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Bonsoir à toutes et à tous, bienvenue dans C'est dans l'air. C'est un symbole fort à cette mois de la présidentielle. Le Rassemblement national a obtenu un groupe au Sénat avec 15 élus ou apparentés. Le parti fait pour la première fois une percée dans cette assemblée dominée par la droite de gouvernement. Un pas de plus pour Marine Le Pen qui parle, je cite, de victoire. La candidate, il faut dire, a des raisons de se réjouir. Elle qui domine les sondages d'intention de vote pour la présidentielle. Jean-Luc Mélenchon, lui aussi, se félicite de voir rentrer un LFI au Sénat. Le candidat insoumis qui parvient désormais à se hisser au second tour dans les dernières enquêtes à risque, quel que soit le scénario. Mais c'est une autre bataille qu'il mène depuis quelques jours avec un bras de fer qui se tend. Avec le gouvernement, Sébastien Lecornu accuse LFI d'instrumentaliser la colère des jeunes qui appellent au blocus. certains lycées d'Île-de-France à la veille d'une mobilisation demain de la fonction publique. Le Pen Mélenchon, ça se précise, au Sénat. Et dans les sondages, c'est le titre de cette émission. Avec nous, pour en parler ce soir, Karl Mehus, vous êtes rédacteur en chef au Figaro Magazine, à lire dans votre journal une interview de la compagne de Jordan de Bardella, Maria Carolina de Bourbond et de Sicile. Avec nous ce soir, Françoise Fressos, vous êtes éditorialiste au journal Le Monde. Je cite votre dernier édito, Emmanuel Macron, plus qu'aucun autre de ses prédécesseurs, est confronté au défi de ne pas laisser les clés de l'Elysée à l'extrême droite. Avec nous ce soir, Antoine Oberdorf, vous êtes journaliste politique à l'OP. En charge du suivi de la gauche, je cite votre article du jour. LFI célèbre son entrée au Sénat, que Jean-Luc Mélenchon voulait supprimer. Puis je précise que votre journal, et on en redira un mot ce soir, a par ailleurs recueilli les confidences de Jordan Bardella. Enfin avec nous ce soir Gaëlle Slimane. Vous êtes président et cofondateur de l'institut de sondage Odoxa. Dans votre dernier baromètre politique publique Sénat avec la presse régionale qui sort demain, on voit Emmanuel Macron pulvériser des records d'impopularité. Bonsoir à tous les quatre. Bonsoir. Merci de participer à ce... C'est dans l'air en direct. Nous allons parler du Sénat, nous allons décortiquer les scores et les dynamiques s'il y en a. Mais tout d'abord un mot sur ces révélations de Mediapart cet après-midi qui fait état de propos tenus par Jordan Bardella entre 2013 et 2015. On est au tout début de sa carrière politique. Il est déjà patron du parti, c'est à l'époque le Front National en Seine-Saint-Denis. Mediapart dit avoir authentifié des documents agrémentés, je cite, de témoignages humains. Donc là ce sont des citations. Jordan Bardella, qui selon Mediapart aurait dit, donc propos antisémite de Jordan Bardella, toutes les banques sont détenues par des juifs, le juif doit dominer les autres peuples, les écraser et les voler. Jordan Bardella réagit tout de suite, je vais vous laisser la parole, Carmeus, la réaction elle était immédiate de Jordan Bardella et de Marine Le Pen pour démentir ses propos.
il fallait absolument éteindre l'incendie qui commençait... à couver de manière très dangereuse, parce que ça arrive au pire moment pour le Rassemblement national. On sait que Jordan Bardella était un peu sur la sellette dans la mesure où il n'était pas le candidat, mais ça a un soutien de poids pour Marine Le Pen. Et là, ces révélations... Il va falloir voir si elles sont authentifiées. Mais on sait que Mediapart a l'habitude d'envoyer des petites bombes régulièrement. Donc la première, c'est des propos. Puis après, généralement, ils arrivent à authentifier. Ce qui met à mal la personnalité publique qui dit « je dément, tout ça est faux ».
Alors lui, il dit que ce sont des barbouseries. Il évoque des faux grossiers. Il précise qu'il était mineur aussi lorsqu'il a rejoint le parti. Et Marine Le Pen a réagi en disant « je ne peux pas croire à cette dinguerie ».
Voilà, c'est ça. Elle ne dit pas « c'est faux ». Mais dans la mesure où elle, c'est le moment où Jordan Bardella a écrit ça, elle est assez loin de lui. Elle ne l'a pas forcément encore complètement repéré. C'est très délicat parce que l'électorat juif est un électorat qui s'est massivement… ancrée au Rassemblement national depuis quelques années. Ce n'était pas le cas avec le Front national de Jean-Marie Le Pen. Ça l'est devenu avec Marine Le Pen, pour qui la question de l'antisémitisme, elle n'en faisait pas un sujet, il n'y avait plus toutes ces « bourdes », entre guillemets, « gaves volontaires », « provocations » de son père. Elle considérait
clairement qu'elle avait tourné la page du Front national de Jean-Marie Le Pen.
Et en plus, cet électorat... arriver d'autant plus facilement dans les bras du Rassemblement national que la gauche, avec LFI et des propos qui frisaient l'antisémitisme, les a poussés dans ses bras. Si, cette fois-ci, Jordan Bardella, le patron du RN, a pu dire ce que Mediapart lui reproche, ça va provoquer un remous dans cet électorat.
ne dit pas frontalement, effectivement, Marine Le Pen, que c'est faux, parce que je pense également qu'elle ne veut pas devancer l'action en diffamation que ça prête sans doute à dégager contre Mediapart Jordan Bardella. Si ça venait à se confirmer, en revanche, c'est une bombe à fragmentation pour plusieurs raisons. D'abord parce que, objectivement... Tous les stéréotypes antisémites sont là. Le complot juif mondial, la puissance de l'argent, des ministres juifs sont jetés en pâture dans les messages, Laurent Fabius, Pierre Moscovici, sont évoqués également Bernard-Henri Lévy, Jacques Attali et Jean Pass. Donc tout est là. Et ça témoigne au fond d'un antisémitisme qu'on a pu retrouver dans une génération, biberonnée notamment, au propos du négationniste et idéologue antisémite Alain Soral, ou même des sketchs de Dieudonné. C'est un problème aussi, si ça se confirmait, en prenant toutes les précautions de rigueur, parce que Jordan Bardella est véritablement la vitrine de la normalisation du Rassemblement National. C'est lui qui, en 2024, a la faveur des Européennes. prend ses distances avec ceux qu'il appelle les brebis galeuses, c'est-à-dire des erreurs de casting, des candidats qui n'auraient pas dû se retrouver là, soit parce que dans des soirées, ils avaient porté des casquettes de Waffen-SS ou tenu des propos antisémites. C'est lui aussi qui, en mars 2025, va en Israël et témoigne de l'attachement indéfectible du RN à la lutte d'Israël contre le terrorisme islamiste. C'est la raison pour laquelle, si ça venait à se confirmer, c'est d'autant plus dommageable pour Jordan Bardella.
Alors il a pris un risque parce qu'il aurait pu plaider l'erreur de jeunesse, en disant au fond j'ai évolué depuis, je regrette ses propos. Là il les dément absolument formellement. Il évoque les faux
grossiers, je recite la réaction de Jordan
Bardella. Si jamais ses propos s'avèrent vérités, là ça colle vraiment à ses baskets, notamment parce que Marine Le Pen a vraiment entrepris une opération de dédiabolisation du Front National en 2011, qu'elle y tient absolument, et que jusqu'à présent les brebis galeuses c'était au fond des cas. candidats qui avaient été mal sélectionnés pour telle ou telle élection locale. Si le chef du parti a tenu de tels propos et les déments, et qu'il s'avère vrai, alors là, c'est une bombe. pour le RN au moment où il aurait pu se targuer d'une victoire au sénatorial.
