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Samedi 17 octobre, des cortèges contre la vie chère ont basculé dans le chaos. Dans plusieurs villes, les manifestations ont laissé place à des scènes de pillage et de destruction, et le président de la République a dû prendre la parole dès le dimanche soir. Dix ans après son arrivée au pouvoir, Emmanuel Macron contemple aujourd'hui le résultat de ses propres politiques. Mais avant de revenir sur cette allocution sans annonce et sur la tournée du chef de l'État dans le Golfe, regardons d'abord ce qui s'est réellement passé samedi. Celui qui annonçait une guerre contre un virus, puis une guerre contre la Russie, a fini par installer un climat de guerre sur le sol français. En marge des rassemblements contre la cherté de la vie, de très nombreux heurts ont éclaté partout dans le pays, transformant des centres-villes en décors de désordre. Face à l'ampleur des dégâts, le président s'est donc senti contraint de s'exprimer. « Aucune mesure concrète, seulement des formules solennelles. À l'égard des casseurs et de tous ceux qui se livrent à des violences, nous serons intraitables », a-t-il martelé. Une fermeté qui sonne creux quand elle vient de celui-là même dont les choix ont rendu cette débâcle possible. Le chef de l'État semblait humilié, mais il n'a pas résisté à la tentation de partager sa faute avec les Français. « Nous ressentons tous ce soir de la colère et de la honte, une honte légitime d'avoir transformé la France en zone de non-droit pour les Français », a-t-il déclaré. Car ce 17 octobre, des bâtiments publics ont été pris pour cibles par des bandes violentes, à l'image des Black Blocs déjà mobilisés pour discréditer les Gilets jaunes. Symbole de cette journée, l'hôtel de ville de Limoges a été en grande partie ravagé par les flammes. La mairie de Marseille a subi de lourdes dégradations, et à Lyon, c'est l'office du tourisme de la place Bellecour qui a brûlé. Au-delà de ces destructions, des pillages ont frappé les commerces partout dans les grandes villes, des petits commerces de quartier aux grandes enseignes. Selon le ministre des petites et moyennes entreprises, Serge Papin, plus de 3000 commerces auraient été dégradés ou pillés dans la seule journée de samedi. soit deux fois plus que pendant les violences urbaines qui avaient suivi la mort de Naël. En 2023, partout, les forces de l'ordre ont elles-mêmes été visées. Le ministère de l'Intérieur évoque un millier de fonctionnaires blessés. 10 000 policiers et gendarmes auraient été mobilisés samedi, dont la moitié à Paris. Un chiffre qui fait lui-même partie du problème. Pour la visite du pape dans la capitale, 14 000 membres des forces de l'ordre étaient déployés. Pendant les émeutes qui ont suivi la mort de Naël, un dispositif de 45 000 policiers et gendarmes a été maintenu plusieurs jours d'affilée. Pour l'acte 4 des gilets jaunes, le 8 décembre 2018, on comptait 89 000 policiers et gendarmes. Comment expliquer un dispositif aussi léger le 17 octobre alors que la mobilisation des lycéens avait déjà montré que le pays pouvait s'embraser à tout moment ? Plusieurs explications se cumulent. D'abord, un travail défaillant des renseignements territoriaux ou une mauvaise analyse de leurs informations pour évaluer l'afflux de manifestants et la nature des cortèges. Ensuite, de mauvaises décisions des pouvoirs publics qui n'ont pas suffisamment tenu compte des avertissements. Dans tous les cas, Il y a eu une perte de contrôle évidente, selon les critères mêmes énoncés le 6 octobre par le ministre de l'Intérieur, Laurent Nouze. Perdre le contrôle, avait-il défini, c'est quand des hordes défilent dans les centres-villes, pillent les magasins et commettent des exactions. Face à ce constat, le ministre n'a pu que reconnaître son échec et présenter sa démission au président de la République. J'ai été haut fonctionnaire. « J'ai le sens de l'intérêt général », aurait-il fait valoir. Une démission refusée par le chef de l'État, toujours fier de s'entourer d'amateurs dont il reste le chef. Selon Beauvau, on attendait 200 000 manifestants. Ils ont finalement été 550 000. Et pourtant, une grande partie des Français qui souffrent et qui s'inquiètent de leur appauvrissement ne descendent plus dans la rue, par peur d'être pris à partie par des militants violents d'extrême gauche. des casseurs, des black blocs et des pillards, ou tout