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Les lycéennes et les lycéens manifestent, le gouvernement interdit rassemblement et parcours. Les travailleuses et travailleurs manifestent. Le gouvernement leur envoie gaz lacrymogènes et grenades encerclantes. La jeunesse revendique le droit à une éducation digne. Le gouvernement défend la loi dite casseur-payeur. Pour reprendre les mots de l'un de vos prédécesseurs, monsieur le ministre, quelle indignité ! Nous n'aurons de cesse de le rappeler. Aux côtés des organisations syndicales et des jeunes, une mobilisation sociale. appelle une réponse sociale. Les syndicats étudiants et lycéens ont formulé 10 revendications. Rénovation d'urgence des bâtiments scolaires, embauche massive des personnels, réforme des rythmes, suppression de la sélection par parcours sup. Elle représenterait 10 milliards d'euros, à peine la moitié de ce que l'Etat pourrait récupérer avec la taxe Zuckmann. Quand le gouvernement annoncera-t-il enfin un plan de sortie crédible ? Et ce ne sont pas les annonces d'hier qui répondent sérieusement. La sortie de crise imaginée en urgence, devrais-je dire en trompe-l'œil, ce projet de loi casseur-payeur, ou plutôt non casseur-payeur, ou comment rejeter la responsabilité de la faillite du maintien de l'ordre sur les manifestants. Depuis le 17 octobre, le pays est entré dans une crise sociale avec 800 000 manifestants pacifiques dans la rue, politiques, avec un gouvernement aux abonnés absents et la remise de votre démission, monsieur le ministre, et sécuritaire avec la déstabilisation de l'ordre public dans nos villes par des casseurs et des pilleurs, mais aussi avec de nombreux blessés à la clé. Voilà le cadre dans lequel nous débattons de ce projet de loi qui nécessairement nous conduit à interroger non seulement son principe, mais aussi la politique de maintien de l'ordre public dans notre pays. A ce titre, permettez-moi tout d'abord d'adresser mon soutien aux policiers, gendarmes, pompiers qui partout en France sont mobilisés depuis une semaine, ainsi qu'aux maires. commerçants et riverains qui font face à des violences inacceptables. La mairie de Limoges incendiée, celle de Marseille et du 10e arrondissement de Paris attaquée, comme les commissariats et police municipales, comme l'Office de tourisme de Lyon. 3 000 commerces pillés, les 10e et 11e arrondissements de Paris saccagés comme son centre et comme Marseille, le groupe écologiste condamne fermement ces dégradations et toutes les violences. Mais comment expliquer que dans ces quartiers, la police ait été aussi peu présente les 17 et 18 octobre ? Que les commerçants soient appelés à défendre eux-mêmes leurs magasins ? Que les maires des arrondissements de Paris soient invités à garder leur mairie ? que les jeunes enfin aient perdu un œil ou une main. Quelle étrange politique sécuritaire où la police est débordée face aux pilleurs quand la tenue des manifestations pacifiques est menacée, tantôt par un encadrement insuffisant, tantôt par des exactions qui entraînent des mutilations et des morts comme à Paris, Mulhouse et Saint-Etienne, tantôt par des interdictions disproportionnées. Le haut commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, la Commission européenne et la Ligue des droits de l'homme appellent la France à garantir le droit de manifester. A cela, le gouvernement répond par ce projet qui brouille la responsabilité entre casseurs et manifestants. Il suffirait à une personne participant à un regroupement, c'est-à-dire à une manifestation, d'être présente sur les lieux où ont été commis des violences, qu'elle en soit ou non responsable, pour être astreinte à la réparation de ces dégradations. Développement de la surveillance par drone, expulsion des auteurs de violences étrangers, bannissement numérique des réseaux sociaux, aggravation des peines, suspension des allocations familiales, APL et RSA. Pour finir, interdiction des réseaux sociaux. L'extension disproportionnée de la solidarité de la responsabilité civile des casseurs à toute personne présente dans un attroupement, outre son risque d'inconstitutionnalité, la menace. Et comment ne pas conclure ? Quand on constate que des forces de sécurité privées ont procédé aux côtés d'un seul policier à des interpellations dans le quartier des Halles à Paris. Quand le gouvernement reprend une mesure défendue par Madame Le Pen et mise en place par Victor Orban en Hongrie. Le président de la République défend l'interdiction systématique des manifestations qui ne seraient pas déclarées par les syndicats. Parce que nous partageons, malgré nos divergences politiques, un attachement viscéral à la République. Le groupe écologiste vous alerte, monsieur le ministre. Ce texte autoritariste est contraire à nos valeurs, à vos valeurs. Retirez-le. Merci.
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