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J'ai tenu à venir à Marseille ce matin pour être aux côtés de M. le maire et de l'ensemble de ses équipes dont la mairie, comme vous le savez, a été attaquée et durement touchée le 17 octobre, aux côtés aussi du préfet de région, de l'ensemble des forces de sécurité intérieure qui ont tenu et conduit un très bon travail ce samedi dernier. Et donc nous allons continuer. Samedi, les manifestations se sont tenues dans tout le pays. Et l'ordre aussi a été tenu. Les commerces ont été protégés, les bâtiments publics ont été protégés. On a encore près de 80 commerces qui ont été impactés, France entière. C'est toujours trop. Donc on va continuer de s'améliorer. Mais l'organisation... L'anticipation était là, et avec le Premier ministre, le ministre de l'Intérieur, l'ensemble du gouvernement et l'organisation qui a été mise en place pour le 24 octobre, nous avons pu tenir et protéger. Et c'était la mission première. Ensuite, des manifestations ont pu s'organiser. Le droit de manifester a été préservé, et c'est une bonne chose, mais avec des tracés qui ont été repensés et hors des centres-villes. Donc je dis tout ça avec d'abord ma gratitude à l'égard des forces de sécurité intérieure et du travail qui a été fait samedi dernier. Ensuite, il faut maintenant préparer la suite et on reste à la fois humbles et concentrés. On sait que samedi prochain est encore un samedi à risque. On sait qu'il y a le 5 novembre une journée de mobilisation nationale qui mobilise tous les syndicats et il y a encore les autres samedis. Pour autant, il n'est pas écrit qu'il y ait une chronique de chaque samedi qu'ils doivent reprendre. Et donc, qu'est-ce que nous allons faire ? Un, continuer d'être organisés, d'être présents, de protéger les biens, les personnes, nos centres-villes, nos commerces, nos bâtiments publics. Ça, c'est la règle absolue et c'est la mobilisation de tous. La deuxième chose, on continuera d'avoir des tracés de mobilisation déclarés, donc les tracés qui sont demandés par les syndicats représentatifs qui se feront en dehors des centres-villes pour que les manifestations se fassent dans le calme et s'en mettent nos commerces à risque. Troisièmement, on va continuer d'accompagner nos commerçants, nos artisans, toutes les forces économiques qui ont été touchées. On va les retrouver dans un instant à la préfecture. Ici, un fonds a été mis en place par l'Etat, abondé par les collectivités territoriales, par le privé aussi. Et on va continuer en allant chercher évidemment les assureurs, en mettant ce fonds en place, en accompagnant, et on va évidemment accompagner aussi les collectivités les plus touchées dans la mairie de Marseille. Et puis, dernière chose, évidemment, j'ai demandé au gouvernement aussi de répondre aux demandes légitimes qui sont à la racine de ce mouvement social. Le Premier ministre va recevoir les représentants du monde lycéen et le CNVL cet après-midi avec des annonces fortes et des avancées pour justement à la fois aujourd'hui changer les choses et pouvoir aussi enclencher des chantiers à très court terme. Et nous allons faire de même avec les forces syndicales et patronales. Et donc tout ça doit rentrer progressivement dans l'ordre et dans le respect.
Monsieur le Président, Monsieur le Maire avait critiqué un manque d'effectifs et le maintien de l'ordre lors du 17 octobre. Est-ce que vous êtes revenu ensemble sur ce qui n'a pas marché ce jour-là et sur les failles de renseignements et de maintien de l'ordre ?
Oui, Monsieur le Maire va le dire, mais je peux vous dire moi les choses. C'est tout à fait vrai qu'à Marseille comme ailleurs, il n'y avait pas assez de force le 17 octobre. On le sait très bien. parce qu'on n'avait pas du tout anticipé ce qui s'est passé. C'est-à-dire que le 17 octobre n'avait pas été anticipé le fait qu'on aurait autant de forces d'ultra-gauche qui se mobiliseraient dès très tôt le matin, de manière très atypique, c'est-à-dire pas en opportuniste à la fin des cortèges, mais très tôt le matin, ce qui s'est d'ailleurs passé ici. On n'avait pas anticipé qu'on aurait, au-delà de cette mobilisation de l'ultra-gauche, aussi de la délinquance qui viendrait dessus. Et donc les forces de police n'étaient pas dûment proportionnées. Donc c'est tout à fait vrai, ce n'est pas ce qui s'est repassé le 24. Monsieur le Président, vous avez une maire...
