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Vous êtes bien sur Sud Radio, il est 13h03 et après avoir reçu Kauter Ben Mohamed qui est venu nous raconter les troubles dans la société marseillaise, nous avons un ancien dignitaire. Moi j'aime bien l'appeler l'éléphant parce que ça représente bien le symbole. de ces missions, de cette stature politique. Julien Dray est avec nous en studio. Bonjour. Merci d'être ici en direct sur Sud Radio avec nous. Vous étiez venu il y a un mois. Vous pressentiez déjà, j'ai réécouté notre échange, vous pressentiez déjà que la société française n'allait pas tenir comme ça très longtemps. Un, parce qu'elle a des fractures sociales et des douleurs dont vous reconnaissiez que la gauche avait pu à un moment donné être un peu à l'origine par quelques erreurs d'appréciation. Et surtout qu'il y avait des gens qui jetaient de l'huile sur le feu, qui utilisaient l'allumette avec beaucoup d'apropos par des déclarations justement qui sont un petit peu... inflammatoire. Vous avez vécu le 17 octobre comme nous, vous avez vécu la situation, la tragédie raciste de Trappes, ça va hélas dans le sens de ce qu'une dérégulation... de la société française annoncée ? Est-ce que je recevais hier Marc Andevel, journaliste d'investigation, qui a écrit un livre, L'argent magique, sur l'implication que le grand capital a eu dans la vie politique française et ses liens avec le pouvoir ? Juste là, en deux mots, parce qu'on a un auditeur qui nous appelle, que j'aurais dû prendre avant. que je vais prendre maintenant, en deux mots, le tableau que l'on voit aujourd'hui, il est conforme, hélas, à ce qu'ont lancé les erreurs successives des différentes gouvernances de la France ?
'est sûr que c'est une accumulation de choses, avec des couches sédimentaires qui se sont superposées les unes aux autres, des problèmes qui n'ont pas été traités, des incompétences qui se sont affichées, et maintenant on est dans un moment assez particulier, je trouve que le moment est un peu morbide. C'est vrai. On a l'impression qu'il y a deux trains lancés à grande vitesse. On sait que ces deux trains, ça va être un choc terrible pour la société. L'un contre l'autre. Les deux, on n'en a qu'une idée en tête, c'est affronter. La confrontation. Et tous ceux qui ont un peu le souci de la République, si je me permets, et de la France, parce que c'est aussi de ça qu'il s'agit, malgré tout, ça regarde. Ça se dispute pour des mesquineries et ça ne prend pas conscience de la gravité du moment. C'est ça qui m'inquiète.
Et les anathèmes qu'on se jette à la figure, justement, ces deux trains, des deux trains partent des insultes. Pour les uns, tout est la faute de Mélenchon. Pour les autres, tout est la faute du Rassemblement National. C'est comme ça qu'il faut lire les choses ? Ces deux extrêmes sont ceux qui mettent le feu au pays ? Alors,
eux, ils mettent le feu au pays dans la mesure où il y a des problèmes qui n'ont pas été traités. Il y a des choses qui ont été négligées ou sous-estimées. on y reviendra peut-être dans la discussion, et qu'effectivement, maintenant, on a une forme de jeu de rôle. Maintenant, on a une candidate du beau, si j'ai bien compris, et on a de l'autre côté un candidat de la laideur. Voilà, vous voyez où on en est. Mais vous savez, ça ressemble à une période historique que j'ai retravaillée depuis qu'on s'est vus, qui ressemble à la fin de la République de Weimar en Allemagne, en 1932-33. Tout le monde voyait, tout le monde savait, c'était pas les stupides. Ils ont même inventé l'idée de faire venir Hitler comme chancelier, qui était minoritaire, et qui a perdu dans les élections qui précédaient 600 000 voix. Le dénommé von Pappen va dire à Heidenburg, on va le nommer au gouvernement. Il va échouer. Et alors, les communistes allemands disaient, ça sera notre tour. Les autres pensaient que ça... Voilà, vous avez vu ce
qu'il en a été. Nous avons Olivier qui nous appelle de Bocquer. Olivier, vous avez une lecture aussi du drame que nous sommes en train de vivre. Vous pensez qu'il y a des anathèmes qui sont un petit peu maladroits
oui. Je vais reprendre l'exemple du train. Je pense que le train, le premier train, c'est Mitterrand qui l'a mis. Il est parti à toute vitesse, mais il ne savait pas où il allait. Donc c'est grave de dire après moi le délu, parce que la requête à 60 ans, c'était une erreur énorme. Les 35 heures, c'est le pire qui pouvait arriver à la France. Donc c'est vrai que là, je plains le futur président de la République, parce que je ne sais pas comment il va faire. Dans l'état de la France actuelle, je ne sais pas. Et je voudrais revenir un peu sur Bercoff. Tout à l'heure, je disais qu'ils ont trouvé des tracts. dans la voiture du tueur.
Le Monde avait annoncé qu'il y avait des tracts dans la voiture de Kevin, T, et pour ensuite le démentir en disant non, il n'y avait pas de tracts du RN dans la voiture.
Alors, voilà, de lancer des trucs comme ça, moi je viens de prendre mon programme de la semaine, et dans le programme de la semaine, du dimanche 25 au vendredi, il y a 8 commentaires ou films sur les nazis. Alors c'est peut-être une coïncidence, mais à chaque fois qu'il y a des élections, il y a des trucs sur la guerre 40, sur les nazis, les tortures. Là j'ai vu qu'il y avait un truc sur Klaus Hartmann-Barbie. Là on parle du troisième Reich, l'apocalypse, la destruction des juifs. Mais tous les jours il y a un truc, est-ce que c'est un hasard
Je suis un passionné de l'émission historique et je me félicite que l'histoire, toute l'histoire, c'est vrai qu'elles sont très nombreuses depuis très longtemps, en période électorale et en période électorale. Ça relate un fait, ce sont des faits historiques qui sont produits. Vous savez, il y a une jeunesse qui a oublié ça. Il y a une jeunesse qui a oublié ça.
