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8500 militants, une salle acquise à leur cause, des drapeaux tricolores à perte de vue et trois personnalités politiques réunies autour d'un même objectif. remporter l'élection présidentielle de 2027. Ce dimanche 25 octobre, à Orléans, le Rassemblement National a sorti le grand jeu pour lancer officiellement sa campagne présidentielle. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que le parti a voulu marquer les esprits. Avec un slogan pour la France, la Renaissance. Et surtout un tandem désormais clairement affiché, Marine Le Pen à l'Elysée et Jordan Bardella à Matignon. Mais au-delà des images et des applaudissements, quels messages ont été réellement en... Et que révèle ce rendez-vous de la stratégie du RN pour les 6 prochains mois ? On vous raconte cette journée l'occasion de mettre en avant l'article de notre collègue Valentin Gore sur le site de Valeurs Actuelles. Pour comprendre ce qui s'est joué à Orléans, il faut d'abord revenir sur l'ambiance. Le Rassemblement National avait organisé son 19e congrès sur deux jours. Le samedi, Jordan Bardella était reconduit à la présidence du mouvement avec près de 99% des suffrages exprimés. sans concurrent. Mais c'est bien le dimanche que le rendez-vous prend une toute autre dimension. Dans l'aréna d'Orléans, les militants venus de toute la France se retrouvent dans une ambiance de grands meetings à l'américaine, de la musique, des écrans géants, des jeux de lumière et des milliers de drapeaux français. On retrouve toutes les générations, des jeunes, des familles, des militants de longue date, certains affichent leur couleur régionale, d'autres brandissent le nom de leur fédération départementale. Il y a aussi des personnalités politiques, dont Marion Maréchal, venue assister au meeting. Une mobilisation importante, dans un contexte pourtant tendu. Le congrès se déroule sous une forte protection policière, alors que des milliers d'opposants ORN ont manifesté la veille dans Orléans. Et sur scène, les prises de parole vont se succéder dans un ordre bien précis. premier à prendre la parole, c'est Éric Ciotti, le président de l'Union des Droites pour la République, qui avait fait le choix de s'allier au Rassemblement National au moment des législatives de 2024, est venu confirmer son engagement. Et surtout, envoyer un message très clair à la droite française. Pour lui, l'avenir passe par l'Union avec Marine Le Pen.
En 2024, j'ai choisi l'Alliance, le Rassemblement, la réunion de toutes nos forces.
Ciotti revendique donc pleinement ce choix politique et il en profite pour attaquer les responsables de la droite traditionnelle qui selon lui ont préféré s'allier à leurs adversaires plutôt qu'au rassemblement national. Il dénonce notamment ce qu'il appelle une coalition de la honte allant de Laurent Wauquiez à Jean-Luc Mélenchon.
Et
ce discours prend tout son sens à quelques mois de la présidentielle. Eric Ciotti ne s'adresse pas uniquement aux militants présents dans la salle, il parle aussi aux électeurs de droite et notamment à ceux des républicains. L'objectif est simple, montrer que l'alliance nouée en 2024 n'était pas une parenthèse, mais qu'elle pourrait devenir la base d'une future majorité. Et après Eric Ciotti, c'est au tour de Jordan Bardella d'entrer en scène. Fraîchement réélu président du Rassemblement national, Jordan Bardella est accueilli sous les applaudissements. Et dès le début, il se projette vers le scrutin présidentiel.
Dans six mois, si vous le décidez, alors la victoire sera à ta portée de vote.
son interview va être interrompue par un incident. Des militants de l'Union des étudiants juifs de France déploient une banderole dénonçant le racisme et l'antisémitisme qu'ils reprochent au RN. Ils sont évacués par le service d'ordre, tandis qu'une partie du public les eut. Jordan Bardella interrompt alors son discours et invite la salle à chanter la Marseillaise.
Les amis, s'il vous plaît, en attendant que les services de sécurité fassent leur travail, je vous propose de chanter la Marseillaise.
séquence particulièrement agitée qui rappelle les tensions politiques dans lesquelles se déroule ce congrès. Les militants scandent également Macron démission. Ce à quoi Bardella répond avec ironie qu'Emmanuel Macron ne devrait plus tarder à partir. Mais au-delà de ces moments, c'est surtout le fond de son intervention qui retient l'attention. Car Jordan Bardella n'est pas là pour prononcer le même discours que Marine Le Pen. Lui se place déjà dans la position d'un futur Premier ministre. Il parle de mesures, d'autorité, de sécurité, mais également d'éducation. A l'école, il promet notamment le retour du vouvoiement obligatoire des professeurs et l'instauration d'une tenue unique.
Le vouvoiement sera obligatoire. Une tenue unique et uniforme sera instaurée.
annonce également vouloir réformer Parcoursup. Sur la sécurité, le président du RN défend notamment le principe du casseur-payeur. Faire supporter financièrement aux auteurs de dégradation les dommages qu'ils ont causés.
