Chargement...
Chargement...
Les affirmations chiffrées ou factuelles des personnalités identifiées sont confrontées aux sources officielles, aux fact-checkeurs et à la presse de référence. Vérification automatique : consultez les sources.
Audrey.
Bonjour.
Et bonjour Clémence Guettet. Bonjour. Merci d'être avec nous. Le gouvernement a donc dévoilé hier les mesures censées répondre à la colère des lycéens et des étudiants. La plus emblématique c'est sans doute la réforme puis le remplacement promis pour 2028 de la plateforme d'accès à l'enseignement supérieur Parcoursup. Est-ce que vous saluez cette décision
non, pas du tout. Je reprends les termes des organisations lycéennes. Quand elles sont sorties de ce rendez-vous, elles ont dit leur déception. Certaines ont dit aussi
que ça allait dans le bon sens.
Oui, les organisations lycéennes, notamment représentées par des proches des macronistes, ont dit que ça allait dans le bon sens. Mais les organisations qui se mobilisent principalement dans la rue... Ça ne les
disqualifie pas en soi d'être proches des macronistes. D'accord, mais quand vous êtes
macroniste, vous êtes plutôt satisfait du gouvernement. A priori, il en reste quelques-uns dans ce pays, c'est très rare, mais ça arrive. Est-il, si vous allez me laisser terminer ma réponse, que non, ce n'est pas une bonne nouvelle ? Parce qu'en fait, ça revient à un changement de nom de parcours sup. Le ministre a annoncé en gros que c'était un processus de sélection injuste. Et en ça, il a raison. Les lycéens dénoncent la façon dont ça opère un tri social dans le pays. Et ils nous proposent grosso modo un groupe de travail et de rendre transparents les critères injustes de sélection. Mais les critères injustes, ils les connaissent, les lycéens. Ils veulent qu'ils soient supprimés.
dans l'enseignement supérieur, rendre plus transparent en effet les critères et expliquer les éventuels refus. Qui sont déjà connus.
C'est-à-dire que quand vous venez dans un établissement qui a été mal noté, vous avez moins de chance d'avoir accès à une bonne filière après.
Ensuite, il y aura d'abord un débat sans vote organisé par le gouvernement demain à l'Assemblée nationale au cours duquel vous allez pouvoir faire valoir votre point de vue. Et ensuite, des groupes de travail pour construire un nouveau système. Pourquoi vous dites déjà que ça ne servira à rien ? Demain,
nous les parlementaires qui avons des propositions alternatives à faire valoir. et sur lequel le gouvernement dit vouloir nous entendre, nous allons juste blablater pendant quelques heures sans voter. C'est un problème. Le gouvernement pourrait faire un 50-1, c'est donc cette forme de débat, mais avec un vote, c'est-à-dire demander aux groupes parlementaires s'ils sont satisfaits ou non de Parcoursup et est-ce qu'on peut l'abroger dès maintenant. Et donc on ne va pas voter et ensuite le ministre demande un groupe de travail et nous verrons bien ce que ça va donner. Mais avant même que vous ayez
discuté, travaillé, vous dites que ça ne servira pas. Je dis
que c'est de l'arnaque en suivant ce que les lycéens et lycéennes qui ont participé à ces rendez-vous disent elles et eux-mêmes. Parce que là, on s'est arrêté sur Parcoursup. Il y a aussi la question des places dans les universités. 15 000 places. Les lycéens et lycéennes en demandent 250 000 places. Vous voyez bien que le calcul n'est pas bon. La revalorisation des bourses, ils ont perdu 3 000 euros de pouvoir d'achat en 10 ans. Là, on nous annonce que ça va suivre l'inflation. C'est parfaitement insuffisant. Rien sur la démocratie lycéenne, rien sur la... répression du mouvement lycéen. Bref, ce sont des mesures qui sont totalement insuffisantes et par ailleurs qui arrivent extrêmement tard puisque ces mesures insuffisantes arrivent après un mois, un mois et demi de pourrissement de la situation. Réponds
juste sur Parcoursup puisque Audrey, et pardon de vous couper, Audrey disait... Par quoi vous voulez remplacer Parcoursup ? Il y en a un qui continue de défendre cette réforme puisque c'est la sienne. C'est le premier ministre de l'éducation nationale d'Emmanuel Macron, Jean-Michel Blanquer.
