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plusieurs organisations syndicales lycéennes ont appelé malgré tout à poursuivre le mouvement. Donc rien n'y fait pour le moment. C'est le ministre de l'Éducation nationale qui va nous rejoindre. Et on va regarder de nouveau, en attendant que tout le monde s'installe, ces images à l'Assemblée nationale des députés de gauche qui ont donc quitté, vous allez le voir, l'hémicycle. Quand le RN, notamment le député Sébastien Chenu, a pris la parole, des moments de grande tension, il y a eu également les prises de parole du Premier ministre, et puis cette minute de silence également à l'Assemblée nationale, où vous étiez, M. le ministre. Bonjour à vous, Édouard Geffray. – Bonsoir. – Merci d'être là, et je remercie Anne-Saura Dubois et Rocaille Diallo qui sont restés avec nous, ministres de l'Éducation nationale. Nous avons évidemment plein de questions à vous poser très concrètes pour l'avenir de nos enfants, de la jeunesse, mais tout d'abord... Vous étiez évidemment à l'Assemblée, vous avez vécu ces échanges extrêmement vifs. Vous avez vu également cette séquence de députés de gauche qui quittent l'hémicycle quand les bancs du RN prennent la parole. Est-ce que vous-même, vous dites, monsieur le ministre, qu'il y a un contexte délétère, une atmosphère nauséabonde, comme l'a dit le Premier ministre, et qu'il y a un lien de causalité entre des paroles dans le débat politique et le terrible attentat raciste de Trappes
j'aime bien la démocratie. Je vous le dis franchement. Je suis venu à la politique, j'ai été appelé il y a quelques mois, avec quelque chose qui m'anime profondément, qui s'appelle le service de l'intérêt général. Quand vous êtes à l'Assemblée, on ne le voit pas, il y a une grande tapisserie au-dessus de la présidence. Et cette tapisserie, elle représente l'école d'Athènes. Vous avez Platon et Astote qui débattent, et vous avez les sciences et les lettres qui débattent, etc. Normalement, c'est le temple où on cherche la vérité, la raison, la contradiction, le pluralisme. Le pluralisme qui peut être... comment dire, très radical, très vif.
Oui, vif, affirmé, assumé.
Mais c'est le temple du pluralisme. Et effectivement, ce à quoi on a assisté aujourd'hui est infiniment triste et ne correspond pas surtout à la culture politique, je crois, d'un pays qui fondamentalement aime le pluralisme, aime la liberté de manifester, aime la liberté publique. Et donc moi, je suis très frappé de voir qu'il y a parfois un écart, enfin aujourd'hui, il y avait un écart en tout cas. entre une culture pluraliste très profonde, une culture de débat très profonde, et puis tout d'un coup, comme ça, un spectacle un peu triste, surtout à l'occasion d'un attentat terroriste raciste qui est dramatique. Ça vous surprend ? Non, mais ça devrait être un moment de communion nationale. Il faut que tout le monde se reprenne sur ce qui se passe.
Qui doit se reprendre exactement ?
Je ne peux pas être surpris de voir ce niveau de tension à l'Assemblée. Mais une fois encore, soit on commande tout ce qui se passe... Sobounamon, on revient à l'essentiel. Qu'est-ce qu'on est ? On est la France. La France, c'est un pays qui s'est donné pour mission depuis plus de 150 ans de dire à tous ses enfants, quelle que soit ton origine, que tu sois arrivé ici il y a deux jours où tes ancêtres aient fait la bataille de Waterloo ou de Fontenoy, on va t'emmener au bout de tes potentialités, tu feras partie d'un destin commun. C'est ça la France. Et donc, on a des faits comme ceux qu'on a vécu ces jours-ci. normalement, il devrait y avoir un réflexe unitaire extrêmement puissant de tout le monde se disant « bon sang, on est la France et on arrête ». Et de ça, chacun essaye de faire commerce du truc dans un sens… J'imagine que
quand le président de la République a une mémoire sélective sur tous les chocs et les attentats que nous avons subis, vous avez eu mal également à la France et à la
République. Mais cela a été rectifié. Voilà, j'allais dire, on adore aussi… là, pardon, c'est pareil, on adore saisir une phrase. Dans un moment aussi
important, c'est vrai que ça nous
a tous séli. Il y a quelques semaines, il y a 15 jours, j'étais à Aubagne au moment où un principal s'est fait tirer dessus. Comme par définition, quand vous êtes en situation de la souffrance et de la détresse humaine et d'un crime terroriste. ne suis pas sûr que, vous voyez, ce n'est pas illogique qu'il puisse y avoir des phrases qui ne peuvent pas être à fait les bonnes. C'est dommage, ok, très bien, mais enfin, faire des semaines, des semaines sur ces choses-là... On connaissait que c'est difficile à entendre,
mais cela a été corrigé. Bien sûr, mais je crois
que tout le monde sait bien aussi ce que tous les gens raisonnables pensent aujourd'hui. C'est qu'on est dans un contexte qui n'est pas bon. En tous les cas,
le résultat, c'est une classe politique incapable de se finir dans des moments aussi graves. Je mets autre chose, parce que je vais passer à nos sujets. Un climat social, malgré tout, il est là, toujours éruptif. Et des organisations syndicales, M. le ministre, qui ont pour certaines appelé de nouveau à descendre dans la rue, malgré vos annonces que nous allons détailler et interroger. Est-ce que vous considérez que c'est un échec qu'elles descendent de nouveau dans la rue ?
