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RCF Notre-Dame,
l
'interview politique,
Nathanael de Rincsant.
7h38, Nathanael de Rincsant, vous recevez ce matin Léa Balagel-Marie qui députée Les écologistes de Paris.
Bonjour Léa Balagel-Marie qui, Sébastien Lecornu réunit donc les représentants lycéens et les organisations, organisations enseignantes, syndicales, patronales, les collectivités télé-ritoriales et des parlementaires aujourd'hui à Matignon. Alors je ne sais pas si vous serez à Matignon dans cette... Dans cette réunion, en tout cas, vous soutenez les revendications lycéennes. Quelles mesures est-ce que vous attendez pour appeler à la reprise des cours
Bonjour à tout le monde et merci pour cette invitation. Je crois que les lycéens ont été très clairs. Ils ont lancé une plateforme de dix mesures qui comprend l'ensemble des revendications qu'ils portent depuis des semaines. C'est la fin de Parcoursup, c'est d'avoir un nombre suffisant de profs pour ne pas être dans des classes surchargées. C'est enfin rénover le bâti scolaire. C'est la question de la prévention aussi liée à la santé mentale des jeunes qui se dégradent. Il y a un jeune sur quatre qui a des pensées suicidaires en France. Et quand on a cette jeunesse qui souffre et qui nous dit... Elle souffre aussi dans l'intimité. Je crois qu'on doit pouvoir y répondre avec des politiques publiques très claires. Et moi, je regrette que Sébastien Lecornu n'ait pas pris de l'avance, c'est-à-dire déposer des amendements dans le cadre de son budget pour qu'on puisse en débattre aussi au Parlement et qu'on ait une véritable politique publique à l'égard de la jeunesse qui soit présentée.
Il faut que ces 10 revendications soient... soit respecté, soit... Vous attendez qu'il y ait une réponse assez dix revendications pour dire, c'est bon, on reprend le boulot à l'école, au lycée ?
Alors, il y a une charte, Damien, qui s'applique au syndicat professionnel, qui s'applique aussi au syndicat lycéen. Et donc, je ne suis pas là pour dicter la manière, la conduite du mouvement lycéen. Non, mais ça fait beaucoup de
monde à convaincre quand même.
Non, mais ce que je voulais dire, c'est que ce seront aux lycéens de décider collectivement, démocratiquement, comme ils l'ont toujours fait sur les modalités, tant de leurs revendications que de leurs actions, de décider de poursuivre ou non. le mouvement en fonction des réponses qui seront apportées par le gouvernement. Mais ces revendications, dans le gouvernement, tout le monde explique qu'elles sont légitimes. Donc soit elles sont légitimes et on y apporte des réponses, soit elles ne sont pas légitimes. Et dans ces cas-là, le mouvement continue parce que nous, on les considère comme légitimes.
Est-ce que la solution au problème lycéen est impréalable à la fin des manifestations qui secouent la France aujourd'hui ? Est-ce que ça va suffire à mettre un terme au manif du samedi ? Je ne sais pas si on aura une tous les samedis, mais en tout cas, Jean-Luc Mélenchon a dit que ça allait se répéter toutes les semaines.
qui est assez intéressant, c'est que ces manifestations, elles sont les moments de cristallisation, ou en tout cas d'expression de beaucoup de revendications. Les revendications des lycéens, on vient d'en parler, mais aussi les revendications de celles et ceux qui considèrent que la démocratie a été d'une certaine manière confisquée, accaparée, quand on a un nez... plusieurs conventions citoyennes qui se sont succédées, qu'il n'y a pas eu de résultat à la suite de ces conventions citoyennes, quand il y a eu les cahiers de doléances, ou bien même des élections législatives qui ont donné un certain résultat électoral, à savoir que la gauche était en tête de ces élections en juillet 2024, et pourtant, ce n'est pas la gauche qui a été proposée pour Matignon. Il y a cette capture démocratique qui est en cours par Emmanuel Macron. Et puis enfin, c'est la question de la vie chère. Je crois que c'est ces trois sujets, la jeunesse, la vie chère et la question démocratique qui convergent. Et donc, il y a des modalités d'expression qui sont celles de la manifestation, mais qui s'expriment ailleurs. Des gens lancent des pétitions, etc., s'engagent en politique. Bref, ça ne va pas s'arrêter.
Comment vous avez vécu la manifestation de samedi ? Je crois que vous aviez dénoncé les entraves à manifester du week-end dernier. Est-ce que c'est... acte 2, comme on pourrait l'appeler, correspond davantage à l'idée que vous faites de la démocratie et de la liberté de manifester.
Vous
étiez où samedi ? Vous étiez dans la rue de votre circonscription pour accompagner celles et ceux qui manifestent. J'ai vu Sandrine Rousseau qui participait à l'évacuation de certaines personnes. Oui, tout à fait.
