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Pour vous, ce sont eux les coupables ? Je ne désignerai certainement pas. Il faudrait, pourquoi ? Non. Rassemblement National a constitué toute sa doctrine, toute sa philosophie sur la recherche de boucs émissaires.
Bonjour Dominique de Villepin. Bonjour. Céline dit la France sous tension, vous vous dites au bord de la guerre civile. Vous maintenez ce matin, vous n'avez pas l'impression que ça attise les tensions finalement, ce terme guerre civile carrément ? Non, il ne s'agit pas de dire
que nous sommes dans une guerre civile. Vous dites frappe à la porte. Oui, ce que je dis surtout c'est qu'il y a une mécanique de la guerre civile et je le dis parce que je l'ai observé. Dans beaucoup de pays à travers le monde et de ce point de vue-là, la France n'est pas une exception. Il y a des paroles qui tuent, il y a des actes qui tuent bien sûr, mais il y a des abandons qui tuent quand la République... n'est plus là, eh bien, c'est le désespoir, c'est la solitude, et à partir de là, il n'y a plus de garde-fous. Donc cette mécanique, elle se met en place, c'est une mécanique de l'intolérance, c'est une mécanique de la polarisation. Oui, je suis inquiet, parce qu'à chaque fois, l'essentialisation, l'assignation à la couleur d'une peau, à une religion, eh bien, elle conduit au drame. Donc, soyons conscients, les mots tuent. Précisément, les
mots tuent, vous le disiez, les paroles tuent. Pour le maire de Trappes, donc là où s'est déroulé vendredi ce terrible attentat raciste, il y a des discours qui arment idéologiquement. Ils visent clairement Éric Zemmour, peut-être Jordan Bardella.
Pour vous, ce sont eux les coupables ? Je ne désignerai certainement pas. Il faudrait, pourquoi
?
Non. Il y a des responsables de la mise en place de cette mécanique. la haine. La haine, elle n'est pas anodine. Non mais on comprend bien,
mais pourquoi vous ne désignez pas des coupables ? Quand Éric Zemmour dit ce que nous avons vu hier, c'est le véritable visage du grand remplacement, il évoque une horde de barbares maghrébins et
africains qui rentrent dans les villes. Je suis un républicain et donc je n'essentialise pas l'autre. Par contre, je dis attention, halte au feu. Halte au feu dans la rue, quand on laisse déraper des manifestations. Halte au feu dans les esprits, quand on enflamme les esprits à longueur de journée, à coups de grands remplacements, à coups de désignations de responsables dans l'immigration.
Mais parce que dans la
République, il est important d'apaiser. Je vais vous donner trois garde-fous qui nous permettent de sortir de cette spirale accusatoire et qui font que désigner une... personne nommément. C'est pas une personne, c'est un parti. C'est un parti de gens qui se présentent à la présidence. Mais il est clair que pour moi, le Rassemblement National porte une responsabilité dans la polarisation. dans notre pays. Et il y a donc trois garde-fous. Le premier, c'est la règle républicaine. Nous sommes en train de la perdre de vue. La nationalité, la citoyenneté, le principe d'humanité, ça fait partie de cette règle républicaine. Deuxièmement, il y a les maires. Vous avez cité Ali Rabet. Comme beaucoup d'autres maires, il tient sa ville et il essaye d'être au service de ses habitants. Et puis il y a un troisième garde-fou qui fait défaut. C'est l'État. L'impuissance publique est en grande partie responsable de la dérive que nous voyons dans notre pays. Nous sommes dans un pays qui est à vif. Dans un pays à vif, on fait attention à ce qu'on dit. Et on fait attention aux actes que l'on fait. Qui a manifesté l'hamedi
dans des meilleures conditions, mais à quel prix, ce que disait Céline tout à l'heure à Maude Bréjean, à quel prix ces couvre-feu, mais aussi ces manifestations finalement très encadrées, très limitées, dont on change le parcours à la dernière minute. Est-ce qu'il faut interdire des rassemblements comme l'a fait le gouvernement, vous qui avez été ministre de l'Intérieur, pour que ça se passe mieux finalement ? Oui, retour à l'ordre. mais finalement dans des conditions quand même un peu particulières. Est-ce que ces conditions vous inquiètent ? Vous dites
à quel prix, vous avez raison, quand on regarde le nombre de policiers blessés, on voit à quel point les heurts dans ces manifestations sont importants, et pareil du côté de ceux qui manifestent, et notamment du côté des jeunes. La responsabilité de l'État, c'est de garantir nos libertés fondamentales. La liberté de manifester, elle ne se limite pas aux organisations syndicales. Curieux d'imaginer qu'on allait interdire toutes les manifestations, sauf celles des organisations syndicales. Vous trouvez que nos libertés fondamentales ont été un peu contraintes ce week-end ? Il y a un risque pour les libertés publiques, et ça ne date pas d'aujourd'hui, ça date de plusieurs années. Donc il faut être attentif à la proportionnalité des réponses que l'on apporte, et veiller en particulier à ce que la colère puisse exprimer. Est-ce que la proportionnalité
a été respectée samedi dernier ? Vous dénoncez finalement une disproportionnalité dans les réponses apportées par l'État.
