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Parcoursup est déjà presque enterré, le gouvernement annonce sa refonte l'an prochain, puis son remplacement en 2028. Pour vous, la plateforme d'orientation Etienne a surtout servi de bouc émissaire idéal.
Torrent de démagogie boueuse. Si vous faites de la politique et que vous ne savez pas quoi dire pour attraper le train de la contestation lycéenne, dites suppression de parcours sub, ça va beaucoup plus vite. C'est aussi un peu le réflexe du gouvernement qui a annoncé son remplacement pour 2028, c'est-à-dire bien après son propre remplacement au gouvernement. Alors, premier étage de la démagogie, la mémoire courte. Qui se souvient du système précédent avant 2018 ? nommé APB, dans lequel on recourait au tirage au sort pour les filières saturées. Est-ce que c'était juste ça, le tirage au sort ? Encore avant, avant 2009, il y avait le système Ravel. A l'époque, on disait Ravel, c'est le bordel. A-t-on oublié le système Ravel ? C'était plutôt premier arrivé. premier servi. Est-ce que c'était juste ça ?
Mais on peut quand même le réformer par Coursup, non ?
oui, ça a d'ailleurs déjà été le cas. Mais bien sûr, il le faut. Il y a beaucoup, beaucoup de choses à améliorer. Par exemple, la transparence sur les algorithmes pour que ce soit un peu moins une boîte noire. Par exemple, la réduction des délais de réponse pour diminuer l'angoisse. Il y a bien d'autres pistes. Mais pour ça, il faut d'abord surmonter le deuxième étage de la démagogie. La préférence française pour la révolution. On préfère mettre à bas plutôt que de réformer. Et on préfère symboliquement la guillotine. Alors me direz-vous, il y a un progrès. Cette fois-ci, c'est un programme informatique que l'on veut couper la tête. Mais c'est symptomatique de ce vieux réflexe français. C'est surtout symptomatique d'une certaine paresse politique. Et c'est là le troisième étage de la démagogie, à moins que ce ne soit même le fondement de cette démagogie.
Mais alors quelle paresse, Étienne
Crier abrogation de Parcoursup dispense de réfléchir à des questions plus profondes et donc plus complexes. Par exemple, la question de l'orientation et de ses faiblesses, ce ne sont pas des problèmes qu'on abroge. Et puis, il y a la question des places dans l'enseignement supérieur en fonction des filières et donc, pardon du gros mot, des débouchés du marché du travail. Ce qui nous ramène au grand tabou la sélection qui est nécessaire mais pas assumée en France, ce qui génère des frustrations. Et puis enfin, il y a la question de l'égalité des chances. Un colossal sujet de société avec, en toile de fond, la baisse du niveau scolaire. Mais évidemment, tout cela est beaucoup plus fatigant que de crier mort à Parcoursup. Le sujet, c'est évidemment le système éducatif. Parcoursup, ça n'est qu'un outil. En faire l'ennemi à abattre est une réponse hors sujet. Au IIe siècle, Marc Aurel, pour ceux qui l'ont étudié à l'école, le notait déjà, et je le cite, « Il ne faut pas s'hériter contre les choses, car elles ne s'en soucient pas.
Parcoursup, bouc émissaire idéal, c'était signé Gernel.
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