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Je vous propose de laisser la première réaction à l'Irabé, maire de Trappes, qui était, vous l'avez vu, présent lors des questions au gouvernement, qui sont même toujours en train de se dérouler.
'ai souhaité assister à ces questions au gouvernement, notamment pour être présent au moment de l'hommage de la nation. aux victimes de l'attentat terroriste qui a frappé ma ville et la ville de la Verrière, et aux côtés de la famille de Pengo Bossio Wangui qui était présente, qui a fait preuve d'une grande dignité à cette séance de questions au gouvernement. L'image que je veux retenir c'est celle-là, celle de la représentation nationale debout, cette minute de silence solennelle, où pendant un instant au moins la représentation nationale était unie pour reconnaître la gravité du moment. J'ai pu observer comme vous toutes et tous une absence éloquente, celle de Marine Le Pen, la candidate du parti d'extrême droite qui n'a manifestement pas pu soutenir le regard de la famille de Pengo et qui a brillé par son absence. J'ai également envie de partager avec vous ma frustration. La frustration d'avoir vu un ancien Premier ministre de la République consacrer 30 secondes à l'évocation de l'attentat. et passer immédiatement, en balayant cette séquence d'un revers de la main, à l'évocation des troubles qui traversent le pays et des revendications sociales légitimes du week-end dernier. J'ai été frustré aussi de ne pas entendre ce que je continue d'espérer, une ministre répondant à plusieurs questions au gouvernement et qui ne trouve pas la force de regretter ses propos. tenue sur un plateau télé où elle considérait que la théorie du grand remplacement était une théorie légitime, qui méritait débat. J'ai également été surpris de voir le Premier ministre, Sébastien Lecornu, dans une réponse confuse à la présidente Châtelain, évoquer le cas de Quentin de Ranque. Il y a une forme d'indécence d'ailleurs dans cette réponse à renvoyer dos à dos, je reprends ces termes ultra droite et ultra gauche, alors que le discours de l'extrême droite vient d'armer la main d'un terroriste qui a tenté de faire des dizaines de morts. J'ai été surpris aussi et frustré de ne pas obtenir de réponse à la demande de la présidente Châtelain réitérée, de bien vouloir décider un hommage national dans les prochains jours pour marquer une pierre blanche. Cet événement traumatique pour la nation. Et enfin, j'aurais aussi aimé entendre prononcer le mot islamophobie dans la bouche des représentants du gouvernement. Car le périple du tueur l'a mené auprès de deux mosquées. Et ce n'est pas une coïncidence. Il l'a conduit à cibler une fillette et plusieurs femmes parce qu'elles portaient le voile. Et si certaines ont eu la vie sauve, c'est simplement parce que l'arme de l'assassin a déraillé. J'ai été glacé, je ne vous le cache pas, d'observer les rangs de l'extrême droite, qui matérialisent bien ce qu'est la montée en puissance de l'extrême droite dans les têtes, dans les esprits, et au sein de l'Assemblée nationale, au sein de la représentation du peuple français. J'observe qu'à l'occasion de ces deux derniers mandats, depuis 10 ans, depuis que nous avons tous collectivement fait barrage à Marine Le Pen en 2017, rangs de l'extrême droite se sont considérablement garnis, passant de 8 députés à près de 90 aujourd'hui. J'observe aussi que dans cette assemblée, deux vice-présidents sont issus des rangs du Rassemblement National. Les digues ont sauté successivement et nous avons été quelques-uns à le dénoncer et à voir venir les périls qui ne cessent de croître. La vice-présidente de l'assemblée a été digne quand elle a appelé à la minute de silence et