Je pense que c'est un peu subliminal ce truc-là. On remue doucement, parce que c'est vrai que nous, à Boquer, on a une farouche opposante au RN, qui s'est déplacée à Orléans et tout, qui tous les jours fait des... sur les réseaux sociaux, attaque le Merlin, l'ancien maire qui était RN. De toute façon, tout ce que le RN fait, pour elle, c'est mal. Bon, elle a 13 personnes qui la suivent. Mais elle ne s'empêche pas de dire, de dire, de dire. Et vous savez, quand on dit des choses... à force, j'appelle ça des lavages de cerveau, ça rentre dans la tête. Lancez une idée comme ça, vous savez, vous rentrez dans un bureau, vous vous disputez avec quelqu'un, et quand vous sortez, vous vous dites, en tout cas, moi, je n'ai jamais pris en train de voler, et vous partez. Vous n'accusez pas le gars de voler ? Vous dites, moi, on m'a jamais pris. Mais c
'est non, c'est... Non, mais on connaît la pratique. Olivier... C'est trop facile. Olivier, on a reçu votre témoignage, votre avis est entendu. Voilà, il vaut ce qu'il vaut. Bon, pour l'instant, je pense que les citoyens français ont suffisamment de discernement. pour savoir s'ils sont manipulés ou si leur cerveau est lavé, mais ça n'empêche pas certaines officines et même quelquefois certains médias de succomber à des tentations, dans un sens ou dans l'autre d'ailleurs, de s'enfermer dans un cliché idéologique. Merci pour votre témoignage. Julien Drey, on a un auditeur qui lui, sa sensibilité est claire, il pense qu'il y a une espèce d'endoctrinement. Sur les réseaux sociaux, dans les médias, vous pensez qu'il y a effectivement, à un moment donné, certains médias qui vont dans un sens, d'autres dans l'autre ? Non mais, je pense
des périodes comme ça, chaque média et chaque responsable politique doit toujours balayer devant sa porte et commencer à se poser la question, est-ce que mes expressions, mes formules, mes déclarations n'ont pas été mal comprises, n'ont pas jeté sur le feu ? Mais il y a une réflexion d'un de vos collègues, samedi soir, qui m'a... touché parce que je pense qu'elle était juste. Il dit, vous considérez que c'est telle et telle chaîne de télévision ? qui font l'opinion et que c'est à cause d'elles que... Et lui disait non, c'est l'opinion qui donne la possibilité à ces chaînes d'exister. Ça veut dire qu'il y a...
C'est un fait. Cette équation est très juste, Julien André. Merci de la donner parce qu'elle rétablit un petit peu la réalité des rapports. Je pense que
c'est d'ailleurs un des problèmes, d'après moi, d'une partie de la gauche. Elle se trompe d'analyse de la situation. La société française ne s'est pas gauchisée. Elle s'est peut-être radicalisée. Oui. Mais elle ne s'est pas gauchisée. L'adhésion-valeur de la gauche que j'ai connue dans les années 70 est aujourd'hui plus faible qu'elle ne l'est aujourd'hui. Le peuple
français était plus à gauche antérieurement qu'aujourd'hui, ça c'est factuel. Alors, ça ne veut pas dire que la gauche
a disparu, mais ça veut dire que la gauche devrait se poser la question de savoir si elle a bien analysé la société, ses évolutions, ou si elle a su répondre à des attentes qu'exprimait la société et qu'elle est passée à côté. Et c'est pour ça que la chose qui m'énerve le plus, vous le savez... C'est l'utilisation, c'est pour ça que j'ai fait la référence à Weimar, l'utilisation à tout va maintenant du mot fascisme. Notre auditeur dit l'histoire, mais connaître l'histoire qui n'a pas de passé n'a pas d'avenir. Or, on a des générations entières qui utilisent le mot fasciste à tort et à travers et qui ne savent pas ce que ça veut dire. Du coup, ça le dévalorise. Du coup, évidemment, le jour, ils vont avoir un vrai facho. Un vrai facho, ils ne vont plus savoir les distinguer. Alors, bon, voilà, donc les nuances, ça existe. Vous savez, si vous me permettez cette remarque, j'ai appris une chose dans ma vie. C'est que... Le droit à se tromper, le droit à douter surtout, c'est un droit fondamental. Et c'est même un devoir. J'étais un homme bardé de certitudes quand j'avais 17-18 ans, mais c'est normal qu'à 17-18 ans on ait des certitudes. C'est normal même qu'on s'affronte à ses parents, dont on pense qu'ils sont un peu trop timorés, tendres, etc. C'est même un conflit utile, parce que ça va former notre caractère. Mais à un moment donné, quand on a un certain âge, on doit être capable d'avoir tiré les expériences de tout cela. Et moi je fais partie de cette génération qui doute en permanence. Vous faites état
de la différence entre certitude et conviction. Oui, parce que
j'ai eu des certitudes. J'ai eu des convictions et des certitudes. Maintenant j'ai des convictions, mais en permanence je me pose la question.
Alors puisqu'on parle sémantique, vous êtes un fin connaisseur de la dialectique et de la langue française. Est-ce que tout n'est pas fascisme et tout n'est pas non plus communisme ou stalinisme ? Est-ce que vous faites une nuance entre racisme et xénophobie ? Je pense que c'est une nuance qui va monter en disant qu'on peut détester un étranger sans avoir une haine raciale, et puis on peut détester un étranger pour ce qu'il est. Un étranger parce qu'il n'a pas à se trouver ici, mais je m'en fous d'où il vient, je ne sais pas ce qu'il pense. Est-ce que c'est une nuance qu'il va falloir faire
Alors là, vous voyez, ça fait partie de mes doutes, il va falloir que je réfléchisse de cette manière. Ce que je sais, c'est qu'il y a des mots que je n'emploie pas. Je vais prendre un exemple. Je n'emploie pas le mot islamophobe. Ce mollah, je n'emploie pas parce qu'il a une charge idéologique. Ce n'est pas simplement la haine du musulman. Il a été utilisé, construit par les mollahs et il a une charge idéologique qui vise à embrigader l'ensemble des musulmans dans un djihad contre, non pas l'homme blanc comme le croient certains, mais d'abord et avant tout contre la république et ses valeurs. Et les lumières. Et les lumières, elles ne sont pas blanches.
Elle peut exister l'islamophobie en tant que telle.
Non, le anti-musulman. les discriminations, tout ce que... Ça, ça existe, un compte état. C'est une réalité. Et je n'emploie pas ce mot. Vous voyez ce que je veux dire ? Parce que je n'ai pas envie de me retrouver à côté de gens avec lesquels je n'ai rien à voir.
Le risque, c'est quoi ? C'est que vous dénonciez un attentat de nature islamiste et on vous dit que vous êtes un islamophobe. De même que lorsqu'on dit, est-ce que la guerre de l'Ukraine était vraiment nécessaire ? On vous dit, vous êtes un agent de Poutine. Et donc, on a tendance dans ce pays à enfermer les gens dans des concepts, avec des clichés, et ensuite à jeter l'anathème. Est-ce que ce n'est pas un mal très français ? Vous, vous avez subi ça très longtemps.