Un des premiers ministres.
Qui a été en tout cas ministre de l'éducation nationale pendant tout le premier quinquennat Macron 2017-2022. Il était avec nous sur France Info ce matin. Il a eu un mot notamment sur la position de LFI et de Jean-Luc Mélenchon sur Parcoursup. Écoutez-le, écoutez-le.
Quand Jean-Luc Mélenchon dit « Ah, ce qu'il faudrait, c'est revenir au bon système que j'avais quand j'avais 20 ans », qu'on comprenne que c'est complètement fou. C'est-à-dire qu'imaginez qu'on dise oui à tout le monde. Tout le monde irait dans peut-être une ou deux universités parce que c'est celle qui attire tout le monde. On aurait la moitié de la France à Paris. On assècherait certaines universités. On ferait la queue pendant des heures. Enfin, que l'on essaye de se figurer ce que serait la suite logique des préconisations qui sont faites par l'extrême gauche et par l'extrême droite.
Alors qu'est-ce que vous lui répondez Clémence Guettet ? Vous voulez supprimer toute sélection ? On s'inscrit où ? D
'abord, je trouve que M. Blanquer fait preuve quand même de beaucoup d'audace de venir donner des leçons alors qu'il est un des principaux artisans de la destruction de l'enseignement supérieur et de la recherche. Je rappelle que rien que dans les deux dernières années, c'était pas M. Blanquer, mais les chiffres sont à peu près équivalents, c'est l'équivalent de 50 000 places dans les universités qui ont été fermées. C'est-à-dire l'équivalent de deux petites universités, on va dire, qui ne seraient pas apportées. Paris en nombre de places. Ce qu'on veut savoir, c'est ce que vous vous proposez. Le problème principal, c'est le nombre de places dans les filières que les étudiants souhaitent pouvoir suivre. Il ne s'agit pas de mettre tout le monde dans les universités parisiennes. Ce serait délirant de penser qu'il n'y a pas une réalité matérielle, le nombre de places, les locaux, etc. qui vient forcément contraindre ces choix. Donc il y a un moment, il faut dire non à certaines... Il faut 250 000 places en plus. Il faut rénover les universités et en construire. Alors il y a une étude qui a montré que ce serait 5 milliards dès l'année prochaine pour le bâti scolaire et pour la construction et la rénovation. Parce que je rappelle qu'il y a quand même des locaux qui sont dans des états pitoyables. Je pense par exemple au campus Pyramide à Créteil dans ma circonscription. Il y a des plafonds qui s'effondrent. Vraiment, j'invite tout le monde à aller faire des tours dans les lycées et dans les universités pour voir... dans quelles conditions absolument déplorables on demande aux jeunes d'étudier dans ce pays. Donc il faut davantage de place. Et vous savez quoi ? Le nerf de la guerre, c'est comme d'habitude, ce sont les moyens. Là, le gouvernement, dans les annonces qu'il fait, le budget, il n'est pas à la hauteur des revendications des lycéens, des lycéennes et des étudiants. Et nous, dans le budget, on a justement déposé 10 amendements qui correspondent aux 10 revendications sur 10 mesures.fr, vous savez, des lycéens, lycéennes, qui correspondent à 10 milliards. Voilà, c'est des chiffres faciles à comprendre que normalement le gouvernement devrait réussir à... Et vous savez quoi ? Ça correspond à la réinstauration de l'ISF. Donc c'est toujours pareil, de l'argent il y en a dans ce pays, il suffit d'aller le chercher.
