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à tous, bonjour à toutes, bienvenue sur France 3 Poitou-Charentes pour votre émission Dimanche en politique. Nous sommes en direct ensemble près d'une demi-heure pour commenter l'actualité sociale, le mouvement contre la vie chère notamment, avec une nouvelle manifestation hier. Que s'est-il passé dans notre région ? Qu'attendre des prochaines semaines ? Pour répondre à ces questions, deux invités sont sur le plateau. René Pilateau, bonjour. Vous êtes député La France Insoumise de Charente, également professeur de maths. Et nous évoquerons les revendications lycéennes, notamment. Guillaume Craballe, bonjour. Bonjour. Vous êtes maire de Dompierre-sur-Mer, c'est près de La Rochelle. Également élu de l'agglomération et au département. Et vous êtes vice-président de l'association des maires de Charente-Marie. Je vous propose d'abord de nous remettre dans l'ambiance d'hier avec de nombreuses manifestations malgré les interdictions. Nous allons voir comment s'est passée la journée à Poitiers avec ce reportage de François Bombard et de Guillaume Fautra.
premiers manifestants se sont rassemblés au rond-point de Poitiers Sud dès 14h. Un rendez-vous symbolique au lieu de la contestation des Gilets jaunes en 2018 pour rappeler des revendications et beaucoup d'inquiétudes. Je vois tous ces jeunes qui sont
mal, qui se demandent qu'est-ce que ça va être l'avenir. Les lycéens sont dans des conditions pour étudier qui sont terriblement difficiles.
45 minutes plus tard, ils étaient près d'un millier à converger vers le centre-ville. Quant au même moment, un autre cortège quittait la porte de Paris. Avec pour tous comme point de rencontre la place du maréchal Leclerc. Moins nombreux qu'il y a une semaine, ils étaient près de 3000, avec des jeunes venus eux aussi rappeler leur engagement malgré les violences de samedi dernier.
Ça désacralise le mouvement, c'est-à-dire que les gens vont considérer que le mouvement n'est que ça, alors qu'en fait c'est aussi beaucoup de joie, beaucoup de pacifisme, beaucoup de gens qui sont là pour l'entraide en fait.
Pour pouvoir se loger, manger, etc. c'est compliqué dans la vie de tous les jours, avec moins que le SMIC en sortie d'études après avoir étudié longtemps, c'est dur. A quelques mètres, dans les rues de Poitiers, de nombreux commerces ont choisi de rester porte-close, malgré un dispositif de sécurité renforcé. Avec notamment le peloton de surveillance et d'intervention de la gendarmerie mobilisée. Et devant la préfecture, une compagnie de CRS. C'est là que dès 16h rue Victor Hugo, les premières tensions ont débuté. Avec 200 jeunes, un feu de poubelle et en réponse, des jets de gaz lacrymogènes. Une confrontation qui aura duré de très longues minutes.
Alors Guillaume Crabal, ça résume bien la journée d'hier, une mobilisation un peu en dessous de samedi dernier, moins violente aussi, malgré quelques heures en fin de cortège. Est-ce que ça vous a rassuré
ce qui me rassure c'est la désescalade de la violence, parce que la violence n'en traite une chose, c'est la violence. Et donc on doit pouvoir s'exprimer. paisiblement on doit pouvoir aussi exprimer ses colères sans pour autant donc appeler à la violence à la haine et heureusement hier dans un état de droit dans le fait d'être libre de pouvoir manifester c'est ce qui a pu se produire hier et j'étais effectivement inquiet par rapport à ce que nous avions vécu la semaine dernière et heureusement aujourd'hui nous avons la possibilité d'exprimer nos colères nos doutes nos problèmes tout en étant J'espère entendu, parce que la meilleure des réponses maintenant, ce n'est plus une réponse de l'ordre, c'est aussi une réponse politique que les gens attendent. Et donc, il faut, après cet ordre un peu rétabli, que pour l'avenir, la réponse soit une réponse sociale, une réponse politique.