Et on va en reparler de cette victoire parce que c'en est une au sénatorial et il y a une dynamique, en tout cas une stabilité de l'électorat RN dans les enquêtes d'opinion en vue de la prochaine présidentielle. Un mot Gaëlle Slimane sur, encore une fois, ce sont les informations de l'après-midi reprises par l'ensemble de la presse, donc informations révélées par Mediapart et démenties, je pense qu'il faut le rappeler à ce stade, démenties fermement et par Jordan de Mardella. et par Marine Le Pen.
pour mettre en chiffre quelques éléments qui ont déjà été indiqués par les uns et les autres, il y a quelques mois de cela, on testait, en comparaison dans notre sondage politique hebdomadaire pour le Figaro, l'image comparée de Marine Le Pen et de Jean-Luc Mélenchon. avec notamment des items comme l'item antisémite, qu'on suit depuis des années, pour Jean-Marie Le Pen, puis Marine Le Pen, et aussi pour Jordan Bardella. Et on voyait s'effondrer, année après année, avec la normalisation, la dédiabolisation du Rassemblement National, cette idée que ce parti et ses dirigeants étaient des antisémites, alors que c'était acquis pour tout le monde, s'agissant de Jean-Marie Le Pen. Lorsqu'on testait cela, il y a trois mois, on avait 62% des Français qui qualifiaient d'antisémites Jean-Luc Mélenchon. Il n'était que 42 à le dire à ce moment-là pour Marine Le Pen. Et pourquoi ? Parce qu'à l'époque, Jean-Luc Mélenchon avait tenu ses propos, vous vous souvenez, à Lyon, où il ironisait sur les noms à consonance juive, notamment Epstein, en disant Epstein ou Epstein, je ne sais plus comment on peut dire, en insistant lourdement sur Epstein, Gluckstein, etc. Glucksmann, etc. Là, ça serait dramatique pour le Rassemblement national dans son ensemble et pour la candidate qui n'est pas Jordane Bardella mais Marine Le Pen, parce qu'elle l'a déjà adoubé comme Premier ministre. Et parce que, Antoine le rappelait, il incarne justement cette image d'un Rassemblement national qui est tellement dédiabolisé qu'il ne s'appelle même plus Le Pen. Donc si jamais ça se révélait, surtout avec un jeu de feuilletonnage de la part de Mediapart, en le laissant avancer ses pions, nier, dire que c'est faux, puis ensuite ressortir des éléments qui prouvent que c'est vrai. alors effectivement ça pourrait être très fâcheux parce que ça pourrait abîmer, fissurer l'image de cette dédiabolisation. J'ajoute juste Caroline que demain dans notre baromètre politique, on voit déjà, pour d'autres raisons évidemment, Marine Le Pen et Jordan Bardella décrocher en termes de popularité ou de code d'administration. Donc
popularité mais pas d'intention de
vote. Pas d'intention de vote. Parce qu'en réalité, ce qu'ils disent et ce qu'ils font, et notamment ce qui s'était passé avec Nigel Farage, avec Jordan Bardella, les affecte. Mais comme les autres partis politiques ou leaders politiques s'effondrent eux aussi, ils restent sur le devant.
Ils restent sur le devant, en tout cas après ces révélations de Mediapart. Marine Tondelier, chez Europe Écologie-Les Verts, dit que Jordan Bardella doit démissionner de ses fonctions. En tout cas, le Rassemblement National décroche donc son propre groupe au Sénat, une assemblée dans laquelle il n'avait pas encore... pour percer ce qu'on peut appeler un plafond de verre. Le président de la Chambre haute a cru bon d'appeler à ce que les débats restent apaisés. De son côté, le RN par la voix de Jordan Bardella tend la main à ce qu'il appelle les patriotes sincères de LR, la droite de gouvernement, qui conserve le premier groupe au Sénat. Magali Lacroze et Christophe Roquet.
le Var, hier soir, Jordan Bardella vient savourer les caméras, les félicitations des militants et les bons résultats aux élections sénatoriales. Avec au moins 14 élus, le RN et ses alliés ciotistes vont pouvoir constituer un groupe à la chambre haute, une première.
sommes ravis et extrêmement enthousiastes de ces résultats qui marquent une étape supplémentaire dans l'enracinement du Rassemblement national dans notre pays. Et moi je souhaite dans les prochains mois que nous puissions tendre la main aux patriotes sincères de LR pour les appeler à venir travailler à nos côtés dans la mesure où Bruno Retailleau finira très certainement par se retirer.
présidentielle est évidemment dans toutes les têtes et les manœuvres ont déjà... Avec ce nouveau groupe parlementaire, le RN et ses alliés veulent voir une dynamique favorable pour leurs candidates, d'autant que dans un récent sondage, Marine Le Pen l'emporte nettement au second tour contre Edouard Philippe ou Jean-Luc Mélenchon.
groupe va marquer une opposition à ce conformisme immobile et impuissant qui caractérise le Sénat, qui, à bien des égards, a été complice des dérives macronistes. Et nous avançons.
Quelques heures plus tard, le président du Sénat les met en garde.
souhaite que le Sénat reste cette assemblée du débat apaisé, de la raison et de la réflexion. une assemblée de la responsabilité indépendante, une assemblée où se fait la loi et où l'action du gouvernement est contrôlée.
Car si la droite et la gauche conservent la plupart de leurs sièges au Sénat...
a une majorité, elle sera solide au Sénat, et ce n'est pas un groupe d'une douzaine de sénateurs, quels qu'on soit, qui pourra entraver. Cette
victoire a un goût amer.
Nous allons avec les groupes de gauche nous ériger dans une forme de résistance idéologique et politique à la création, non pas la création, mais en tout cas aux conclusions de ce groupe qui va bien sûr peser sur les débats au sein de notre assemblée. Ça va changer la donne, y compris l'ambiance.
si l'affiche du deuxième tour était réellement en train de se dessiner ? Dans une dernière enquête, plaçons une fois de plus la candidate RN en tête. Jean-Luc Mélenchon dépasse désormais Edouard Philippe. La France insoumise a d'ailleurs fait son entrée au Sénat hier avec un premier siège. De quoi donner le sourire à Jean-Luc Mélenchon.
Dans tous les départements, elle a fait des scores bien plus larges que son nombre de grands électeurs. Heureuse augure pour 2027.
Pendant ce temps-là, à gauche, les candidats à la primaire socialiste se déchirent et se définissent en fonction de leur volonté d'alliance ou non avec Jean-Luc Mélenchon.
Pour battre l'extrême droite. y compris aux législatives. Si vous arrivez avec une alliance avec Elefi, vous perdez au deuxième tour contre l'extrême droite. Oui, mais justement, c'est ce que je dis, il ne peut plus y avoir d'alliance.
C'est au Parti Socialiste de redéfinir la refondation de la gauche et de définir dans quelles conditions on fera accord avec les autres forces de gauche. Et une majorité du Parti
Socialiste est d'accord avec ce que je dis.
Eh bien, c'est ce que nous verrons.
Le bloc central, lui, peine toujours à décoller. Edouard Philippe garde un peu d'avance sur Gabriel Attal. Mais qui se rangera derrière l'autre
Dans l'ensemble des communes de France, lorsque la droite et le centre se présentent ensemble, elles l'emportent. Lorsqu'elles gagnent, c'est qu'elles sont rassemblées. Je dis la même chose pour la présidentielle. Je ne suis pas un homme pressé. J'ai commencé ma campagne à longtemps. Vous connaissez le lièvre et la tortue. Les hommes pressés, ça existe. En général, c'est souvent trop pressé.
sans laisser les autres prendre trop d'avance.
nous allons revenir sur les résultats du Sénat. Nous évoquions les révélations de Mediapart. A l'instant, nous apprenons que Jordan Bardella va porter plainte. Ce n'est pas une surprise, vous le disiez un petit peu tout à l'heure. Revenons sur les résultats du Sénat, savoir si ça traduit une dynamique de la part du Rassemblement national. Jérôme dans le Finistère, avoir un groupe au Sénat, ça change quoi concrètement pour le Rassemblement national ? Marine Le Pen, elle dit que c'est une victoire historique.
Alors, c'est une victoire. peut-être pas historique, mais en fait, ça montre quand même la possibilité de monter un groupe au Sénat, ça montre la possibilité aussi d'accentuer la pression du Rassemblement national sur la droite, une pression qui était déjà perceptible ces derniers mois, et ça montre aussi, en cas de victoire de Marine Le Pen, que le Sénat, qui aurait pu être l'Assemblée, au fond, qui... apparaît comme un contre-pouvoir, puisse aider Marine Le Pen dans son offensive de faire des référendums, notamment pour mettre la priorité nationale ou pour changer les règles sur l'immigration. Parce qu'il y a une partie de la droite maintenant, notamment Bruno Retailleau, qui dit oui, effectivement, il faut modifier les institutions. Donc pour cette raison-là, c'est vraiment historique, il y a une entrée du Rassemblement national. Ceci dit, ce n'est pas une surprise dans la mesure où c'était contenu dans les résultats d'élections municipales. Ce sont les grands électeurs, on rappelle, de mars dernier. Et en août, ça se fait plutôt au détriment du parti d'Éric Ciotti que de la droite traditionnelle. Donc celle-ci est un peu moins inquiète qu'il y a quelques mois. Mais enfin, c'est quand même une portée historique.
Là où c'est quand même au-delà des attentes du Rassemblement national, c'est qu'on va au-delà des grands électeurs qui étaient dans le viseur du Rassemblement national. Il n'aurait pas pu avoir un groupe aussi étoffé. Il faut quand même garder le sens des proportions. Pour ce qui est des LR, on est à plus de 120 sénateurs. Il reste le premier groupe naturellement à l'Assemblée, au Sénat. De même pour les centristes d'Hervé Marseille. Mais néanmoins, le fait d'avoir réussi à surperformer par rapport aux résultats des élections municipales, ça dit quelque chose de très fort pour Marine Le Pen. Ça dit que l'union des droites, qu'elle a toujours théorisée comme devant se faire par le bas, par les électeurs... et par les grands électeurs en l'occurrence, fonctionnent. Et qu'il n'ait donc pas besoin de s'adresser aux chefs à plumes qui, eux, sont dans des logiques de parti. Certes, il y a eu Eric Ciotti qui a franchi le Rubicon, mais s'il doit y avoir des phénomènes de ralliement, eh bien, ma foi, elle se dit qu'il faut continuer à creuser son sillon, à élargir son assise électorale, à percer dans certaines institutions où elle était absente, notamment la chambre haute. Et à ce moment-là, oui, vous aurez effectivement des cadres LR qui, tôt ou tard, reviendront à la gamelle.