Alors... Les manifestations ont été autorisées. Est-ce qu'il aurait fallu en accepter davantage ? C'est au préfet qu'il appartient à chaque fois, sous le contrôle du juge, de vérifier que c'est bien le cas. Et puis il y a la nature des parcours adoptés et acceptés. Là aussi, sans doute que certains parcours peuvent être améliorés pour qu'on ne se promène pas sur le périphérique, en marche complètement des...
Parmi les revendications des lycéens, la suppression de Parcoursup, dont ils sont reçus tout à l'heure par Sébastien Lecornu, des réponses apportées, manifestement que Parcoursup ne sera pas totalement supprimée. Vous, vous voulez la suppression de Parcoursup ? Remplacé par quoi en fait ?
Il y a trois besoins imminents et il faut y répondre rapidement. D'abord le problème des locaux, et ça c'est un pacte état régi. Deuxièmement, la question des enseignants, il doit y avoir dans chaque classe le nombre d'enseignants. Donc pas supprimer les enseignants comme prévu au budget d'améliques. Et donc ça implique sur le plan budgétaire de réduire l'immunition. Et donc Parcoursup, pourquoi vous le remplacez clairement ? Et pour Parcoursup, d'abord par un service. d'orientation. Parcoursup, c'est une mécanique d'orientation qui ne laisse pas de place à l'humain. C'est une sélection aussi. Beaucoup de jeunes ne veulent pas de cette sélection. Mettons en place des processus de sélection qui soient non pas cachés, mais... clair, connu, que chacun puisse connaître et s'y préparer. Mais vous trouvez que ce qui était avant était plus efficace ? Non, je ne dis pas que ce qui était avant était plus efficace, je dis qu'il faut tirer les leçons de ce qui n'a pas marché dans Parcoursup et mettre en place un service d'orientation qui, au moins à travers trois rendez-vous, permettra à chaque jeune de savoir ce à quoi il vaut se préparer. Et puis prenons en compte une quatrième dimension importante aujourd'hui, la souffrance de la jeunesse sur le plan souvent psychologique. Nous avons besoin de plus de psychologues. et de plus de suivi dans les lycées. Vous
demandez toujours ce matin la suppression de Sarbon
Parcosup ? Une suppression qui conduise à remettre en place un dispositif qui répond mieux. aux besoins des lycéens et permettent d'éviter une sélection qui commence dès le collège à un âge où on sait rarement ce qu'on veut faire dans la vie.