Alors, ordre un peu rétabli. Est-ce que vous, vous avez manifesté hier, René Pilato, dans les rues d'Angoulême, votre ville ?
En tant qu'élu de la nation, nous avions décidé de participer à toutes les manifestations. En Angoulême, elle n'était pas autorisée. Donc, sachant toute la diabolisation qui est tentée par le gouvernement sur la France insoumise, je me suis abstenu de manifester hier en Angoulême, mais j'étais totalement solidaire du mouvement. Il n'y a pas de problème. J'aimerais revenir sur ce que vous disiez. Nous sommes d'accord sur le fait qu'il faut une réponse politique. Le gouvernement a attendu plus d'un mois avant de dire qu'il se passe peut-être quelque chose. Les demandes des lycéens ont été entendues quand les gens qui n'arrivent pas à boucler les fins de mois les ont rejoints. Et quelque part, oui, il faut une réponse politique. Et ici, j'en profite pour demander à notre président, M. Macron, de... les écouter sur les revendications de Parcoursup et des établissements vétustes, et aussi d'entendre maintenant les gens qui ont des fins de mois difficiles et qui mettent plus d'argent dans le gasoil que dans les repas parce qu'ils n'ont plus de quoi manger.
On va revenir tout à l'heure sur les revendications. D'abord, Guillaume Crabel, vous disiez qu'il y avait une liberté de manifester. Pour autant, en Charente-Maritime notamment, la liste des interdictions était très très importante. La préfecture de Charente-Maritime avait interdit les rassemblements à La Rochelle, à Sainte, à Rochefort, à Royan, à Montendre, à Bourse-Franc-de-Chapu pour éviter de bloquer le pont d'Oléron, à Puy-de-Boraux aussi pour éviter de bloquer la Rocade. Ça a quand même eu lieu. La réponse est quand même assez forte de la part de la préfecture.
Il faut dire qu'on avait eu un week-end précédent qui avait été d'une violence inouïe à différents endroits et qui avait donc une crainte de l'escalade de la violence. Et le mouvement a montré, et ça a été dit dans le reportage, qu'on a une capacité de se mobiliser dans ce pays qui reste démocratique, d'exprimer des problèmes sans pour autant casser, piller, incendier. Et moi je salue les personnes qui, au sein de ce mouvement, et que la très grande partie sont pacifiques et expriment un vrai sentiment de déclassement. Je salue en tout cas. le fait qu'ils aient pu manifester, même si parfois c'était sur des manifestations qui n'avaient pas été autorisées par la préfecture, ils ont montré en tout cas qu'il y avait une expression politique possible sans violence.
Mais est-ce que la préfecture de Charente-Maritime n'y a pas été un peu fort
Encore une fois, ils ont été par rapport au vécu de la semaine précédente, parce qu'il ne faut pas oublier non plus qu'à travers les pilleurs qui restent malgré tout moins nombreux que les manifestants, il y a aussi une crainte des commerces, qui sont souvent des petits commerces et qui ne peuvent pas tous les samedis matins baisser rideau. Et donc il y avait cette crainte forte de pouvoir renouveler ces problématiques de violence urbaine que la préfecture a voulu, donc cloisonner en tout cas.
Est-ce que la réponse policière était proportionnée à René Pilato ?
Bien évidemment que non. Le droit de manifester, c'est constitutionnel. Et quelque part, quand on interdit les manifestations, sur quels critères se bastent ? J'entends ce que vous dites sur les débordements qu'il y a eu le 17 octobre. 10 000 policiers déployés sur toute la France. Alors qu'on en a déployé 14 000 uniquement quand le pape est venu. Le dispositif était sous-dimensionné et on l'a concentré sur les manifestations plutôt que de sécuriser les rues commerçantes. Et on sait très bien que des individus mal intentionnés s'engouffrent dans ce type de manifestation en marge pour piller. Et quelque part, comme on nous demande si on condamne toutes les violences, je les condamne. toutes, sans aucun problème, mais j'aimerais revenir sur une violence qui n'est jamais, jamais dite. Si les jeunes là sont dans des revendications, il ne faut pas oublier qu'ils voient leurs parents travailler et galérer et avoir du mal à finir les fins de mois. Quand on voit que ce qui se décide à l'Assemblée nationale, puisque je suis élu de la nation, c'est... Un résultat qui donne des agriculteurs qui se suicident, des policiers qui se suicident, des gens qui travaillent et qui n'arrivent pas à boucler leur fin de mois, c'est ce qu'on appelle la violence institutionnelle. Donc quelque part, on n'en parle jamais. C'est la mère de toutes les violences. Elder Camara le dit très bien, c'est un prêtre, qui dit que c'est la première de toutes les violences. Et effectivement, elle a pour conséquence... Des réactions du peuple.