Oui, je pense que c'est un mal français. En tout cas, c'est un mal de la démocratie aujourd'hui. C'est-à-dire justement que ceux qui normalement... doivent transmettre l'expérience, le savoir, et donc ce droit au doute, ne le font plus. Ils ne le font plus parce que, quand vous avez un président de la République qui fait autant de bêtises dans ses déclarations,
ce n'est
pas rien, je veux dire, avec des tâtonnements stupides, tout ça s'apaise. Moi, je vais vous dire aujourd'hui, comme je l'ai dit déjà depuis un certain temps, si à un moment donné, dans ce pays, Comme il y a eu dans des temps où la France était en péril. Elle est en péril. C'est ça qu'il faut dire. Elle est en péril ne serait-ce que déjà financièrement. Elle est au bord de passer sous la tutelle du FMI. Et je considère d'ailleurs que le Rassemblement National, comme Jean-Luc Mélenchon, à l'arrivée, c'est le triomphe du FMI. que les solutions qu'il propose ne tiennent pas debout. Et donc, ça sera comme ça a été le cas en Grèce avec M.
On continue à en discuter, vous restez avec nous.
Qui donne vraiment le tempo de cette mobilisation ? Les jeunes, les syndicats, les partis politiques, les réseaux sociaux. Vous en pensez quoi ? Vous pouvez nous le dire au 0826 300 300 et nous ici sur ce plateau. Pour mieux comprendre la question, nous recevons le baron noir, Julien Drey, cofondateur de SOS Racisme, ancien député.
êtes bien sûr ceux de radio, il est 13h19 et nous recevons Julien Bré. ancien dignitaire du Parti Socialiste. J'ai du mal à dire ancien parce que pour moi, vous inconnez toujours le Parti Socialiste qui n'appartient à personne, mais à ceux qui se sont battus à l'époque pour les valeurs de la gauche autour du programme commun. Ensuite, il y a eu beaucoup d'évolutions. Il y a eu 1983, il y a eu ce tournant. On va en parler. Vous nous en aviez parlé la dernière fois en disant qu'à un moment donné, on est rattrapé par le réel et il faut être pragmatique. Là, Julien Drey, vous assistez à cette dégradation très rapide du climat social français. société qui était en fracture sociale devient quasiment maintenant en fracture territoriale qui tire les ficelles de cette de cette colère elle est naturelle elle est spontanée elle devait arriver ou il ya quand même des gens qui aime bien un petit peu jeter il ya
toujours des gens d'ailleurs font croire qu'ils tirent les ficelles, puisqu'ils ne le tirent vraiment. Parce que là, dans la situation actuelle, j'ai l'impression quand même que c'est plus éruptif spontanément que de manière décrétée. Vous savez, on est dans une situation... Gramsci avait cette formule. Une situation révolutionnaire, c'est quand en haut, on ne peut plus, et qu'en bas, on ne veut plus. Et c'est en ce sens-là que, quand on applique cette formule au moment dans lequel on est, il peut y avoir même une précipitation. On pose la question, on va voir avec les lycéens, Même si je pense qu'ils ont obtenu quelque chose. Si j'étais un syndicaliste lycéen, je ne fais plus. Mais si j'étais un syndicaliste lycéen, je dirais quand même qu'on a gagné des choses. Ce n'est pas rien ce qu'il y a sur la table. Depuis quand ? Depuis hier soir. C'est pas rien ce qu'il y a sur la table. Comme en 1990, le mouvement lycéa, après avoir rencontré François Vitterrand, avait obtenu des choses substantielles, et la victoire avait
été actée. Julien de Réontil, les moyens de l'EPI. Jean-Paul Bréguéli, qui était là tout à l'heure, ce prof qui a écrit La Famille du Crétin, il disait, c'est très bien, c'est un numéro de comique extraordinaire, ils n'ont pas le début de l'ombre des moyens. Non, ça c
'est pas vrai.
D
'abord,
de l'argent,
il y en a toujours. J'ai appris ça, voilà. C'est bien tout le
problème.
Vous savez, j'ai appris ça dans les discussions budgétaires. 'est-à-dire que vous votez un budget, après il y a la régulation budgétaire, et elle, elle a mis des petites, comme les fourmis, elle a des petites niches, c'est-à-dire pour ça qu'ils se permettent à chaque fois de... Vous voulez dire que même au sens figuré, la planche à billets continue à exister ? Oui, elle continue à exister, par ailleurs. Vous avez bien vu, ce qui s'est passé avec l'agence de notation Moody, c'est intéressant. Tout le monde pronostiquait que la France allait être rétrogradée. L'agence n'a pas voulu. Pourquoi ? Pas parce qu'elle a regardé les fondamentaux.
Parce que ça coûterait plus cher.
Parce que la France, ce n'est pas n'importe qui en Europe. Et personne ne peut jouer la faillite française. C'est de ça que joue d'ailleurs Jean-Luc Mélenchon. Il dit, ils n'oseront pas nous mettre en faillite, donc tous mes permis. Oui, jusqu'à un certain point. Mais là, on est dans ce moment où, franchement, ce qu'ils ont donné sur les lycéens, ça permet d'améliorer le quotidien de la vie lycéenne. Ce n'est pas la révolution. Moi, j'ai discuté avec des lycéens et des lycéennes par le plus grand des hasards. le 17 octobre, beaucoup de lycéennes d'ailleurs, elles étaient très déterminées, et il y avait des choses qui étaient simples, c'était très intéressant parce que c'était vraiment le vécu, qu'est-ce qu'elles me disaient ? Les toilettes. Ça revenait comme une référence permanent. Monsieur, c'est pas possible. En plus, non les défis. J'insiste pas. Non les défis, donc c'est important. Deuxièmement, les profs qui sont absents et les emplois du temps de dingue qui découlent de ça. Donc, elle me disait, 3-4 heures, on sait pas quoi. Et avant, nous, dans les lycées que j'ai fréquentés... On avait ce qu'on appelait les foyers socio-éducatifs. On avait les CDI. Maintenant, il n'y a plus de foyers, parce que personne n'en veut. Il n'y a quasiment plus de CDI, parce qu'au CDI, il faut demander le droit d'eux. Donc, ils traînent, ils ne savent pas quoi faire. Bon, ça, c'est des choses qui peuvent être réorganisées. Ce n'est pas dramatique, ce n'est pas impossible. Et puis, il y avait évidemment ce truc terrible qui s'appelle Parcoursup. Bon, la promesse est sur la table. Là, il va falloir être vigilant, mais là pas. Voilà. Donc, à ce stade-là, ce qu'ils ont mis sur la table permet d'améliorer le quotidien lycée. Tout à fait. J'ajoute... qu'elles ont été très discrètes, vous avez remarqué. Parce que dans la crise lycéenne, il y avait quand même des gens qui étaient en cause, qui étaient ceux qui dirigeaient les régions. Parce que c'est elles qui ont la responsabilité du bâti. Les lycées, les lycées relèvent des régions, et les collèges des départements, et les écoles primaires des communes. Vous avez remarqué que les présidentes et présidentes de régions, ils se sont mis aux abonnés absents. Très discrets. Pourquoi ? Parce que, malheureusement, ils ont renié les budgets, notamment les budgets d'entretien et de rémunération du personnel d'entretien dans ces lycées. Alors, Anissa, que vous pouvez dire d'abord, qui soutient
ce mouvement ?
