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Monsieur le Premier ministre, un homme est mort. Pengo Bossio Wangui a été assassiné par un terroriste raciste, islamophobe et négrophobe. Sept personnes ont su vécu de peu à cet attentat planifié et exécuté méthodiquement, dont une enfant de 12 ans, dont le corps a été criblé de 8 balles. Le groupe écologiste et social exprime sa plus grande solidarité à leurs proches et présente nos plus sincères condoléances à la famille du défunt. Notre groupe salue l'action des personnels soignants et des forces de l'ordre qui ont permis de sauver des vies. Le maire de Trappes, Ali Rabais, dont je salue le travail et la justesse des propos, dénonce... Il dénonce le discours martelé contre les étrangers, les immigrés et les musulmans, qui ont contribué à les ériger en ennemis de l'intérieur. Pourtant, les dirigeants du RN continuent à fanfaronner dans les médias en qualifiant la ville de Trappes de foyer djihadiste. Pourtant, pas un mot de regret d'Aurore Berger, qui en tant que ministre chargée de la lutte contre les discriminations a déclaré la théorie du grand remplacement comme un élément du débat public. Pas une condamnation de la part du président de la République après que Bruno Retailleau, alors ministre de l'Intérieur, ait crié « abat le voile ». Pas un mot d'excuse, monsieur le Premier ministre, de votre part, alors que mardi dernier, en ces lieux, vous n'avez pas dénoncé les amalgames entre immigration et pilleurs. Rien ne change. Nous refusons que Pengo Bossio Wangui soit une victime de plus. En attendant la suivante, aux mots qui tuent, nous devons opposer les mots qui font vivre respect, dignité et justice. La République doit s'exprimer, elle doit dire stop. Elle doit dire à celles et ceux qui sont terrifiés à l'idée d'être devenus des cibles, nous vous protégerons. Monsieur le Premier ministre, proposerez-vous au président de la République de déclarer un hommage national en honneur des victimes des attentats de Trappes et de la Verrière.
Merci beaucoup Madame la Présidente de groupe. La parole est à Monsieur le Premier ministre.
beaucoup Madame la Présidente de l'Assemblée nationale, Mesdames et Messieurs les députés, Madame la Présidente Châtelain, chères familles, Monsieur le maire de Trappes, Permettez-moi, avec la même gravité, les mots que vous avez employés, les mots que la présidente de l'Assemblée nationale a employés très justement en ce début de séance, de redire l'ensemble... de l'émotion profonde qui traverse le pays, on le sent tous et on le sait tous depuis plusieurs jours, face à ce drame absolument épouvantable, avec une pensée évidemment et des condoléances pour la famille de la victime, une pensée pour les familles éprouvées par le nombre de blessés, y compris les blessés psychologiques, avec un suivi important que nous devons, que la nation et les pouvoirs publics doivent à ces blessés. mais également pour votre territoire, monsieur le maire, et plus encore pour tous nos compatriotes qui, au moment où on se parle, ont peur. Peur pour leur intégrité physique, peur d'être pris pour cible par une violence aveugle, par une haine aveugle. Et au fond, et je vais redémarrer par là, madame la présidente, quand les choses sont peut-être confuses dans l'esprit de certains, je pense qu'il faut faire preuve de clarté. Et au fond... Un acte qui a été minutieusement préparé et planifié, dans lequel des armes de guerre, une arme de guerre a été employée, 128 cartouches, ça a été rappelé à l'instant par la présidente de l'Assemblée nationale, avec un ciblage délibéré d'un profil de victime, ça s'appelle du terrorisme. Et l'enquête le montre déjà dans l'expression du procureur national antiterroriste. La nature même de cette planification, les premiers propos qui ont été recueillis par les forces de l'ordre sur le procès verbal d'interpellation et évidemment le profil des victimes, ça porte un mot et il faut qu'on l'assume tous ensemble dans la plus grande des clartés, c'est non seulement un attentat. terroriste, mais c'est un attentat terroriste, raciste. Et si on ne s'accorde pas sur les mots, si on ne met pas les mots sur ce qui s'est passé, on rentre évidemment dans une confusion qui est, à mon avis, dangereuse pour la République. La deuxième des choses, et vous l'avez fait, c'est saluer le sang-froid de la brigade anticriminalité, des forces de l'ordre. Le bilan est lourd, il est épouvantable, mais de ce qu'a dit le procureur national antiterroriste, on le sait bien, il aurait pu être encore beaucoup plus grave qu'il ne l'est déjà. Et salue aussi l'action de la justice sur laquelle beaucoup trop de personnes malheureusement la remettent en cause. Et regardez la rapidité avec laquelle le procureur est en train de mener cette enquête, est en train de faire la transparence, y compris parce que les familles, les élus du territoire réclament cette vérité et cette transparence. La troisième chose... c'est quand les choses sont confuses, c'est aussi d'être clair sur le rejet de toute forme de violence. Le maire de Trappes a répété de nombreuses reprises depuis plusieurs jours une phrase que je trouve juste, et monsieur le maire je me permets de la reprendre à mon compte, c'est il y a des discours, en tout cas il y a des gens qui portent des discours et des mots, qui finissent par armer d'autres qui eux passent à l'acte. Je fais mienne complètement cette phrase. Et ça nous rappelle donc aussi qu'il faut lutter de la manière la plus claire qu'il soit devant toute forme de recours à la violence, devant toute forme de racisme, devant toute forme d'antisémitisme, devant toute forme de discrimination, d'homophobie. Bref, dans la République, le combat pour ses valeurs, il ne se fait pas à la carte. Et c'est le message que j'essaie. de déployer depuis que je suis Premier ministre, y compris dans cette Assemblée, lorsqu'on était tous bouleversés par cet affrontement entre ultra-gauche et ultra-droite avec la mort de Quentin, et dans lequel j'avais rappelé ici qu'on ne pouvait pas opposer un mort à un autre mort. Et cette réalité... Je le redis, dans la République, on ne peut pas opposer un mort à un autre mort. Et donc, le rejet de cette violence, le rejet de cette ambiguïté, dont je vois quelques remous ici ou là, n'est pas supportable et n'est pas tolérable, je le dis aussi. Enfin... Puisque la lutte contre le racisme et l'antisémitisme de nous mobiliser, vous le savez que le gouvernement a proposé un projet de loi qui vient durcir justement un certain nombre de choses en matière de racisme. Ce projet de loi, il n'a rien à voir avec le terrorisme, mais il participe très clairement au combat politique et culturel qu'il faut mener contre l'antisémitisme et contre le racisme. Et donc, il a été présenté en Conseil des ministres au mois de juillet dernier. Et donc, nous aurons l'occasion de l'inscrire rapidement, à l'ordre du jour du Parlement. Parce que, là aussi, ce combat culturel et politique, il doit être mené au-delà des paroles. Il doit aussi être mené dans les actes et notamment dans les votes. Merci, madame la présidente.
Merci beaucoup, monsieur le Premier ministre. Il vous reste juste une seconde. C'est court. Madame la Présidente Chatelain, une seconde.
Monsieur le Premier ministre, la République doit se lever, doit parler, et ça c'est l'hommage national, c'est ce que nous vous demandions.
Merci beaucoup Madame la Présidente Chatelain.
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