– Cette question justement, les Républicains et le Rassemblement national vont-ils trouver de nombreux points d'accord au Sénat ? Est-ce que c'est ça qui se joue dans les mois qui viennent ?
– Non, parce que, comme on l'a dit, la majorité, même si elle est affaiblie, restent les LR et les centristes. Et assez largement, ils n'ont pas besoin de force d'appoint. C'est historique que les RNs ont un groupe, mais ça reste à 15. Donc en gros, ils vont avoir… du temps de parole, ils vont avoir des moyens, ils vont pouvoir faire des enquêtes, mais ça ne va pas, au tout cas, jusqu'à l'élection présidentielle, entraîner des porosités entre les LR et le RN.
– Je voudrais juste vous citer cette phrase d'Hervé Marseille, qui est le chef des centristes au Sénat, qui dit, c'est un mot, je ne savais même pas que ça existait jusque-là, il ne manquait au RN que l'honorariat du Sénat. C'est important en termes de symboles ce qui se passe, de rentrer avec un groupe de députés RN au Sénat.
Oui, c'était ce que je voulais dire sans connaître non plus la phrase d'Hervé Marseille. C'est qu'en réalité, statistiquement, ça ne pèse pas lourd, ça ne modifie pas les grands équilibres du Sénat. C'était que la moitié qui se renouvelait, puisque le Sénat, c'est par moitié. Si on raisonne un pourcentage sur le nombre de sénateurs qui étaient à reconduire, ça pèse moins de 8%. Donc on est très loin du poids du Rassemblement national aujourd'hui en France dans les élections. Et puis dans les sondages, on va en dire un mot tout à l'heure. Mais c'est symbolique. C'est-à-dire que symboliquement, vous avez... dans cette entreprise. modulo ce qu'on a dit tout à l'heure sur les propos antisémites imputés à Jordan Bardella, mais vous avez une dédiabolisation qui est à l'œuvre, qui permet au Rassemblement National de conquérir sociologiquement, c'est pour ça qu'ils progressent dans les intentions de vote, des catégories de population qui étaient complètement imperméables au vote RN jusqu'à présent, qui permet au Rassemblement National de s'adresser aux chefs d'entreprise et d'être écoutés par eux. C'est plusieurs fois maintenant qu'on voit à la REF Jordan Bardella justement venir s'exprimer devant les patrons. Et donc le dernier niveau, c'est effectivement le Sénat. où il était déjà présent le Rassemblement National, contrairement aux Insoumis, mais où maintenant, avec 14-15 sénateurs, il forme un groupe, il existe, il pèse. Alors c'est du symbole, mais ça renvoie aussi un symbole à nos concitoyens. Juste pour les téléspectateurs, 95% des grands électeurs sont en fait des maires ou des conseillers municipaux. Donc c'est ça qu'on appelle les grands électeurs. – Ça
confirme l'ancrage local et quand vous dites que c'est un symbole, c'est quoi ? Sur l'idée d'une forme de respectabilité ? – D'institutionnalisation,
alors justement c'est pour ça. qu'on évoquait tout à l'heure, vient abîmer un peu ça, les propos supposés antisémites de Jordan Bardella, parce que jusque-là, le Rassemblement national parvenait à s'institutionnaliser, à se respectabiliser.
Alors ça alimente aussi, au fond, tout le récit que fait le Rassemblement national en disant on est sur une vague. Au fait, cette vague, elle est théorisée par Marine Le Pen depuis 5 ans et elle prend beaucoup l'exemple de François Mitterrand en disant à un moment, la majorité sociologique du pays est... par la majorité politique. Sauf qu'il y a quand même un plafond de verre dans cette progression du Rassemblement national. Il y a évidemment l'antisémitisme qui apparaît avec les propos de Jordan Bardella. Et puis il y a aussi... La révélation de
Mediapart pour les gens qui nous prennent en cours de route. Et Jordan Bardella porte plainte.
Voilà. Et puis il y a aussi encore des faiblesses assez importantes dans la stratégie de conquête du pouvoir. Les grandes métropoles, les banlieues. Donc il y a encore de l'électorat à conquérir. Mais c'est sûr qu'ici, il y a un message envoyé au monde rural. Ils se sont considérablement afflantés. Ce
qui est très intéressant dans le score, parce que 15, c'est pas beaucoup, mais c'est la fourchette haute. Certains tablaient sur 10. C'est la fourchette haute parce qu'il y a certains endroits, notamment en Gironde, où des élus qui avaient l'étiquette d'hiver droite ont voté. Pour la candidate du Rassemblement national, Edwige Diaz. Si elle n'avait eu que les voix des élus étiquetés Rassemblement national, elle ne passait pas. Et donc ça montre qu'il y a un élargissement auprès d'élus proches d'Éric Ciotti, de l'UDR, mais pas seulement. Il y a des gens étiquetés divers droits qui ont basculé. Et ça, c'est important dans la conquête de l'élu. Qui
perd du terrain
Les LR.
Et le bloc central ?
– Et le bloc central, il y a un petit rééquilibrage, les macronistes et les philippistes, et la gauche, le Parti Socialiste, en perd pas mal, les Verts aussi.
et de manière assez étonnante, à gauche, nous avons l'entrée des insoumis, on en parlait, qui pour le coup... Alors il rentre
avec un
sénateur, purement
insoumis, plus un apparenté.
Il se trouve que le pur insoumis n'est autre que le gendre de Jean-Luc Mélenchon, Gabriel Amard, dans le Rhône. Et ce qui est fascinant, mais comme souvent avec les insoumis, c'était déjà le cas à l'occasion des élections municipales, c'est qu'ils parviennent à donner l'illusion de la force. Il y a deux sénateurs, mais ils sont parvenus au cours de la soirée électorale d'hier à faire plus de bruit que Jordan Bardella et Marine Le Pen. Heureuse
augure pour 2027, dit Jean-Luc Mélenchon. Absolument.
Formidable pour un Jean-Luc Mélenchon. Effectivement, j'ai tenu à rappeler que sa constituance... son Assemblée des Constitutions, vise à supprimer notamment le Sénat. Qui
est ancien sénateur lui-même. Et qui, en
1986, entrant au Sénat, disait qu'il avait le sentiment d'être le dernier diplodocus du Parti Socialiste et d'entrer au musée de la SFIO. Ça vous dit un petit peu la vision qu'a Jean-Luc Mélenchon du Sénat, mais manifestement, il commence à goûter au charme. Mais
est-ce que c'est une victoire ? Je veux dire, de rentrer un sénateur LFI plus un apparenté, ou est-ce que c'est en dessous de ce que pouvait espérer LFI ? Vous savez
pourquoi c'est déjà une victoire ? Parce que dès maintenant, la seule question qui sera posée... à tous les autres partenaires de gauche, écologistes, socialistes, c'est de savoir qui est prêt à accueillir ces sénateurs insoumis dans leur groupe. C'est la question posée aux écologistes de la même manière que concernant le Rassemblement National, ils ne sont que 15. Mais la seule question qui va prévaloir désormais, c'est cordon sanitaire ou
pas. Mais la vraie victoire pour LFI, ce sera le prochain renouvellement, l'autre moitié du Sénat, qui inclura l'île de France et qui, là, inclura les victoires de LFI au municipal de la dernière fois.
On évoque ces résultats au Sénat et aussi les résultats des enquêtes. Alors il y en a plusieurs des enquêtes d'intention de vote pour la présidentielle. On va essayer de faire un résumé en tout cas du dernier sondage Toluna Harris pour RTL en donnant des fourchettes parce que ce sont à chaque fois évidemment des hypothèses. Donc Marine Le Pen serait entre 35 et 36%, Jean-Luc Mélenchon entre 17 et 18%, Edouard Philippe entre 13 et 16%, Raphaël Glucksmann entre 10 et 11%. pour Gabriel Attal, là aussi, selon les scénarios, entre 5 et 13, et Brune Retailleau entre 7 et 10. Gail Slimane, on voit bien là, et c'est un peu le titre de notre émission ce soir, que vous nous disiez qu'il y a peut-être un affaissement de la popularité de Marine Le Pen. En tout cas, quand on regarde ces enquêtes, on voit Jean-Luc Mélenchon qui creuse l'écart avec la gauche sociale-démocrate et un bloc central, on va les avoir comme ça, avec deux candidats qui se cannibalisent l'un l'autre, en tout cas, qui n'arrivent pas à décrocher. Et un second tour. qui était encore hypothétique il y a quelques semaines, qui semble de se décider. Alors, on est évidemment très très loin de la présidentielle, et on ne le redira jamais assez, on est à 7 mois de la présidentielle. En tout cas, le rapport de force aujourd'hui, c'est celui-là.