Vous ne cautionnez pas la violence, mais vous la comprenez.
Non, ce n'est pas qu'on ne la comprend pas. On sait très bien qu'elle atrophie un mouvement. Donc le problème, c'est qu'on a un déni de démocratie. Macron dissout, c'est son droit. Il ne respecte pas les résultats des hurles. Les gens se plaignent des conditions d'existence. Les services publics sont massacrés. Et ils passent par-dessus tout ça en passant en force sans arrêt. Le ras-le-bol qui s'exprime et qui, à mon avis, va durer, si vous le disiez tout à l'heure, M. le maire, si on n'a pas effectivement une réponse politique... On n'y arrivera pas. Donc pour apaiser tout ça, je pense qu'il est grand temps que le gouvernement fasse ce qu'il est nécessaire dans le budget qui est en train de se discuter à l'Assemblée.
On va revenir sur la première journée de manifestation, celle du 17, avec des images qui ont marqué tout le pays. Alors dans la région, il y a eu des tensions. C'est à Poitiers que ça a été le plus loin avec le pillage de certains magasins dans le centre-ville. Vous, comment vous avez réagi en voyant ça, Guillaume Cravalin ?
J'expliquais tout à l'heure que le pillage n'avait pas sa place dans ce genre de manifestation et que ça venait souvent, hélas, délégitimiser le mouvement. C'est avant tout, le fait de casser pieds gratuitement vient dégrader le message qui est porté. Et puis ce qui m'a vraiment choqué, c'est cet incendie d'un hôtel de ville, celui de Limoges, qui est un symbole. Et encore une fois, aucune violence. Les violences physiques sont inacceptables d'un côté ou de l'autre au sein des manifestations ou des forces de l'ordre. Mais quand on attaque un symbole de la République, ce n'est pas la propriété. d'un maire en particulier, c'est la propriété du peuple. Et moi, je le sais mieux que quiconque en étant maire, en ayant vécu aussi l'incendie de l'hôtel de ville de La Rochelle il y a quelques années, qui touche l'intégralité.
C'était
un incendie accidentel, mais le symbole de voir brûler la maison du peuple est forte et dégage une émotion particulière. Et c'est un symbole de la République, un symbole aussi de la maison du peuple. Donc oui, effectivement, l'appel de l'AMF à se mobiliser au regard de ces images. L'Association des maires de France. L'Association des maires de France, effectivement, il était légitimé fort. Ce n'était pas une volonté de s'opposer aux colères légitimes des Français. de remettre une boussole. La boussole républicaine est primordiale et quand on voit un incendie d'un hôtel de ville, que ce soit à Limoges ou ailleurs, d'un maire ou d'un autre, c'est quelque chose qui nous touche fortement. Et donc l'idée, c'était simplement de se retrouver, même si on ne partage pas toutes les mêmes choses quand on a fait ces rassemblements républicains, c'était de se dire, écoutez, il y a une boussole qu'il ne faut pas la perdre.