D'abord, les gens ont le droit de descendre dans la rue. Bon, première chose. Moi, je ne vis pas ça en mode échec ou pas. Je pense que vous vouliez
quand même stopper le mouvement.
Oui, moi je m'adresse d'abord aux lycéens. Les lycéens, ils nous ont dit des choses très précises. On les a consultés d'abord, on a pris le temps de les consulter. – Ah oui, ça vous
avez pris trois semaines ? On aurait pu se demander pourquoi les annonces n'ont pas été faites il y a trois semaines. – Et si
on l'avait fait il y a dix jours, on nous aurait dit, vous faites ça alors même que la plateforme n'est pas encore finie, que vous n'avez pas fait de conseil avec tout le monde, etc. Et deuxième chose quand même, pardon, mais là aussi c'est une question de responsabilité et ça rejoint un tout petit peu ce qu'on s'est dit précédemment. Il y a un moment, il faut arrêter de balancer les trucs en l'air en s'imaginant que les slogans vont résoudre les problèmes. Moi, pardon, mais je suis un peu sérieux. Ça fait des années que je suis à l'éducation nationale. Je ne balance pas les trucs sur la table si je ne suis pas sûr de ce que je raconte. Donc là, ce qu'on a dit, ce sont des choses qu'on tient. Ils nous ont dit, le bâti scolaire est dégradé. On a regardé, comme on pouvait des régions, 4 milliards de prêts. On va détailler. C'est des choses très concrètes comme ça. Allons-y alors.
Parcoursup, on peut le dire, c'est vraiment l'angoisse de l'orientation. Vous promettez la transparence, c'est important, des algorithmes, la transparence sur l'explication des refus également. Ça, c'est très important. Et c'est en 2028 que la plateforme va être remplacée. Mais pourquoi en deux temps, au risque que ce soit encore pris pour un temps de retard ?
Alors, deux temps pour deux raisons très précises. La première, c'est que la plateforme, elle ouvre pour les universités dans quatre semaines. qu'évidemment, on ne sait pas mettre en place autre chose en quatre semaines. Les gens qui disent qu'il faut abroger maintenant, juste en fait, ils laissent nos élèves avec le bec dans l'eau. Donc ça, ça ne serait pas possible. Et puis deuxièmement, il se trouve que Parcoursup est rendu possible par une loi. Et qu'en réalité, si on veut avoir un temps 2, c'est un vrai remplacement, il faut forcément modifier la loi. Donc tout ce qu'on peut faire en dehors de la loi, on le fait cette année. Tout ce qui nécessite de passer par le débat législatif, effectivement, c'est pour 2028. Et d'ailleurs, on lance le débat au Parlement demain. Après
vous, d'ailleurs. Oui, on lance déjà le débat au Parlement
demain.
Arrive une question à ce stade, vous allez dire que je cherche la petite bête, mais entre maintenant et 2028, il y a une élection présidentielle.
Oui, tout à fait.
Donc on n'a pas de garantie, en fait, que ce travail et que ce chantier que vous lancez arrivera à son terme.
Ou est-ce que dès maintenant,
vous pouvez dire, législativement, on peut faire en sorte de graver dans le marbre et quel que soit le résultat de la présidentielle... le travail qu'on fait maintenant ira où ?