simplement de subir les ordres donnés à la police. Il faut aussi relever un point essentiel. Par une ordonnance de juin 2021, Emmanuel Macron a décidé de supprimer le corps préfectoral, dans la foulée de l'École nationale d'administration, une mesure entrée en vigueur en janvier 2023. Le résultat se voit aujourd'hui. avec des préfets choisis parfois par népotisme ou par copinage, loin des exigences de leur mission. Des dégâts comparables à ceux de la suppression du corps diplomatique, également décidé par Emmanuel Macron. Et pourtant, dimanche soir, le président a de nouveau renvoyé la responsabilité sur les préfets. Dans le contexte actuel, les préfets prendront les décisions avec les maires pour protéger nos villes, nos bâtiments publics et nos commerces, y compris en allant jusqu'à interdire certains rassemblements quand il le faut, a-t-il affirmé. Une ligne précisée le lundi par Sébastien Lecornu, après la réunion de crise, avec l'annonce de possibles couvre-feux localisés. Des mesures pour les commerces vandalisés sont censées arriver vite, mais les promesses ressemblent à celles faites aux sinistrés des incendies en Gironde, eux aussi laissés à l'abandon aujourd'hui. Avec ce cocktail de déconnexion, d'incompétence et de nocivité, les rues se retrouvent livrées à des individus violents venus détruire ce qu'il reste à détruire et voler ce qu'il reste à voler. Dans son allocution, Emmanuel Macron a désigné l'extrême gauche comme responsable. Samedi 17 octobre, des factueux issus de groupuscules d'ultra-gauche, rejoints par de nombreux délinquants, se sont livrés à une violence débridée dans nos villes, a-t-il accusé. Rappelons que cette ultra-gauche dont parlait le président, c'est celle avec laquelle son parti et ses élus ont passé alliance aux dernières élections législatives. À croire que c'était le front républicain qui s'exprimait le soir du 17 octobre. Marine Le Pen, qui avait réagi avant Emmanuel Macron à cette situation inédite, a elle aussi pointé les responsabilités au sommet de l'État. De l'autre côté, nous avons un pouvoir macroniste à bout de souffle, épuisé. « Désorienté, qui semble désormais incapable de faire autre chose que de commenter sa propre impuissance, sa propre déchéance », a-t-elle dénoncé. Un président sans crédit ni autorité, fantomatique et jusqu'ici muet, qui a en réalité perdu tout contact avec le réel et qui laisse les événements décidés à sa place. Ces violences ne sont pas nées de rien. Elles surviennent dans un contexte délétère que le gouvernement a lui-même créé. A force de ne jamais être entendu, ni même écouté, les inquiétudes, les souffrances et les plaintes des Français se sont muées en exaspération, parfois en colère. Le chef de l'État a fait savoir qu'il souhaitait réunir les chefs de parti pour discuter de la situation. Jordan Bardella a déjà répondu que ni lui, ni Marine Le Pen ne s'y rendraient. Ni Marine Le Pen ni moi ne nous rendrons à cette réunion des chefs de parti. Le Rassemblement national y sera représenté par l'un de ses vice-présidents. Très certainement, a-t-il précisé. Voilà à quoi on en est réduit. Le pays a feu et à sang et le garant de l'ordre public organise des réunions. Une décision qui ne permettra sans doute pas à Emmanuel Macron de redescendre sur terre pour regarder le naufrage qu'il pilote depuis dix ans. On notera d'ailleurs que son allocution évoquait les violences au passé, alors même qu'à l'heure de ses déclarations, de nombreuses villes étaient encore agitées dimanche soir. Comme si l'intervention n'était pas vraiment enregistrée en direct, contrairement à ce qui avait été annoncé. Depuis ce message, le président a quitté la France pour se rendre au Moyen-Orient et retrouver ce terrain international qu'il affectionne tant, sans y être plus efficace pour autant. Lui qui brandit depuis des mois une menace hybride venue de Russie aura hérité d'un conflit intérieur dont il est l'une des principales sources. De quoi amuser ses homologues étrangers. Emmanuel Macron a donc quitté la France dès ce lundi matin, laissant l'intendance au gouvernement. Les objectifs affichés de ce voyage au Moyen-Orient garantirent les prix et les approvisionnements énergétiques. Une tournée qui ressemblera surtout à une opération de communication. Face au chaos qu'il a lui-même largement contribué à provoquer ce samedi, Emmanuel Macron espère comme souvent rebondir ou gagner