Évidemment, on a évoqué ce qui s'est passé, mais ce qui m'intéresse, ce qui intéresse le chef de l'Etat, ce qui intéresse les Français, c'est ce qui va se passer. On est revenus, il y aura le moment où on aura besoin de regarder exactement ce qui s'est passé. J'observe. que samedi dernier, les choses ne se sont pas du tout passées de la même chose, de la même manière, c'est-à-dire que les forces étaient proportionnées. Et je veux remercier le ministre de l'Intérieur qui est venu et tout le gouvernement et toutes les forces de sécurité intérieure parce qu'elles ont été là. D'abord, elles ont permis que les manifestations puissent se passer correctement dans ce pays parce que c'est un droit constitutionnel, que les manifestants ne sont pas des casseurs, que les casseurs sont des voyous, qu'ils n'ont pas de revendications. Et vous le savez, en ce qui me concerne, je considère que leur place n'est ni dans les manifestations. mais bien devant un juge. Ça, c'est le premier point. On fait en sorte évidemment que samedi prochain, ça ne se passe pas. Mais nous avons aussi évoqué avec le président de la République, il vient de vous le dire, la question de la sortie de crise. Et il faut une sortie politique. Quand on est face à une crise politique de cette ampleur-là, le chef de l'État vient de vous le dire, il faut des réponses. C'est ce à quoi nous devons et les uns et les autres nous atteler. Il n'y a pas dans cette circonstance de place. pour des accusations qui seraient simplement stériles, pour de l'invective ou pour de l'injure. Nous devons avoir des débats démocratiques et nous avons des désaccords. Et c'est ce que la démocratie impose, de vivre légitimement nos désaccords, de manifester pacifiquement quand il y a des désaccords et quand il y a des revendications. C'est ainsi que se conçoit et que s'est fabriquée la Ve République. Et c'est ainsi qu'elle continuera de vivre, à partir du moment où sa classe politique droite et gauche confondue, dans les moments les plus difficiles, est capable de se montrer à la hauteur du moment. Et moi, je l'ai déjà dit, j'appelle celles et ceux qui veulent jouer un rôle dans ce pays à être à la hauteur du moment. c'est-à-dire à trouver une sortie de crise, à s'entraider les uns les autres. Oui, nous avons le droit et nous avons des différences politiques avec le chef de l'État, mais aussi une certaine conception des choses que nous devons préserver. Et ce ne sont pas des mots vains. La République, elle n'est pas à brader. La Constitution, elle ne se vend pas à la découpe. L'État de droit n'est pas quelque chose qui est gazeux. C'est le pilier. de cette République. Manifester librement, avoir des revendications, ne pas être content et demander de pouvoir vivre dignement de son travail, de pouvoir étudier dignement, c'est tout à fait légitime. Ne pas monter la police contre les manifestants, ne pas monter les manifestants contre la police, c'est quelque chose d'extrêmement important. Et nous avons vu des apprentis sorciers s'amuser à monter les Français les uns contre les autres. Pour quels résultats ? Pour quel résultat ? Est-ce que c'est ainsi qu'un pays sort d'une situation difficile ? Je ne le crois pas. Vous avez contesté le chiffre de 30 000. Ça a déjà été réglé. Vous dites,
monsieur le Président, que l'ordre a été tenu. Vous avez évoqué le retour de l'ordre républicain. Pourquoi dans ce cas poursuivre les couvre-feu comme l'annonçait votre ministre de l'Intérieur ce matin sur BFM TV ?
Parce que l'ordre a été tenu, parce qu'on a pris toutes les dispositions. Je rappelle que beaucoup m'ont critiqué le 18 au soir quand j'ai dit... justement que nous allions prendre, les préfets avec les maires, toutes les dispositions utiles. Le ministre de l'Intérieur a confirmé qu'on était encore dans cette période. L'ordre a été tenu parce qu'en effet, dans des territoires où on sent encore des tensions, où il y a des risques, les préfets, en lien avec les maires, décident des couvre-feux. Ca a fonctionné, ça a été respecté. L'ordre a été tenu le 24 parce qu'on a anticipé, parce qu'on a mis beaucoup de forces de sécurité sur le terrain, et je remercie le ministre de l'Intérieur et les forces de sécurité, beaucoup ont été rappelés. les congés annulés, pour mesurer ce que c'est aussi pour beaucoup de familles. Et donc ça s'est bien tenu, les manifestations ont pu se tenir dans le calme et les casseurs ont été bloqués et interpellés. Et donc c'est ça qui perdurera. Et comme vous le voyez, puisque beaucoup m'ont reproché le 18 de ne pas avoir annoncé l'état d'urgence, on tient la République et l'ordre public aujourd'hui sans l'état d'urgence. Ça ne veut pas dire que si les choses devaient se dégrader, c'est un interdit ou un tabou. Ça veut dire qu'on est rigoureux, qu'on est ferme. mais qu'on est républicain. M. le
Président, lors des émeutes qui avaient suivi la mort du jeune Naël, vous aviez évoqué deux choses. Un, le loisiveté de le rôle des réseaux sociaux. Est-ce que vous reprenez ces deux explications pour justifier ou en tout cas expliquer à tout le moins le mouvement de violence urbaine auquel on assiste en ce moment ? Et puis, question sur les lycéens que le Premier ministre recevra cet après-midi. Vous avez parlé d'annonces fortes. Je crois que vous avez évoqué devant eux une refonte profonde de Parcoursup. Est-ce que ça fait partie de ce que vous appelez des annonces fortes ?