Alors plusieurs organisations, mais chacune avec ses appels et ses moyens d'action. D'abord vous avez les organisations de jeunesse, les lycéens et renouveaux lycéens. qui appelle par ailleurs à poursuivre les 31 octobre et 5 novembre. L'Union syndicale lycéenne, l'Union étudiante, l'UNEF, l'AFAGE et Solidaires étudiants portent une même plateforme de revendications. Ensuite, les syndicats de salariés, la CGT apporte une aide très concrète, présence devant les établissements, protection des cortèges locaux pour les assemblées générales. Elle pousse à généraliser la grève le 5 novembre. Ce jour-là, la CFDT, l'UNSA et la FSU appellent aussi à faire grève et manifester. La CFTC participera à la mobilisation selon ses déclarations aussi. Solidaires soutient les lycéens. La Confédération Paysanne a même appelé les agriculteurs à rejoindre les blocages entre acteurs. Côté politique maintenant, LFI soutient publiquement le mouvement. Il avait appelé ses élus à participer au 24 octobre. Le PCF et les jeunes communistes préparent le 5 novembre. Le PS et les écologistes ont également appelé à rejoindre les lycéens. A l'extrême gauche, vous avez les deux NPA et lutte ouvrière qui apportent aussi leur soutien à la mobilisation.
Merci Yannis. Avant de donner la parole à Hugo... Monsieur Drey, vous qui avez accompagné des mouvements sociaux, là vous sentez qu'il y a quand même une convergence, un ras-de-bol. Alors les Gilets jaunes ont du mal à redémarrer, mais le mouvement, les syndicats, là vous sentez qu'il y a une colère, une clameur populaire qui est en train de se soulever ? Je regarde ça
avec un peu de distance, mais avec un petit sourire en coin. Parce que si vous me permettez, je dirais, vu tout ce qu'on a dit sur le baron noir, pense que du ton d'abord en noir, les choses étaient comme un peu mieux tenues. Je vous le conseille. Et que beaucoup aujourd'hui, qui m'ont très critiqué, qui m'ont même voulu tuer le père, ou même brûler, doivent regretter de ne pas avoir des vraies organisations étudiantes, lycéennes, des vrais partenaires avec qui discuter. Je regardais la manifestation jeudi, le petit 17, et il y a quelque chose qui m'a choqué. Ce ne sont plus les manifestations comme j'ai connu, c'est un agglomérat d'individus. Avant, vous aviez ce qu'on appelait des chaînes, c'est-à-dire les gens se mettaient en chaîne, les uns les autres, vous aviez des banderoles collectives. Et donc il y avait un collectif. Vous voulez dire une cohésion ? Oui, voilà, je cherchais le mot. Une cohésion. Une cohésion qui renvoyait à ce collectif-là. Là, c'est une addition d'individus. Et d'ailleurs, la forme qui est choisie est révélatrice. Chacun a son panneau. Son borceau de carton. Reflet de la société. Oui, je suis d'accord. L'individualisme a même gagné les manifestations. Mais ça, c'est très compliqué, parce qu'à partir de là, moi, j'étais boulevard de frayer de l'an, je ne vais pas vous le cacher, j'avais des milliers de lycéens, personne ne savait où ils devaient aller. La seule chose qui s'est imposée à un moment donné, on va chez Macron.
Et puis peut-être que le contenu des cerveaux était un petit peu plus structuré et riche.
Ah oui, parce que le fait d'appartenir à des organisations faisait que c'était quand même des écoles de formation.
Parler du niveau scolaire également, voilà.
Enfin moi, ce que j'ai discuté, c'était loin d'être des gens qui étaient totalement abrutis par leur portable. Ah non, le bon sens est là, c'est peut-être la connaissance. y avait, bon, ils sont pas, voilà, moi j'ose pas dire de mon temps, alors en plus, ça a été repris, de mon temps c'était mieux. Ce qui était certain, c'est qu'auparavant, vous aviez une discipline collective qui découlait de cette appartenance ou de ce soutien à des organisations. Aujourd'hui, dans les cycles que vous avez donnés, je peux vous le dire sans témoignage, autant les organisations adultes, ça existe, etc. Dans la jeunesse, ce n'est que des petits groupes qui s'autoproclament porte-parole. Avant, il y avait quand même... Je vous donne un exemple. Est-ce que vous avez vu des assemblées générales voter la grève ? Non, mais... Non, il n'y a pas d'assemblées générales qui votent la grève. Donc, il n'y a pas de débat. On met des poubelles. Bon, là, je pense que d'ailleurs, les poubelles, elles ont gagné beaucoup d'argent, les fabricants de poubelles, ces derniers temps. On met des poubelles. Et la minorité qui a mis les poubelles qui s'élevaient une demi-heure plus tôt que les autres, décide que c'est la grève et pointe à la ligne. Julien Dré,
les
réseaux sociaux permettent
à chacun de faire un petit royaume, un
petit parti. Oui, mais dans les réseaux sociaux, si vous aviez des organisations, on pourrait aussi... Bon... et aussi
s'en servir de
manière équipement.
On continue à en discuter. Hugo, je vous donne la parole, on fait une petite pause, je vous donne la parole immédiatement après le retour de pause.
Un mouvement divisé, comme vient de le dire Julien Dré. A votre avis, vous, qu'espèrent gagner les partis qui soutiennent cette colère des avancées sociales, un affaiblissement du gouvernement ou un avantage pour la présidentielle ? Appelez-nous au 0826 300 300 et partagez vos réflexions.