du temps grâce à l'international. Parmi les annonces de son allocution de dimanche soir, le chef de l'État a fait part de son déplacement à partir de ce lundi dans le Golfe. dans le but affiché de sécuriser les approvisionnements énergétiques du pays, et surtout leurs tarifs, qui pèsent, lourdement, sur les ménages et les entreprises. Les manifestants ont exprimé une inquiétude sur le coût de la vie, sur le prix des carburants, dont les causes se trouvent dans le conflit lancé dans le golfe Persique, auquel la France n'a pas pris part, et dont nous subissons les conséquences. À ce titre, « J'ai pris plusieurs initiatives au niveau international pour garantir notre carburant, notre gaz, et agir sur les marchés de l'énergie. Et je poursuivrai ces actions dès demain matin en me rendant dans les pays du Golfe pour sécuriser nos approvisionnements », a-t-il promis. Lors des événements de mai 68, une partie de l'opinion s'était émue que le général de Gaulle, ainsi que son premier ministre Georges Pompidou, maintiennent leur long déplacement à l'étranger, en l'occurrence en Roumanie et en Afghanistan. Il est vrai qu'à la différence de 1968, il n'y a plus personne, ou presque, pour se réclamer positivement d'Emmanuel Macron et il n'y aurait probablement pas grand monde pour s'émouvoir si le président disparaissait 48 heures ou plus, que ce soit à Baden-Baden ou à Doha. Toujours est-il que la tournée d'Emmanuel Macron dans le golf était déjà planifiée la semaine précédente, comme le rapportait l'agence France Presse, et qu'elle ne résulte pas d'une décision prise après les événements du samedi 17 octobre. Pour Emmanuel Macron, il s'agissait donc simplement d'utiliser cette information pour donner le sentiment qu'il agit afin de résoudre la situation. Le président a d'ailleurs souligné que la France n'était pas responsable de la situation dans le Golfe, ce qui est exact en ce qui concerne l'agression du 28 février 2026. Les Iraniens ont toutefois réagi sans tarder aux déclarations du président, avec un sourire en coin, devant les difficultés auxquelles il fait face. Le chef de la diplomatie iranienne a affirmé que le chef de l'État français avait lui-même contribué à créer cette situation. en assurant au président américain Donald Trump qu'il approuvait les atrocités commises contre le peuple iranien, ainsi que le soutien affiché de Paris à une politique de trouble intérieur volontairement provoquée, notamment lors des émeutes survenues en Iran en janvier de cette année. C'est en quelque sorte l'arroseur arrosé. Au bout de 47 années de sanctions ininterrompues contre l'Iran, les Européens, suiveurs habituels de Washington, vont subir ce qu'ils ont tant voulu faire subir aux Iraniens et à d'autres peuples, c'est-à-dire les priver de toutes ressources et attiser le feu de la colère sociale, quand ils ne vont pas jusqu'à financer des groupes terroristes. Ce sont donc les Européens qui vont connaître une baisse drastique des stocks de gaz et surtout de pétrole, mais aussi un risque à venir pour l'année prochaine. Celui de gros problèmes de récolte en raison de la baisse de production des engrais et des pesticides qui servent à l'agroalimentaire. Mais tout comme Donald Trump, qui affirme de manière incroyablement exagérée que l'Ukraine serait responsable de l'augmentation des prix du diesel aux États-Unis, la position de Macron fait semblant d'ignorer l'éléphant au milieu du magasin de porcelaine. A savoir que l'Europe souffre sur le plan énergétique depuis 2022 et l'interdiction progressive d'acheter des matières énergétiques en provenance de Russie. Même s'il est vrai que la crise énergétique en France et en Europe a été effectivement aggravée en 2026 par l'attaque israélo-américaine contre l'Iran, le blocage du détroit d'Hormuz, puis par les attaques des outils yéménites contre l'Arabie saoudite. Face à cette situation, la France n'a en réalité que peu de moyens d'action. Même si Emmanuel Macron a annoncé le 24 septembre l'envoi de renforts français pour aider l'Arabie saoudite à se protéger des attaques des outils, en particulier sur les sites énergétiques durement frappés, qu'il s'agisse de sites pétroliers, de l'oléoduc, est-ouest ou du port de Yanbu. Les premiers déploiements français ont eu lieu le 15 octobre, même si pour le moment, les détails n'ont pas été communiqués. Une chose est certaine, la perspective d'une implication