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Qui finance la campagne des candidats à l'élection présidentielle ? Le Rassemblement National ne trouve pas de banque pour lui accorder un prêt. Bruno Retailleau a lui aussi des difficultés. Et Gabriel Attal n'aura peut-être pas besoin d'emprunter car son parti a une bonne trésorerie. Pour faire campagne dans le cadre d'une élection présidentielle, il faut de l'argent. Pour financer les meetings, le matériel de campagne ou les conseils en communication par exemple. Et les dépenses de chaque candidat sont plafonnées. Un candidat présent au premier tour du scrutin peut dépenser jusqu'à 16 851 000 euros. Au second tour, il peut dépenser 22 509 000 euros. Et donc actuellement, la plupart des candidats pour 2027 s'activent pour trouver des fonds. D'abord, il faut savoir que le financement des campagnes présidentielles est très encadré. Chaque candidat potentiel doit désigner un mandataire financier qui s'occupera de recueillir l'argent et de régler les dépenses de campagne durant la période de financement électoral qui a commencé le 1er avril 2026. Pour une campagne présidentielle, certains financements sont autorisés, d'autres interdits. Déjà, le candidat peut utiliser son propre argent, que ce soit issu de son patrimoine personnel ou d'un emprunt qu'il a contracté. Ensuite, les campagnes peuvent être financées par les dons des personnes physiques qui résident en France ou sont de nationalité française. on peut donner jusqu'à 4 600 € maximum. C'est le plafond par élection, tous candidats confondus. Les partis politiques peuvent aussi participer, soit en utilisant leur front propre, soit en contractant un emprunt. De son côté, l'État verse lui une avance de 200 000 € à chaque candidat. Et il prend directement en charge les dépenses officielles, donc par exemple l'impression des bulletins de vote, les affiches ou les professions de foi. Et enfin, les candidats peuvent contracter un prêt auprès d'une banque. En 2017, le Rassemblement national n'avait pas trouvé de banque française, alors il était passé par une banque des Émirats arabes unis. Mais avec la loi du 15 septembre 2017 pour la confiance dans la vie politique, la banque qui prête au candidat doit être dans l'espace économique européen.
Un financement accordé par une banque proche d'un État qui n'est pas un État ami ou qui est un État qui a envie d'investir dans les élections. en France poserait de vraies difficultés. Donc effectivement le risque d'ingérence étrangère est une des raisons pour lesquelles il faut que la banque soit dans l'espace économique européen.
Donc en 2022, le Rassemblement national est passé par une banque hongroise. Parce qu'en fait, les banques ne sont pas obligées d'accorder des prêts aux candidats pour leur campagne. Et souvent, elles sont d'ailleurs assez frileuses pour ce genre de prêts. D'abord parce qu'il y a un risque que les candidats aient du mal à rembourser leur emprunt, notamment s'ils font un petit score au premier tour de l'élection. Et il y a aussi un risque réputationnel. Si telle banque prête à tel candidat, certains clients peuvent trouver que cela va à l'encontre de leur valeur et donc quitter la banque en question. Donc ces dernières années, il y a eu plusieurs propositions pour faire en sorte que tous les candidats puissent emprunter à une banque. en France. Vous avez peut-être entendu parler de la banque de la démocratie, c'était une proposition de François Bayrou. Donc l'idée, c'était de garantir à tous les candidats un accès équitable aux prêts pour leur campagne via une banque publique, mais ça n'a jamais été voté. Et plus récemment, en juillet dernier, le premier ministre Sébastien Lecornu avait réuni les principales banques françaises pour impulser la création d'un pool bancaire. Concrètement, les banques auraient partagé les risques financiers que représente le prêt à un candidat, mais ça n'a pas vu le jour non plus, parce que les banques demandaient en contrepartie une garantie de l'État. Une décide La seule mesure qui est passée à ce sujet date de septembre 2017, c'est la création d'un médiateur pour faciliter l'ouverture des comptes bancaires et l'octroi des crédits aux candidats. Mais en fait, ce médiateur n'a pas le pouvoir d'obliger les banques à prêter.