Oui, si vous le permettez Caroline, on va prendre l'ensemble des sondages récents. Pas dodo que ça d'ailleurs puisqu'on n'a pas encore publié notre prochaine intention de vote. On essaie de ne pas en faire trop souvent pour ne pas lasser les téléspectateurs et les Français. Ce qu'on observe depuis ces dernières semaines, c'est clairement une Marine Le Pen qui... se situe entre 32 et 35%, en tout cas au-delà des 30%. Mais ça, c'est pas nouveau. C'est-à-dire que ça fait très longtemps qu'elle est très largement... C'est solide. Et lorsque Jordan Bardella était testé à certains moments à sa place dans les enquêtes, c'était la même chose pour lui. On observe, en revanche, c'est ce que vous venez de souligner, des candidats issus du Bloc central... qui sont plus à la peine, et notamment Edouard Philippe, qui était la superstar des sondages pendant très longtemps, et qui, finalement, est dans un étiage sous les 20%. Alors, il y a certaines hypothèses qui me semblent parfois contestables, où il peut être testé en même temps que Gabriel Attal, et du coup, mécaniquement, ça le fait baisser. Donc, laissons-les de côté. Malgré tout, ça fait quelques mois qu'on le voit pas très loin. de Jean-Luc Mélenchon dans les intentions de vote. D'ailleurs, chose amusante, Jean-Luc Mélenchon, qui critique beaucoup les sondages et les intentions de vote, avait moultement tweeté une intention de vote au Doxa, la dernière, qui montrait qu'il n'était plus qu'à deux points d'Edouard Philippe. Donc, sérieusement, ça veut dire qu'aujourd'hui, si on se projette sur une élection, comme on dit dans les sondages, dimanche prochain, on ne serait même pas capable de vous garantir... Qui serait celui qui accompagnerait Marine Le Pen au second tour ? Peut-être plus probablement Edouard Philippe qui est plus souvent en tête dans les derniers sondages, mais ça se joue à très peu de choses. On est dans les marges d'erreur statistiques. Et effectivement, Jean-Luc Mélenchon est beaucoup plus haut qu'il ne l'était lors des dernières campagnes à pareille période, à pareille époque. En général, il est à 11-12, et puis il monte progressivement. Quand l'électeur de gauche voit qu'il n'y a personne d'intéressant à gauche, personne susceptible de faire un bon score, la mort dans l'âme, les électeurs de gauche, qui ne voulaient pas de lui au départ, se tournent vers Jean-Luc Mélenchon. Là, cette fois, il est beaucoup plus haut dès le départ. Est-ce que
ça veut dire, concernant Marine Le Pen et Jordan Bardella, puisqu'en fait, on nous explique que c'est un duo, alors on va voir si les révélations de Mediapart changent la donne ou... ou pas, il faut rester à ce stade très prudent. Est-ce que ça veut dire que tout glisse sur Marine Le Pen ? On a beaucoup évoqué les dissensions entre Jordan Bardella et Marine Le Pen, avec des récits expliquant que ce n'était pas toujours aligné entre les deux têtes du RN. Est-ce que ça, au fond, n'a aucune prise dans l'opinion, y compris quand ça impacte ce qu'ils peuvent dire, notamment sur l'entreprise, sur la réforme des retraites, que sais-je ?
Juliano D'Ampoli nous a montré que les populistes peuvent dire Une chose et son contraire, à un laps de temps assez court, ça n'a pas de prise sur un électorat qui les a choisis comme vecteurs d'un mécontentement, d'une colère, d'une radicalité. Et donc, ils se sont dit, les gouvernants ont échoué, les gouvernants ne sont pas à la hauteur, vers qui on se tourne. Et c'est là qu'on a, parce que c'est valable pour Jean-Luc Mélenchon aussi, sur d'autres sujets, mais il a aussi beaucoup varié, mais il garde son électorat. Donc les deux arrivent, malgré tout, à garder le rectorat. Ce qu'il faut savoir quand même, c'est pas une loi, c'est pas quelque chose qui est scientifiquement prouvé, mais dans les deux dernières présidentielles qu'elle a menées, Marine Le Pen a souvent été testée à 30% l'année précédente, en fin d'année, et au moment de la campagne, quand elle rentre dans le vif du sujet, elle baisse, et son score final est 5, 6, 7 points en dessous. du plus haut des sondages. Donc, ça veut dire que là, si on règle la mire de la même façon, elle sera entre 28 et 30. Ce qui est déjà très très haut, mais...
Ce qui lui garantit une qualification.
Ce qui lui garantit une qualification. Ce qui n'est pas surprenant dans les sondages, en réalité, c'est de voir Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen très haut, parce que ce sont les deux seuls qui ont réglé le problème qu'ils n'avaient pas, d'ailleurs, dans leur camp de concurrence. Ils ont été désignés candidats, ils sont en campagne. Ils déroulent leur campagne. Si vous regardez Edouard Philippe, Gabriel Attal, eux, ils sont en primaire. Alors c'est une primaire sauvage, parce qu'elle n'est pas officialisée, mais la réalité, c'est que c'est une primaire qui sera déterminée par les sondages. Quant aux partis socialistes et aux candidats de gauche, ils sont eux dans une véritable primaire. qui sera avec les débats qui intéressent les gens. Mais donc c'est assez normal que le bloc central et ce bloc électoral, si je l'élargis entre le PS et les LR, soient un peu perturbés, ne sachent pas vers qui se tourner. en plus, comme ils sont interrogés à chaque fois sur « est-ce que vous irez jusqu'au bout ? Vers qui vous vous détournerez ? », les gens, pour l'instant, se réfugient dans l'abstention.
Alors, tout glisse, moi je ne pense pas, dans la mesure où pour la première fois, Marine Le Pen, elle est la favorite de cette élection. Et donc, elle va devoir arbitrer au fil de la campagne. Est-ce que je suis dans le réalisme de celle qui... Présidera et gouvernera dans une situation financière, je pense qu'on y reviendra, très compliquée ? Ou est-ce que je continue, au fond, à travailler ma base électorale en promettant la rupture ? Deuxième chose, je pense que Jean-Luc Mélenchon a installé le débat avec Marine Le Pen, donc il se ménage. Et moi, ce qui me frappe, c'est que personne ne rentre véritablement dans la contestation de Marine Le Pen. Et je pense qu'au moment où un candidat émergera et lui fera, au fond, la mettra face à sa... contradiction, je pense qu'elle sera beaucoup plus fragile qu'elle ne l'est aujourd'hui.
La campagne n'a pas encore commencé, c'est ça que vous laissez ? C'est ce que disait K, c'est-à-dire qu'ils sont
tous en primaire, donc intéressés par eux-mêmes plutôt que par Marine Le Pen.
Peut-être qu'on peut dire un mot sur les questions budgétaires, parce que là aussi c'est le sujet de la crédibilité économique de Marine Le Pen. On a appris qu'ils vont se répartir les rôles entre Jordan Bardella et Marine Le Pen. Marine Le Pen va présenter son budget avec une stratégie pluriannuelle de réduction de la dépense publique et donc un plan d'économie. Et Jordan Bardella se concentrera, lui, sur la présentation d'un contre-budget pour 2027.
Tout à fait. C'est assez normal, d'ailleurs, que lui échoue à cette fonction, dans la mesure où il était prédisposé et fléché vers Matignon. Ça va être une épreuve de vérité pour l'Assemblée nationale, parce qu'ils avancent des économies considérables, vraiment considérables, de l'ordre de 150 milliards, avec... à peu près toujours les mêmes recettes, à savoir la lutte contre la fraude sociale, la diminution de la contribution de la France à l'Union européenne et puis bien sûr la lutte contre l'immigration. Donc réelle épreuve de vérité, ils vont être jugés sur pièce, il va y avoir un chiffrage de faits, sans doute aussi Jean-Philippe Tanguy bien sûr à la manœuvre qui est un peu le monsieur budget du Rassemblement national. Et je suis assez d'accord au fond sur ce qui a été dit, sur le fait que Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen... qui impriment leur agenda. Marine Le Pen est allée sur la préférence nationale dans l'attribution des logements sociaux, l'interdiction du voile dans l'espace public, et Jean-Luc Mélenchon a occupé toute la rentrée avec sa proposition de brûler la dette. Tous les autres, en réalité, ne vous parlent que d'une chose, de la possibilité de conjurer la perspective du second tour entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen, qui est leur cauchemar absolu. Et donc, par exemple, on entend à gauche, et notamment dans la primaire socialiste, l'argument qui consiste à dire... Voter Mélenchon au premier tour compte tenu de sa diabolisation, c'est de faire élire Marine Le Pen au second tour. Il martèle ça, il tape sur le clou, il tape sur le clou, il tape sur le clou, mais à la fin des fins, le grand vainqueur des débats entre socialistes, c'est quand même Jean-Luc Mélenchon. Parce qu'il est l'étalon de mesure sur lequel la gauche aujourd'hui se jauge. Soit pour les pros et les filles, qui s'accommodent bien de lui, soit pour les anti et les filles. Et c'est très difficile pour une gauche qui se qualifie encore jusqu'à récemment de non-mélenchoniste de retrouver une identité. –
En sachant qu'entre Gabriel Attal et Edouard Philippe, le ton est un petit peu monté, j'imagine que ça pèse aussi dans l'approche qu'on peut avoir des candidats qui pourraient sortir du bloc central avec ses récits dans le livre qui s'appelle « Le crépuscule des princes » où on entend des échanges d'amabilité, Edouard Philippe qualifiant Gabriel Attal d'immature. – Quelle campagne
a-t-il gagné ? –
Voilà, c'est ça, quelle campagne a-t-il gagné ? Il a gagné trois campagnes législatives dans les Hauts-de-Seine avec l'étiquette macroniste. difficile de tenir avec un combat à fleur et mouchetée jusqu'à ce que l'un des deux au fond se rallie.