L'incendie de l'hôtel de ville Limoges, ça a été un palier, justement ? Un crève-cœur.
crève-cœur. Nous sommes d'accord, c'est la maison du peuple, on ne touche pas aux bâtiments qui sont le bien commun et qui représentent la République. Là-dessus, on n'a aucun problème, une petite divergence sur l'appel de M. Linar qui est candidat à la présidentielle à un marché. Quelque part, on a même eu une réaction de 100 de vos collègues qui ont dit que ça avait été détourné et que ça avait été une manœuvre politicienne. Je ne reviens pas là-dessus. La France
insoumise a été dénoncée et accusée en tout cas d'encourager le chaos. Qu'est-ce que vous répondez ?
Il suffit de reprendre les discours de M. Mélenchon, de ceux de Manuel Bompard, de ceux de Mathilde Panot. On appelle à des manifestations massives, non violentes et pacifiques parce que nous sommes d'accord sur un point. Quand est-ce qu'on parle des revendications ? On montrera toujours une poubelle brûlée, on montrera toujours des incendies, et là il faut les montrer de l'hôtel de ville, mais on oublie les revendications de départ. Donc quelque part, oui. Il faut des manifestations fortes, pacifiques, pour qu'on parle des revendications et que la réponse soit politique et qu'on ne puisse pas agiter un chiffon rouge sans arrêt sur les plateaux télé, ce que vous ne faites pas, mais sans arrêt sur les plateaux télé. pour parler d'autre chose. Alors
justement, hier soir, Jean-Luc Mélenchon a fustigé les médias avec les images des fins de cortège qui montraient des heurts entre manifestants et forces de l'ordre. Alors il dit, derrière chaque policier, il y a une caméra complaisante. Est-ce que ce n'est pas dangereux dans une démocratie d'affaiblir la presse et les médias
Alors, nous avons, nous, un profond respect pour la presse. Quant à l'effet actuel, on n'a pas de soucis. On n'a pas de soucis. Moi, je n'ai pas de soucis avec France 3, ni Charente Libre, par exemple. Quand on voit les chaînes de télé qui appartiennent à Bolloré, Saad et Niel, enfin tous les médias qui appartiennent à 9 milliardaires et qu'on a 24 heures sur 24 CNews qui déversent de la haine et qui déversent du racisme, il y a ce qui se passe à Trappes. Quelqu'un qui se sent autorisé à aller tuer des gens parce qu'ils n'ont pas la même couleur de peau ou parce qu'effectivement ils ne pensent pas comme lui. Ça, j'aimerais bien qu'on en parle. La violence verbale sur les plateaux télé, elle génère de la violence physique. Et quelque part, quand on demande aux médias, on a fait interdire C8, il va falloir faire interdire CNews. Parce qu'on ne peut pas laisser à longueur de journée formater les gens qui n'ont que ça peut-être. Je ne parle pas des jeunes qui ne regardent pas la télé. Mais il y a des gens, à un moment, ils n'ont que la télé. comme réseau d'information et il est inadmissible de voir ce qui se passe sur certains médias. Ce n'est plus possible de vivre ça.
Quand on parle de samedi dernier, les images ont secoué le pays et des rassemblements de soutien ont été organisés partout en France en début de semaine à l'appel de l'Association des maires de France. Alors vous, Guillaume Crabal, vous y étiez justement à La Rochelle pour prendre la parole. Vous, vous avez voulu porter quel message ?
d'une part, ce n'était pas le discours de David Lissnard, candidat, c'était le discours des maires, des maires du quotidien, des maires qui avaient été heurtées par cette image d'un hôtel de ville qui brûle et les maires qui voulaient une seule chose à travers ce rassemblement montrer que les maires, eux, rassemblaient. écoutaient. Les maires comprenaient la misère sociale, la colère, parce que le maire, il est à portée de misère tous les jours. Et donc, on voulait expliquer qu'il ne fallait pas se tromper de colère. Ce n'est pas les services publics du quotidien, ce n'est pas les maires du quotidien, ce n'est pas les élus du quotidien qu'il fallait donc stigmatiser. C'est autre chose. Et donc, ce rassemblement républicain, il était important pour ça. Et c'est ce qu'on a traduit à travers un rassemblement sur mérite Don Pierre-sur-Mer que j'ai eu le plaisir et l'honneur de faire à midi et le soir à l'hôtel de ville de La Rochelle. Et je voudrais saluer aussi l'ensemble des services publics, notamment ceux de Don Pierre-sur-Mer, les élus, les associations, les bénévoles qui chaque jour justement travaillent contre cette... Images qu'on veut nous traduire, vous parliez des médias tout à l'heure, mais vous pouvez rajouter les réseaux sociaux qui activent, qui nous laissent chacun dans nos silos. Et je voulais vraiment saluer le travail du quotidien des élus locaux, des maires, des associations et des services publics qui viennent atténuer les misères nationales et les problèmes nationaux.
