques qui se retrouvent un peu partout. On a l'impression qu'on est à un point de bascule, Mathieu Oc, où il va falloir prendre des décisions, des décisions qui seront parfois impopulaires, parce que donner de l'argent à certains, ça veut dire en retirer à d'autres, et qu'on a eu l'habitude d'un gouvernement qui nous disait que tout était un peu prioritaire. Et cette fois-ci, on a du mal à savoir comment ils vont pouvoir gérer cette situation. comme vous l'avez répété, dans un contexte de budget extrêmement contraint.
Tout à fait, vous l'avez rappelé tout à l'heure, on assiste à une convergence des luttes, ou en tout cas une convergence plutôt des revendications, qui d'ailleurs n'est pas nouvelle, elle date, elle est assez historique. que les professions dans le domaine de la santé, les professions dans le domaine de l'éducation, etc. se mobilisent, ou même dans le fret ferroviaire, etc. Se mobilisent, c'est quelque chose qu'on voit qui est assez régulier, déjà depuis plusieurs années. Mais effectivement, l'enjeu pour le gouvernement, ça va être de pouvoir adresser tous ces sujets-là en même temps, avec un budget qui est très contraint, et surtout avec une toile de fond, quand même, qu'il faut rappeler, c'est que le gouvernement n'a pas trop de marge de manœuvre sur les impôts, puisqu'en réalité, aujourd'hui, beaucoup de Français ne veulent pas non plus qu'on augmente. les impôts. Il y avait un sondage qui disait que 71% des Français ne veulent pas qu'on augmente les impôts. Donc ça veut dire qu'il faut réallouer la dépense. Et puis on arrive aussi finalement à une forme de, pas de bout de souffle, mais en tout cas de système où l'État français n'a jamais autant dépensé. Les dépenses publiques n'ont jamais été aussi importantes dans notre pays, puisqu'on est à 57% de dépenses publiques par rapport au PIB. Ça représente quand même 1 600 milliards d'euros chaque année. Et pourtant, on manque de tout. Les Français se posent la question, mais où va l'argent ? Puisqu'il ne va pas sur l'école, il ne va pas sur le bâti scolaire et les enseignants. On a dit qu
'on dépense plus que les autres pays européens sur l'éducation nationale. Et pourtant, il y a des
revendications. Pareil sur la santé, on dépense beaucoup. Et pourtant, les hôpitaux manquent de beaucoup de choses. Les hôpitaux, pour
certains, d'ailleurs, avaient fait des exercices de pédagogie pour montrer ce que ça coûtait réellement et ce que nous, on payait pour, en l'occurrence, la sécurité sociale, pour savoir... un peu où allait l'argent et les cotisations qu'on peut avoir. Est-ce qu'il faudrait peut-être faire cet exercice de transparence sur l'éducation nationale aussi, avec un budget, c'est vrai, de 64 milliards d'euros, avec une hausse de 1,2 milliard d'euros annoncée cette année. Donc on se demande où ça va, qui en bénéficie. Et effectivement, les professeurs n'ont pas l'air, en tout cas, d'en voir la couleur. Vous lycéens non plus, d'où cette grogne qu'on continue de débriefer, de décrypter sur France Info. Bilal Nargissi, ce matin, c'était des influenceuses aussi. qui a été reçu par Sébastien Lecornu, avant de vous entendre, vous, organisation syndicale, pour écouter les attentes des lycéens. Elles représentent réellement les lycéens, ces influenceuses qu'on peut voir tous un peu sur les réseaux sociaux, s'emparer de vos problématiques
Je ne pourrais pas vous le dire sincèrement, je ne sais pas, mais je pense que c'est aussi important d'avoir des personnes qui vont toucher un maximum de jeunes. Une grosse communauté. C'est ça, voilà. Surtout que ce sont des communautés qui sont vraiment basées sur le domaine scolaire. Donc, c'est les influenceuses qui, justement, donnent des cours concernant le bac de français, etc. Donc, je pense que c'est important aussi de les écouter, parce qu'elles ont une grande... Un écho, une caisse de résonance. C'est important aussi de les écouter et pas d'écouter uniquement que les syndicats. Les syndicats aujourd'hui c'est important aussi, mais aussi écouter cette jeunesse qui n'ose pas forcément parler et émane des propositions à travers ces influenceuses.
Et qui s'empare du coup de ces sujets et de ces problématiques. Évidemment, c'est intéressant de parler de ça, Martin Baumeur, parce qu'on a entendu Emmanuel Macron ensemble qui disait que les réseaux sociaux dans le cadre des mobilisations abîmaient, je cite, la démocratie et finalement le même gouvernement qui écoute évidemment les influenceuses dont les réseaux sociaux sont la maison.