Vous êtes bien sur Sud Radio, il est 13h31, je reçois Julien Dray, dit le baron noir, mais il n'est pas si baron, il n'est pas si noir que ça, et ça le met en colère parce qu'il trouve que c'est très injuste, et on en discute de façon assez passionnée, parce que Julien Dray qui n'a plus rien à prouver, il se livre, il dit ce qu'il pense, et effectivement ce qu'il pense correspond hélas souvent à la réalité. Nous avons Hugo. qui nous appelle dans le Gard à l'Est. C'était une ville ouvrière, il y avait des mille autrefois à l'Est. Hugo, qu'est-ce que vous pensez de ce mouvement de jeunesse ?
Tout d'abord, bonjour à tous et merci de m'accueillir. Moi, je pense que ce mouvement avait tout à fait lieu d'être. Il était temps d'ailleurs que la jeunesse se mobilise. puisqu'aujourd'hui on peut défendre l'éducation nationale et ce qui se passe aujourd'hui dans les lycées, les facs, etc. Mais je pense que la colère va bien au-delà.
Vous êtes enseignant, Hugo ? Non, je
suis papa de trois enfants et grand-père également.
Donc vous connaissez bien le sujet.
à fait, et plus particulièrement le milieu scolaire pour les personnes en situation de handicap. Donc il y a des choses à dire, effectivement. Donc moi, je suis mobilisé pour ce mouvement, je suis ce mouvement, et il va falloir également, de mon point de vue, bien entendu, ce que je dis n'a aucune vérité, si ce n'est la mienne, que ce mouvement prenne beaucoup plus ampleur et que ce gouvernement recule face à un pas en arrière et vienne un petit peu lâcher du lest. Maintenant où je suis un petit peu déçu, c'est sur tous les anathèmes que l'on peut apporter à tous ceux qui seraient un petit peu précurseurs, ceux qui iraient pousser dans la violence, ceux qui voudraient récupérer à leur compte, etc. J'ai envie de dire à toutes ces personnes qui ont ce courant de pensée-là, finalement, eux-mêmes, qu'est-ce qu'ils font, finalement, si ce n'est quelque part de vouloir réussir, de justifier, de vouloir faire les justiciers de ceux qui ont plus la vérité que d'autres. de dire que la France insoumise inciterait à aller récupérer la jeunesse. Mais ces mêmes personnes, qu'est-ce qu'elles font réellement ? Qu'est-ce qu'elles proposent réellement ? Est-ce qu'elles sont dans la rue ? Est-ce qu'elles mettent sur la table des propositions qui vont nous permettre aux prochaines élections, par exemple, qui sont très proches, de faire avancer notre pays sur les questions sociales ? Je suis quelqu'un qui est profondément à gauche. Je ne suis ni un communiste, je ne suis ni un insoumis, ni un socialiste. Je fais, on va dire, un mélange, un mix de ces propositions et pour lequel j'irai apporter, on va dire, mon soutien à celui qui me correspondra le mieux. Donc je n'ai pas d'étiquette réellement. Vous avez toujours voté à
gauche ? Hugo, vous avez toujours voté à gauche ?
J'ai toujours voté à gauche, effectivement. Je me suis toujours forcé à aller voter, bien que malheureusement, parfois, cette fameuse démocratie du vote... c'est d'aller voter finalement au deuxième tour. On a tous connu ça. Oui, par défaut.
On élimine au deuxième.
Voilà, donc c'est là aussi où la façon démocratique aujourd'hui me dérange quand on voit que des personnes qui vont voter, il y a des votes aujourd'hui qui ne sont pas pris. Dans les suffrages exprimés, je parle du vote plan par exemple.
Bien sûr, très bon sujet.
Et malheureusement, ce vote-là, lorsqu'on nous incite à aller s'exprimer, c'est un vote d'expression populaire. C'est un vote de rejet. Malheureusement, il n'est pas entendu. Et quand moi j'ai les résultats du deuxième tour d'une élection présidentielle où on a cette part de fromage qui est divisée en deux sur 100%, on va avoir 52 contre 48% par exemple, on a oublié de mettre dans ce fromage ces votes de part blanc qui ont toutes leur importance. Puisque sur un nombre de votants, est-ce que la personne qui sera élue aura la réelle légitimité au pourcentage de votants ce jour-là ? Vous soulevez, Hugo,
un vrai problème de notre démocratie. Je pense qu'un jour il faudra s'y attaquer. Pour autant, Hugo, vous regrettez une gauche prolétarienne de masse motivée et légitime ? Vous trouvez qu'elle n'est plus représentative du peuple ?
Moi je pense qu'elle l'est en partie, maintenant il ne faut pas tout mélanger, il ne faut pas faire d'amalgame. Aujourd'hui dans une manifestation, il y a des gens qui vont avec de bonnes intentions, donc il ne faut pas mettre tout le monde dans le même panier. Il y a des gens qui sont là vraiment pour mettre le désordre, pour casser, pour brûler. Mais il y a une majorité de gens qui ne sont pas là pour ça, qui veulent manifester pacifiquement. Il y a aussi du côté des forces de l'ordre, des personnes qui sont mal avisées, mal attentionnées. Les numéros Rio ne sont pas affichés, etc. Donc chacun... à sa part de responsabilité. Je ne suis pas en train de dire que l'un est meilleur que l'autre. Je dis qu'il faut analyser des choses convenablement à tête reposée et sortir la légitimité des uns et des autres dans les erreurs qu'ils font tous. à un moment ou à un autre. Et ce qui me dérange le plus dans cette société également, quand on entend nos politiciens, on parle beaucoup de fake news, quand on voit des informations sur les réseaux sociaux, etc. Mais si je prends aujourd'hui trois politiciens, trois partis politiques différents, et qu'on entend leurs propos sur un sujet spécifique, on aura trois paroles différentes. Moi j'ai envie de savoir qui est celui qui nous formule une fake news à ce moment-là. Puisqu'en théorie, lorsqu'on parle de chiffres, lorsqu'on parle... de sondages qui ont été réalisés avec sérieux, on ne peut pas mentir et avoir des idées différentes. Il
peut y avoir des analyses, d'abord il peut y avoir des erreurs, et ensuite il peut y avoir des analyses divergentes, sans que ce soit une fake news.
Les divergences, oui, maintenant quand il y a des faits établis et que l'on va sur des idées différentes, c'est là où on se perd, et tout à l'heure vous parliez effectivement... On est de plus en plus individualiste parce que la société a voulu qu'on soit comme ça. C'est qu'on l'a créé aussi cette société pour qu'on soit moins les uns avec les autres, pour qu'on se rencontre le moins possible, pour qu'on s'organise le moins possible pour mettre à mal ce système. Le fait de nous diviser va être utilisé par qui ? forcément, par un système qui n'a pas besoin de nos avis, par un système qui avance finalement comme un rouleau compresseur et qui avance les pions.