Alors là, on voit les images du rassemblement. Et également le contre-rassemblement, c'était un des seuls du genre, en tout cas, organisé en France à La Rochelle, avec un discours perturbé par des prises de parole. Il y a eu aussi un face-à-face entre les jeunes et la police. Est-ce que ça vous a surpris
ça m'a tristé. Parce qu'en fait, on se rend compte qu'on ne se comprend plus, on ne se parle plus, chacun n'écoute pas l'autre dans ses réponses. Et ce n'est pas en affaiblissant les réponses des autres qu'on crée la diversité de relations et l'écoute et la libre expression. Donc oui, j'étais surtout très triste de me rendre compte qu'il y avait une rupture. Et le rôle, encore une fois, du maire ou d'un élu local, c'est une fois qu'il sait ça, dans son rôle d'humanisme, c'est d'essayer de comprendre. d'essayer de renouer le dialogue et en tout cas dire que la porte d'un maire est toujours ouverte pour pouvoir essayer de régler les problèmes.
Est-ce que vous pensez que c'est possible quand on voit justement le face-à-face qu'il y a eu lundi dernier entre les forces de l'ordre et les jeunes qui manifestaient, le fossé il est béant
mais je suis d'un naturel très optimiste. Je sais que de nombreux maires de France le font au quotidien dans leur mairie. Ils réussissent à se faire travailler des gens qui pourtant n'ont pas les mêmes opinions politiques et en tout cas à travailler ensemble. Et que le fossé ne pourra se creuser, ne pourra se boucher qu'à la condition qu'on respecte, qu'on ait de l'empathie, qu'on se comprenne et qu'on s'écoute, qu'on arrête d'invectiver les uns et les autres. Et encore une fois, les réseaux sociaux ne font que renforcer ces silos dans lesquels nous nous trouvons.
René Piloto, vous vouliez réagir
? Je voulais réagir parce que, quelque part, monsieur le maire, ce qui m'a le plus attristé, oui, l'hôtel de ville de Limoges, oui, ça m'a attristé, mais ce qui m'a le plus attristé, c'est ce mépris, cet oubli, je ne sais pas comment le qualifier, de nos responsables politiques qui demandent à ce qu'on puisse condamner les violences, qui parlent effectivement, et c'est dommage, des forces de l'ordre qui sont blessées, mais pas un mot. sur des gamins mutilés, des bras arrachés, des yeux qui n'existent plus. Ils vont trimballer ça toute leur vie. Pas un mot de Macron, pas un mot de le corps nu, pas un mot de M. Nunez, pas un mot de M. Linard, président des maires de France, qui dit même que le 17 octobre 1961, il s'en fout, alors qu'il y a 100 personnes algériennes qui ont été tuées par la milice de Papon. Ce n'est pas étonnant que les jeunes, au bout d'un moment, n'écoutent plus les hommes politiques. Parce que je dirais, l'indignation a géométrie variable. Et on ne peut pas accéder. Comment on peut expliquer qu'il n'y ait pas eu un mot de compassion à part ceux de Jean-Luc Mélenchon ? Aucun des candidats à la présidentielle. n'a eu cette compassion pour des gamins abîmés.