Le ministre de l'éducation de l'enseignement supérieur dit il y a quelques minutes que les cours doivent reprendre dès lundi dans les lycées et les universités pour ce qui le concerne. Vous, on a bien compris que vous soutenez Clémence Guettet, la suite du mouvement de la jeunesse et vous dites que les annonces ne sont pas à la hauteur. Mais est-ce que ce n'est pas tromper aussi en quelque sorte la jeunesse que de leur faire croire que toute leur... revendications pourront être satisfaites. Vous savez que jamais toutes les revendications sont satisfaites. Entre toutes leurs
revendications et aucune qui... Il n'y a rien dans ce cas. Non, il n'y a rien. 15 000 places en plus quand on en demande 250 000. Un prêt de
4 milliards aux régions sur la rénovation des collèges et des lycées, un milliard pour la rénovation des universitaires. Des prêts et un
milliard très concret en 5 ans. Vous êtes d'accord avec moi ? Donc ça ne fait pas un milliard chaque année. Il faudrait 5 milliards chaque année. Donc ce n'est pas à la hauteur de ce qui est demandé, de ce qui est attendu. Je déplore que la seule stratégie du gouvernement, ça a été de répondre par le pourrissement, on ne répond pas aux revendications, la diabolisation de la France insoumise et la répression. Je vous le dis, c'est un triple échec. Aujourd'hui, les revendications et la contestation, elles s'élargissent. La diabolisation de la France insoumise, ça n'a pas fonctionné. Et nous avons encore plus de soutien dans cette... mobilisation que c'était le cas avant. Quant à la répression, le pays entier est choqué par les images de violences policières. Donc c'est un triple échec du gouvernement qui doit là revoir sa copie très largement.
Clémence Guettet, alors la colère sociale, ce sont les lycéens, ce sont aussi tous ces Français qui réclament des mesures pour leur pouvoir d'achat. Et il y en a un qui s'étonne de la mobilisation, de l'ampleur de la mobilisation sociale à six mois des élections. C'est Emmanuel Macron, hier, lors d'un déplacement à Marseille.
'est pas normal qu'à 6 mois d'une élection présidentielle, notre pays soit dans cet état d'ébullition. Il y a des gens qui se réjouissent du désordre, moi non. Donc plus jamais le 17 octobre. Le 24 octobre est un modèle, on a tenu et c'est ce qu'on continuera de faire.
Alors Clémence Guettet, vous le prenez pour vous ? Vous vous réjouissez du désordre ? Comme dit Emmanuel Macron. Je
trouve qu'il est d'une arrogance folle à laquelle il nous a habitués, mais ce qui est toujours étonnant à redécouvrir, je rappelle que c'est son bilan qui met le pays dans un état d'ébullition pareil. 10 millions de personnes pauvres, plus 2 millions sous la Macronie, plus de 1000 milliards de dettes supplémentaires, la consommation populaire qui est à l'arrêt, les salaires qui stagnent, le point d'indice des fonctionnaires qui n'a pas été renouvelé, des Français qui se privent de repas, qui se privent de soins, qui se privent de déplacements parce que le carburant est encore envolé. alors qu'on pourrait bloquer les prix et les marges comme nous l'avons proposé. Donc c'est son bilan, c'est son résultat qu'il commente là. Et sur vous, votre
rôle ? Notre rôle d'opposition
politique, c'est de nous opposer à la politique menée par le gouvernement qui a été absolument désastreuse, qui après 10 ans est désormais factuelle. Ce n'est pas un ressenti de la population française que de dire que leurs conditions de vie, puisque vous m'interrogez sur le pouvoir d'achat, c'est dégradé, c'est très largement dégradé. Donc oui, il faut revaloriser les salaires, c'est d'ailleurs pour ça que le 5 novembre... Vous le savez, il y a une mobilisation de l'interprofessionnel, donc les syndicats de salariés cette fois-ci, qui est appelée avec la CGT notamment, qui a appelé à la grève générale ce jour-là et les suivants. Parce que nous sommes dans une situation d'urgence
sociale terrible. Cette crise sociale, Clémence Guettet, vous qui représentez la France Insoumise, vous portez le programme de Jean-Luc Mélenchon, est-ce que quelque part ça n'est pas du carburant électoral pour vous qui va possiblement se traduire par ? des voix en faveur de votre candidat. Je
n'ai pas cette forme de cynisme. Je ne peux pas me réjouir de la situation sociale dans laquelle sont les Français aujourd'hui. Ce que je déplore, c'est que nous, nous avons... Il y a aucune arrière-pensée
électorale pour vous, dans cette séquence à six mois des élections ? Mais enfin,
madame, vous vous rendez bien compte que n'importe quelle force politique devrait avoir à cœur de répondre au fait que des gens se privent de repas, se privent de chauffage, alors même que là, le gaz va à nouveau augmenter de 6%. Vous vous rendez bien compte qu'on ne peut pas avoir cette forme-là de cynisme, qui sans doute est celle de la Macron. et la façon dont elle lit la situation. Moi ce que je leur dis c'est de regarder leur bilan en face et de faire des choix budgétaires qui sont différents. Parce que là dans le budget qu'on nous annonce c'est encore 54 milliards de coupes. Nous allons le rejeter d'ailleurs en cette fin de semaine, la première partie, c'est-à-dire celle où on trouve des recettes supplémentaires pour le pays. Nous allons la rejeter à l'Assemblée nationale. Votre mesure d'urgence sur le
pouvoir d'achat à prendre dès demain. Votre mesure d'urgence sur le pouvoir d'achat. L
'augmentation du SMIC, le SMIC à 1700 euros. Ce sont les plus petits salaires qui ensuite tirent tous les autres salaires.