D'abord, demain, on a un premier débat parlementaire pour voir s'il y a un chemin dans le Parlement actuel. C'est possible, on va voir ça demain.
50-1 sans vote. Voilà, c'est-à-dire c'est un débat sans vote,
mais où chacun va pouvoir exprimer ses positions et puis dire ce qu'il fait une fois que Parcoursup doit être remplacé. C'est quand même ça qui est intéressant. Oui,
d'ailleurs, on sait qu'avant, par demain, il y avait une sorte de tirage au sort obscur pour aller à l'université, mais on ne sait pas comment on va révolutionner le système encore. Non,
mais c'est pour ça que ça va être intéressant demain de voir toutes les forces politiques qui vont faire la proposition. Mais
vous, si vous aviez une idée de ce qui remplacerait Parcoursup, monsieur le ministre
Ça pose des questions. Alors, pardon, parce que là, il faut qu'on ait deux heures au débat. Vous êtes
dans le bain de l'éducation.
Je suis sûre que vous êtes capable de
me synthétiser votre pensée en quelques minutes.
Il y a des réflexions que j'ai actuellement avec les ministres de l'enseignement supérieur. Il y a une réflexion qui est de savoir jusqu'où il faut qu'il y ait une filiation entre le lycée d'origine et la formation qui suit après. Ça, c'est une vraie question. Il y a des questions sur le type de notes ou d'éléments qu'on prend en compte dans le parcours. En revanche, qu'au bout d'un an, un outil qui permette aux lycéens de savoir quelles formations existent et de s'y inscrire, plutôt que de déposer à la mano un dossier par site internet d'université, je crois que tout le monde à la fin sera d'accord pour dire qu'il faut un outil. Mais derrière, on voit bien que Parcoursup, c'est une marque avec une plateforme. Mais derrière, ce que nous disent nos élèves, c'est le processus qui va du début de la seconde jusqu'à ma licence. Ce processus-là me fait peur. Mais
monsieur le ministre, vous le saviez depuis que vous êtes arrivé au ministère.
Vous le saviez, il y a
trois semaines, c'est pour ça que je m'entonne. Vraiment, c'est une question très sincère. Pourquoi a-t-il fallu attendre autant de blessés chez les lycéens, chez les forces de l'ordre ? Certains pour dire qu'on accouche, alors la montagne ou la souris, je ne sais pas, mais d'annonces parfois tardives.
Pendant trois semaines, on n'a pas rien fait. Pendant trois semaines, on a d'abord, et dès le départ, je me permets de citer là-dessus, j'ai toujours dit qu'il fallait dialoguer. Je suis colèrement avec ce sujet tout à l'heure. En démocratie, on dialogue. On a écouté tout le monde. On a donné la parole aux lycéens. Y
compris aux influenceuses. C
'est l'argent
dans l'écoute. Non mais je n'ai rien contre les
influenceuses, mais je suis étonnée
qu'on les reçoive
en premier. Il y a une influenceuse qui a été arrêtée à sa sortie d'aéroport, journaliste influenceuse, pour les propos qu'elle avait tenus, critiques justement sur la mobilisation lycéenne, parce que vous avez reçu des influenceurs, mais une jeune influenceuse a été arrêtée suite aux propos qu'elle aurait tenus sur les réseaux sociaux. Je
l'ignorais, mais
ça serait intéressant de vous dire. Il
faudra voir que le propos a été tenu pour juste une arrestation. Je me permets juste de revenir
sur ce que vous disiez sur le dialogue. Le mouvement lycéen qui se déroule actuellement est considéré comme celui qui a été le plus réprimé du XXIe siècle. Il n'y a pas eu autant d'arrestations le 1er octobre. C'est un record en nombre d'arrestations, un record qui avait été atteint précédemment en 1961 à vraiment un jour de triste mémoire, puisque c'est un jour où des Algériens ont été tués par la police française. parlez de dialogue, mais ce qu'on a perçu, c'est surtout un nombre d'arrestations incroyable avec plus de 80% de mineurs. Moi je travaille beaucoup pour la presse étrangère et la France a vraiment l'image d'un pays répressif. Est-ce que c'est quelque chose que vous assumez ? Est-ce que vous avez le sentiment finalement d'avoir vraiment négocié et pas plutôt d'avoir réprimé