française ne semble absolument pas faire peur aux outils, et les combats avec les Saoudiens ne baissent absolument pas en intensité. Bien au contraire, si l'on en juge par les attaques contre les aéroports saoudiens de ces derniers jours. Mis à part apporter une modeste assistance indirecte à l'alliance américano-israélienne pour aider à contenir les outils, les alliés des Iraniens, l'impact global de l'intervention française devrait rester des plus minimes. On notera d'ailleurs qu'Emmanuel Macron n'a pas jugé utile d'inclure l'Arabie saoudite dans sa tournée internationale dans le Golfe, en dépit de cette intervention en faveur de ce pays. Pire encore, On apprenait ce jeudi 15 octobre qu'une frégate française escortant un navire de la flotte de transport CMA-CGM avait abattu un drone hostile dans le détroit de Babel-Mandeb. En clair, à défaut de pouvoir réellement aider les Saoudiens, on peut redouter qu'à terme, la petite intervention française ne contribue à faire des navires commerciaux français des cibles pour les outils. L'interminable fin de mandat du président Macron est au moins marquée par une constance, à l'interne comme à l'international, celle de l'impuissance et de l'inconscience face aux dangers. Un scrutin décisif pour les États-Unis. Les élections de mi-mandat se rapprochent, et elles pourraient être un coup dur pour Donald Trump et le camp républicain. Si nous perdons la majorité à la Chambre des représentants, ce sera véritablement la fin de la présidence Trump. avertissent déjà certains élus. Les Républicains sont sous pression à quelques semaines des midterms. Alors que les élections de mi-mandat se tiennent le mardi 3 novembre, le taux d'approbation du président des États-Unis, Donald Trump, oscille entre 33 et 36 %, un chiffre extrêmement bas pour un président en exercice. De plus, les midterms sont généralement un scrutin ingrat pour l'équipe en place. Depuis 2024, La majorité républicaine à la Chambre des représentants et au Sénat ne tient qu'à quelques sièges. Or, selon les sondages, les démocrates pourraient facilement reprendre le Congrès. Ils n'ont besoin que de quatre nouveaux élus dans chacune des deux assemblées. De quoi pousser Donald Trump à se lancer dans la campagne avec activisme, jusqu'à se déplacer lui-même d'État en État. Je pense que nous allons obtenir de très bons résultats. Les rassemblements ont changé la donne, assure-t-il. Du 1er octobre jusqu'au mardi 20 octobre, il aura effectué 15 déplacements dans 13 États, un rythme inhabituel pour des élections de mi-mandat. En effet, la Maison-Blanche a tendance à laisser les candidats locaux mener leur propre campagne sur le terrain, par crainte de pâtir de l'impopularité du chef de l'État. Alors que depuis le début de l'année, La guerre en Iran est au centre des discussions, Donald Trump a vanté les investissements industriels aux États-Unis, les droits de douane censés favoriser la production américaine et sa politique de contrôle des frontières. Il a également fustigé les démocrates qui ont provoqué, selon ses mots, la pire inflation de l'histoire américaine, les prix de l'énergie les plus élevés et une ouverture massive des frontières. S'ils remportent les élections de mi-mandat, ils recommenceront. Ils vont rouvrir votre frontière, martèle-t-il. Une victoire des démocrates au mid-terme n'est en effet pas assurée. Il y a quelques semaines, le journaliste spécialiste de la politique américaine, Gérald Olivier, expliquait pourquoi rien n'est joué. Il y a trois incertitudes majeures dont il faut tenir compte. La première incertitude, c'est le redécoupage électoral. Un certain nombre de circonscriptions ont été redessinées à la suite de décisions de la Cour suprême. Dans la majorité des cas, ce redécoupage est plutôt favorable au parti républicain. Deuxième incertitude, c'est l'impact de l'aile radicale du parti démocrate. On a observé ces derniers mois une montée extrêmement forte en faveur de ce qu'on appelle les démocrates socialistes américains, le parti de Bernie Sanders et de Zoran Mamdani à New York. Or, c'est un courant situé à l'extrême gauche du Parti démocrate qui pourrait décourager un certain nombre d'électeurs. Et puis, il y a une troisième incertitude liée aux restrictions imposées par la Cour suprême et par le président Trump sur le vote par correspondance. La particularité de ces trois incertitudes, c'est qu'elles fonctionnent