dans le choix de ses mots. Elle a été plus digne que quand elle a considéré que l'arc républicain n'était pas le sujet au moment d'attribuer ses deux vice-présidences à l'extrême droite. Il faudra, je le crois, dans les mois, les années qui viennent, se donner les moyens d'assainir cette institution, d'organiser le cordon sanitaire aussi ici, au sein de la représentation nationale, et de veiller à ce qu'aucun... militants, députés, élus de l'extrême droite, ne puissent s'asseoir au perchoir à l'avenir. Et j'espère que les forces politiques républicaines sauront se rassembler, reconstituer cet arc républicain, pour ne pas donner cette triste image que de voir des députés RN présider au débat de l'Assemblée nationale. Mon sentiment général, c'est celui de la frustration, la déception, un peu de colère, je ne vous le cache pas, et le sentiment que pas grand chose ne changera, en tout cas pas dans cet hémicycle, pas dans sa configuration actuelle. L'espoir que les prochains mois seront l'occasion d'une prise de conscience collective au-delà des rangs de l'Assemblée nationale au sein du peuple français, dans la société française, dans vos médias y compris, et que nous nous donnerons les moyens de démasquer la dangerosité de l'extrême droite qui est singulière, qui ne se compare à aucune autre, qui fait des morts. Il n'y a pas, je crois, dans cette Assemblée de représentants des autres idéologies qui font des morts. En revanche, l'extrême droite française... pèse lourd dans cette Assemblée. C'est la responsabilité des forces politiques, dans leur diversité, toutes celles de l'arc républicain, de créer les conditions pour que l'élection présidentielle et l'élection législative qui suivra ne permettent plus l'élection d'un nombre aussi massif de parlementaires du RN qui prônent la discrimination raciale à travers la préférence nationale et qui préparent la guerre d'une France contre l'autre. Je l'ai dit et je le répète, nous sommes un seul peuple. Un grand peuple qui doit être uni dans sa diversité et qui doit en faire une richesse. Je le dis aux Français qui nous regardent, l'Assemblée nationale telle qu'elle est composée n'oblure rien de bon pour l'avenir de notre pays, de notre grande nation. Pour ceux qui ont déjà élu des députés RN, pour ceux qui s'apprêtent en élire de nouveau, pour ceux qui seraient tentés par le vote pour Marine Le Pen, je veux dire gravement que les événements que nous avons vécu ces derniers jours pourraient se répéter. Armer la main de ceux qui déjà considèrent qu'ils sont en croisade contre une partie de la population française. Inciter des français à se radicaliser davantage. Persévérer dans des discours de haine sans respecter le minimum de délai de décence nécessaire après l'attentat terroriste qui a frappé ma ville vendredi dernier. L'extrême droite dorénavant n'est plus masquée. Vous la voyez dans toute la cruauté de sa violence. Vous devez toutes et tous prendre la conscience du péril qui nous menace collectivement et faire en sorte, dans les débats de la gauche, dans les débats des formations politiques républicaines, de ne jamais laisser penser à quelconque de nos compatriotes que les dangers se valent, que les menaces sont équivalentes. J'espère que le camp présidentiel, que la droite républicaine retrouveront leurs esprits et sauront dire... Dès maintenant, sans attendre un éventuel second tour avec la qualification de Marine Le Pen, qu'ils feront barrage à l'extrême droite en utilisant tout bulletin qui permettrait de préserver la République. Voilà ce que j'ai à vous dire en réaction liminaire à cette séance de questions au gouvernement qui, je crois, ne laissera pas un sentiment enthousiaste à la population de ma ville.