Alors, pardon parce que là on part un peu dans toutes les directions, mais c'est pas grave. Je vous réponds précisément. y a deux choses. Un, oui, on a dialogué. Moi j'ai vu plusieurs fois les associations de lycéens. On a donné la parole, il y a 100 000 contributions qui ont été déposées à la plateforme, c'est pas rien. Sur les 3 700 lycées de France, il y a plus de 3 000 lycées où des lycéens ont déposé leurs contributions. Donc oui, on a donné la parole. Ensuite, vous parlez effectivement du contexte de très forte tension qui a émaillé l'ensemble de ce mouvement. Il ne faut pas oublier de dire qu'il y a des centaines de milliers de personnes qui ont pu manifester sans qu'il ne se passe rien d'abord. Deuxième chose, vous ne dites pas que c'est la première fois qu'il y a autant de bâtiments scolaires et de personnes de l'éducation nationale qui ont été directement visées et attaquées. Parce que depuis le début, qu'est-ce qui s'est passé ? Ce mouvement a été utilisé par des groupuscules violents. qui très tôt, et très tôt c'est bien avant qu'on en parle sur votre plateau, dès la semaine du 21 au 25 septembre, ont fait des tirs tendus de mortier sur les personnels, ont tenté d'incendier les bâtiments, etc. Donc il y a un contexte de violence. quand même, que tout le monde semble ignorer. Et donc, les milliers d'arrestations, vous parlez, elles s'inscrivent dans un contexte où on n'a jamais vu autant de violence à l'occasion d'un mouvement lycéen. Ce n'est pas les lycéens qui... Je vais revenir
sur les propositions, parce que beaucoup qui nous regardent, les parents, les lycéens, tout le monde attend. Je pense qu'il y a besoin de savoir un peu ce qui va se passer. Le prêt de 4 milliards, pardonnez-moi, le prêt de 4 milliards d'euros, le prêt de 4 milliards d'euros aux régions par l'État, pour qu'elles rénovent les lycées et les collèges. En réalité... Que dites-vous à ceux qui se disent « bon, on est en train d'utiliser l'argent qu'on n'a pas ». Est-ce que vous vous rassurez ? Vous dites « bon, on ne les a pas, mais quand même, c'est une priorité, c'est un prêt qui va être donné aux régions et on doit le faire ainsi ». C
'est un prêt de la Banque des Territoires, donc par définition, une banque prête ce cas-là, c'est son métier. Donc c'est la Banque des Territoires qui prête cet argent-là. Simplement, elle le prête à un taux qui est très très faible. Ce qui permet aux régions d'avoir des liquidités. Parce qu'aujourd'hui, si les régions empruntent, j'allais dire, sur le marché courant, elles vont avoir un taux d'intérêt très élevé.
C'est à quel horizon le déblocage ?
C'est l'affaire de, je n'ose pas être infiniment précis, mais c'est l'affaire de quelques jours ou de 15 jours. C'est vraiment très rapide. Dans les 15
jours, les régions recevront ce qui leur permettra de... Elles peuvent ensuite... En fait,
c'est des lignes de crédit auxquelles elles font appel. Comme si vous, vous alliez chez votre banquier pour demander un prêt.
Vous évoquez également, Edouard Geffrey, la création de 1700 postes de professeurs, des postes supplémentaires donc, et vous revenez, on est bien d'accord, sur la suppression d'auprès de 800 et quelques postes sur les collèges et les lycées.
Oui, parce que, mais si vous voulez, c'est pareil, il y a plein de gens qui ont dit qu'il faut revenir sur les suppressions de postes. Pas de problème, on le fait, même on en crée. qu'il faut, c'est savoir pourquoi. Pourquoi c'est très simple, on va plafonner les classes à 28 élèves en seconde, en commençant par les 50% d'établissements les moins favorisés à la rentrée 27. Et puis en poursuivant à la rentrée 28 pour l'autre moitié. Tout simplement parce que c'est une année charnière, c'est une année compliquée. Actuellement, il y a en moyenne 39 par classe en seconde. Et on sait bien que c'est là-nous, il y a un peu un saut. Vous arrivez du collège à la seconde, il y a un peu le fossé du lycée. Donc on fait ça et on crée aussi 10 000 places de BTS, donc post-bac. notamment pour les bacheliers professionnels, qui sont ceux qui sont aujourd'hui ceux qui ont plus de difficultés à trouver une place dans le supérieur, et par ailleurs pour lesquels il y a des vrais besoins en termes économiques, industriels, etc. On
a tous envie de dire merci aux lycéens, que tout soit possible. Merci au ministère,
vous trouvez des solutions crédibles et tenables aussi, ça marche.