toutes au détriment du Parti démocrate. Le résultat pourrait être plus serré que certains ne le disent. Sur ce premier point du découpage électoral, c'est une véritable bataille qui s'est jouée dans l'ombre en amont du scrutin. Dès juillet 2025, Donald Trump avait appelé le Texas, un État pivot actuellement républicain, à redécouper sa carte électorale, soit en concentrant tous les comtés démocrates dans un seul district, pour limiter le nombre d'élus qu'ils peuvent porter au Congrès, soit en divisant les comtés démocrates pour les répartir entre des circonscriptions nettement républicaines. Avec cette méthode, les républicains du Texas pouvaient sécuriser jusqu'à cinq sièges supplémentaires. Six autres États républicains ont emboîté le pas, mais les démocrates ont riposté avec d'autres changements de cartes électorales en Californie et en Utah. Pour cette année 2026, près de 35 millions d'Américains sont concernés par ces modifications. Dans ce pays, terre d'élection de la démocratie, ce ne sont plus les électeurs qui choisissent leurs élus, mais l'inverse. Quoi qu'il en soit, alors que le scrutin reste incertain, l'enjeu est lourd pour Donald Trump. Si les démocrates remportent une large victoire, il pourra craindre le blocage de ces lois et surtout une nouvelle procédure de destitution. Et à présent ? L'actualité en bref en France. Narcotrafic. Un procès médiatique qui ne fera pas bouger les lignes. Le procès d'un triple homicide de 2020 dans le cadre du trafic de drogue s'ouvre ce lundi pour trois semaines devant la cour d'assises d'Aix-en-Provence, sous un dispositif de sécurité exceptionnel, hélicoptères blindés, tireurs d'élite et unités d'élite. Parmi les victimes figure Brahim Chaban, frère aîné d'Amin Kessassi, militant antinarcotrafique et adjoint au maire de gauche de Marseille. Le 29 décembre 2020, deux corps calcinés, ceux de Brahim et de Reda Kaldi, avaient été découverts dans un véhicule incendié près de Marseille. Un troisième, celui de Nassim Loubani, suivait quelques jours plus tard. Cinq accusés comparaissent, dont Kari Marat, soupçonné d'avoir commandité l'opération depuis Dubaï, et Amin Wallan, présenté comme relais et tueur. Tous deux nient toute implication. Amin Kessassi, partie civile, placée sous protection, affirme attendre justice et non vengeance, dans ce procès qui n'a rien de très ordinaire. Celui-ci se tient sans jury populaire en raison de sa complexité et des risques liés à la criminalité organisée. L'appareil judiciaire, même s'il se trouvait bien intentionné, ne pourra rien faire sans action politique forte contre la drogue. Autre sujet, un média a reconnu avoir diffusé à tort une vidéo attribuant à un policier des insultes proférées lors de la mobilisation du 17 octobre à Rennes. La phrase avait été présentée comme émanant des forces de police. La gendarmerie nationale a rapidement démenti sur X, précisant qu'il s'agissait d'un manifestant équipé de son propre mégaphone qui imitait une sommation non sans humour. Le média a reconnu une erreur d'attribution indiquant s'être appuyé sur trois sources qui devaient être décidément bien fragiles et avoir sollicité sans succès la police et la préfecture. La vidéo a été retirée du réseau social X et d'Instagram, mais elle est restée plus longtemps sur Facebook en raison, je cite, d'un dysfonctionnement technique. Le média a présenté ses excuses au lecteur. Liberté d'expression, une élue de la France insoumise devant les juges à partir de ce lundi. Le procès de la députée européenne Rima Hassan pour apologie du terrorisme s'ouvre devant le tribunal correctionnel de Paris. En mars dernier, elle avait publié sur son compte X le message suivant, je cite « J'ai consacré ma jeunesse à la cause palestinienne. Tant qu'il y aura oppression, la résistance ne sera pas seulement un droit, mais un devoir. » C'était une citation de Kozo Okamoto, un membre de l'armée rouge japonaise agissant pour le Front populaire de libération de la Palestine. Ce dernier est l'auteur de l'attentat de l'aéroport de Lod en 1972, qui a provoqué 26 morts. L'élu n'avait évidemment pas fait l'apologie de ses actes terroristes. Ce message lui avait même valu une garde à vue. Elle encourte jusqu'à 7 ans de prison, 100 000 euros d'amende et une peine d'inéligibilité pour une citation. Et nous poursuivons avec l'actualité internationale. Comité d'accueil pour une délégation