Hugo, le libéralisme et le consumérisme ont quand même beaucoup modifié la donne et la gauche a sa part de responsabilité dans sa dégradation. Donc si je vous comprends bien, il faudrait peut-être remettre tout à zéro, tout à plat et faire l'équivalent d'état généraux pour redonner et redistribuer les valeurs. Merci Hugo pour votre témoignage. Je voudrais que Julien Dré... Vous avez dit beaucoup de choses, Hugo, et je pense qu'il y a certaines idées qui interpellent Julien Dré. Retrouver de la légitimité... Dans
les propos de notre auditeur, il y a une question latente qu'un jour il faudra poser. Est-ce que les institutions de la Ve République sont adoptées à un monde moderne ? comme nous le sommes aujourd'hui ? Je ne le crois pas. Est-ce que cette élection présidentielle n'est pas la pire des choses ? Ce que je pense.
Vous voulez dire au suffrage universel, qui donne au chef de l'État un pouvoir régalier. Qui crée la verticalité.
élisez un chef et à partir de là, tout s'aligne derrière le chef. Voilà. Et je pense que ce n'est pas ça une vraie démocratie. Ça
peut être rectifié. Les pouvoirs du président de la République peuvent être un peu réduits. On remet l'article 20 en valeur qui dit que le gouvernement déterminé qu'on dit la politique. Et lui reste arbitre à l'Élysée sans décider de qui fait les sous
-préfets. J'attends de voir la praticabilité de cette interprétation de la Constitution, me semble-t-il. Vous savez, j'ai souvent raconté cette anecdote. qui m'a été raconté par un grand juriste, un monsieur que je respecte énormément, qui s'appelle Pierre Mazot. Quand se pose la question, quand le général discute avec Michel Debray de la modification de la Constitution, Michel Debray est très réticent à l'élection du président de la République. En 62. Et De Gaulle hésite. Donc on dit, bon, on va faire ça, parce que sinon, c'est le Sénat qui va décéder, et c'est...
Gaston Monnerville, qui était président du Sénat. Non, mais c'était
l'autre, là, je ne me rappelle plus son nom à chaque fois, j'oublie. Bon, enfin, on le retrouvera. Et il dit, on va faire ça. Mais vous savez, il faudra quand même l'enlever après, moi, parce que c'est quand même dangereux, ce truc-là.
Michel Debré, Premier ministre, ils vont faire le référendum. Un jour, vous
interviewerez Pierre Mazot, il est encore vaillant et heureusement, et j'espère que ça va durer encore longtemps, mais il vous racontera cette anecdote, il ne l'a pas inventée. C'est pourquoi je pense qu'à un moment donné ou à un autre, la question de ce que j'ai appelé à l'époque la Sixième République, qui a maintenant été là aussi galvaudée par tout le monde, c'est-à-dire une vraie République parlementaire. pourrait être un débouché à la situation. Le problème, c'est qu'il y a tellement de candidats à la présidente de la République, et ils pensent tous qu'ils sont des sauveurs suprêmes, personne ne va vouloir faire la 6ème République. Parce que même, regardez, même Jean-Luc Mélenchon, qui se revendique de l'héritage commun, puisque nous l'avions conçu à l'époque ensemble, maintenant il nous explique... qu'il va être d'abord élu président de la République, qu'il faudra trois ans, et qu'après, au bout de trois ans, on verra ce qu'on fera. Donc lui-même est déjà dans la logique, ce qui est normal pour un léniniste, du parti sauveur, et du parti qui va guider tout à la place des autres.
On en avait parlé quand vous étiez la dernière fois. Vous avez rencontré Emmanuel Macron avant qu'il soit président, ou non
parce qu'au début, il était séduisant. Et quand vous êtes, comme moi, toujours tenté de convaincre et de transmettre, parce que ça c'est mes traditions familiales et c'est ma tradition personnelle, c'est vrai que c'était un garçon intéressant. Intéressant, intelligent, respectueux à l'époque, extrêmement respectueux, curieux. Bon, alors on dirait peut-être tout ça. Il
vous dit qu'il va y aller à l'époque ?
On a une conversation, j'avais été malade et donc je reviens le voir après, en 2016, en mai 2016. Et il me dit, il faut que je te dise quelque chose, parce qu'on ne s'était plus parlé depuis un certain temps. J'ai décidé d'être candidat à la présidence de la République. Je le regarde avec des yeux hallucinés. Je lui dis, mais comment ça, c'est quoi ce truc-là ? D'abord, pour être honnête, je lui dis, mais qu'est-ce que tu vas faire d'Hollande ? Il me dit, à juste titre, il a bien vu le coup, mais Hollande ne sera pas candidat. Et moi, je ne veux pas soutenir Manuel Valls. Donc je vais être candidat. Je lui dis, d'accord, mais quel est l'intérêt ? Je lui dis, je vais être candidat, non pas pour être président d'ailleurs. Je lui dis, je vais faire 7 ou 8% et puis je prendrai date. Je lui dis, non mais ça c'est stupide. Sois député, apprends le métier si vous me permettez, apprends à connaître la France. Tu ne connais pas le pays, on ne peut pas être président de la République si on n'est pas imprégné de cette identité. Il me dit mais tout ça c'est vieux, c'est dépassé, il a été élu, donc il disait, vous voyez j'ai eu raison.
On a Franck qui nous appelle de Valence et je ne sais pas si Franck est un dréiste mais peut-être qu'il est assez sensible à vos propos. Bonjour Franck.
bonjour Perico et bonjour Julien Dray. Merci de nous appeler
Franck. Je
suis un fan de Julien Dray. Ah, j'en ai un,
ça y est. Il y en a quelques-uns. Allez, on va.