Vous reposez la question, parce qu'encore une fois, qu'il s'agisse de Parcoursup, ou effectivement des 50% des classes qui seront plafonnées à 28 élèves. en 2027 et ensuite 2028, les 50% restants, nous ne parlons que d'échéance, à part les lignes de crédit ouvertes pour les régions, qui dépassent la présidentielle, qui enjambent la présidentielle.
Non, quand on parle des transformations qu'on fait sur le parcours sub dès maintenant, c'est pour tout de suite, c'est pour la cession, pour les éveux terminales. Quand on parle de la rentrée de 2027, pardon, mais c'est moi qui ai la responsabilité de la préparer à cette rentrée. Personne n'est en mesure de changer une rentrée au mois de mai. Une rentrée, ça se prépare. Quoi qu'il arrive, ça sera tenu. Oui, ça se prépare de septembre à avril, donc tout ça sera tenu. Ensuite, si les suivants veulent tout réformer, tout détricoter, ça sera toujours possible. Mais en tout cas, tout ce qui est pour la rentrée 27 sera fait, parce que ça, pour le coup, si je puis dire, le coup sera déjà parti. Et par ailleurs, sur Parcoursup, le travail en réalité pour 2028, il va être entamé dès maintenant, y compris avec une base législative.
En fait, si je vous comprends bien, vous partez sur l'idée que ceux qui vont venir après n'ont aucun intérêt à détricoter le changement après Parcoursup. Sur
Parcoursup, on va justement essayer de trouver notamment une base législative commune qui permette ensuite, quel que soit ce qui arrive, de poursuivre. Mais
est-ce que vous reconnaissez, Edouard-Jeffrey, que ce qui a été fait depuis des années allait dans le mauvais sens, notamment avec chaque année des baccalauréats différents ? Moi j'ai envie de dire, quel gâchis quand même
Je suis
sûre que vous pensez la même chose.
pense que, par définition, la réforme du baccalauréat a généré ses propres inconvénients, par nature. Vous le dites
de la même manière.
Quand elle a été mise en œuvre, elle a été percutée dès la mise en œuvre par le Covid, et ça nous a obligés à tout repenser en mode gestion de crise. C'est une réforme qui n'a pas atterri dans un contexte où elle aurait dû atterrir. Et donc, par la suite, il y a eu des ajustements. Vous dire que je me réjouis qu'il y ait eu 7 modalités UBAC différentes en 7 ans, non, ça ne me réjouit pas. Ça m'attriste plus tôt. D'ailleurs, c'est pour ça que je ne voulais pas y toucher en arrivant. Finalement, ils se viennent me dire de toucher, donc j'y touche parce qu'on me demande. Mais je ne voulais pas le faire justement pour que le système s'apaise un peu. Mais par ailleurs, il ne faut pas oublier pour autant les bons côtés de cette réforme. On avait avant des filières, je rappelle, on l'a connu, S, E, S et L, qui étaient sociologiquement hyper marquées. 92% des enfants de cadre faisaient une ES. 80% des enfants d'employés et d'ouvriers faisaient une ES. Tout ça a été profondément remanié en termes de mixté sociale par la réforme du baccalauréat et du lycée. Donc, il ne faut pas l'oublier non plus. Non, on ne l'oublie pas. On interroge, parce que
je crois que vous êtes le huitième, le septième, le neuvième ministre de l'éducation nationale, soit Emmanuel Macron. Je dois
être le huitième.
Vous avez compté, le huitième. Donc, parfois, il peut y avoir des zigzags, surtout que vous reconnaissez que ce n'est pas la même à chaque fois, les mêmes convictions, on va dire. On interroge également, monsieur le ministre, vous avez dit tout à l'heure que vous receviez tout le monde. Pourquoi l'Uni, le syndicat l'Uni, n'a pas été reçu au même titre que les autres organisations syndicales par Matignon ?