C'est ce que disait Antoine et moi tout à l'heure. En fait, ils se tapent l'un l'autre et ils ne parlent pas aux Français. Et ils ne parlent pas des sujets qui intéressent les Français qui sont le pouvoir d'achat, la santé. Et en plus, Edouard Philippe fixe une règle à ses troupes qui est de ne taper pas sur les adversaires. Et on a un livre où on se rend compte qu'il n'y a pas si longtemps, parce que le livre a dû être écrit au printemps, où il lui-même se lâche sur Gabriel Attal. Tant qu'ils ne seront pas, en plus... Je suis un peu sévère en disant qu'ils ne parlent pas du pouvoir d'achat parce qu'ils ont édicté des mesures. Mais le problème, c'est Jean-Luc Mélenchon, il a une vision. Il a fixé un cap pour la Nouvelle-France. Marine Le Pen, on connaît sa vision. Pour le coup, si on veut caricaturer un peu, c'est la France éternelle. Mais Edouard Philippe, Gabriel Attal, vous avez tout un tas de mesures, mais vous n'avez pas de vision, vous n'avez pas de cap. Et c'est ça qui manque.
Juste encore un mot sur Jordan Bardella avec les révélations de l'opinion. Ces révélations de Mediapart sur des... des supposés propos antisémites de Jordan Bardella, qu'il aurait pu prononcer lorsqu'il était tout jeune arrivé au Rassemblement national, propos qu'il a démenti, il annonce qu'il va porter plainte. Je préfère refaire la présentation de ces révélations dans leur ensemble. Jordan Bardella, qui arrivait au final... Avec quelques confidences, en disant, au fond, j'ai encaissé le choc de ne pas être celui qui va conduire le RN à la présidentielle. Absolument,
confidences recueillies par ma consœur Corinne Lai, qui est très intéressante dans la mesure où Jordan Bardella, au fond, sur le ton de la confidence, était dans la vérité de ce que peut être un candidat. et un homme déçu de ne pas pouvoir assouvir son ambition, qui était celle d'atteindre l'Elysée à un âge très précoce. Il a admis que oui, il avait pris un coup sur la tête lorsque le verdict de Marine Le Pen est tombé, et qu'elle n'était pas empêchée, il l'a admis. Il dit, je n'allais
tout de même pas faire la roue quand ça va mal, ça se voit quand ça va bien aussi.
Absolument, et ce qui est très intéressant dans la manière, alors c'est très imagé la roue, mais il dit qu'au fond, lorsqu'il y a eu ce premier déplacement à la flèche, après le verdict judiciaire de Marine Le Pen, et qu'il avait objectivement... un masque de fer gravé sur le visage. Eh bien, il a été dans l'incapacité de jouer la comédie. Et il le dit, je ne suis pas un robot, ce qui vient au fond d'ailleurs démentir l'image qu'on pouvait avoir de lui, d'un candidat tellement superficiel et tellement habile en matière de communication qu'il serait capable de vous jouer n'importe quoi. Eh bien, lui essaye de renverser le stigmate en disant, ce jour-là, j'étais marqué.
Les Français sont attachés au duo.
duo en général ou au duo Le Pen-Bardella ? Au duo Le Pen
-Bardella.
À ce duo-là. En tout cas, ce n'est pas tellement qu'ils y sont attachés. Je rappelle que la majorité des Français n'aiment pas Marine Le Pen et la majorité des Français n'aiment pas Jordan Bardella. Ce qui permet à l'un et l'autre d'être les premiers sur nos codes d'adhésion dans les sondages, c'est que les autres sont plus rejetés qu'eux. Maintenant, pour répondre à votre question, ce qui était intéressant dans leur duo, c'était cette idée, on a beaucoup dénoncé les tickets en disant ça ne marche jamais, en prenant les exemples historiques catastrophiques du passé, mais ça pouvait fonctionner cette fois-ci. parce qu'il pouvait se compléter en termes de profil, en termes de capacité de séduction sur des catégories spécifiques l'un et l'autre. Le problème, c'est qu'il faut que votre Premier ministre, si elle est présidente et lui Premier ministre, vous apporte quelque chose, et pas que ce soit un boulet en termes d'opinion. Et on en revient à notre débat de tout à l'heure, sachant que, j'ai oublié de le dire, mais c'est la deuxième fois qu'une affaire comme celle-ci touche Jordan Bardella. Il y avait eu un précédent il y a quelques années, avec le précédent de la mer Noire, où on voyait des échanges qui étaient faits sur les réseaux, et qui lui avaient été attribués, et il les a toujours niés, où on voyait une piscine avec des gens de couleur qui nageaient à Aquaboulevard, je crois, et la plaisance... c'était la mer noire avec des smileys mort de rire.
Il avait démenti ? Et il avait
démenti de la même manière et ça n'avait jamais pu être prouvé de manière avérée.
Juste un mot avec vous, Françoise Fressot, si vous avez cité votre édito sur le président de la République. Avec cette affiche-là pour la présidentielle, est-ce que le président de la République entend jouer un rôle ? Est-ce que le fait de placer l'actualité sur la scène internationale, comme il a pu le faire ces dernières semaines, est-ce que c'est de cette manière-là qu'il veut peser ?
Alors je pense que le... Au fond, la grande peur de l'Elysée, c'est que Marine Le Pen ou que quelqu'un du Rassemblement National soit élu à la présidence de la République. Alors, il peut toujours dire, moi, je l'ai battu deux fois, ceux qui vont me succéder ne sont pas au niveau. C'est quand même une tâche énorme. Et donc, ce qu'il essaye de faire, c'est de la pédagogie. Et on voit bien toutes ces séries d'interventions télévisées, notamment auxquelles vous avez participé, montrant, au fond, la distinction qu'il veut faire entre le camp des démagogues et le camp des réalistes en disant, il y a une... crise, notamment du carburant. Moi, j'essaye d'agir sur les prix, tandis que les démagogues veulent agir sur les taxes. Et donc, je pense que ça va être là-dessus. Il va essayer d'éclairer le débat et d'essayer de se montrer un peu au-dessus de la mêlée, mais avec quand même cette grande inquiétude de cette possibilité de l'arrivée de l'extrême droite en France.
En tout cas, demain, c'est le premier rendez-vous social du gouvernement. Les fonctionnaires qui dénoncent à Nouveau-Gel de leur point d'indice se mobilisent, mais c'est autour des lycées d'Île-de-France que la tension monte avec des appels au blocus. qui soutient et encourage la mobilisation, est accusé par Sébastien Lecornu d'instrumentaliser la jeunesse. Je cite, les forces de l'ordre ont déjà procédé à une trentaine d'interpellations après des actes de vandalisme et des tirs de mortiers d'artifice. Anne Mackignon avec Paul Géli et Suzanne Prez.
Sur les réseaux sociaux, les vidéos affluent par dizaines. Des lycéens qui bloquent leur établissement à Lille. À Nice, et surtout en banlieue parisienne. Le rectorat reconnaît que le mouvement prend de l'ampleur. Près de 60 établissements concernés. Au lycée Paul-Éluard de Saint-Denis ce matin, les jeunes dénoncent des conditions de vie dégradées.
Depuis, depuis, on manifeste pour les mêmes choses. Il faudra nous attendre. Merci !
qui nous tombe sur la tête. Les toilettes, insalubles, pas de protection hygiénique, pas de savon. On a les surcharges des classes. On est 30 en classe tronc commun et en spé. C'est pas normal. Je trouve que le nachoie, on
devrait avoir les mêmes droits que d'autres lycées, par exemple, à Paris. On est des enfants qui voulont apprendre, qui voulont réussir, qui ont un avenir.
À sept mois de l'élection présidentielle, les blocages sont relayés et soutenus par certains politiques. A Saint-Denis, le maire La France Insoumise, Bali Bagayoko, défend le combat des lycéens.
Les établissements sont maltraités. Ils sont maltraités du point de vue de l'éducation nationale. Les moyens ne sont pas suffisants pour avoir une éducation digne. Et ce n'est pas moi qui le dis, c'est l'ensemble des rapports où sur nos territoires, les enfants du territoire de Saint-Denis et partout dans la Saint-Saint-Denis, perdent jusqu'à un an et demi de scolarité.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu dénonce une récupération politique.