Écoutez, parce que j'écoute beaucoup avec beaucoup d'attention Julien Dray. Je suis électeur socialiste bien dépité depuis assez longtemps parce que je me demande où le parti socialiste va. et après avoir abandonné une partie du peuple de gauche, et j'en suis le plus désespéré, parce que je pense que ce vrai parti socialiste dont on a besoin, il a encore toute sa place à la prochaine élection présidentielle, mais je n'ai pas la conviction, de mon point de vue, que pour le moment, on a le bon candidat. Écoutez, c'est comme ça, c'est pour ça que j'écoute beaucoup les analyses de M. Drey et de Julien Drey, parce qu'elles sont toujours pleines de bon sens, de réflexion. d'histoire aussi, parce que pour comprendre le présent, il faut connaître le passé. Et je pense que tout ça a son importance. Alors, la démocratie... tout à fait d'accord avec ce que vient dire M. Drey concernant la 6ème République. De mon point de vue, qui n'engage que moi, je pense que cette 5ème République, elle était adaptée à une bipolarisation de la vie politique française, à partir du moment où on avait deux camps politiques qui étaient destinés à gouverner le pays. Ce qu'on appelait... la droite et la gauche avec les partis majoritaires comme le Parti Socialiste et le RPR qui est devenu après l'UMP, le Mouvement pour la Majorité Présidentielle. Mais dès lors que le président de la République actuelle est passé par là et il a complètement déconstruit tout ça par sa politique, par son comportement, c'est-à-dire qu'on n'a plus ces partis politiques qui étaient destinés à gouverner, qui ont été quasiment dissous, répandue façon puzzle, comme aurait dit Yodiard, on arrive maintenant à une bipolarisation du système qui est par les élèves. Alors, on se pose la question, deuxième tour, on fait quoi entre l'LFI et le RN ? Je ne peux pas me résoudre à cette idée unique de devoir choisir entre ces deux parties extrêmes au deuxième tour de l'élection présidentielle. Alors, c'est là où peut-être M. Drey, justement, peut-être analyse bien sûr en disant que la démocratie est plus adaptée, mais... Monsieur Drey, faites quelque chose pour qu'on ait un candidat du Parti Socialiste qui redonne la fierté du peuple de gauche, cette espérance où il a été oublié ce Parti de gauche. Je compte sur vous, monsieur Drey. Vous
faites, Franck, vous êtes électeur à Valence ou non
alors je suis électeur à Valence. Donc vous avez voté Rodolphe
Pesse à un moment donné, qui a été un grand-mère socialiste. Ah oui,
écoutez, alors aller à Rodolphe Pesse, c'était une légende à Valence. N'est-ce pas ?
Voilà, Julien Dré l'a bien connu. On marque une petite pause et Julien Dré réagit à vos propos. Merci, merci Franck de nous avoir appelés sur le sud de la cour.
Qui tire les ficelles de la colère sociale ? On en parle avec Julien Dré, ancien député et figure de proue du parti socialiste. On a parlé des organisations politiques et syndicales qui soutiennent le mouvement. Et vous, quand un élu rejoint un cortège, est-ce que vous vous sentez représenté ou utilisé ? Dites-nous ce que vous pensez au 0826 300 300.
Vous êtes bien sur Sud Radio, il est 13h48, je reçois Julien Drey avec lequel nous essayons de savoir, de comprendre qui tire les ficelles de cette colère. Julien Drey nous confirme que c'est un mouvement qui vient de beaucoup plus de profondeur, même s'il n'est pas vraiment coordonné, que ça manque de cohésion, mais que ça témoigne en le cas d'une souffrance et d'une colère populaire qui aura inévitablement des conséquences sur le paysage politique dans les... Dans les jours à venir, vous me dites, vous venez de venir avant que je donne la parole à Nathalie qui nous appelle de Cap Breton, vous me disiez à l'instant, la donne actuelle, le paysage politique tel qu'on le voit aujourd'hui, ne sera pas forcément le même en début d'année, parce qu'il va y avoir des redistributions inévitables pour que les gens se présentent, les candidats se présentent en ordre de façon cohérente à cette élection présidentielle. Je pense
que, si vous me permettez, la crise sociale, pour l'instant, elle n'a pas impacté la campagne présidentielle. Les chevaux continuent à courir. Ils sont à terre seuls. Ils continuent à courir. Ils font référence, mais ça n'a pas impacté. Mais si, à l'analyse que vous faisiez, et que je fais aussi, la profondeur de la crise, peut-être même l'incapacité à trouver des solutions, parce que dans les jours qui viennent, on va voir si les lycéens se contentent de ce qu'on leur a donné, ou si ils considèrent qu'il faut aller plus loin. Parce qu'au fond d'eux-mêmes, ils ont envie que ça aille plus loin. Si le 5 novembre, ce que me disent les organisations syndicales majeures, elles me disent qu'il y a une colère très forte.
en avez vu d'autres
? Oui, j'en ai vu d'autres, mais j'entends... Bon, moi j'écoute beaucoup, je trouve que c'est une des dirigeantes les plus brillantes, et que c'est celle qui a une meilleure vision du dialogue social. J'écoute beaucoup la dirigeante de la CFDT, et elle me dit, elle dit, pas moi, elle vous la dit à vous, elle dit qu'il y a quelque chose de très profond, nous-mêmes, on sent. chez nos militants, nos militants, mais c'est ce que dit aussi, à sa manière. Elle est plus convaincante
que Mme Binet. C'est-à-dire que
Mme Binet, elle pense toujours que c'est la Révolution. Elle fait partie d'un courant que je connais. Donc, bon, elle est respectable. Elle a blanchi son harnais dans des sphères que je connais bien. Mais CFDT, elle est plus en prise sur, d'après moi, une réalité contradictoire. Et quand la CFDT se met en colère ou dit des choses, ça veut dire qu'il se passe quelque chose.
Constante de la CFDT. Nicole Nota, Laurent Berger... Oui, mais bon, là, on a... Alors que la CGT n'a plus que Razuki à sa tête. Julien Dré, on a Nathalie qui nous appelle de Cap-Breton, qui elle, comme vous, redoute le scénario annoncé pour l'instant à choisir entre la France insoumise et la Ration nationale. Bonjour Nathalie.
Bonjour Péricault. Merci de nous appeler
sur Sud Radio.
Merci à vous. Vous êtes inquiète, je
sens que vous êtes inquiète.
Oui, je suis inquiète. J'écoutais avec beaucoup d'attention Julien Dré que je salue.
Bonjour.
que je remercie.
Merci. C'est tout, vous le savez, vous le remerciez. Oui, c'est une
analyse claire. Vous
ne soutenez pas encore dans sa volonté de reconstruire une gauche républicaine.
J'aimerais bien. Merci M. Macron d'avoir tué la gauche. Oui, vous avez raison. Ceci dit, la gauche n'a rien fait pour ne pas se tuer elle-même.
Vous avez raison aussi. Je vous écoute, Nathalie.
Moi, je suis née en 68, donc je suis la génération Mitterrand. J'ai connu la guerre froide, la peur, l'anxiété. Il y avait aussi beaucoup de grèves à l'époque. Et je m'en souviens très bien, même si j'ai un âge maintenant certain. Je me souviens de tout cela. J'ai cinq enfants. Je les écoute parce qu'ils ont entre 35 et 21 ans. Je comprends bien leur anxiété parce que la colère, c'est d'abord de la peur. Je pense que cette colère, elle est profonde. Mais j'ai quand même beaucoup, beaucoup de peur. Il ne faut pas oublier que le Covid est passé par là et c'est une génération qui n'a pas vécu la même chose que nous. Donc il faut essayer de décomprendre. Je suis d'accord avec M. Julien André, on est quand même dans une société extrêmement individualiste, extrêmement, et en même temps, comme vous le dites, dans ces mouvements, ils se retrouvent, mais chacun avec des... avec des désirs différents. C'est ça qui est un peu troublant. On a du mal à les comprendre, en fait. Ça se reparle un peu dans tous les sens.
