Chargement...
Chargement...
Bonjour à tous, bonjour Alain Bauer. Merci beaucoup d'avoir accepté l'invitation. Le pire est-il encore devant nous en termes de violence ? Des éruptions de violence devraient se reproduire avec une fréquence et une intensité accrue. C'est l'analyse de Pierre Brochand, ancien patron de la DGSE dans le Figaro.
Alors sur les pics, oui. L'intensité, je ne sais pas. La fréquence, il a raison. On ne peut jamais déterminer l'intensité. On sait ce qu'est un cycle de retour à la violence. Ce cycle a commencé d'une manière très différente de l'habitude avec les gilets jaunes. Il s'est accentué avec toute une série de crises sociales concernant des catégories particulières. Les gilets jaunes ayant ce site spécifique, ça concernait des travailleurs pauvres qui étaient au boulot la semaine. qui manifestait le week-end jusqu'à un moment d'intensification de la violence liée à une incompréhension du gouvernement face à la revendication et une extraordinaire difficulté de gestion. Par des gens qui n'en avaient jamais fait, de manifestations où ils se croyaient tout permis, puisque la liberté leur permettait tout, y compris d'aller prendre l'Elysée d'assaut, de détruire l'Arc de Triomphe, etc. Il faut savoir qu'un mouvement social, il accouche toujours d'une génération politique, d'une avant-garde radicale, d'une réponse autoritaire et avec un peu de chance d'un débouché électoral. Là, nous sommes dans des phases intermédiaires. Et puis nous avons oublié un élément qui est assez étonnant, c'est 2023. Tout le monde parle des gilets jaunes, mais les gilets jaunes, ce n'est pas grand-chose par rapport au mouvement de ce que j'appelle la génération Naël. 2023, 10 jours d'émeutes, 50 000 émeutiers, dit le Sénat, 1 milliard d'euros de dégâts, des milliers de bâtiments détruits, et une génération qui est devenue enragée, une génération jeune, qui est celle que nous retrouvons aujourd'hui dans les collèges et les lycées. Et donc ce cumul de rage et de colère amène mécaniquement à une augmentation de l'intensité. Donc de la fréquence des crises. Mais on peut entrer aussi dans une phase qui nous amène jusqu'à l'élection présidentielle de désescalade s'il y a une réponse sociale et pas seulement policière à la demande sociale. Le
week-end dernier a été qualifié d'accalmie. Est-ce que tout ça n'est qu'une... Illusion du coup pour le gouvernement, est-ce que pour prendre quelques termes lus dans la presse, en réalité on danse toujours sur un volcan, le climat social est-il toujours pour vous aussi bouillant avec déjà la préparation des prochaines dates, 31 octobre, 5 novembre etc. Alors
je crois plus au 5 novembre qu'au 31 octobre, après le 17 octobre j'avais indiqué que je pensais que le 24 octobre serait moins intense, donc la prévision est toujours un art difficile et on se trompe en général une fois sur deux, donc je ne vais pas me lancer dans des élucubrations, ma boule de crise. est en réparation. Et le fait que le gouvernement
ait fait des annonces hier, on a vu que les lycéens appellent toujours la mobilisation, pour vous ça ne changera rien à la structure du mouvement ? Les
annonces ont répondu à une partie des revendications des lycéens, mais le gouvernement comme toujours, quel que soit le gouvernement, d'ailleurs la France c'est 1000 ans de jacquerie. L'État en France n'a jamais réussi à négocier une crise avant qu'elle devienne paroxystique, avant qu'il y ait de la casse. Pour que ça soit sérieux, il faut qu'il y ait de la casse. Une fois qu'il y a de la casse, le gouvernement cède. Gilets jaunes, 13 milliards, là on est à 5, le décompte n'est pas terminé. Évidemment, il faut savoir terminer une grève, comme disait Maurice Thorez. C'est quoi pour vous
le point de terminaison, j'ai envie de dire ? Jusqu'où ça peut aller ? Puisque à chaque fois qu'il y a réponse, les réponses ne sont pas suffisantes.