Il y a d'autres sources alternatives que le financement bancaire. Les partis politiques importants bénéficient d'une aide publique. Par exemple, le Rassemblement National bénéficie chaque année de 15 millions d'euros d'aide publique apportée par l'État. Les autres partis, c'est entre 5 et 10 millions d'euros, ça dépend de leur part dans les élections. Il y a quand même de l'argent disponible, mais ça peut être un...
pour récapituler, les candidats peuvent financer leur campagne via des dons, leurs propres fonds, les partis politiques et les banques. Par contre, ils ne peuvent pas recevoir de l'argent de la part de personnes morales, c'est-à-dire d'entreprises, d'associations ou de collectivités. Et ils ne peuvent pas non plus emprunter auprès de personnes physiques comme vous et moi. Pour l'élection présidentielle de 2022, les 12 candidats avaient emprunté 11 millions d'euros auprès des banques et 35 millions d'euros auprès des partis politiques. Et il y avait eu 9 millions d'euros de dons en tout. Une bonne partie des frais de campagne vont être remboursés par l'État, mais seulement pour les candidats qui vont jusqu'au premier tour de l'élection, pas ceux qui participent seulement à une primaire, par exemple.
Les dépenses que font les candidats à la primaire sont de leur propre initiative et ne seront pas remboursées, sauf pour le candidat qui sera choisi par la primaire et qui ira jusqu'au bout. Si il renonce à aller jusqu'au bout, il n'y a pas de remboursement.
Donc pour les candidats qui n'ont pas recueilli plus de 5% des suffrages exprimés au premier tour de l'élection, le montant maximal de remboursement est de 800 423 euros. Rappelez-vous en 2022, Valérie Pécresse, la candidate des Républicains, elle avait été éliminée au premier tour avec 4,78% des suffrages exprimés. Et comme elle s'était personnellement endettée à hauteur de 5 millions d'euros, elle avait lancé un appel aux dons qui lui avait permis de rembourser sa campagne. La même année, Yannick Jadot avait lui fait 4,63% des suffrages et récolté autour de 3 millions d'euros. d'euros grâce à des dizaines de milliers de donateurs. Ensuite, pour les candidats au-dessus de 5 % et présents au premier tour, le montant maximal de remboursement est de 8 4 225 euros. Et pour ceux présents au second tour, il est de 10 691 775 euros. Mais pour avoir droit à ce remboursement, il faut que le compte de campagne du candidat ait été validé par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques. Et la Commission, elle fixe elle-même le montant du remboursement des dépenses électorales pour chaque candidat. Elle peut réduire ce montant si elle constate des irrégularités dans le financement de la campagne ou pour des dépenses électorales.
vérifier que les dépenses ont été exposés et qui sont retracés dans le compte de campagne, ont tous un caractère électoral, qui vise à recueillir des chiffrages. Les déplacements, les meetings, tout ceci est remboursé parce que c'est pour aller chercher des chiffrages auprès des électeurs. Par contre, on ne remboursera peut-être pas certaines dépenses qui n'ont pas de rapport avec l'élection, des dépenses à caractère personnel. Si on colle des affiches à un endroit où ce n'est pas autorisé, c'est irrégulier, donc on ne rembourse pas ces affiches. On regarde si les dépenses ne sont pas excessives. Par exemple, si un candidat a des dépenses sécurité ils sont excessivement élevés par rapport à ce qu'il a d'habitude on pourra plafonner le montant de dépenses de sécurité et
la commission peut même décider de rejeter la totalité du compte dans ce cas l'état ne rembourse pas du tout les frais de campagne c'est ce qui s'est passé pour nicolas sarkozy en 2012 ses comptes de campagne avait été rejeté parce que la campagne avait coûté près de 43 millions d'euros presque le double du maximum autorisé pour masquer certains coûts liés à l'organisation de meetings un système de fausses factures avait été mis en place c'est l'affaire big malion pour laquelle Nicolas Sarkozy a été jugé et définitivement condamné en 2025. Mais le rejet des comptes de campagne d'un candidat élu n'entraîne pas automatiquement l'annulation de son élection. La commission des comptes de campagne peut saisir un juge qui peut lui décider de l'inéligibilité et même de l'annulation de l'élection.
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