Une réindexation, en tout cas une indexation, c'est-à-dire l'augmentation du SMIC autant que l'inflation, l'augmentation des prix.
gain de pouvoir d'achat.
Donc d'habitude c'est le 1er janvier, elle serait avancée et peut-être un coup de pouce envisagé par le gouvernement.
Juste pour décrypter ce que vous venez de dire, la revalorisation sur l'inflation ça veut dire pas de gain de pouvoir d'achat pour les gens. Avec peut-être un coup de pouce en plus, est-ce que ce serait une bonne nouvelle ? Un peu moins de pertes, mais tout est bon à prendre, mais je vous le dis c'est pas suffisant. Et par ailleurs ils l'envisagent, ils racontent des trucs, ça n'est pas prévu dans le budget. Donc moi ce que je vous dis c'est que c'est très concret, ils n'ont pas l'intention de le faire. Donc on se mobilisera, il y aura vraisemblablement la suite de la mobilisation lycéenne avec les syndicats de salariés. ce samedi, le 31 octobre. Et ensuite, le 5, la grève générale demandée par les syndicats. Et vraiment, nous attendons des réponses qui soient plus concrètes que des groupes de travail, des numéros verts et le grand blabla habituel de la Macronie. Simplement
pour revenir à ce que disait Emmanuel Macron, qui disait que vous profiteriez du désordre. Il y a les accusations du gouvernement qui dit que vous manipulez le mouvement. Puis il y a les déclarations de certains de vos responsables, le maire de Saint-Denis, Balibagayoko. La violence peut être légitime, mais chaque fois... on peut l'éviter, c'est mieux. Jean-Luc Mélenchon, votre candidat, quand on lui demande s'il reprend à son compte le slogan « A cab, all cops are bastards, tous les flics sont des bâtards », ça dépend des jours et des heures. Vous n'avez jamais eu aucune ambiguïté sur la question de la violence ?
Non, écoutez, comme mes camarades, je fais des plateaux. Je pense que les gens ne sont plus dupes du fait qu'on nous interroge sans cesse. Ce cadrage médiatique qui a été fait sur le mouvement social est absolument déplorable. C'est pas légitime qu'on vous interroge sur ces déclarations. Et vous en portez d'ailleurs une responsabilité. C'est important parce que 70... 78% du traitement médiatique de la mobilisation porte sur la question des violences. Concernant France Info, vous avez les chiffres ? Concernant
France Info, vous avez les chiffres ?
Ah François Info, je ne sais pas, mais à mon avis vous êtes à peu près comme les autres. Je ne crois pas. Ah bon ? Quels sont les chiffres alors M. Lebar ?
Je suis à l'antenne trois heures par jour. J
'imagine que vous n'avez parlé quasiment que du fond du sujet et des revendications. On a très largement entendu les revendications. Comme à votre habitude, mais je suis ravie de venir aujourd'hui pour que nous puissions en discuter très largement. Vous m'interrogez malgré tout sur la question des violences. Nous l'avons dit, ce ne sont pas nos méthodes, nous les condamnons. Jean-Luc Mélenchon a fait je crois plus d'une dizaine de déclarations pour dire que nous voulions des mobilisations pacifistes, non violentes. Et y compris parce que, je vous le dis, celles et ceux qui en subissent les conséquences dans leur chair, ce sont toutes les personnes qui ont été mutilées et blessées depuis le début des mobilisations lycéennes. Et encore ce week-end, puisque le 24 octobre est un exemple pour le président de la République, est-ce qu'une main arrachée par un tir de grenade qui a été réalisé par des policiers, c'est un exemple. Je ne le crois pas. Il faut en arrêter avec les armes de guerre, l'utilisation des armes de guerre, la répression des mobilisations de cette façon-là. Moi je vous le dis, je suis allée dans les mobilisations. Parfois, on y va en ayant peur. Ça n'est pas normal. Le droit de manifester, c'est un droit qui est inscrit dans la Constitution.