Le manque de compassion, on en a parlé aussi avec justement les manifestants du contre-rassemblement qui disaient que Olivier Falorni aurait dû être un peu de leur côté et prendre la parole pour eux.
je ne suis ni l'avocat de l'IF alors ni, je ne fais pas non plus de discours nationaux ni défendeurs du gouvernement. Effectivement, il y a un manque profond d'empathie, de respect et c'est ce qui manque aujourd'hui à notre démocratie de façon générale. Et vous l'avez très bien dit, on ne peut pas avoir donc une empathie ou un discours à géométrie variable. La violence est inacceptable et je me mets encore une fois à la place de ces jeunes qui sont infirmes aujourd'hui. On ne pourrait, dans une démocratie normalement constituée, on ne devrait pas pouvoir... pouvoir être blessé lors d'une manifestation, en tout cas de cette nature. Je souscrie complètement. Et d'ailleurs, si les gens avaient écouté les discours des maires, c'était bien celui-là. L'ordre vaut aussi pour pouvoir manifester en toute sécurité. Et donc c'est ce qu'on a voulu exprimer à travers ce rassemblement républicain.
Il est 11h48, nous sommes toujours sur France 3 Poitou-Charentes pour dimanche en politique. On va parler du fond du problème et des revendications de la jeunesse. Il y a la vie chère, il y a le pouvoir d'achat, les services publics. Je vous propose d'abord d'écouter une manifestante croisée par notre équipe dans le cortège de Poitiers. On l'écoute.
c'est plus par rapport à l'essence et tout ce qui est augmenté, même au niveau de la nourriture et tout. On n'arrive pas à vivre. On travaille parce qu'il faut travailler par de l'argent. Mais au final, derrière, tout ce qu'on dépense, même pas dans les loisirs, ça va être tout ce qui est nourriture, essence. C'est intenable.
Le pouvoir d'achat, c'est ce qui vous remonte le plus sur le terrain.
y a plein de sujets qui en montent sur le terrain, mais il suffit de voir la traduction des problématiques de pouvoir d'achat sur le fonctionnement d'une mairie comme la nôtre. Le centre communal d'action sociale, il est obligé d'accompagner de plus en plus de monde sur des sujets de carburant, sur des sujets de précarité énergétique. On ne peut plus payer son électricité, on ne peut plus payer son eau. La banque alimentaire qui explose aujourd'hui à Don Pierre-sur-Mer, et aujourd'hui encore une fois le rôle du maire c'est d'amortir tous ces problèmes-là. Et je reviens sur ce que j'expliquais tout à l'heure, sans le mouvement, qui est un grand mouvement populaire à Don Pierre-sur-Mer, d'entraide, d'accompagnement, on aurait des crises encore plus importantes. Donc les maires sont des amortisseurs de cette crise nationale, voire internationale, et on essaye au quotidien d'être des oasis, de préserver en tout cas le plus possible notre population de ces problématiques-là. Mais elles sont très clairement traduites au quotidien dans toutes les décisions que nous prenons.
Effectivement, des amortisseurs peut-être pas suffisants selon vous, René Pilato.
vais faire un lien avec le national. Les budgets, depuis que je suis élu, je n'en ai jamais voté un. Or, c'est un impact direct sur la vie des gens, sur les dotations qu'on donne aux mairies. Donc quelque part, on a un petit souci là qu'il va falloir rapidement expliquer. Le constat, c'est un tiers, un tiers. des concitoyens qu'on a en France sautent au moins un repas par jour. Des élèves voient, via Parcoursup, qui est quelque chose de très sélectif pour les diriger vers le privé, voient que leur avenir est bouché s'ils n'ont pas d'argent.
Emmanuel Macron, sur Parcoursup, propose de remettre tout sur la table.