C'est souvent notre rôle de députée, c'est de faire cet intermédiaire, cet interlocuteur entre les forces de l'ordre et les manifestants parce que les forces de l'ordre parfois... un mode de communication qu'ils laissent à désirer. En tout cas, on ne comprend pas très bien là où elles veulent en venir, quand elles communiquent. Donc là, sur cette manifestation, j'étais dans la rue le long des maréchaux, comme il a été indiqué par la préfecture de police. Mais ce tracé-là, il a été déterminé très tard par la préfecture de police contre la volonté des organisations syndicales qui souhaitaient un autre tracé. Et pour autant, nous avons été près de 200 000 personnes dans la rue à Paris, 800 000 dans toute la France. Donc veille bien que même quand il y a des obstacles à la liberté de manifester qui sont posés, tant par le tracé, les modalités d'action et puis la crainte aussi de pouvoir rejoindre une manifestation, on est pourtant encore très nombreux. L
'enjeu était aussi, je pense... en gardant secret le plus longtemps possible, le tracé de prendre une mesure de sécurité pour les commerçants. Je vous rappelle quand même que le 17 octobre a marqué les esprits. 91% des Français ont condamné les violences et les pillages. Point positif de ce samedi, en tout cas le calme relatif. Je ne vais pas rentrer dans les détails parce que ce n'était pas si calme que ça. Est-ce qu'on peut dire sur ce sujet au moins que le gouvernement a maîtrisé la situation
et non. Je vais vous expliquer pourquoi je pense que c'est plus nuancé que cela. Je crois que les personnes qui ont permis à ce que les manifestations se déroulent bien sont d'abord les manifestations en premier lieu. Et les manifestants du 17 octobre étaient très pacifistes. C'était près d'un million de personnes qui ont manifesté dans la rue sans qu'il y ait... Je crois que tout le monde est d'accord là-dessus, il n'y a aucun problème. Voilà, mais c'est pour ça que je veux le rappeler parce qu'on a eu pendant une semaine... Par contre, en marge de ces manifestations, il y a des gens qui n'étaient pas du tout pacifistes. Il y a eu des pillages, des cassages, des dégradations qu'il faut absolument condamner. Mais la raison pour laquelle il y a eu ces pillages, ces cassages, c'est que les forces de l'ordre n'étaient pas... proximité des commerces, n'étaient pas là pour donner les consignes. Et sur le tracé de ce week-end...
Le gouvernement a d'ailleurs reconnu son erreur et une sous-estimation.
C'est pour ça qu'il y a une commission d'enquête parlementaire qui s'est ouverte la semaine dernière, à laquelle je participe en tant que députée membre de la commission des lois. Et donc, on aura à connaître aussi la chaîne de commandement, pourquoi est-ce que les décisions ont été prises et pourquoi est-ce qu'on en a arrivé là.
Donc là, c'était mieux le 24 par rapport au 17 en termes de sécurité.
On a quand même, si vous voulez, une dégradation du climat dans notre capacité à pouvoir manifester. Parce qu'il y a eu énormément de contrôles de police, des gardes à vue préventives. Moi, je ne sais pas ce que c'est. Ça s'appelle une privation de liberté. Une garde à vue, elle ne peut pas être préventive. Elle doit être justifiée. Et puis, on a eu un dialogue extrêmement dur entre la préfecture et les organisations syndicales. Avec même le... président de la République qui nous explique qu'il n'y a que les syndicats qui peuvent déclarer une manifestation, mais les autres associations de défense pour l'environnement, les associations féministes, elles ne sont pas légitimes à déclarer une manifestation selon le président de la République. C'est pour ça qu'il y a plein d'organisations qu'elles soient des spécialistes du droit, le syndicat de la magistrature, mais aussi l'ensemble des formations politiques de gauche. Nous avons déposé un recours devant le Conseil d'État pour contester ce qu'avait dit le président de la République. Et je suis heureuse parce que le Conseil d'État, tout en rejetant notre recours, a dit que le président de la République n'aurait pas dû dire ça.
Après ces manifestations, il y a eu des sondages concernant la présidentielle. Marine Le Pen, apparemment, est la seule à progresser dans ces sondages post-17 octobre. Est-ce qu'elle a bénéficié d'un effet casseur ?
pendant une semaine, mais en réalité c'est pas que depuis une semaine, on a un cadrage médiatique qui... montre la violence du mouvement lycéen, en tout cas la soi-disant violence du mouvement lycéen, mais sur un pied d'égalité des forces de l'ordre qui sont surarmées, entraînées et qui ont un code de déontologie. Là, on est
sur un sondage après la manifestation du 17 octobre. Il n'y avait plus de manifestations lycéennes, il y avait donc cette manifestation du 17 octobre. Mais c'est qu'on est dans un
climat depuis des mois où... La revendication des lycéens a été aussi masquée par des images qu'on voit en boucle sur les réseaux sociaux, sur une certaine chaîne de médias, d'images de violence, des propos qui décrédibilisent le mouvement lycéen, ces revendications et, j'allais dire, survisibilisent. les dégradations qui ont pu avoir lieu le 17 octobre et avant dans les facs et les lycées. Donc forcément, il y a presque un appétit naturel à ce qu'il y ait un retour à l'ordre et à l'autorité. Et donc certains y voient chez Marine Le Pen une solution. C'est en réalité une impasse.