Et les lycéens vont demander dès jeudi au ministre de l'Intérieur qui va aller recevoir l'interdiction des armes dites intermédiaires dans la mobilisation lycéenne. Et ça, on l'a entendu sur France Info. Oui, parce que ce serait la
moindre des choses que des jeunes ne risquent pas de perdre. La moitié de la mâchoire, un oeil, une main. Je veux dire, c'est délirant. Ce sont des enfants.
Clémence Guettet, députée LFI, vice-présidente de l'Assemblée nationale. Merci d'être avec nous dans le 830 France Info. On vous retrouve juste après l'info en une minute. Nous sommes
toujours avec Clémence Guettet, députée de la France Insoumise. Après l'attentat de Trappes, Jean-Luc Mélenchon a pris la parole hier soir. Il appelle à ne pas pardonner ou regarder ailleurs. Et il dit que dans la Nouvelle France, le concept qu'il décline dans son programme, le racisme sera systématiquement pourchassé. Est-ce que vous pouvez nous expliquer ce qu'il y a derrière la tête ?
'abord et avant toute chose, permettez-moi quand même d'avoir un mot pour Pengo Bossio Wangui, qui est le jeune homme de 26 ans, qui a été tué à Trappes. Un mot en son hommage, un mot évidemment de soutien à sa famille. Et puis un mot aussi pour toutes les familles des personnes qui aujourd'hui encore sont hospitalisées. Je pense à Ramatou qui est une petite fille qui a reçu 8 balles à peu près partout dans le corps. à la violence extrême qui s'est abattue là-bas et à la peur que peuvent ressentir les habitants de Trappes, qui est évidente puisque c'est un attentat terroriste à caractère raciste. Et islamophobe, puisque le tueur qui a été arrêté depuis, le terroriste, disait explicitement vouloir venger les commerçants du 17 octobre en ciblant des personnes noires et arabes. Il nie désormais,
je précise juste, en garde à vue, il nie désormais le caractère raciste de son acte.
Oui, mais qui est avéré par ses déclarations, par le fait qu'il était très idéologisé à l'ultra droite. Il disait Mein Kampf, a priori, cet ouvrage-là a été... retrouvé chez lui. Et puis, le parquet antiterroriste, tout simplement, s'en est saisi pour décrire ma caractère raciste. Revenons sur les propos de Jean-Luc Mélenchon. Ne pas pardonner, punir, qu'est-ce qu'il veut dire ? D'abord, beaucoup d'émotions. Ensuite, dire qu'il y a une responsabilité aussi à ce contexte, qui est celle du climat médiatique et de toutes les déclarations qui ont pu être faites par des responsables politiques d'extrême droite, notamment depuis le 17 octobre, mais en réalité, bien avant. Je rappelle que c'est M. Bardella qui ciblait lui-même la ville. de Trappes en disant que c'était une république islamiste en miniature, la ville des djihadistes, vous connaissez ces déclarations, mais qui ont fait peur aux habitants de Trappes évidemment.
Et après on va revenir sur les propos de Jean-Luc Mélenchon, mais puisque vous en parlez, on était hier avec le député RN, Thomas Ménager, ici même, il était à votre place, et il disait, je résume son propos, il faut condamner le racisme, mais cela ne doit pas empêcher de nommer les choses, les départs pour le djihad, l'islamisme, le communautarisme. Qu'est-ce que vous lui répondez ?