J'ai pris l'habitude de ne pas croire le président de la République, mais s'il pouvait me faire mentir, je serais ravi. Donc, quelque part, le 10 du mois, l'année dernière, les gens... qui étaient en difficulté, ils avaient 100 euros pour vivre. Il y a des parents qui doivent choisir entre payer la facture d'électricité... et envoyer les enfants à la cantine et payer la facture de cantine. Ça ne peut pas durer. On ne peut pas, dans un pays comme le nôtre, où le PIB bonan-malan augmente tous les ans, d'avoir plus 3 millions de pauvres sous Macron et plus de milliardaires. Au bout d'un moment, les choix budgétaires que nous aimerions faire, s'il n'y avait pas sans arrêt le 49.3, pourraient changer la vie des gens. Donc je ne vais pas rentrer dans le détail, mais il y a les moyens de répondre aux revendications de Parcoursup, de rénovation des lycées. C'est 10 milliards. Franchement, 10 milliards par rapport à certains nombres. 10 milliards, c'est la
revendication des organisations lycéennes. Vous dites que c'est possible.
Écoutez, on donne actuellement, c'est Bercy qui le dit, c'est par René Pilato, 166 milliards sans contrepartie aux entreprises, les plus grandes entreprises de France. 166 milliards sans contrepartie. Au moins, si on rénovait les lycées. Ça donnerait du boulot localement, par exemple.
Quand on parle de pouvoir d'achat, on n'est pas forcément tous logés à la même enseigne. En Charente-Maritime, par exemple, ou chez les maires, les maires ruraux, par exemple, sont particulièrement touchés, puisqu'il faut sa voiture pour tout.
Tous les maires sont touchés. Les maires urbains connaissent d'autres difficultés aussi dans les quartiers sensibles. Les maires ruraux, effectivement, ils ont une population qui est loin des centres d'intérêt attractif. Donc la question de la circulation, la question de pouvoir aller travailler et pouvoir vivre de son travail, parce que c'est ça le grand problème en fait. Donc c'était des vrais sujets, des problématiques que les maires prennent de plein fouet. Encore une fois, c'est nous qui prenons de plein fouet tous ces sujets-là, puisqu'on est à portée de colère, on est à portée de baffe. C'est le rôle des maires aussi. Il y a eu de la violence envers les maires ces dernières années. Oui, parce que la violence est l'image de la société et donc ça se radicalise régulièrement. Moi je fais très attention par contre à ce que quand quelqu'un m'interpelle violemment, je ne monte pas le niveau de la violence. J'essaye d'expliquer, de comprendre et d'essayer de lui répondre, de faire un peu de pédagogie aussi et essayer de trouver des solutions. Et c'est comme ça aussi qu'on arrive à cette désescalade de la violence collective. C'est avec cet état d'esprit qui... impose un droit, bien entendu, mais qui comprend les choses. On ne peut pas avoir l'un sans l'autre. On ne peut pas avoir l'ordre à tout prix sans incarner de l'autre côté le respect, l'empathie et trouver des solutions.
Avec les nombreuses revendications, est-ce que ce n'est pas un peu compliqué, justement, là où on entend un petit peu tout dans les manifestations, d'avoir un mouvement global
va se faire naturellement, parce que le peuple, qui est quand même très sage en France, n'est jamais écouté. On peut parler des gilets jaunes. Globalement, leurs conditions ne se sont pas améliorées un quinquennat plus tard. On peut parler des lycéens qui n'ont pas de prof devant eux dans 7,5% des cas et ça ne s'est pas amélioré. On peut effectivement parler des élections législatives que Macron a balayées d'un revers de main en disant que ça ne compte pas. Les gens ont fait des pétitions sur la loi Duplon. Ça ne compte pas. Je veux dire, par là, les retraites, les gens manifestés contre un passage en force au 49.3, ça ne compte pas. Quand le peuple a tout essayé, par les urnes, par les pétitions, par les manifestations... Et qu'il n'ait pas entendu.
Merci à vous René Pilateau. On arrive déjà à la fin de cette émission. Et le débat se poursuivra bien sûr. Merci à tous les deux d'être venus commenter cette actualité sociale. Et merci aux équipes de France 3 Poitou-Charentes d'avoir permis la réalisation de cette émission en direct. La semaine prochaine, Jérôme Villain vous accueillera pour Dimanche en politique. Dans quelques minutes, l'info en région et dans le monde aussi. Avec le journal régional présenté par Marino Elmi-Sud. Bonne fin de dimanche et à bientôt. A bientôt.
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