Alors pendant ce temps-là, en tout cas, le Rassemblement national lançait sa campagne présidentielle à Orléans. Le maire de Trappes était à Orléans pour manifester contre le RN, faisant... le lien entre l'attaque sordide et meurtrière de vendredi et le parti de Jordan Bardella. Est-ce que ce n'est pas un aveu d'impuissance quand le principal reproche que l'on fait à un parti, en l'occurrence le RN, c'est d'être raciste
Ce n'est pas un aveu de la puissance, c'est une réalité matérielle constatée et pour laquelle des membres du Rassemblement national ont été condamnés. Et c'est un projet politique, le racisme du Rassemblement national. C'est la préférence nationale dans la Constitution. C'est les propos essentialisants des manifestants de la jeunesse ou bien de la ville de Trappes, qui a été comparé tant à Kaboul qu'à une république islamique par des membres du Rassemblement national. Donc c'est un projet politique, le racisme. Et nous, nous le combattons. Et ce n'est pas un aveu. de déclarer qu'au même titre qu'il considère notre projet politique comme néfaste pour l'économie ou je ne sais quoi, nous considérons qu'il est une rupture, une déchirure dans le pacte républicain, ce projet politique. Et c'est la raison pour laquelle nous le combattons.
Alors aujourd'hui, votre priorité, c'est donc d'empêcher la victoire du Rassemblement national à la présidentielle ou est ce que c'est d'avoir une candidature écologiste incarnée par ? Marine Tondelier, dont on va prendre quelques nouvelles avec vous. Alors écoutez, vous avez Christophe Barbier, qui est critiqueur de cette émission, a une question à vous poser à ce sujet.
la députée, croyez-vous encore à la possibilité d'une candidature écologiste indépendante à la présidentielle ? Ne vaut-il pas mieux vous rallier à Jean-Luc Mélenchon pour être sûr d'avoir un candidat de gauche au second tour
où est-ce qu'on en est des négociations, des discussions ? Comment va Marine Tondelier
Vous avez commencé par me poser une question. Qui est-ce que vous allez faire campagne pour empêcher le Rassemblement national ? La réponse est oui. Je l'avais compris dans
la réponse d'avant. Bien
sûr que c'est oui. Et c'est une priorité absolue parce qu'on protège notre démocratie en faisant cela. Et est-ce qu'on fait une campagne pour l'écologie ? La réponse est oui aussi avec la candidature de Marine Tondelier. Ensuite, les écologistes ont toujours été très constants en considérant que l'union était une des conditions nécessaires pour... faire advenir ce premier objectif, à savoir empêcher Marine Le Pen d'arriver au pouvoir et permettre à notre camp de pouvoir le faire. Et donc l'union, ça se construit et c'est la raison pour laquelle nous ouvrons des discussions avec l'ensemble de nos partenaires politiques du nouveau Front populaire et au-delà. Il y
a qui dans l'ensemble de vos partenaires politiques ? LFI ?
Oui, Place publique, le Parti socialiste, le Parti communiste. Et de l'autre côté,
ça va jusqu'où
bien, jusqu'à place publique, puisque Raphaël Glucksmann a remporté la désignation des socialistes, de la social-démocratie. Donc, on échangera avec lui aussi.
Donc, si demain, la question se pose pour battre le Rassemblement national, d'aller vers, par exemple, Edouard Philippe, c'est un principe pour vous
vais vous dire quelque chose, mais je suis de gauche, Edouard Philippe est de droite. Vous m'avez dit
il y a deux minutes, l'objectif c'est de battre le rassemblement national.
Je vais vous dire aussi autre chose. C'est qu'en 2017 et 2022, Emmanuel Macron n'a jamais été mon candidat de premier tour. Et pourtant, j'ai voté Emmanuel Macron au second tour face à Marine Le Pen. Je ne tergiverse pas. Quel que soit le candidat du champ démocrate, je voterai pour ce candidat face à Marine Le Pen parce que j'estime que le Rassemblement national, c'est non seulement une bascule pour notre pays, mais c'est une bascule pour toute l'Europe. Vous voyez le soulagement qu'on a après l'élection de Lula en se disant... ouf, ce ne sera pas Bolsonaro au Brésil et encore une abysse pour l'Amérique latine, eh bien là, je veux que notre pays connaisse le même soulagement en se disant ouf, ce n'est pas Marine Le Pen. Et la
décision du Parti écologiste, ça sera mi-décembre, avec l'ensemble de vos adhérents.
Nos adhérents voteront et on choisira ensemble.
Merci beaucoup Léa Ballage et le Mariki. Et merci à vous Nathanael de Rengson. Cette interview politique est à retrouver sur notre site rcfnotredame.fr.
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