Alors là, on est du côté des étudiants, on n'est plus du côté des lycéens. Mais parce que, sauf erreur, les associations ou les groupes qui ont été reçus à Matignon sont ceux qui ont appelé à la mobilisation. Sous une forme ou sous une autre. Vous dites que vous
dialoguez avec tout le monde, autant recevoir tout le monde, y compris ceux qui rencontrent surtout
les blocus. Quand vous recevez des gens qui portent un mouvement, vous recevez des gens qui portent le mouvement. Ensuite, il y a des instances. Il y a un Conseil national supérieur ou l'UNI, je crois, a des sièges. Ça, c'est une instance de concertation. Donc vous ne les avez pas mis de
côté, comme certains ont entendu, parce que d'autres organisations plutôt ancrées à gauche, ils voyaient un problème ? En tout cas,
ce que j'observe, c'est qu'en général, dans un mouvement, vous recevez les gens qui portent un mouvement. C'est ce qui a été fait à Matignon. Il se trouve que j'assistais à cet échange, même si pour le coup, le volet étudiant ne me concerne pas en vrai en termes de compétences. Je suis plutôt sur le volet IC1. Mais je crois que c'était ça la raison.
Dans quelques instants, c'est Valérie Pécresse qui va nous rejoindre et prendre votre place, monsieur le ministre. Elle est la présidente de la région Île-des-France et peut-être, je ne sais pas, je ne peux pas parler à sa place, on va lui poser la question qu'elle s'étonne de voir des milliards, même s'ils sont prêtés par une banque sortie, alors qu'il y a des millions d'euros de dégâts qu'on va devoir payer parce que peut-être les réponses ou la solution politique n'est pas arrivée assez rapidement. Qu'est-ce que vous dites à ces Français qui se disent « mais ce n'est pas possible en fait ». En France, on ne donne un chèque, on ne cède que quand il y a des violences. dans la rue ?
Alors d'abord, je ne pense pas qu'elle s'étendra que quoi que ce soit, parce que Valérie Pécresse fait partie des régions, enfin des présidentes de région, qui ont porté la question du bâti scolaire comme peu avant elle. Et comme vous avez 1,9 milliard de crédits chaque année qui sont investis par la région Île-de-France dans le fonctionnement et l'investissement. S'il y a bien une région qui est peu réprochable en la matière, c'est la région Île-de-France. Donc ça, c'est la première chose. Je ne pense pas qu'elle soit surprise qu'on essaye d'abonder le système. Et j'insiste parce que vraiment, ce qui a été fait en Île-de-France, ce n'est évidemment pas fini parce qu'il y a 500 lycées, mais c'est assez remarquable. En revanche, ce n'est pas la violence qui fait... Il ne faut pas se tromper de ça. Les
millions d'euros de dégâts, c'est les commerçants qui vont les subir et c'est nous qui allons les payer.
Oui, mais ça, c'est autre chose. Mais ce n'est pas la violence qui fait... qu'on change, si je puis dire, ou qu'on prend des mesures. Les organisations syndicales
ont dit hier que le gouvernement est affaibli. C'est le moment.
ne me sens pas particulièrement faible. D'abord, première chose. Deuxième chose, je ne crois pas avoir jamais eu peur de ma vie. Et troisième chose, en revanche, quand vous avez des demandes qui sont... très, j'allais dire, à la fois unanime, fondée, une fois encore, la plateforme, c'est 100 000 contributions, qui nous disent quand même un peu la même chose, vous y répondez. On a un mouvement, on y répond. Ça s'appelle la démocratie. Et pourtant, ils
continuent.
Après ça, chacun prend sa responsabilité. Mais je pense que ce soir aussi, vous savez, les jeunes qui nous écoutent, et j'espère qu'ils sont nombreux, les parents, je pense que tout le monde se rend compte que les décisions qu'on a prises et les chantiers qu'on ouvre sont des décisions des chantiers qui sont objectivement importants et qui répondent à vos revendications. Pour
la rentrée, vous avez un message pour les lycéens ? Vous leur dites pour la rencontrer des élèves à l'école.
Ma priorité absolue, c'est que les élèves aillent en cours, parce que tout simplement, derrière, c'est leur instruction, c'est leur réussite, c'est leurs examens qui jouent. Donc bien sûr qu'il faut qu'ils aillent en cours, mais je veux dire, ce n'est pas une injonction. C'est que ce qui nous fait vivre, c'est qu'ils aillent en cours. Et c'est pour ça qu'on prend ces mesures aussi. Pour l'instant, ils s'organisent beaucoup
pour les blocus, pour les rassemblements.
On verra qui, mais une fois encore, parlons un peu d'intérêt général. L'intérêt général aujourd'hui, c'est que les élèves aillent en cours.
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