Je trouve que c'est indécent. Je trouve que c'est indécent après que... Alors même qu'on parle de gens qui sont hospitalisés et d'un jeune homme de 26 ans qui a été tué parce que noir. Donc je trouve qu'il devrait pouvoir garder un minimum de décence. Mais je ne suis pas étonnée parce que l'extrême droite est en roue libre en réalité sur la ville de Trappes mais sur d'autres endroits avec des quartiers populaires dont la circonscription que je représente. Donc je me sens concernée au même titre que les gens avec qui j'habite. et qui habitent autour de moi et qui ont peur de sortir dans la rue. Je trouve que c'est absolument inacceptable. Vous avez publié
un tweet où vous pointez les responsables, ceux qui ont armé, encouragé cette haine meurtrière et qui sont pour vous, je cite, les politiciens racistes de la Macronie à l'extrême droite. Vous mettez tout le monde dans le même... Je
dénonce dans ce tweet un processus qui s'appelle l'extrême-droitisation dans notre société. Nous avons M. Bardella qui a fait ses déclarations sur trappe, M. Zemmour qui, le 18 et le 20 octobre, sur différentes anthèmes, déclarait que c'était des hordes de barbares, des hordes arabo-musulmanes qui avaient pillé les commerces. Donc ça, ce sont des propos racistes qui ciblent des gens, qui instaurent un climat raciste dans lequel les choses se disent. Les choses peuvent être dites sur les antennes. Monsieur Zemmour a parlé du grand remplacement. Théorie qui n'existe pas, complotiste, raciste, islamophobe, que la ministre Madame Berger a déclaré pouvant être légitimement discutée. Y compris d'autres macronistes lui ont répondu que c'était scandaleux parce que c'était raciste, etc. Elle a dit pour être
tout à fait précis qu'on ne pouvait pas être placé en garde à vue aujourd'hui. Non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non. Elle n'a pas dit ça.
Elle a dit qu'on pouvait... en discuter. On ne peut pas discuter de théories racistes, complotistes, antisémites, islamophobes, tout ce que vous voulez. On ne peut pas placer ça comme un sujet de discussion. Et par ailleurs, vous m'avez interrogé sur les macronistes, Madame. Monsieur le Président de la République, Macron lui-même, quand il disait « il y a trop de mamadou dans les hôpitaux », c'est une déclaration raciste. Toute la Macronie, jusqu'à Monsieur Bruno Retailleau, ancien ministre de l'Intérieur, du gouvernement macroniste, qui fait des déclarations pour dire « abat le voile ». les dirigeants qui ont une complaisance plus ou moins ouverte avec ces propos racistes, islamophobes, antisémites, sont responsables du climat dans lequel vivent, notamment les habitants de Trappes, qui aujourd'hui encore ont peur.
Et donc, puisqu'on vous a posé deux fois la question, que veut dire Jean-Luc Mélenchon sur la lutte contre le... Comment elle mutera contre le racisme si Jean-Luc Mélenchon et le pouvoir ?
Qu'on sera implacable et que cette lutte contre ce type de propos sera implacable. à câble quand nous aurons gagné l'élection présidentielle en 2027. Notamment, on propose par exemple une mesure, je pense qu'il y en aurait plein, mais nous disons qu'il faut des moyens pour sanctionner évidemment, mais aussi pour prévenir, pour éduquer, pour voir dans toutes les sphères, parce que ça peut être de la discrimination ou du racisme dans la sphère professionnelle, dans l'accès au logement, dans plein de pans. Nous disons par exemple qu'il faut un véritable plan avec des moyens qui soient à coller. Nous proposons, nous, un plan d'un milliard pour répondre à cette question. Parce que comme... d'autres formes de discrimination, il faut y allouer des professionnels qui soient formés dans absolument tous les domaines. Aujourd'hui, la Macronie ne fait rien, fait du blabla, fait des déclarations indécentes, et donc voilà, nous disons que, et nous le redirons aujourd'hui pendant la question au gouvernement, que oui, il y a une responsabilité dans la libération de la parole raciste à laquelle on a pu assister, qui aboutit à des conséquences telles que cette attaque meurtrière. Il faut
les poser noir sur blanc, ces responsabilités ? Une commission d'enquête parlementaire par exemple ?
