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Et l'on retrouve donc Elisabeth Lévy, un petit peu de mouvement dans le studio, mais rien de grave ma chère Elisabeth, bonjour. Bonjour Jacques, bonjour à tous. Alors curieusement, les mesures du gouvernement pour les lycéens ont été annoncées par des influenceurs.
Eh bien oui, eh bien, rendez-moi ma feuille. Oui, et ce patacasse de communication, Jacques est très significatif. Parce que, avant 14h, les journalistes qui poiretent... devant Matignon, en attendant la délégation lycéenne, ont vu sortir donc des influenceuses éducation dont deux se sont complaisamment exprimés, critiquant vertement des mesures qu'elles n'étaient pas censées divulguer. Alors, une dizaine de ces influenceurs éducation avaient été contactés donc la veille, dimanche, par le Premier ministre, par un message privé, il paraît que ça s'appelle DM sur Insta. Oui, c'est des messages privés. Oui, ça veut dire, ça s'appelle DM, je ne sais pas pourquoi, donc par message privé. où il leur disait qu'il voulait savoir ce qu'il pensait des attentes des jeunes. et leur présenter ses propositions. C'était le test, en fait, le test marketing. Le gouvernement a si peu d'antennes, si peu de relais dans la jeunesse, qu'il a besoin d'avoir le truchement des stars des réseaux sociaux, ces réseaux sociaux, dont il dénonce par ailleurs l'influence non sans raison. Comme si, alors d'abord, on dirait que pour eux le nombre de followers, vous voyez, c'est un brevet de représentativité, et puis influenceurs, tout ça. et moderne. Bon, tout ça est un peu naïf. Et amateur, le résultat, c'est un effet d'annonce totalement raté et des syndicats ulcérés, on les comprend, de n'avoir pas eu la primeur des propositions.
Certes, c'est de l'amateurisme, Elisabeth, mais que penser maintenant des mesures elles-mêmes ? Bon, alors, commençons par les plus simples,
même si on ignore où le gouvernement compte les trouver, affecter 4 milliards à la rénovation des lycées, qui s'ajoutent d'ailleurs aux travaux qui avaient déjà été votés, bon, ça semble raisonnable. Des groupes de travail sur les emplois du temps... Ou la pression scolaire, la palabre, quoi, ça ne sert pas à grand-chose, mais ça ne mange pas de pain. Renoncer à supprimer des postes de profs, bon, pourquoi pas, même s'il semble, on l'a découvert, quand on les a vus arriver très vite, il semble que beaucoup de profs soient inemployés. Mais admettons, mais on en vient au gros morceau, évidemment, qui est Parcoursup. Alors, là-dessus, c'est clair, la reddition est totalement engagée. Et évidemment, derrière Parcoursup, c'est la question de la sélection. Alors pour cette année, rien de notable, sinon il paraît-il l'obligation de motiver les refus. Ce qui va quand même un peu alourdir le processus technologique, parce que c'est un logiciel Parcoursup. Et la création en plus de 15 000 places, mais essentiellement BTS. Les entreprises apprécient leur diplôme et donc c'est peut-être une bonne idée. Vous voyez, c'est une bonne volonté. On est loin, il est vrai, des 250 000 places universitaires exigées pour que chaque bachelier, car c'est ça qui est en jeu, c'est ça que veulent les lycéens, chaque bachelier doit pouvoir suivre les études de son choix et évidemment obtenir le diplôme de son choix. M'empêcher d'entrer à Polytechnique parce que je suis nul en maths, ce serait, cher Jacques, une dégoûtante discrimination. Mais la suite, ce qui s'annonce est encore plus inquiétant. Le gouvernement va co-construire. Oui, oui, co-construire. Vous ne voulez pas co-construire la matinale avec moi, Jacques ? Donc, le gouvernement va co-construire un nouveau système avec les lycéens, au lieu... de jouer le rôle que doivent jouer les adultes, que fait-on ? Eh bien, on fait croire à des adolescents qu'ils savent exactement tout ce qui est bon pour eux en matière d'éducation. Eh bien, pourquoi pas, dans ces cas-là, leur demander d'écrire les programmes scolaires, comme ça, on fera des économies. Alors, en plus, le gouvernement refile évidemment cet encombrant bébé. à son successeur. Il lui laissera aussi une jeunesse galvanisée par la certitude qu'elle a raison de casser, de bloquer et d'exiger donc un doctorat pour tous. D'ailleurs, il ne lâche pas, vous l'avez entendu hier, et ils ont raison, puisque le message qu'on vient de leur adresser, c'est que, bravo, la violence paye.
Et c'est signé Elisabeth Lévy dans Soyez Libre, à retrouver en podcast et sur le site internet sudradio.fr.
Transcription automatique (Whisper + diarisation) — des erreurs d'attribution ou de transcription sont possibles. Vérifiez toujours avec la vidéo source horodatée.