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que l'on peut entendre de la part de certains maires au président d'intercommunalité. Pourquoi ? Parce que, à débuter dans l'hémicycle de l'Assemblée, les principales discussions autour du projet de loi de finances pour 2027. Nous sommes avec Romain Collat, qui est maire de Boussy-Saint-Antoine-Dans-Lesson, vice-président de la PVF, l'association des petites villes de France. Bonjour Romain Collat. Bonjour Jacques Cardoz. Soyez le bienvenu sur Sud Radio. Est-ce que les discussions vous inquiètent concrètement avec ce qui semble être annoncé par le gouvernement ?
En l'absence de majorité à l'Assemblée nationale, je suis incapable de vous dire sur quoi aboutiront les discussions. Ce qui m'inquiète, c'est le projet du gouvernement, qui in fine, d'ailleurs, s'il n'y a aucune majorité qui peut se dégager sur le texte, aura la main soit par ordonnance, soit par le 49-3. Et les propositions du gouvernement sont, alors qu'on a déjà eu un musée des horreurs, des ponctions sur les collectivités ces dernières années, je crois les pires que nous ayons jamais connues. avec... Un prélèvement sur les recettes. C'est un peu la taille du XXIe siècle, si vous voulez. Un prélèvement sur les recettes à hauteur de 2,5 milliards d'euros sur les recettes des collectivités locales qui est prévue par ce projet de budget. Jamais autant un gouvernement n'avait assumé le fait, on y est malheureusement habitué, que les finances des collectivités locales, qui sont bien gérées parce qu'elles sont à l'équilibre, c'est une obligation, que les finances des collectivités locales étaient en fait une variable d'ajustement des échecs des stratégies budgétaires. et fiscales nationales, parce qu'on nous ponctionne année après année, et on est toujours sur un déficit public au-delà des 5% du PIB.
Oui, c'est un peu une forme de double peine, finalement. Pour qu'on comprenne bien les chiffres que vous nous annoncez, pour une petite commune de moins de 3000 habitants, quelle est la proportion de ce qui va être ponctionné sur un budget classique et moyen ?
En fait, les plus petites communes, très majoritairement, sont globalement épargnées. En revanche, les petites villes, je parle des communes rurales, les petites villes de France, celles que nous représentons, la PVF, qui vont de 2500 à 25 000 habitants, qui accueillent 40% de la population française, c'est 4000 communes à l'échelle du pays. On est ou dans les centralités dans le milieu rural, ou dans le périurbain, comme moi, en Essonne. Ces 4000 communes, 90% d'entre elles vont se faire prélever entre 0,5 et 3% de leurs recettes de fonctionnement de façon directe. C'est-à-dire qu'autrefois, Bercy inventait des dispositifs pour nous prendre un peu de dotation. pour avec le dispositif de lissage conjoncturel, il y a une inventivité sémantique à Bercy qui est assez phénoménale pour nous prendre des sous, nous prenez un peu d'argent pour nous le rendre après. Là, cette fois-ci, on est carrément, et c'est totalement assumé, dans le prélèvement sur recettes, c'est-à-dire qu'on prend dans la poche des collectivités pour tenter d'atténuer le déficit de l'État. Et bien sûr, nous sommes les uns et les autres conscients qu'on est tous dans le même bateau des finances publiques. Mais nous contestons, un, le fait que nous sommes responsables du déficit parce qu'en fait, nous, nous sommes à l'équilibre. Et nous contestons surtout le fait que cette amputation de nos recettes... Elle va nous poser des problèmes dans les financements des services publics du quotidien. Enfin, je veux dire, les cantines, les crèches, l'accueil périscolaire, l'entretien des voiries. Ça, c'est des boulots indispensables au quotidien que nous assumons. Et puis surtout, c'est ce qui va se passer dans ma commune. Moi, c'est une ville de 8000 habitants. Ça réduit considérablement mon auto-financement, c'est-à-dire l'excédent que je dégage chaque année. C'est pour ça que nous, on ne fait pas de déficit, on est obligé de dégager de l'excédent. Pour financer de l'investissement, ça va se traduire très concrètement chez moi par le renoncement à des investissements, notamment en matière d'adaptation au changement climatique et de transition écologique, alors que dans le même temps, nous en constatons toutes et tous l'urgence.
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