pour tes mots depuis plusieurs jours. Tu es l'incarnation de cet esprit de grandeur républicaine qu'on voudrait voir la part de notre Premier ministre et des membres de nos gouvernements, avec des mots qui sont toujours justes, posés, mais qui n'effacent aucune réalité, qui est celle de la violence auxquelles les habitants de ta ville... ont été confrontés, sont confrontés depuis maintenant plusieurs années, et malheureusement, si rien ne change, continueront à être confrontés. Je vais revenir sur deux choses. La première, c'est la question de l'hommage national. On ne peut pas avoir un Premier ministre qui, comme il le fait, le reconnaît dans l'hémicycle, qu'on est sûr, finalement, ce qui était prévu pour être une jury de masse. une personne qui organise, qui planifie méthodiquement, qui se munit d'une arme de guerre, qui fait le tour de la ville, qui va longer la mosquée dans l'objectif de tuer un maximum de personnes en raison de leur couleur de peau ou de leur religion supposée. On est sur un attentat qui est programmé et qui veut faire un nombre de morts. On ne peut pas dire qu'il y a cette programmation-là, cette gravité-là, et finalement ne pas en tirer des conséquences qui sont que la République doit se tenir aux côtés de celles et ceux qui ont été meurtris, qui ont été tués, et de celles et ceux qui ont peur. Parce que la deuxième chose, et c'était extrêmement présent dans vos propos, monsieur le maire, dans tes propos, c'est qu'une partie des personnes aujourd'hui en France ont peur. Ça a été dit à de nombreuses reprises dans les questions au gouvernement. Elles ont peur de se rendre dans leur vie occulte, mais elles ont peur même de sortir de chez elles, de se faire agresser. Et il n'est pas normal que la réaction du gouvernement soit de traiter ça presque comme un prédiver. A l'inverse, il faut que la République se tienne forte et qu'elle envoie un message extrêmement clair qui est votre peine est la peine de la République. Vos craintes sont prises au sérieux et vous serez protégés parce que nous avons compris qu'il y a un discours raciste, islamophone, négrophobe qui vous considère comme des fils et en tant que République. Nous, finalement, nous nous constituons, en tant que bouclier, nous disons que vous êtes partie prenante de la communauté nationale, vous êtes, finalement, nous vous devons votre solidarité et protection. Je n'ai pas entendu ça de la part du Premier ministre. Et enfin, je veux finir sur un sentiment, tu as donné les tiens, j'ai donné les miens, moi c'est l'écurement. Je vais vous dire que ces questions au gouvernement, qui a commencé effectivement par le fait... de comparer un acte terroriste planifié méthodiquement avec l'assassinat de Quentin Doran C'est une comparaison qui n'avait pas lieu d'être, qui démontrait une volonté d'instrumentalisation politicienne de la part du Premier ministre qui a continué dans l'ensemble des questions. Et incertain écoeurement de voir un Premier ministre des membres de son gouvernement, Aurore Berger, venir tenir des propos qui sont contradictoires avec l'ensemble des actes qu'elle pose. On ne peut pas banaliser. la théorie du grand remplacement, dire que c'est un élément du débat public, puis venir dans cette assemblée sans s'excuser, tenir des propos de la fermeté, de la lutte contre le racisme. Cela n'est pas possible, il nous faut de la cohérence et effectivement de la clarté. Ce n'est pas ce que nous avons vu lors de ces questions du gouvernement. Vous avez