Et vous, vous avez besoin de comprendre des
directives
plus claires, si je comprends
bien. Ce qui me révolte... Et moi j'aime la politique, parce que j'aime la philosophie aussi, c'est-à-dire le sens de la vie,
le sens de
la société. Je pense d'ailleurs que la philosophie devrait pas être enseignée dès le primaire aux enfants, et pas en terminale, et pas que avec les grands voteurs, mais qu'est-ce que c'est la philosophie ? C
'est envisageable, c'est très tout à fait. Il y a des pédagogues qui y ont pensé.
En fait, il n'y a plus de sens dans cette société. Les enfants n'ont plus de sens. Plus de repères. Il n'y a plus de repères. se repèrent sur les réseaux sociaux quand vous y allez vous-même en tant qu'adultes, mais c'est infarnal. C'est innommable ce qu'il y a dedans. Donc eux-mêmes ne peuvent pas s'y retrouver, 'où aussi cette violence. Moi, ce qui m'inquiète, ce qui me révolte, je me refuse, comme Franck tout à l'heure, et je le remercie, à voter entre le Front National et l'extrême gauche. Je m'y refuse. Néanmoins, ce droit de vote, j'y tiens. Est-ce que
vous vous prononcerez quand même, ou est-ce que vous aurez l'option du vote blanc si vous ne voulez pas mettre un bulletin dans une urne qui ne vous convient pas ? Ou malgré tout, il y aura quelque chose de plus fort que vous qui vous dira, je ne peux pas voter à droite, ou voilà.
C'est ça qui me révolte Péricault. C'est qu'en fait, je n'aurais pas le choix. Donc, il faut tout faire
pour que cette option ne se présente pas.
Mais c'est ça. Donc, Julien, s'il vous plaît, faites quelque chose pour nous.
Vous êtes deux à appeler Julien Dré au secours. Il ne s'y attendait pas du tout. Parce qu'il a envie de prendre sa retraite. Il ne se voyait pas du tout propulseur devant la scène comme le serveur de la gauche. Mais au point où on en est, on sera peut-être bien content de l'avoir quand même, dites-moi.
Je dis bien parce que c'est un joli prénom, mais faites quelque chose pour nous. On a besoin de voter pour qui on veut et pas... Pas pour qui on ne voudrait pas. Vous voyez ce que je veux dire ? Ce vote, c'est trop important. Moi, je regarde un petit peu ce qui se passe aussi dans le monde. Ce qui s'est passé en Albanie, c'est incroyable quand même. C'est les étudiants qui vont nier de l'élection. On n'en parle pas assez. Il faudrait aussi que les médias fassent attention à ce qu'ils disent. Il y a trop de polarisation dans notre société. Moi, je me refuse à croire qu'il y a deux Frances. Il n'y a qu'une seule France. Elle est multiple. Comme j'en ai marre qu'on dise les vieux, parce que les vieux ne sont pas tous les mêmes, qu'on dise les jeunes, parce que les jeunes ne sont pas tous les mêmes, qu'on dise les français, parce que les français ne sont pas tous les mêmes, qu'on dise les jeunes, il paraît qu'on dit des enfants, mais ce n'est pas des enfants.
Vous êtes Gaulien tous les deux. En fait, le nom que vous désignez, dont vous ne voulez pas, c'est la chienlit. Vous ne voulez pas de cette chienlit qui
aboutit. Je trouve que c'est un beau pays, la France. On a beaucoup d'atouts. D'ailleurs, je trouve qu'on devrait le dire plus. C'est-à-dire axer plus notre discours sur ce qui va bien. Parce que ce discours anxiogène sur tout va mal. ça met un petit peu quand même de l'eau dans le moulin. On
écoute Julien Dré qui a plein de choses à vous répondre. Merci Nathalie de nous avoir appelé. Je
pense que ce qui est intéressant, ce qui n'était pas prévu, c'est vos auditeurs. En fait, l'angoisse qu'ils ont, et que je partage totalement, ce que je vous ai dit tout à l'heure, c'est des deux trains à grande vitesse. Moi, je pense que 60 à 65% de la France ne veut pas de ça. Et voudrait pas avoir à choisir. Moi, je sais personnellement... C'est très clair, ça. C'est pour moi un drame. Le matin, quand je me pose cette question, je dis, bon, je vais voter blanc. Mais c'est pas possible. Bon, il y a des choses... Voilà, et j'ai sans arrêt autour de moi des gens qui me disent alors. C'est pour ça que je vous ai dit que je pense que le paysage présidentiel va être obligatoirement impacté. Et donc modifié. Et donc modifié. Voilà. Je crois pas au sauveur suprême, mais je crois par contre que dans l'histoire de France, il y a un moment donné où... C'était ça la force du général, mais ça était aussi ça la force, à mon donné, de François Mitterrand. C'est-à-dire d'être capable d'unir le pays sur un projet. La question de cette élection présidentielle, c'est de redonner du sens.
Vous voulez dire, Julien Dré, qu'il y a aujourd'hui des personnalités qui se tiennent en réserve de la République pour intervenir au mois de janvier ? Non, je pense qu'il y a des gens qui
doivent discuter ensemble, par-delà un certain nombre de différences. Je veux dire, sur l'éducation, moi je suis certain que si on se met autour de la table un certain nombre, on est capable de faire la révolution éducative qui a besoin de ce pays. la réforme de l'État, sa décentralisation, etc. On est capable de faire ça ensemble. Si on est capable de faire ça ensemble, alors la société peut retrouver confiance en elle. Vous
venez de dénoncer les trois thèmes pour lesquels je vais vous inviter et sur lesquels on dissertera sur cette radio du Parlez Vrai et vous y êtes tout à fait à votre place. Merci, merci de m'avoir invité en tous les cas. Merci également
à Kauter Ben Mohamed, président de Marseille en colère, qui était avec nous un petit peu plus tôt. Merci également à Jean-Paul Brigeli, essayiste et auteur de la Fabrique du Crétin et l'École sous-emploi. Prise à suivre Brigitte Lai sur Sud Radio avec pour thème la grève du sexe.
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