Des élus de la France insoumise appellent à étendre le mouvement. Cette surenchère est irresponsable. Le devoir d'un élu de la République est de protéger les jeunes et d'appeler au calme. Instrumentaliser leur colère à des fins partisanes est une faute.
Le premier syndicat lycée appelle au blocage de tous les lycées du pays demain pour se joindre à la mobilisation de la fonction publique. 160 rassemblements prévus partout en France. Personnels hospitaliers, policiers, agents des impôts de France Travail. et personnel de l'éducation nationale. Tous dénoncent le gel du point d'indice, une année supplémentaire, annonce faite la semaine dernière par le Premier ministre qui cherche à réduire les dépenses de l'État.
Ça fait maintenant depuis 2024 que le point d'indice est gelé. Et on va donc être maintenant sur 2024, 2025, 2026, 2027 sans dégel de la valeur du point d'indice. Et ça pèse très lourdement sur la rémunération des personnels de l'éducation nationale. Aujourd'hui, on voit bien qu'il y a un déclassement salarial, un déclassement social qui pèse lourdement sur notre quotidien.
5,9 millions de fonctionnaires en France. Combien seront-ils dans la rue demain ? Les syndicats dénoncent unanimement un
manque de considération. On en aura le bol du fonctionnaire bashing, c'est-à-dire qu'on a des responsables politiques aujourd'hui qui ne parlent de nous qu'en termes de lignes, de tableurs Excel, de budget comme d'un coût. Pour la CFDT, les fonctions publiques sont un trésor, c'est une richesse. Un
climat social tendu en pleine flambée du prix du carburant, tout le monde en souffre. Emmanuel Macron assure être à l'écoute.
Dans ce contexte, c'est normal qu'il y ait de la colère, parce que quand ça va mal... Les gens se retrouvent confrontés à une vie impossible et donc en effet sont en colère. Je vois des voix qui s'élèvent pour rappeler à un mouvement social généralisé. Je pense que ça ne nous aiderait pas collectivement.
La crise du carburant peut-elle faire converger les colères ? Dans les Yvelines, les agriculteurs de la coordination rurale ont aussi exprimé leur ras-le-bol. Des radars mi-hors-service pour réclamer des aides supplémentaires.
allons parler du mouvement dans les lycées qui tourne vraiment au bras de fer entre Jean-Luc Mélenchon et le ministre de l'Intérieur et le gouvernement. Un mot Gaëlle Slimane sur ce contexte. Donc il y a cette mobilisation des fonctionnaires sur fond de crise des carburants avec la question qu'on se pose tous de savoir s'il y a un terrain pour la colère, ça c'est sûr, mais peut-être pour des mobilisations plus vastes.
Alors on voit les barils de poudre ou d'essence. s'entasser dans le hangar et la question c'est la mèche et l'allumette, est-ce qu'il y en aura-t-il et quelles seront-elles si c'est le cas ? Pour illustrer ça dans notre baromètre politique de demain, vous le rappeliez dans le lancement Caroline, on a un président de la République qui pulvérise tous ses propres records d'impopularité. On a une colère qui est en train de monter, nos précédents sondages hebdomadaires avec le Figaro montraient que le pronostic d'une gilet jaunisation... Si vous passez ce néologisme, il est largement fait par nos concitoyens. On a 88% des Français qui disent qu'ils anticipent, dans les semaines ou les mois à venir, un mouvement du type gilet jaune. Donc il y a des messages qui sont très forts, en marqueur de colère. Et dans votre interview du président de la République qu'on voyait dans l'extrait, il y a quand même une grosse erreur qui, à mon avis, est commise par le président, c'est que les annonces ont été faites par le Premier ministre. qui sont des annonces, on les a testées dans notre sondage hebdomadaire, que les Français trouvent insuffisantes. Donc les trois quarts des Français disent, le compte n'y est pas, il faut plus d'aide, sans parler de quoi qu'il en compte, on a besoin de plus d'aide. Venir à la télévision pour finalement confirmer... Et faire le SAV. Faire le SAV, le service après-vente, et confirmer qu'on n'irait pas plus loin, et dire au détourné de phrase...
Oui, n'exclu pas d
'autres aides. Oui, il dit on n'exclut pas d'autres aides, mais en fait ce que ça peut suggérer dans l'esprit de beaucoup, c'est comme pour les Gilets jaunes, finalement il faut attendre que la rue se mobilise et que ça dégénère pour que ce que les Français réclament à longueur d'enquête ou dans la rue soit obtenu. Je rappelle qu'au moment des Gilets jaunes, c'était un refus clair et net indiqué par Edouard Philippe à l'époque pour finalement aboutir à 10 à 11 milliards d'aides, non seulement le retrait de ce qui faisait la colère, mais 10 à 11 milliards d'aides envoyées à... avec de l'argent public.
– Dans les règles, si tant est qu'il y en ait, de la colère sociale, il y a quand même toujours eu cette idée de dire, les colères sociales, ce n'est pas avant la présidentielle, puisque au fond, on se donne tous rendez-vous au printemps pour livrer notre état d'esprit. Est-ce que ça, ça peut jouer ?
–
Oui, il
y a deux éléments positifs, et je vous mettais après, mais deux éléments positifs, c'est un, enfin positif pour le chef de l'État et le gouvernement, qui peuvent le sauver dans ce contexte très dur, c'est un, ce que vous venez de dire, il y a une présidentielle qui arrive et qui peut être un moyen finalement d'évacuer cette colère, Et deux, souvent les colères sociales explosent à des moments qui sont plus favorables économiquement plutôt que défavorables comme c'est le cas en ce moment et lorsque le gouvernement fait quelque chose de négatif. Là le problème c'est qu'on reproche au gouvernement de ne pas faire suffisamment pour aider. Les gilets jaunes, il y avait une taxe qui était ajoutée. L'essence coûtait moins cher à l'époque.
Un mot sur la colère dans les lycées à la veille de la mobilisation de demain. Je vous donne ces derniers chiffres livrés par le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, qui parle désormais de violences urbaines, non pas de mobilisation sociale des lycéens. 164 interpellations, 12 policiers blessés et 180 établissements concernés. Et selon Laurent Nunez, c'est Jean-Luc Mélenchon qui incite aux violences. Il y a une passe d'armes désormais entre le gouvernement et la France.
parce que la France Insoumise soit contrôle le mouvement et l'Orient, soit en tout cas veut le récupérer. On a vu Louis Boyard qui s'est précipité dans les premiers lycées qui étaient occupés. Et on voit aujourd'hui Bali Bagayoko, le maire de Saint-Denis. qui est au milieu des lycéens. En
disant que la colère des lycéens est légitime et qu'ils n'ont pas forcément les bons moyens pour apprendre. Bien sûr,
et que les classes sont surchargées et que leurs revendications sont légitimes. C'est les éléments de langage classique quand on veut récupérer un mouvement. Et on sait que la France insoumise aimerait que cette jeunesse, qui lui est relativement favorable, mais se politise... dans cette optique de 2027, parce que l'enjeu, il est là. – La
jeunesse est déjà du côté de Jean-Luc Mélenchon ? – En partie. – En partie. – La jeunesse urbaine. –
Qui est sur le Rassemblement national, mais on peut être favorable à Jean-Luc Mélenchon, mais on sait que les jeunes se déplacent assez peu pour voter le jour du scrutin, donc il faut les politiser. pour pouvoir les emmener jusqu'au jour du scrutin, parce que c'est cette abstention-là dont Jean-Luc Mélenchon pense qu'il fera la différence. Et en plus, ça permet deux autres éléments à Jean-Luc Mélenchon. Un, il se remet au centre du débat. Le gouvernement en fait son interlocuteur lui-même faisant des tweets. Et deux, il choisit un adversaire, le Rassemblement National, parce que, évidemment, c'est l'ordre contre le désordre.
Alors justement, on va faire un petit résumé des échanges. Sébastien Lecornu ce matin sur X, ça se passe sur les réseaux sociaux. Tirs de mortier, incendie, violence aux abords des lycées. Dans ce contexte, les élus de la France insoumise appellent à étendre le mouvement. Cette surenchère est irresponsable. Réponse de Jean-Luc Mélenchon, toujours sur le même réseau social. Le Cornu a ordonné, je cite, la répression, cette férocité est irresponsable avec un arrière-goût raciste évident, pas de touche à nos jeunes, élus et militants assoumis, interposez-vous partout où vous le pouvez.
c'est ça qui honnêtement a piqué au vif, Sébastien Le Cornu, c'est le soupçon de racisme. Parce que dès lors qu'effectivement des forces de l'ordre ont été déployées aux abords des lycées pour éviter que la situation ne dégénère. qu'éventuellement des images d'affrontements un peu musclés entre forces de l'ordre et lycéens ont pu être filmées. Les premiers mots de tous les dirigeants insoumis, Bali Bagayoko, Louis Boyard et bien évidemment Jean-Luc Mélenchon, leur premier réflexe a été de dire « Jamais vous ne vous en prendriez à des enfants des beaux quartiers de cette manière. Ce sont parce que ce sont des enfants racisés de la Nouvelle-France que vous les traitez comme du bétail. » Voilà le sous-jacent, voilà pourquoi Sébastien Lecornu sort un petit peu de seconde de cette manière. Juste d'un mot, les revendications, elles sont très hétérogènes. On entend parler de la contestation de Parcoursup, de lycées, on le sait, notamment en Saint-Saint-Denis, vétustes, de mauvaises conditions de travail, de cours qui ne sont pas assurés. Quel est le rapport simplement entre toutes ces doléances qui peuvent apparaître comme parfaitement légitimes ? portés par ailleurs par des syndicats comme le SNES-FSU, et d'autre part, des tirs de mortiers sur des établissements à Saint-Ouen, ou encore des poubelles brûlées devant lesquelles on voit... Avec une jeune
fille qui a été gréement blessée aux mains et aux visages. Absolument, et devant lesquelles, bien
en moins, on voit sur des vidéos, par exemple, le maire de Saint-Denis, Balégui Bagayoko, communier, danser avec des jeunes devant une poubelle brûlée. Dites que très difficilement le rapport.
