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Côté face, le spectacle, la musique, les effets pyrotechniques. Côté pile, une ville sous cloche et des tensions. à l'extérieur, mais aussi à l'intérieur de la salle. Hier, à Orléans, Marine Le Pen a prononcé son premier discours officiel de campagne à l'occasion du Congrès du Rassemblement National et elle l'a fait dans son costume de favorite des sondages. Bonjour Stéphane Zumsteg. Bonjour. Vous êtes le directeur du département politique opinion d'Ipsos BVA qui a publié ce fameux sondage hier dont on va parler. On va aussi revenir sur le Congrès du RN hier. Mais pour commencer, je voulais évoquer juste ce chiffre issu de votre étude. 82% des Français intéressés. par l'élection présidentielle. Est-ce que ça veut dire que malgré la crise sociale, malgré la colère, les violences, on pense que mettre un bulletin dans l'une, ça peut encore changer les choses ? C'est plutôt rassurant.
Oui, c'est plutôt rassurant parce que c'est vrai qu'au travers des différentes élections qui se sont succédées, on constate à chaque fois que les Français, quel que soit le taux d'abstention, restent passionnés par la politique. Ils le sont particulièrement à l'approche de cette prochaine élection présidentielle. Pourquoi ? Parce qu'il y a, de leur avis, un véritable enjeu, en tout cas plus d'enjeux. que d'habitude. C'est lié évidemment au niveau auquel est mesuré le Rassemblement national, c'est lié aussi à ce qui se passe à gauche, notamment auprès de Jean-Luc Mélenchon.
Hier, Marine Le Pen a donc prononcé le premier discours officiel de sa campagne. Première question, c'est un discours de favorite des sondages qu'elle a prononcé hier ? Quand vous
regardez toutes les mesures d'intention de vote qui ont été réalisées ces derniers mois... Ce qui frappe, c'est le caractère assez remarquable de la stabilité. Stabilité à un haut, voire à un très haut niveau de la candidate ou du candidat quand c'était Jordan Bardella. Les choses évoluent peu. Quand elles évoluent, c'est plutôt à la hausse systématiquement dans toutes ces enquêtes. Au premier tour, en tout cas, la candidate du Rassemblement national est créditée de 30, 32, 30, parfois 35 %. Donc vous parliez de favorites, oui. probablement une favorite de premier tour, même s'il reste six mois de campagne et plein de choses peuvent arriver. Il y a plein de favoris, des gens qui étaient très favoris six mois avant l'échéance. Regardez François Fillon il y a une dizaine d'années, tout était inscrit, il devait être le prochain président de la République, ça ne s'est pas passé comme ça. Elle est favorite, mais elle est favorite pour l'instant du premier tour. À partir du moment où les résultats du premier tour seront connus, le 18. avril au soir, eh bien, c'est une nouvelle campagne qui commencera. Et là, ce sera totalement autre chose, évidemment.
On va continuer à parler des chiffres. Je voulais quand même revenir sur une image de ce congrès du RN hier. Jordan Bardella a obtenu quasiment 99% des votes. Pourtant, il n'a pas réussi à imposer ses proches au sein du Conseil national. Qui dirige le RN aujourd'hui ? Est-ce que c'est son président ou sa candidate à l'élection présidentielle ?
N'étant pas membre du Rassemblement national, c'est très difficile pour moi. En tant qu'observateur, je pense que peut-être que la... La machine logistique du parti, oui c'est plus évidemment Jordan Bardella et ses proches qui sont à la manœuvre. Après, qui dirige véritablement, qui est le vrai patron ou la vraie patronne de cette formation politique ? C'est sans doute la candidate, la candidate historique qui se présente pour la quatrième fois.
Alors on le disait, le RN a le vent dans le dos pour preuve ce sondage. Donc Ipsos, BV, Assisi qui donne Marine Le Pen en tête du premier tour dans toutes les hypothèses testées avec des scores de 32 à 33,5%. Est-ce que par rapport à des études précédentes, par rapport à des élections précédentes, là, on vit une forme de tournant sur ce type de sondage où, encore une fois, c'est une photographie et qui ne... Présage en rien de ce qui va se passer, évidemment.
