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On passe maintenant à l'invité du 20h. Bonsoir, monsieur le ministre de l'Éducation, Edouard Geffrey. Vous venez nous expliquer les annonces qui ont été faites aujourd'hui. On va prendre les mesures dans l'ordre. Vous allez réformer la plateforme d'orientation Parcoursup en 2027, la replacer en 2028, sauf que vous ne serez plus au pouvoir. Les parents et les élèves qui nous regardent ce soir se demandent peut-être comment vous allez faire.
Vous savez, c'est une chose qui se prépare longtemps à l'avance. En fait, il y a deux temps. D'abord... nos élèves nous ont dit leur angoisse de Parcoursup. Et derrière Parcoursup, c'est l'angoisse de l'orientation et de la capacité à poursuivre des études dans le supérieur. Et donc, il faut leur répondre très concrètement. Dès cette année, on engage un processus avec à la fois plus de transparence. La lettre de motivation devient l'exception. Vous savez que c'était une des difficultés pour certains de nos élèves. Les refus seront expliqués. Donc un élève pourra savoir pourquoi il a été refusé dans une formation. Et puis, il y a ce qu'on appelle la transparence des algorithmes locaux. C'est-à-dire ces algorithmes qu'utilisent certaines formations pour faire un premier tri dans les élèves. Et ensuite, on engage un travail pour le coup, j'allais dire, beaucoup plus important, mais qui passera quand même par la loi. Et c'est pour ça qu'on est obligé de procéder en deux temps pour que l'année prochaine, donc en 2028, la plateforme soit remplacée et en réalité pour que le processus soit entièrement repensé. Mais comme ça se passe longtemps à l'avance, ça se pense longtemps à l'avance, nos élèves peuvent être tranquilles sur le fait que ce sera bien emmanché en dépit des élections en mai. Ça dépendra
quand même du futur président de la République.
Écoutez, on peut toujours s'amuser à défaire ce qui est fait, mais il y a un tel consensus sur l'idée qu'il faut faire autre chose. Je crois que ce soir, il faut surtout que nos élèves retiennent qu'on va remplacer Parcoursup et que dès cette année, ils vont voir leur vie changer.
avoir attendu autant de temps avant de le faire ? Ça fait des années que Parcoursup est critiqué. Pourquoi retoucher Parcoursup à six mois de la présidentielle ?
'abord, Parcoursup répond quand même à un certain nombre de questions à l'origine. Je rappelle qu'il a mis fin à des procédés dans lesquels on était tirés au sort pour aller à l'université. Donc, Parcoursup répond à un certain nombre d'attentes. Il permet aussi plus de mixité sociale, plus de mixité géographique. Ça, ce sont des réalités. Sauf que là, vous faites le
constat qu'il faut supprimer Parcoursup.
Simplement, ils ne permettent pas d'en faire assez. Et puis, il y a des questions qu'on sait plus documenter aujourd'hui qu'à l'époque. Par exemple, la question du lycée d'origine. Aujourd'hui, elle est indiquée. On réfléchit à supprimer cette mention à partir de 2028. Mais ça, on pourra le faire parce qu'on a ajouté du recul sur ce qu'est le contrôle continu, sur les notes, etc.
Vous annoncez aussi un prêt de 4 milliards d'euros par l'État aux régions pour qu'elles rénovent les collèges et les lycées. Le plafonnement de classes de seconde à 28 élèves maximum. 15 000 places de plus dans le supérieur. 920 recrutements de professeurs en plus des 3 000 remplaçants non affectés. Les bourses indexées sur l'inflation.
Tout
ça, ça coûte combien ? Est-ce que vous avez le chiffrage global ?
ça coûte mécaniquement plusieurs milliards, puisque notamment, on va prêter plusieurs milliards en région.
Et combien de milliards
Donc, vous démarrez déjà à 4, et puis vous ajoutez après des centaines de millions d'euros qui correspondent aux différents recrutements ou aux différentes bourses que vous mentionnez. Donc, au total, ça va dépasser les 5-6 milliards. Mais ce qui est intéressant, si vous voulez, c'est pas trop de penser en milliards, parce que je ne crois pas que ce soit qui change la vie des Français. Ça permet
de prendre l'ampleur des mesures aussi.