dit, je crois, tous les deux l'essentiel, justement comme député de ce département, Yveline. Moi aussi, l'écœurement et la honte, on devait aux victimes, on devait aux habitants de Trappes, on devait aux maires de Trappes qui les symbolisaient en tribune un moment d'unité et un moment aussi où on tire les leçons. Ali Rabé nous a appelé dès vendredi à choisir son camp, le camp de la République ou le camp des ennemis de la République et des racistes. La réponse... le fait de souiller cet hommage de la part du Premier ministre, et je pèse mes mots en le disant, ont donné une indication sur la réponse posée à cette question qui a été la tienne vendredi. Tu l'as dit, Cyriel, quand on évoque l'affaire Doran, quand on refuse d'employer le terme d'islamophobie, encore une fois, quand le gouvernement choisit de faire répondre Aurore Berger, qui était incapable, sur un plateau de télé à plusieurs reprises, de dire que la théorie complotiste du grand emplacement était raciste, qu'elle est restée au gouvernement, quand tous ces gens sont restés au gouvernement alors que M. Retailleau se faisait acclamer par une foule fanatisée au cri de la balle au voile. Ils avaient aujourd'hui... L'occasion de faire amende honorable aujourd'hui, l'occasion de repartir du bon pied, de donner du sens au barrage républicain qui nous a amené à être nombreuses et nombreux dans cette assemblée, à avoir empêché l'extrême droite raciste de gagner les élections. Puis tu l'as dit Ali, le boycott de Marine Le Pen qui pour moi est un aveu. son absence aujourd'hui, elle signe cet aveu de complicité, d'armement idéologique de celles et ceux qui aujourd'hui animent cette violence raciste. Je crois que c'est un grand gâchis, tu disais d'écœurement, tu parlais de honte, je crois, mais c'est un sentiment de gâchis, nous devions autre chose et ce spectacle est lamentable et donc sur nos épaules aussi à nous et je crois qu'il faut en appeler aussi à ceux dans la gauche et au-delà qui sont prêts à le faire avec nous, repose le poids d'une digue à reconstruire puisqu'on voit bien qu'il faut repartir. de zéro en la matière et que les réflexes les plus élémentaires qui auraient dû nous conduire à faire corps aujourd'hui n'ont pas été au rendez-vous de nos interlocuteurs gouvernementaux, puis on a même eu les provocations de l'extrême droite.
-ce qu'il y a des questions ? La République s'exprime, c'est par les symboles. Le mage national est un symbole républicain indispensable après cet attentat terroriste, raciste, islamophobe, négrophobe. On ne peut pas avoir un président de la République qui parle de tournant et qui n'en tire pas les conclusions qu'il est nécessaire que la République soit présente.
Mes confrères de ce lieu ne sont pas là. Monsieur le péditeur, vous avez pris la partie en disant qu'il y avait une responsabilité selon vous dans cette affaire.
C'est une évidence, sur le plateau de CNews, mais monsieur le maire en parlera mieux que moi, ça fait des années que Trappes est pris en exemple, et à travers Trappes, en réalité, toutes les villes populaires de notre pays, est pris en exemple pour véhiculer tous leurs fantasmes racistes, leurs obsessions racistes, et CNews véhiculent à longueur d'antenne, dans l'impunité la plus totale, des discours de haine et de racisme, qui appellent à considérer que nous avons un ennemi de l'intérieur qui nous menace, et donc à s'en défendre. Je crois que... Ali Rabbe a fait beaucoup plus d'expérience que moi, d'ailleurs, ces dernières années, du harcèlement de CNews. L'homme qui se tient à côté de nous ici a été diffamé à longueur d'antenne sur les médias du groupe Bolloré pendant des années. Ils ont évidemment une responsabilité. Moi, je considère qu'ils n'ont rien à faire dans une institution comme la nôtre.
Il faut faire, y compris le ménage, dans le monde des médias et cesser de considérer que CNews est un média et que les journalistes de CNews sont des journalistes. Ils ne respectent pas les règles élémentaires de votre métier. Et donc, à titre personnel, je fais une allergie. Si CNews avait été dans cette pièce, je pense que je n'aurais pas été capable d'y rester. Ils sont abattus, comme vous l'imaginez. Je ne parlerai pas pour eux. Ils sont leur propre porte-parole. Ils ont un avocat. Moi, je les ai trouvés très dignes face à la représentation nationale. Je crois qu'ils ont, comme moi, saisi le moment solennel de la minute de silence, qu'ils ont ensuite été assez atterrés dès les premières réactions et réponses du gouvernement. Ils n'ont pas pu s'éterniser, comme vous l'avez vu en tribune, faute d'entendre, je crois, les messages qu'ils attendaient.