Oui, après... Là, on parle peut-être de porte-voix de ces lycéens, c'est-à-dire que la revendication principale, c'est eux, c'est vous, c'est les lycéens qui ont occupé les lycées, ce n'est pas ces influenceurs ou ces influenceuses, mais c'est des porte-voix qui… ont parfois des millions de vues sur ces sujets-là. Après, ce dont parle Emmanuel Macron, c'est un peu autre chose. C'est les lives qui vont pouvoir montrer la casse en direct pendant les manifestations. C'est ceux qui ensuite vont se vanter d'aller vendre sur les plateformes de revente les objets qui ont été volés. C'est plus ces réseaux sociaux-là et cette phase des réseaux sociaux que dénonce Emmanuel Macron. Et puis aussi... Le problème de la jeunesse face aux réseaux sociaux, et là je ne parle pas des lycéens, mais peut-être plus des collégiens, voire avant, puisque avant 15 ans, Emmanuel Macron est persuadé qu'il faudrait interdire les réseaux sociaux. Certes, l'Europe a retoqué la mesure qu'Emmanuel Macron souhaitait sur l'interdiction sans possibilité de dérogation parentale aux réseaux sociaux pour les moins de 15 ans, mais il veut toujours, avant la fin de son quinquennat, essayer d'interdire ses réseaux sociaux aux plus jeunes.
On verra évidemment ce qui a été dit aux influenceuses, parce que ça pourrait nous donner une idée aussi de ce que peut annoncer Sébastien Lecornu. Devant vous, organisation syndicale, dans quelques minutes maintenant, on entendrait évidemment les lycéens s'exprimer. En tout cas, ce qu'on note Mathieu, c'est que ce mouvement en pleine vacances scolaires de la Toussaint ne faiblit pas.
en effet. Et puis plus globalement, il ne faiblit pas parce que les revendications sont structurelles, mais il ne faiblit pas aussi parce que les méthodes d'action des nouveaux mouvements sociaux ont aussi beaucoup changé, notamment par... par la question des réseaux sociaux. C'était Alain Touraine, le sociologue, qui disait qu'on était passé au XXIe siècle à des nouveaux mouvements, à partir de mai 68, à des nouveaux mouvements sociaux, puisque les mouvements sociaux type syndicalistes, du monde ouvrier, etc. étaient un petit peu en déclin, qu'on était passé sur des mouvements sociaux qui reposaient non pas forcément sur une logique de classe, mais plutôt sur une logique d'identité, c'est-à-dire le mouvement écologiste, le mouvement féministe, le mouvement antiraciste, etc. Là aussi, on voit maintenant... une troisième ère des mouvements sociaux, où finalement, les deux essayent de se réconcilier, puisque non seulement il y a ces mouvements lycéens spontanés, avec des collectifs, qui s'est mobilisé après, s'est structuré en syndicats, mais il y a aussi les syndicats réels, pour le coup, CGT, CFDT, etc., qui ont annoncé cette journée du 5 novembre de grève, et qui vont aussi essayer de faire avancer leurs revendications, sur des revendications qui sont beaucoup plus classiques d'un mouvement social. classique, à savoir le manque d'enseignants, la lutte contre la vie chère, le pouvoir d'achat, le SMIC, etc.
Abilane Nargissi, le fait que ce week-end et le week-end dernier vous ayez été rejoint justement par les organisations syndicales plus habituelles et que vous ayez entendu aussi d'autres revendications comme le reste de l'éducation nationale pour certains professeurs, les hôpitaux aussi, l'hôpital public, qu'est-ce que vous vous êtes dit ? Vous vous êtes dit le combat et on doit le mener tous ensemble ?
c'est un mouvement qui part tout d'abord des lycées, mais c'est un mouvement qui est la convergence des luttes. Les services publics et l'ensemble des personnes qui souffrent aujourd'hui dans leur domaine de métier doivent nous rejoindre. Et du coup, c'est un combat qui doit être mis tout d'abord par la jeunesse, parce qu'on a des revendications légitimes, mais qui doit être aussi rejoint notamment par les services publics et par tout type de métier qui aujourd'hui vit mal. Donc c'est important aujourd'hui qu'on soit... tous ensemble, unis pour tout ça.
Vous n'avez pas peur que ça dilue, entre guillemets, votre message à vous
Non, non, parce que j'ai envie de dire, voilà, le mouvement provient de nous, mais après, voilà, les sectes publics, ils ont aussi des revendications qui ne sont pas vraiment comme les nôtres, enfin, c'est des revendications qui sont propres à soi-même, donc non, on n'a pas peur de tout ça.
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