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Monsieur le Premier ministre, votre gouvernement ne tient plus que par la peur que vous voulez inspirer au peuple français. Interdire des manifestations, déclarer des couvre-feux, menacer de couper les réseaux sociaux, déployer l'armée dans les rues, retirer le droit de vote aux jeunes qui passent en comparution immédiate. Votre surenchère répressive ne fera pas rentrer les Français chez eux. Ils se tiennent debout face à vous. Samedi, à nouveau, ils étaient près de plus d'un million dans le pays. Main dans la main, on marchait pour que la jeunesse soit respectée, pour un salaire digne et pour des fins de mois plus douces. Mais on marchait aussi simplement pour le droit de marcher. J'avais peur de venir, c'est pour ça que je suis là. Lisez-t-on sur une pancarte à Paris, ce slogan-là a fait le tour du monde. On marchait parce que dans le pays des droits de l'homme, les libertés publiques ne sont plus garanties. Le droit de manifester et la sécurité ne sont plus assurés. Des milices d'extrême droite attaquent sans être inquiétés. Le rythme des pales d'hélicoptère de surveillance étouffe les slogans. On marchait pour les vies abîmées, pour celles et ceux qui ont perdu un oeil ou qui ont eu une main arrachée, pour celles et ceux qui se soulèvent pour le droit à étudier dignement, pour avoir à nouveau le goût du futur. A l'aspiration populaire à vivre mieux, vous avez répondu par les matraques et les grenades. A la colère légitime, vous avez répondu par le chaos. Le monde entier observe avec effroi votre dérive autoritaire et l'ONU la documente même. Vous obéissez en réalité à la volonté du président de la République qui a déclaré la recommandation générale, c'est qu'il n'y ait pas de manifestation. Mais, monsieur le Premier ministre, la contestation s'élargit et les rend des dégoûtés, c'est tof. La crise sociale est devenue... crise politique. Désormais, c'est la crise de régime qui s'annonce. Monsieur le Premier ministre, allez-vous continuer de mutiler les enfants de la République?
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