êtes sorti également, au moment de la prise de parole de Sébastien Chenu, pourquoi ? Est-ce que c'est le gouvernement qui vous a incité à sortir, enfin, les propos du gouvernement pour que vous êtes sorti, comme vous venez le dire pour la famille, ou est-ce que ce sont les propos de Sébastien
'est d'abord les propos de Sébastien Chenu, son attitude. Mais par ailleurs, je ne vous cache pas que les réponses successives du gouvernement ne m'ont pas donné envie d'assister jusqu'au bout à ces questions au gouvernement. Si je peux en dire un mot, j'étais particulièrement choqué de cela, que le Premier ministre fasse des leçons de maintien à la gauche de l'hémicycle, ne soit pas capable de tenser vertement l'extrême droite. Cela participe justement de ce que j'indiquais sur le fait de renvoyer dos à dos ses opposants politiques en considérant qu'ils se valent. et en étant incapables de faire cette hiérarchie élémentaire que nous avons tous su faire quand il s'agit d'aller faire barrage à un républicain en votant pour Emmanuel Macron à deux reprises. Je ne comprends pas que des représentants éminents du gouvernement et de la minorité présidentielle ne soient pas capables de tirer les conclusions des événements récents et de changer radicalement d'attitude. Les circonstances ne leur permettent. Ce serait la dignité, je crois, de ces cadres que de se remettre en cause. Il n'y a rien d'indigne à dire qu'on s'est trompé. Il n'y a rien d'indigne à changer de comportement vis-à-vis de l'extrême droite. Il n'a rien d'indigne à regretter des propos, des attitudes, des stratégies qui lui ont pu, pendant les deux premiers quinquennats, les deux derniers quinquennats, peut-être dans des coups de billard à plusieurs bandes, tenter de préserver... La capacité de ce groupe à rester au gouvernement, à maintenir la direction du pays. Ils peuvent, pour les 6 mois qui viennent, marquer une rupture, choisir leur camp, celui de la République, et le faire de façon claire. Et je crois même qu'à titre individuel, chacun d'entre eux n'a rien à y perdre. Au contraire, ils peuvent retrouver de la dignité en prenant maintenant les bonnes décisions, en faisant les bons choix, en utilisant les bons termes. Qu'ils le fassent, parce qu'il y a dans... Je ne veux pas désespérer de l'arc républicain, justement, et je crois qu'au-delà des rangs de la gauche ou de ce groupe politique que je soutiens personnellement, il y a des hommes et des femmes qui partagent nos diagnostics, qui savent que l'heure est grave, et qui sont parfaitement lucides et conscients sur le fait qu'il faut changer de discours, qu'il ne faudra pas attendre le lendemain de la qualification de Marine Le Pen au second tour. pour tout d'un coup venir au chevet au secours de la République sur la dernière ligne droite. Il faut le faire maintenant. Le temps joue contre nous. Le temps joue pour Marine Le Pen. Et bien que ces hommes et ces femmes, dans la liberté qui est la leur sur ces six derniers mois, au moment de faire le bilan du quinquennat d'Emmanuel Macron, qu'Emmanuel Macron d'ailleurs lui-même prenne la parole maintenant qu'il est libéré, qu'il n'a pas été candidat à sa succession, pour dire les mots forts qu'il n'a pas dit, pour regretter les décisions et les compromissions parfois. qui ont été les siens et ceux de son camp. Voilà ce que nous sommes quelques-uns à attendre et à espérer. Et je crois que la capacité à tenir un discours clair, franc, et compris massivement la part d'erreur, Chaque camp commet des erreurs. Il ne peut pas y avoir un camp politique qui n'a commis pendant dix ans aucune erreur, en particulier au moment où l'extrême droite monte aussi fortement et menace de prendre les rênes du pays. Le camp présidentiel ne peut pas considérer qu'il n'a aucune responsabilité. Donc être capable de faire son examen de conscience, d'en tirer des conclusions et d'adopter la bonne attitude maintenant, ce serait être de bon français, je le crois.