Vous-même, vous avez lancé la semaine dernière une plateforme anti-crise. Vous appelez tous ceux qui veulent respecter l'état de droit à vous rejoindre, avec parmi des engagements la défense de la souveraineté nationale et des états généraux de la République. Est-ce que vous avez eu des retours des candidats à la présidentielle qui sont venus sur cette plateforme ou
aucun ? Il y a un intérêt manifeste pour un certain nombre des propositions qui sont faites pour cette plateforme, et en particulier sur le plan financier, un engagement de tous les partis politiques qui accepterait... Ma question est-ce que depuis mercredi, vous avez des retours de ces partis politiques ? Une fois de plus, il y a une réflexion, il y a un intérêt. Manifestement, nous avons été épargnés par Moody's, mais ça ne devrait pas durer très longtemps. Donc donner des signaux qui marquent que l'ensemble des responsables politiques sont unis, en particulier pour respecter la règle des 3% de déficit, faire pareil pour l'Union Européenne, marquer le respect de l'État de droite. Une fois de plus, vous savez, tout prend du temps et les esprits sont longs parce que chaque parti politique en général est dans son couloir. Et c'est là où il faut se rappeler ce que disait Jacques Chirac. Il y a une fragilité de la société française et il y a une fragilité de la France aujourd'hui, sans doute encore plus à quelques mois de l'échéance présidentielle. Justement, les partis sont dans
leur couloir, il faut du temps. Ça fait fin août, vous disiez qu'il vous fallait quelques semaines pour annoncer votre candidature. Vous attendez quoi en fait ? Parce qu'en fait, vous êtes en campagne, vous êtes là ce matin, vous entendez, vous avez des propositions. C'est les sondages qui vous retiennent 1 à 2%. De quoi parlons-nous, M. Fogel, ce matin ? Des difficultés et des crises que connaît notre pays. On ne sait pas qui on s'adresse en fait. Parce que si on s'adresse à l'ancien Premier ministre, c'était il y a plus... de 20 ans, si on s'adresse à un candidat à la présidentielle, ça devient tout d'un coup plus intéressant. Oui, la
parole reste pertinente, quel que soit le statut. Plus ou moins, pas besoin toujours de décliner sa carte de visite pour essayer d'être utile. Vous voyez, je lisais le papier de Christine Torbira dans Mediapart ce matin. Ce qu'elle dit, même si elle n'est pas aux affaires, a du sens quand elle parle de ce risque d'un racisme qui monte dans la société française.
En fait, qu'est-ce que vous attendez concrètement ?
Mais que les circonstances nous permettent d'y voir plus clair. Aujourd'hui, nous ne sommes pas dans une bataille présidentielle. Aujourd'hui, il n'y a pas de campagne présidentielle. Vous avez entendu Marine Le Pen hier ? Je l'ai entendu, elle a gagné. Donc, reprenons d'abord le contrôle des esprits, montrons qu'il y a un autre chemin, qu'on peut avoir un État qui est capable de retrouver son bon sens, de retrouver la règle républicaine, et à partir de là, nous pourrons avoir un débat sur l'avenir, sachant que le Rassemblement National n'a aucune réponse. ni en matière de finances publiques, ni en matière de travail, dans aucun domaine, la possibilité de reconstruire une France qui marche n'est au rendez-vous. Merci Dominique De Villepin.
J'ai juste une question de la part d'un auditeur, Philippe De Colomiers, qui la pose via l'appli RTL, qui visiblement est intéressé par ce que vous proposez, mais qui s'interroge. Pourquoi une inscription au parti La France Humaniste, votre mouvement donc ? reste sans suite concrète, effective. Il enregistre l'inscription et ne communique plus, c'est ce que nous dit Philippe, qui s'interroge. Donc, est-ce que ce parti existe vraiment ?
Écoutez, nous sommes avec 80 000 adhérents, le premier parti de Jeunes de France. Donc, il peut y avoir une difficulté numérique. Mais il n'empêche que ce parti, il est bien vivant. Je recevais les cadres du mouvement, les cadres jeunes de ce mouvement samedi. Et croyez-moi, à la fois l'enthousiasme et la mobilisation. et bien au rendez-vous.
Vous pouvez rassurer Philippe, il y a des événements à venir ?
Il y a beaucoup, il y a en permanence toutes les semaines, il peut d'ailleurs venir au siège du mouvement. Vous vous annoncerez la candidature donc.
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