Sous la présidence de Marine, notre gouvernement mettra en place le principe du casseur-payeur.
Et c'est là que la stratégie du RN devient assez lisible. Jordan Bardella doit incarner celui qui appliquera le programme, celui qui pilotera l'action gouvernementale. au quotidien. Marine Le Pen, elle, a réservé pour son intervention une toute autre ambition. C'est le moment fort de l'après-midi. Marine Le Pen fait son entrée seule sur une scène centrale entourée des grands géants. Les militants se lèvent, applaudissent et brandissent leurs pancartes. Et pour ouvrir son discours, la candidate choisit de parler d'histoire. Pas n'importe quelle histoire, celle de Jeanne d'Arc qui a libéré Orléans en 1429.
Il y a des villes, vous savez, qui portent en elles le symbole d'une histoire. Orléans, où nous sommes, est de celle-là. Dans cette cité, mes amis, qui connut les preuves, la peur, l'encerclement, l'histoire nous enseignent une leçon qui traverse les siècles. Aucune défaite n'est définitive tant qu'un peuple refuse de s'y résigner.
Le parallèle est évidemment politique. Marine Le Pen entend montrer ce qui pouvait autrefois sembler impossible. Une victoire du Rassemblement National à l'élection présidentielle serait désormais à portée de main. Et elle formule même une conviction particulièrement révélatrice de son état d'esprit.
Tout le monde en France est maintenant d'accord avec nous. Cette
phrase est importante, car Marine Le Pen considère que les Français partagent déjà une grande partie de son diagnostic sur la situation du pays. Elle estime donc ne plus avoir besoin de consacrer l'essentiel de sa campagne à dénoncer le bilan d'Emmanuel Macron. Désormais, elle veut convaincre qu'elle représente une solution. Et c'est tout le sens du nouveau slogan, pour la France, la renaissance. Un discours articulé autour de trois grands mots, renaissance, Puissance et présidence.
La voie, mes amis, que je vous propose de tracer est celle de la renaissance. La renaissance pour la France. Alors la renaissance c'est d'abord une méthode, ce n'est pas une rupture brutale et encore moins... Une révolution destructrice, c'est l'élévation progressive de tout un pays vers le beau, le vrai, le juste, vers la sécurité, la prospérité, la créativité.
L'idée est assez intéressante. Là où le Rassemblement National a longtemps cultivé une image de rupture, Marine Le Pen cherche aujourd'hui à présenter son projet comme une reconstruction progressive du pays. Mais elle veut parler de souveraineté, d'ordre, de prospérité, mais aussi de culture. d'histoire et de transmission. Et elle se réclame même de l'humanisme de la Renaissance en mettant en avant l'attachement des Français à leur famille, leur territoire et leur identité. Mais il y a aussi un passage plus surprenant dans son discours. Marine Le Pen parle du beau. Oui, du beau, de la beauté des villes, de l'architecture, de l'élégance, du respect des lieux publics et de la civilité.
Je veux que demain, que dans le monde, on puisse dire, comme ce fut le cas,
Derrière cette formule, il y a une dimension politique. La candidate cherche à élargir son discours au-delà des sujets habituels du RN, comme l'immigration ou l'insécurité. Elle veut aussi défendre une certaine idée de la société française. Un pays qui protège son patrimoine, valorise sa culture et retrouve selon elle le sens du respect et de la vie collective. Un moyen de donner une tonalité plus positive à une campagne qui jusqu'ici était largement dominée par les questions de crise et de déclin. Mais Marine Le Pen n'abandonne pas pour autant ces thèmes traditionnels. Elle évoque la sécurité, la lutte contre les dégradations, la réduction des impôts de production ou encore la défense de la souveraineté nationale. Sur les institutions, elle réaffirme sa volonté de pouvoir recourir au référendum, notamment face aux limites que pourrait lui opposer le Conseil constitutionnel. Sur la politique étrangère, elle revendique l'héritage gaullien autour de trois grands principes, indépendance, équidistance et constance. Et surtout, elle précise comment elle imagine l'exercice du pouvoir en cas de victoire.
Le Premier ministre est le mien ! Marine
Le Pen annonce vouloir constituer un gouvernement ouvert et pluraliste qu'elle présente comme un gouvernement d'union nationale. Une manière de prolonger le message envoyé quelques minutes plus tôt par Eric Ciotti. Le RN veut montrer qu'il entend gouverner avec des alliés et pas uniquement avec ses propres cadres. Alors que retenir de ce congrès d'Orléans ? Une démonstration de force mais surtout une stratégie bien définie, à Eric Ciotti l'union des droites, à Jordan Bardella les mesures concrètes et à Marine Le Pen la vision présidentielle. Le rassemblement national lance ainsi sa campagne pour 2027 sous le signe de la renaissance. Reste à savoir si dans 6 mois cette ambition se traduira dans les urnes. Et vous alors qu'en pensez-vous de cette séquence politique ? Dites-nous ce que vous en pensez en commentaire.
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