Ce que nous vivons aujourd'hui n'est pas comparable avec ce que nous avions vécu à l'été 2023. Il y avait un fait déclencheur, c'était essentiellement des très jeunes dans nos quartiers. Ce que nous vivons aujourd'hui, c'est, et ça a été parfaitement décrit, d'abord une mobilisation sociale, sociale et politique, qui a des racines dans la mobilisation lycéenne, d'une part, et dans la vie chère, d'autre part. Et donc ça, ça se traite par la discussion. Il y a une réponse politique et sociale. C'est le travail du gouvernement pour les jours à venir. Ensuite, il y a des forces d'ultra-gauche. qui sont venues s'ajouter massivement dans beaucoup de villes en mobilisant, là, la réponse ne peut être que sécuritaire. Et c'est pour ça qu'on doit séparer l'un de l'autre. Et enfin, il y a une délinquance pour samedi 17 qui est venue s'ajouter à cela. Est-ce que les réseaux sociaux jouent un rôle dans cette affaire à coup sûr ? À coup sûr. Mais les réseaux sociaux abîment nos démocraties. parce qu'ils polarisent, parce qu'ils créent une espèce de sidération devant les scènes de violence, parce qu'ils sont pour certains des instruments de mobilisation du pire. Ils ont été utilisés, en particulier le 17, pour faire venir des jeunes ou des moins jeunes sur les lieux de délinquance, d'attaque, de pillage, et parce qu'il y a une forme de déréalisation de la violence qui se passe sur ces réseaux sociaux. Et il y a aujourd'hui, vous le voyez bien, une grande confusion, une forme d'excitation permanente qui est en train de se faire, une fascination pour la violence. On doit casser ce cycle. Ce n'est pas ça, vivre ensemble dans une société. Ce n'est pas ça, vivre ensemble dans la République qui est notre commun. C'est de préserver nos institutions, c'est de respecter l'autre, c'est de pouvoir exprimer des désaccords, c'est de trouver des compromis politiques et sociaux, et c'est de se dire, comme je le rappelais il y a 8 jours, nous sommes à 6 mois d'une élection présidentielle. C'est le moment de débat, normalement. Ce n'est pas le moment de la violence. C'est précisément le moment où on peut exprimer ses accords et ses désaccords pour faire émerger des propositions politiques qui permettront de décider pour notre avenir. Et donc notre pays, qui est une grande démocratie, mérite un beau et grand débat démocratique pour ses élections présidentielles. Il ne faut pas se laisser voler par des professionnels du désordre, des casseurs, des pilleurs. et les forces du chaos.
Il
y a eu un dispositif sécuritaire très important le week-end dernier. Combien de temps l'Etat pourra mobiliser autant de policiers et de gendarmes en France ?
L'Etat sera là et l'ordre sera tenu. En même temps que l'ordre sera tenu, avec des mesures en semaine et avec des décisions pour les samedis ou les journées de mobilisation, il y aura les discussions. Donc si tout le monde est sincère... Et si tout le monde a le même sens de l'intérêt général et de la République, normalement, à mesure que les compromis sont trouvés, à 6 mois d'une présidentielle une fois encore, les choses devraient progressivement se calmer.
Est-ce que c'est de nature pour vous à calmer ? Je
ne vais pas ici vous dire ce que le Premier ministre va annoncer dans quelques heures. Donc c'est le Premier ministre et les ministres. J'ai passé près de 3 heures avec les représentants d'associations. des syndicats lycéens et des conseils académiques de la vie lycéenne. On a eu une discussion, à mes yeux, très bonne, très en profondeur. J'ai pu identifier à la fois leurs demandes légitimes, les inquiétudes d'une part, mais les demandes de changement d'autre part. J'ai pris des engagements vis-à-vis d'eux. J'en ai fait part au Premier ministre et au ministre. Elles ont été travaillées durant les deux derniers jours. au-delà du travail qui avait été fait ces dernières semaines. Et le Premier ministre, avec les ministres, annonceront ces après-midi plusieurs décisions concrètes et massives.
Justement, les réponses politiques aux revendications des lycéens interviennent aujourd'hui, plus d'un mois après le début de leur mouvement. Est-ce qu'il n'y a pas un problème de tempo dans la réponse du gouvernement, sachant qu'entre-temps, le mouvement a fait tâche d'huile et qu'il risque d'être débordé
? À coup sûr. Mais maintenant, je regarde devant. Donc on avance. Voilà.
Merci. Monsieur le président, vous avez dit que le 17 octobre n'avait pas été assez anticipé au niveau des forces de l'ordre, que le dispositif n'était pas à la hauteur. Qui en est le responsable ? Écoutez, je viens de le dire, on
regarde devant, on avance. Et donc ce qui m'importe, c'est que ça soit bien passé le 24 et que les jours à venir se passent bien. Si vous pouvez avoir un goût pour le passé, moi j'ai plutôt un goût pour l'avenir et pour notre pays. Je vous remercie.
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