Deux petites constatations. D'abord, la puissance de LFI en Ile-de-France, qui rejoint ce que disait Karl Meus, c'est-à-dire qu'aux prochaines sénatoriales, il peut y avoir une vague LFI. Ce qui me frappe aussi, c'est au fond, la contestation se fait devant des établissements qui ont été la plupart du temps assez rénovés, et donc il y a quand même eu des moyens assez massifs investis dans l'éducation nationale en Seine-Saint-Denis. Ce qui peut... Ce qui peut peut-être aider Sébastien Lecornu, c'est d'en faire aussi un affrontement politique et marginaliser le reste de la grogne politique et de la grogne sociale qui est réelle. Au fond, demain, la journée d'action des fonctionnaires qui n'ont pas tellement la cote risque de passer complètement à l'as et qu'elle soit dominée par cette
affrontement. Donc instrumentalisation d'un côté et de l'autre, c'est ça que vous voulez dire, François Spressoz. Peut-être Gaëlle Siman sur ce climat qui concerne la jeunesse. Je disais de manière un peu active tout à l'heure, les jeunes sont du côté de Jean-Luc Mélenchon, c'est plus compliqué que ça, les jeunes urbains.
– Voilà.
sont plutôt derrière Jean-Luc Mélenchon ? Les
jeunes urbains sont très massivement derrière Jean-Luc Mélenchon. Quand ils votent, Karl rappelait qu'il y avait des forts niveaux d'abstention, mais quand ils votent, votent très massivement pour LFI, ces candidats, et aussi pour Jean-Luc Mélenchon. Et plus globalement, les agglomérations, on a une coupure territoriale dans notre pays, les agglomérations votent... banlieue et quartier populaire des grandes villes, massivement Mélenchon, et centre urbain, plutôt pour les macronistes et le centre droit. Et c'est la campagne, le périurbain, qui vote massivement Rassemblement National. Mais vous aviez raison, Caroline, de souligner que, en fait, tout ça peut être aussi une vaste diversion, parce que le cœur du problème qui concerne tous les Français aujourd'hui... C'est la question de la hausse des prix du carburant et l'énorme grogne qui règne là-dessus. Après, tous les autres problèmes peuvent se coaguler et c'est pour ça qu'on ne peut pas savoir quand un mouvement va éclater. On peut savoir que les nuages se sont amoncelés. C'est ce qui se passait au moment des Gilets jaunes. Mais quand et comment un mouvement se déclenche, ça c'est plus difficile à déterminer.
Sur la mobilisation de demain, mobilisation des fonctionnaires contre le gel du point d'indice, est-ce qu'on en sait déjà si elle aura une forte portée, une forte mobilisation ? On entendait tout à l'heure Marie-Lise Déon dire qu'il faut arrêter le fonctionnaire bashing.
ça c'est ce que j'imagine sur le programme de certains candidats, réduire le nombre de fonctionnaires. Oui, on sait qu'a priori sur les transports, notamment les transports parisiens, ça ne devrait pas être trop suivi. L'inquiétude, moi je rejoins ce que dit Gaël Slimane, que le gouvernement devrait avoir, c'est vraiment sur le prix de l'essence. On ne s'en rend pas compte à Paris parce que les gens utilisent peu leurs voitures et tout ça. Pour le coup, juste une anecdote, mais je suis rentré du sud et les gens sont prêts. à faire la queue dans une station-service, en l'occurrence totale, parce qu'elle est à 1,90, mais vous avez une queue qui déborde sur l'autoroute, plutôt que de faire 20 km et d'aller dans une station-service qui est à 20 ou 30 centimes de plus par litre, ce qui en soi n'est pas énorme, mais montre bien que les gens, là, sont vraiment pris à la gorge. Et ça, tant qu'il n'y a pas de réponse, ça peut déboucher sur quelque chose.
Avec le Parisien ce matin qui titre sur une forme d'auto-confinement, avec des gens qui choisissent au fond de rester chez eux, soit de ne plus travailler, soit de ne plus avoir de vie sociale pour ne pas dépenser des carburants dont les prêts atteignent des sommets. En tout cas, ce sont peut-être les images de liesse et de rassemblement, puisqu'on parlait de colère sociale, autour de la venue du pape qui ont décidé Emmanuel Macron à revoir sa position. Le chef de l'État a donc finalement choisi de participer à la messe, à la cathédrale Saint-Etienne de Metz. Pourtant, depuis son arrivée, Léon XIV n'a pas aménagé les choix du chef de l'État en ciblant notamment la loi sur l'aide à mourir. Léo Seux et Aurélie Sanner.
n'était pas prévu initialement. Emmanuel Macron dans l'assistance pour la messe du pape Léon XIV cet après-midi. Un revirement qui trouve peut-être sa source dans ces images de Liès. Une marée humaine, plus de 600 000 personnes réunies sur les Champs-Elysées pour une messe géante samedi. Le président de la République, qui aurait préféré une visite d'État, se contentera, choix du pape, d'une visite apostolique, débutée malgré tout à l'Élysée, avec, passage obligé, un mot sur la laïcité.
la République décida, il y a un peu plus de 120 ans, de la séparation entre l'Église et l'État, elle donna forme à une laïcité française. qui n'est nullement la négation de la religion.
juste laïcité ne consiste donc pas à exclure la religion du espace public ou de l'éducation, mais à travailler pour que l'État et les institutions religieuses dialoguent ensemble.
présence du président à une messe, une ligne de crête vis-à-vis du principe de neutralité de l'État. Emmanuel Macron a donc tranché. Et pourtant, le pape ne l'a pas épargné. Le souverain pontife n'a pas mâché ses mots hier à Lourdes sur une réforme majeure de sa présidence, l'aide à mourir.
est impossible de considérer comme normal de donner la mort. Ce qui est légal n'est pas nécessairement moral. Un
pape éminemment politique, également sur la situation internationale. Avec une conviction, commune cette fois avec Emmanuel Macron, sur la nécessité d'une Europe unie. Discours côte à côte ce matin à Metz.
ici bat le cœur millénaire de l'Europe. Une Europe qui protège, unie et agit. Une Europe... qui doit retrouver le courage de ses fondateurs. Oui, le courage pour devenir la puissance de paix, d'indépendance et de démocratie qu'elle a à être. Le courage pour ne pas céder au repli, à la haine de l'autre, au retour des nationalismes qui divisent.
'hui, les relations humaines entre les États. ce
qui restera comme sa dernière prise de parole publique devant le pape, Emmanuel Macron s'offre l'image d'une poignée de mains appuyée avec le plus haut dignitaire de l'Église catholique.
Nous étions en train déjà de commenter ce reportage. Il y a cette question qui nous est posée ce soir. La décision d'Emmanuel Macron d'assister à la messe ne relève-t-elle pas de l'opportunisme ? L'objectif n'est-il pas de profiter du succès populaire du pape ? Que disent les Français ? C'est une
très bonne question. Une excellente question. Les chiffres des sondages répondent un peu. Ils peuvent donner raison à cette formulation interrogative. On devinait quelle était la réponse. est plébiscité en France comme rarement. On avait son prédécesseur, le pape François, qui a démarré avec des niveaux de popularité très élevés. Notre sondage hebdomadaire a été consacré évidemment à la venue du pape et on voyait qu'il y avait plus de 80% de popularité, y compris chez les Insoumis. C'est-à-dire que quelle personnalité aujourd'hui peut faire plus de 80% de bonnes opinions à la France Insoumise, au Parti Socialiste, à Renaissance et au Rassemblement National et à LR évidemment. C'est exceptionnel. On sait que le pape est très aimé, et dans le sondage, on a testé pas mal d'items d'image, on voit qu'en termes d'image, notamment, il est à rebours de l'image d'Emmanuel Macron. C'est-à-dire que tous les reproches qui sont faits à Emmanuel Macron sont des qualités prêtées au pape. Proche des gens, à l'écoute, sympathique, humain, etc. Et puis il y avait une question qui a été posée sur la décision d'Emmanuel Macron de ne pas assister à la messe, puisque c'était ce qui était prévu normalement. Eh bien figurez-vous que les Français, qui sont très attachés à la laïcité, y compris les catholiques que nous interrogeons dans le sondage, donnaient raison à Emmanuel Macron en se disant « il accueille bien le pape, c'est normal, bon s'il ne veut pas assister à une messe, pourquoi pas ? » Eh bien patatras, justement le point sur lequel les Français, y compris de droite, y compris catholique, donnaient raison à Emmanuel Macron. Il fait l'inverse et il assiste finalement à la messe en se dédisant, ce n'est pas très grave, mais ça montre peut-être une... difficulté à comprendre les ressorts de l'opinion publique pour le président aujourd'hui.