européenne en Jordanie. Samedi, près du village de Taïbé, des colons israéliens ont agressé un convoi composé notamment du consul général de Belgique, de diplomates français et polonais et de représentants du Vatican. Ces délégations s'étaient rendues sur ce territoire pour soutenir symboliquement des agriculteurs palestiniens récoltant des olives. Des colons masqués sont arrivés armés de bâtons et de barres de fer. Ils ont volé une partie de la récolte et ont brisé la vitre d'une voiture. Un maire communiste du Nord, âgé de 78 ans, a été jeté au sol, frappé et attaqué avec des barres de fer. Le quai d'Orsay a dénoncé une agression gravissime. Pendant ce temps, En Israël, la police a ouvert une enquête et évoqué une possible campagne de diffamation, malgré les images qui circulent. Trump soutient toujours Netanyahou. À huit jours des élections législatives israéliennes, le premier ministre a reçu un soutien de poids de la part du président américain dans un message adressé, je cite, « aux grands citoyens d'Israël ». Donald Trump y évoque son soutien total et absolu à son ami Netanyahou, qu'il présente comme un grand dirigeant en temps de guerre face à l'Iran, ajoutant que si les Israéliens faisaient un autre choix, l'Amérique serait contrainte de faire ce travail, elle-même. Malgré une situation politique difficile, avec une contestation populaire et des poursuites judiciaires, Benjamin Netanyahou et son parti, le Likoud, sont toujours en tête dans les sondages. Les relations entre Zelensky et Trump sont au plus mal. Alors que le président américain répète à l'envie que son homologue ukrainien devrait partir, les États-Unis mettent la pression sur ce dernier pour qu'il accepte de négocier la sortie de la guerre. Marco Rubio, le secrétaire d'État, a conseillé à Volodymyr Zelensky de se concentrer sur la fin du conflit, tout en ayant toute interruption des renseignements envoyés à Kiev. Si Volodymyr Zelensky a rappelé dans sa dernière allocution qu'une large part de l'avenir de la guerre dépendait des États-Unis, il n'est pas parvenu à apaiser les relations avec son homologue de Washington, dont la dernière publication sur son réseau True Social disait simplement En lettres capitales, je veux que cette guerre prenne fin. Un empressement évident lié au calendrier électoral américain et à la perspective des élections de mi-mandat. Un débat présidentiel au Brésil qui vire au carnaval. Dimanche, le président sortant Luiz Inacio Lula da Silva et le sénateur Flavio Bolsonaro se sont affrontés pour un débat télévisé une semaine avant le second tour de l'élection présidentielle. Pendant que Bolsonaro... fils de l'ancien président, mettait l'accent sur la sécurité et la lutte contre la criminalité, Lula défendait un bilan marqué par des hausses de salaire, malgré un coût de la vie de plus en plus dur au Brésil. L'entre-deux-tours est extrêmement serré. Bolsonaro est arrivé en tête du premier tour avec une légère avance. Les sondages lui prédisent une avance de deux points sur Lula au second tour, avec une marge d'erreur de deux points. Rien n'est joué. et les deux candidats vont chercher à mobiliser les 21% d'électeurs abstentionnistes. Le second tour se tient dimanche 25 octobre. Enfin, il faut voir qu'un effort considérable est fait par les pays du Golfe pour contourner le problème, c'est-à-dire pour acheminer le pétrole autrement. Acheminer le pétrole par voie terrestre, c'est ce que font maintenant de façon importante les Saoudiens. C'est ce que tentent de faire les Émirats. puisqu'il se trouve des deux côtés du détroit d'Hormuz, et ce qui pourrait être fait pour l'Irak en passant plus au nord. Tout le monde cherche d'autres voies, ou utilise des pétroliers beaucoup plus petits qui passent au travers. Et puis, tout simplement, acheter du pétrole ailleurs, ou faire comme Donald Trump, c'est-à-dire dire qu'il y a des priorités. Je veux faire baisser le prix du pétrole, donc je relâche la pression sur les Russes. Il lève certaines sanctions, notamment en matière pétrolière. Voilà comment, de la colère des rues françaises au calcul des puissances du Golfe et à l'élection américaine, tout se tient. Le prix de l'énergie, la colère sociale et l'impuissance des dirigeants dessinent le même tableau, celui d'un ordre ancien, qui vacille de Paris à Washington en passant par le détroit d'Hormuz.
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