Vous avez raison de le dire. Il y a encore six mois de campagne et très souvent, les mesures de six mois avant ne correspondaient pas à la réalité des premiers et des seconds tours. Donc tout peut arriver. Malgré tout, oui, Marine Le Pen est installée dans cette position très avantageuse pour elle, dans la perspective, je le rappelle bien, du premier tour. Maintenant, l'enjeu pour ce parti, pour cette candidate, c'est de rassurer. C'est ce qu'elle a commencé à faire à Orléans, c'est ce qu'elle va devoir faire tout au long de la campagne. C'est ces éléments
de langage, il y a confiance, ouverture. Absolument, oui, rassurer.
Mais rassurer qu'il passe tiers des Françaises et des Français qui sont d'ores et déjà acquis à ces idées, mais ce qui lui manquerait pour arriver au 50% au second tour. Vraiment, c'est une entreprise d'assurance, oui, de convaincre ces Français-là que si elle arrive au pouvoir, ce ne sera pas le chaos.
Quand on rentre un peu plus dans les chiffres, on voit qu'elle ne bénéficie pas forcément d'un effet rebond après les violences du 17 octobre. Ses intentions de vote même baissent un peu de 0,5 à 1,5 points. Comment est-ce que vous interprétez ce chiffre ?
Elle n'est ni gagnante ni perdante de cette séquence, très clairement. Elle ne progresse pas, peut-être parce qu'elle est déjà à un niveau très haut. Je ne sais pas si elle a d'ores et déjà fait le plein de ce réservoir de ce potentiel de premier tour. On verra dans les mois qui viennent. Elle est déjà très haut. Il y a peut-être aussi un peu de... en faveur d'Éric Zemmour qui grignote un petit peu et qui l'empêche de progresser. Et surtout, ces mouvements, cette superposition de mouvements sociaux auxquels on assiste depuis quelques semaines. Il y a les étudiants, il y a des manifestations qui sont mises en place et organisées par les syndicats, c'est-à-dire des revendications et des mouvements qui sont un peu plus colorés politiquement à gauche. Donc dans ce cas-là, ça profite plus à des candidats de gauche, notamment Jean-Luc Mélenchon, qu'à la candidate de la droite radicale.
Les hypothèses, votre sondage donne un second tour Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon. Donc c'est bien le signe que cette crise sociale profite aux extrêmes aujourd'hui.
Oui, en tout cas, Jean-Luc Mélenchon sort assez gagnant de cette séquence-là. Évidemment, si vous additionnez l'intention de vote de Marine Le Pen et celle de Jean-Luc Mélenchon, vous êtes un Français sur deux qui compte pour l'instant, en tout cas, qui nous déclare voter pour l'un de ces deux candidats. Jean-Luc Mélenchon, il profite... D'une chose, c'est de sa popularité auprès de la jeunesse. Il a été présent lors du mouvement des lycéens, ses députés, ses proches sont allés à la rencontre des lycéens dans leur circonscription. Tout ça a contribué effectivement à le renforcer auprès d'un segment de la population, c'est-à-dire les gens de gauche, les gens véritablement de gauche, qui se considèrent un peu plus proches de son positionnement que celui d'autres candidats plus modérés.
Cette séquence de manifestations et violences qu'on a pu voir le 17 octobre, est-ce qu'elle va mettre en avant le thème de la sécurité dans les intentions ? de vote des français est ce que ça vous l'observez déjà où le pouvoir d'achat balaye malgré tout le pouvoir d'achat reste et
restera là pour une fois on peut s'avancer de temps en temps sur les sondages et je pense qu'en ce qui concerne le pouvoir d'achat et surtout sur les difficultés éprouvées par une partie des français à boucler les fins de mois restera la principale préoccupation l'insécurité c'est un sujet mais c'est un sujet qui préoccupe surtout les gens du centre-droit jusqu'à la droite radicale. Donc oui, les candidats du centre-droit jusqu'à la droite radicale continueront à en parler d'insécurité. Est-ce pour autant que c'est un sujet qui sera une priorité absolue de tous les types de Français selon leur profit politique ? C'est moins évident.
Merci beaucoup pour ce visitage, Stéphane Zunsteg.
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