Je dirais que l'attitude de Sébastien Lecornu n'est pas un point de bascule, mais il est l'illustration d'une bascule et qui est en cours depuis maintenant, malheureusement, plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Moi, j'ai noté, par exemple, avec colère la semaine dernière, qu'il y a plusieurs reprises, que ce soit le Rassemblement national, ou UDR, mais donc globalement les alliés du Rassemblement national, avaient fait des liens directs entre les pillages et l'immigration. Alors la valette utilisant le mot de sauvagerie, M. Ciotti interrogeant directement le Premier ministre et dans sa question faisant des liens directs entre les deux. ce jour-là, le Premier ministre s'est eu. Ce jour-là, le Premier ministre a dit « je ne vais pas aller sur des questions politiciennes ». Ce ne sont pas des questions politiciennes, ce sont des questions hautement politiques, qui est celui d'avoir le courage de déconstruire effectivement le cadre idéologique, raciste, islamophone et négrophobe qui est en train d'être installé par l'extrême droite, soit il la tombe. soit il l'accepte. Et aujourd'hui, nous ne voyons pas des mots du Premier ministre qui combattent ce cadre idéologique. Ça a été de nouveau le cas face à Sébastien Chenu, et je dirais que c'est d'autant plus grave quand Sébastien Chenu a hier repris de nouveau les mots qui ont fait de la ville de Trappes et de ses habitants une cible, à savoir que c'était un foyer de djihadistes. On a vu que le Premier ministre savait parfois sortir de ses gonds. Là, on remarquera qu'il a choisi de se taire. Je dirais que c'est une lâcheté.
faut quand même qualifier ce qui est, c'est-à-dire pour le coup une faute inqualifiable, une faute politique inqualifiable du Premier ministre. Dans le contexte actuel, après tout ce qui vient d'être rappelé, de la caractérisation d'un attentat terroriste, islamophobe, raciste et négrophobe, avoir passé les plats du rassemblement national, d'avoir écouté presque pieusement et avoir considéré qu'il y avait une légitimité de l'extrême droite à travers monsieur Sébastien Chenet, à considérer qu'ils étaient dans l'arc républicain, ça c'est une stratégie qui d'ailleurs ne nous surprend pas hélas, malgré les alertes multiples, c'est-à-dire que plutôt que de conforter les principes républicains auxquels Ali Rabé a appelé plusieurs fois les responsables politiques à être à la hauteur. Il a choisi de préserver ses liens avec l'extrême droite et avec le Rassemblement National. Alors, je le dis, il y a peut-être une ultime possibilité d'un sursaut républicain pour ce gouvernement, mais qu'il se dépêche. Non seulement parce que des élections arrivent, importantes, mais parce que dans la société française, de nombreuses associations et une majorité... qui pour l'instant a peur de le dire, mais qui à travers la voix de nombreux élus maintenant peuvent le dire avec force et dignité. On peur. Et quand il y a des morts aujourd'hui alors qu'ils ne sont pas encore au pouvoir, imaginez une seule seconde, mesdames et messieurs, qui relayaient nos propos ou qui relayaient les disputes qu'il y a ici à l'Assemblée nationale. Quelle serait la réalité de notre pays ? Il faut quand même alerter sur ce risque de guerre civile. Ce ne sont pas des mots en l'air. Et j'invite vraiment à réécouter tout ce qui a été dit par le nerf de Trappes, tout ce que vient de dire Cyril Châtelain à l'instant. Ce n'est pas une posture comme ça d'opposition. Il y a un moment de gravité politique. Et la France, demain, est concernée par cette bascule dont on a vu qu'en Serbie, comme au Brésil, la société civile mobilisée a su, faisant fi de tous les sectarismes, empêcher. Le pire. On devrait aussi pouvoir s'en inspirer et construire ensemble cette digue à laquelle on appelait tous ceux qui étaient ici parce que l'urgence démocratique, elle est là.
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