Exactement. Alors moi j'ai déposé, je dépose aujourd'hui plus précisément une commission d'enquête parlementaire. En fait je la redépose parce que malheureusement la mort de ce jeune homme n'est pas la première, n'est pas le premier crime dans les dernières années, notamment sous la Macronie à caractère raciste directement. Il y avait eu, vous le savez, des ratonnades dans la Creuse. Il y a eu d'autres morts qui sont citées dans cette commission d'enquête que nous rappelons factuellement. parce que ces agressions, elles augmentent et parfois elles aboutissent à des meurtres. Donc je dépose une demande de commission d'enquête pour établir les responsabilités. Juste une précision, cette commission
d'enquête, vous la faites sur votre droit de tirage, elle est finie, c'est-à-dire elle va avoir lieu ou ça fait partie des multiples commissions d'enquête que vous appelez tous les mois ? Je
pense qu'il y a besoin de commission d'enquête sur de nombreux sujets, oui, malheureusement. Mais est-ce que vous ne le savez peut-être pas d'ailleurs ? Mais la dernière année de mandat, puisque l'année est plus courte du fait de l'élection présidentielle, il n'y aura pas de droit de tirage pour les groupes. Donc j'appelle la présidente de l'Assemblée nationale et les autres groupes parlementaires. Je crois que ça peut intéresser tout le monde que nous traitions enfin ce sujet à la hauteur.
Clémence Guettet, certains vous disent que pour lutter contre les racismes, il faut être irréprochable sur tous les racismes. 10 mois de prison avec sursis et 2 années d'inéligibilité ont été requis contre votre collègue députée européenne Rima Hassan, qui avait cité sur X un terroriste japonais, militant de la cause palestinienne, et auteur d'un attentat qui a fait 26 morts en 72. à l'aéroport de Tel Aviv. Vous pensez, ou pas, Clémence Guettet, comme Jean-Luc Mélenchon, que la Macronie, sont ses mots, a cédé aux demandes de Benyamin Netanyahou
d'abord, je pense que la transition que vous faites entre le sujet que nous venons d'évoquer et celui-ci est parfaitement immonde, donc je veux vous le dire très franchement.
Pourquoi ? C'est pas un racisme comme les autres, l'antisémitisme ? Nous
venons de parler... Du meurtre raciste d'un jeune homme, de gens qui sont entre la vie et la mort, par un homme. qui est toujours d'extrême droite, d'ultra droite, ce qui l'a conduit à avoir des crimes racistes. Et là, vous me parlez d'un tweet de Rima Hassan. On parle d'apologie du terrorisme, c'est une
accusation grave et il y a des réquisitions lourdes. Des
réquisitions, comme vous le dites. Non, non, on ne va pas zapper la question comme ça. Elle demande un éclaircissement de ma part. Rima Hassan est ciblée par plus d'une dizaine de procédures. judiciaire. L'ONU même, 5 rapporteurs de l'ONU, ont dit que le harcèlement judiciaire à l'encontre de Rima Hassan, parce qu'elle défend les voix des palestiniens, des palestiniennes, parce qu'elle dénonce sans relâche le génocide qui a cours à Gaza, la colonisation en Cisjordanie. Et donc quoi c'est Benyamin Netanyahou qui est derrière tout cela ? J'y arrive monsieur, ne vous inquiétez pas. Il nous reste quelques secondes, je suis désolé. Mais oui, mais je m'en fiche, je vous posais des questions outrancières, je vais prendre le temps d'y répondre. Donc Rima Hassan subit une forme de harcèlement judiciaire qui a été donc dénoncé. par l'ONU, jusqu'à l'ONU. Et donc aujourd'hui, il y a des réquisitions que nous avons dénoncées parce qu'évidemment, elles sont sans proportion gardées pour ce qui lui est reproché. La justice va suivre son cours. Elle, elle va continuer de se défendre. Et je vous le dis, je réaffirme mon soutien plein et entier à Rima Hassan pour le courage et la détermination dont elle fait preuve.
Clémence Guettet, députée La France Assoumise, vice-présidente de l'Assemblée Nationale. Merci d'avoir été avec nous ce matin. Merci Audrey. Merci. Et bonne journée à vous, à demain.
Transcription automatique (Whisper + diarisation) — des erreurs d'attribution ou de transcription sont possibles. Vérifiez toujours avec la vidéo source horodatée.