En même temps, il aurait été peut-être le seul à passer à la messe, parce que moi, ce qui m'a frappé dans ces cérémonies, c'est que c'est la première fois qu'on voit une visite papale sous le regard des chaînes d'info en continu. Donc, vous allumez votre télé ou votre radio du service public, vous avez droit à la messe. Et donc, après tout, le président de la République a peut-être raison de vouloir y aller. Il n'aurait pas dû dire qu'il n'irait pas. En
sachant que, et on peut en dire un mot, parce que nous avons parlé de politique ce soir, c'est qu'il y avait beaucoup de représentants, de candidats qui ont assisté à la messe à la Concorde.
Oui, et c'est intéressant que Gabriel Attal, Edouard Philippe, Bruno Rotaillot et bien sûr Marine Le Pen aient éprouvé le besoin de se presser à la messe. Ça dit au fond quelque chose sur Léon XIV qui offre la possibilité à tous les dirigeants politiques de projeter sur lui ce qu'ils ont envie de voir. À gauche, on retiendra plutôt le pacifisme, la nécessité d'une désescalade au Proche-Orient et entre la Russie et l'Ukraine. À droite, on aura peut-être une attention à son propos sur l'intelligence artificielle, quoiqu'il soit plutôt prudent, voire sceptique. En revanche,
on
désapprouvera beaucoup plus sur la fin de vie. Et moi, ça m'a rappelé au fond une chose. Là, par exemple, pour Bruno Retailleau, c'est... la conscience, chez un certain nombre de dirigeants français de confession catholique, de la nécessité de séparer ce qui relève de la foi privée de ce qui relève de la chose publique. C'était valable pour le général de Gaulle lorsqu'il y a eu l'adoption de la contraception. Il a laissé Lucien Neuwirth agir. De la même manière, c'était valable pour Giscard d'Estaing concernant l'interruption volontaire de grossesse, alors même que ça allait à rebours de sa foi. Et pourtant, la loi a été adoptée grâce à Simone Veil. quelque chose d'important qui s'est joué lors de cette messe à Notre-Dame, à mon sens.
Et nous revenons maintenant à vos questions. Question de Charlotte. Marine Le Pen va-t-elle évincer Jordan Bardella ? Alors pour ceux qui nous rejoignent, effectivement, cette question fait référence à des révélations de Mediapart démenties par Jordan Bardella qui annonce qu'il va porter plainte des propos antisémites qui auraient été prononcés par Jordan Bardella au moment de son arrivée à l'époque au Front National. Donc la question va-t-elle évincer Jordan Bardella ? Elle aussi dit, ce serait une dinguerie, c'est le mot qu'elle a. C'est une dinguerie.
Je n'y crois pas, c'est une dinguerie. Donc, elle le défend, mais elle ne dit pas... C'est faux, c'est n'importe quoi. Donc elle est dans le soutien à Jordan Bardella, mais dans la prudence. En tout cas, si elle cherchait un prétexte pour l'évincer, elle en aura un, sachant que l'on dit que depuis qu'elle a décidé d'être candidate à l'élection présidentielle, il y a une partie de ces soutiens qui cherchent à évincer, à mettre sur la touche Jordan Bardella.
Question de Jean-Louis dans les bouches du Rhône. Avec ce premier groupe au Sénat, le RN a-t-il gagné du pouvoir ou de la visibilité ?
deux, mon capitaine. Il y a évidemment de la visibilité, bien que le Sénat ne soit pas la chambre qui soit la plus suivie en France, disons les choses. Mais il y a surtout cette possibilité de faire véritablement travailler la poutre, d'exercer la pression continuellement sur LR. Et on voit combien d'ores et déjà, au sein de LR, il n'y a pas du tout les mêmes sans cloche sur le cordon sanitaire et la nécessité de ne pas avoir des rapports avec le RN.
Patrick, dans Lyon, après cette percée au Sénat, le Rassemblement national va-t-il devoir détailler et argumenter son programme pour la présidentielle ?
c'est la grosse fragilité du RN, puisque dans son gros avantage, l'immense nouveauté que rappelait Françoise il y a un instant, c'est que le RN est favori des seconds tours. On parlait tout à l'heure des premiers tours, mais le grand changement, c'est qu'il est favori de tous les seconds tours depuis très longtemps maintenant. Et à un moment donné, il faut quand même sortir du bois. Vous rappeliez l'un et l'autre tout à l'heure qu'il y a certains aspects d'efforts budgétaires proposés par le RN dans son programme. qui semble assez miraculeux. –
Ça veut dire qu'il y aura une nouvelle exigence des Français, vous pensez d'une manière générale, parce qu'ils sont en capacité de présider et de gouverner la France.
– Tout à fait, il y aura double difficulté, c'est un, une exigence plus forte des Français, en disant, c'est eux qu'on va voir au pouvoir demain, donc on aimerait vraiment savoir ce qu'ils nous proposent, et puis une deuxième exigence que vous avez rappelée les uns et les autres aussi, qui est qu'à un moment donné, les camps d'en face vont finir par arrêter de s'entre-dévorer, et quelqu'un émergera à gauche, quelqu'un émergera au centre, Et ça deviendra plus compliqué pour le RN à ce moment-là. Avec toute la
difficulté pour le camp d'en face, comme vous dites, de ne pas devoir assumer le bilan. C'est ce que dit Marine Le Pen. C'est la grosse difficulté. On a vu ce qu'avait fait le Mozart de la finance. C'est là son argument de la présidentielle.
2027, c'est une élection de rupture. Le président de la République ne peut pas se représenter. On est un peu comme dans l'équivalent de 2007. Vous avez des candidats qui disent ce qui a été fait avant, ça ne va pas. Moi, j'incarne la rupture. Et donc le problème du bloc central, c'est que vous avez les deux candidats potentiels qui veulent incarner une rupture, mais qui... sont en réalité qui ont été tous les deux premiers ministres d'Emmanuel Macron.
On peut dire maintenant que le Rassemblement National est devenu un vrai parti système, non
C'est très compliqué parce qu'au fond, elle doit jouer sur la volonté de rupture et elle doit consolider son électorat qui vraiment dit « ils ont tous échoué, nous maintenant on veut renverser la table ». Et elle doit en même temps être sérieuse, notamment parce qu'il y a cette situation financière qui est quand même très forte et qui va rattraper tous les candidats, quelle que soit leur étiquette politique. On a un endettement record, on a des taux d'intérêt qui augmentent et on a de la pression des marchés financiers qui peuvent décider à un moment de nous laisser tomber et de dire « bon bah ». Voilà, vous avez fait n'importe quoi et maintenant, débrouillez-vous.
Question de Daniel dans le Tarn. Duel entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, y a-t-il encore de la place pour les modérer en France ? Oui,
parce que, encore une fois, en réalité, dans les intentions de vote au premier tour, si on prend les dernières, pas la toute dernière, mais les dernières ces dernières semaines, on a quand même plus souvent Edouard Philippe qui se qualifie plutôt que Jean-Luc Mélenchon. La nouveauté, c'est que Jean-Luc Mélenchon le talonne. Et puis, deuxièmement, quand vous regardez les seconds tours... qui ne sont pas des prévisions, mais qui nous disent ce qui se passerait si ça avait lieu dimanche prochain. Quand vous regardez les second tours, Jean-Luc Mélenchon est pulvérisé par quelques candidats que ce soit, alors que l'écart est moins net lorsque le candidat face à Marine Le Pen s'appelle Edouard Philippe. Il est encore en situation
de l'emporter dans les enquêtes d'opinion au second tour face à Marine Le Pen, Edouard Philippe ? Edouard
Philippe, il est derrière, mais il n'est pas à lointaine distance.
Entrons-nous dans un automne de colère sociale ?
n'est pas impossible du tout, si ce n'est qu'il y a l'exutoire, encore une fois, d'avril prochain. Et donc, si le couvercle de la marmite ne saute pas, il est bien possible que la colère se déverse dans les urnes.
Et une dernière question. Tout augmente la température, le prix de l'essence, celui de mon journal, mais pas l'indice des fonctionnaires. Question qui fait écho à cette mobilisation demain. Merci à tous les quatre. C'est la fin de cette émission. Il est l'heure de retrouver Anne-Elisabeth Lemoyne.
Bonsoir Anne-Elisabeth. Bonsoir Caroline. Au programme ce soir, Gisèle Pellicot, ambassadrice d'une campagne de sensibilité.
Très bonne émission à vous. On se retrouve demain en direct dès 17h25 pour un nouveau C'est dans l'air. Belle soirée.
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