Mais nos élèves nous ont dit des choses très importantes. Nos élèves nous ont écrit en nous disant, le bâti scolaire chez moi est dégradé. Il n'y a pas de porte dans les toilettes, il y a des plafonds qui fuient, etc. Et les régions ont besoin d'aide. Qu'est-ce qu'on répond ? On leur prête 4 milliards. Ils nous disent « il y a trop de monde dans ma classe ». On répond « vous serez 28 maximum en seconde et on va plafonner aussi dans les groupes les plus importants ». J'avoue que je raisonne plus comme ça qu'en termes de milliers de TP ou en termes de milliards.
Est-ce que ce sera dans le budget 2027 ? Où est-ce que vous allez trouver cet argent alors qu'on entendait récemment que les caisses étaient vides ?
Il faut distinguer les sujets prêts. Les 4 milliards sont des prêts de la Banque des Territoires. des investissements de fonds que nous allons engager avec notamment le recrutement des professeurs. Mais tout sera bien dans le projet de loi de finances 2027, puisque le gouvernement va déposer des amendements, donc on va nous-mêmes déposer des amendements pour corriger la copie, comme on s'y était engagé, on l'avait dit dès le départ, on a voulu travailler pour quelque chose de sérieux, et puis pour présenter une copie qui tient la route.
Avec ces annonces, ces postes supplémentaires, est-ce que ça veut dire que vous revenez sur l'objectif de supprimer 1 588 postes d'enseignants supplémentaires ?
Alors ça, c'était tout compris public et privé, ce contrat. Donc sur le second degré public, donc sur les collèges et les lycées, il y avait 836 pressions de postes. Elles sont annulées et on va au contraire créer 1700 postes de professeurs au lycée pour permettre le plafondement 28, pour permettre aussi la création de 10 000 places de BTS, notamment pour nos bacheliers professionnels, qui sont ceux qui ont le plus de mal aujourd'hui à trouver des places dans le SUP. Et donc on crée 10 000 places de BTS dès la rentrée prochaine, notamment en Ile-de-France, pour permettre à nos bacheliers de poursuivre leurs études.
Est-ce que vous avez songé à démissionner
Écoutez, on se pose toujours la question de savoir, quand on a une responsabilité, on est responsable. Moi, je suis irresponsable. Mais je considère que ma responsabilité, c'est de servir à l'intérêt général. Je ne suis pas là pour moi, je suis candidat à rien. Je suis venu pour l'école. Et je travaille toujours pour les élèves. C'est ce qui donne du sens à ma vie et du sens à mon engagement politique. Donc, que ça m'ait traversé l'esprit, la réponse est oui. Que je sois honoré de continuer à servir à l'intérêt général, la réponse est oui. Et qu'on ait travaillé depuis plusieurs semaines maintenant sur des réponses très concrètes, très opérationnelles et tenables. Pour répondre aux attentes de nos élèves, la réponse est oui aussi.
L'intersyndicale lycéenne dit qu'elle va poursuivre le mouvement. Emmanuel Macron dit lui-même s'attendre à un samedi à haut risque, comme s'il anticipait déjà la réponse à vos annonces. Vous vous attendez à quoi ?
ne peux pas faire de prévision. Ce que je constate, c'est que nous avons eu un certain nombre de demandes qui ont été formulées par les lycéens, y compris sur le terrain. et qu'on va y répondre en politique nationale et sur le terrain. Dès la semaine prochaine, dans tout établissement de France, les contributions seront partagées au conseil d'administration pour voir comment on peut répondre à leurs attentes. Donc ce soir, les lycéens peuvent se dire, ou peuvent dire à leur famille, à leurs parents, papa, maman. Pendant des semaines, on s'est mobilisés, on a fait part de nos demandes. Ce soir, on nous répond sur Parcoursup, on nous répond sur le bâti, on nous répond sur les classes chargées, on nous répond sur le contrôle continu que je veux réformer au baccalauréat. On nous répond point par point. Après, chacun est libre de trouver que c'est suffisant ou pas suffisant. Mais en tout cas, on répond point par point à tous nos lycéens.
Merci, M. le ministre de l'Éducation. Edouard, j'ai pris d'avoir été notre invité ce soir.
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