Non, parce que les réponses sont très lentes. le gouvernement par exemple dit je fais des promesses mais il n'y aura pas de vote à l'assemblée il s'en mêlent les filles en
demande et les filles a raison il
pourrait y avoir un vote de principe à la fin de la fin le gouvernement cédera surtout comme d'habitude
doit et il doit non non
c'est pas ce que je dis j'ai dit que le gouvernement aurait pu céder beaucoup moins et beaucoup mieux Dès le début de cette crise, d'abord en créant par exemple les états généraux de la jeunesse et du monde lycéen, on commençait à faire des annonces en les étalant dans le temps, en les garantissant. On ne peut pas sortir tout d'un coup 3000 enseignants enfermés dans un placard parce que ça fait un mois que les lycéens sont en grève pour demander des enseignants. Quel responsable politique avez-vous vu sur un plateau depuis le début de ce mouvement qui dit que les revendications ne sont pas légitimes ? Aucun. De l'extrême droite à l'extrême gauche, de l'ultra droite à l'ultra gauche, c'est-à-dire l'extrême de l'extrême de l'autre bout, tout le monde dit « Ah non, non, tout est légitime, mais... » Et là, vous avez un mec qui arrive, on ne sait pas d'où il sort. On l'a sur le mouvement lycéen, on l'a par exemple sur la loi intégrale contre les violences sexuelles, où tout le monde vous dit « Ah non, non, il faut lutter contre la pédophilie, la pédocriminalité, faire un entretien préalable pour sauver 160 000 enfants d'un risque majeur tous les ans d'être agressés sexuellement. » Premier amendement, « Ah oui, mais non, on n'a pas les moyens, on va transformer ça en un questionnaire. » Vous comprenez ce que je veux dire ? Les injonctions contradictoires et les promesses contradictoires et l'absence. de pouvoir dire je m'engage, je m'engage. Est
-ce qu'il y a eu un tournant qualifié de peur par les lycéens ? Les lycéens sont sortis hier de Matignon en disant le gouvernement a peur. Ils l'ont dit à plusieurs reprises. Le gouvernement a peur et donc ils ont dit, en somme, d'ailleurs pas en somme, nous allons profiter de cette peur pour obtenir toujours plus. Vous êtes d'accord sur le fait que désormais le gouvernement a peur et qu'il faut utiliser cette force ?
Je n'ai pas eu l'occasion de vérifier le niveau de peur du gouvernement, mais les gouvernements ont toujours peur d'un mouvement social de jeunes. Et pas seulement depuis cette semaine. C'était le cas en 68, c'est un mouvement étudiant. C'était le cas en 86, c'est un mouvement lycéen-étudiant. Là, c'est un mouvement collégien-lycéen-étudiant. Mais toutes les autres catégories sociales vont se retrouver le 5 novembre. Je pense que le gouvernement a peur du 5 novembre. Et il a raison.
Alors, visiblement, il craint beaucoup moins la rentrée des étudiants et des lycéens. À l'instant, le ministre en charge de l'enseignement supérieur appelle à reprendre le travail dès lundi, après les vacances. Vous y croyez, vous ?
On verra. Je crois qu'il fait son métier qui est d'éteindre l'incendie, qu'il a contribué lui-même en partie à allumer. Parce qu'on a des pompiers pyromains, on a des pyromaines pompiers aussi. C'est une autre catégorie. C'est qui ? Ceux qui mettent le feu et puis ensuite disent « Ah, il y a le feu, je vais l'éteindre ». Mais en la matière, il y a un débat sur est-ce que ce mouvement s'essoufflera. Le gouvernement a parié sur l'essoufflement et le pourrissement. Ça n'a pas marché. Puisque... In fine, il a cédé à peu près la moitié de ce que l'IC1 collégien a demandé, y compris sur Parcoursup, sans savoir exactement ce qui va remplacer Parcoursup. Parce que j'espère qu'on ne va pas en revenir à ce que je faisais quand j'étais vice-président de la Sorbonne, accueillir les parents à 4 heures du matin avec du café, en attendant que les résultats du bac arrivent et que j'ai un kilomètre de queue devant Tolbiac pour les aider à s'inscrire. Pour faire la sélection vous-même ? Oui, non, non, c'était pas la sélection, c'était les inscriptions. La sélection n'existait pas. On
vous parlait beaucoup du 5 novembre, question quand même sur le 30. octobre en attendant samedi prochain est une journée à risque c'est le président de la république qui le dit à risque à haut risque selon vous est ce que le 17 octobre c'est la question qui obsède beaucoup vous le savez voir tout le monde est ce que le 17 octobre peut se rejouer dans les rues de la
barre le 17 octobre peut se rejouer tous les week-ends jusqu'au ça avec ce niveau
de violence
pour qu'il y ait de la violence il faut trois éléments une masse de manoeuvre suffisante Donc quand on sous-estime les manifestants, ceux qui ont des revendications et qui ne cassent rien, on ne se rend pas compte du risque qu'on prend. Donc on sous-estime aussi les effectifs, les moyens. Si vous organisez le marathon de Paris et que vous conseillez qu'il va y avoir 20 000 participants et qu'il y en a 100 000, vous êtes débordés. Emmanuel
Macron a fait l'autocritique, il a même fait un mea culpa devant les forces de l'ordre à Marseille hier. Est-ce qu'on ne peut pas dire que le gouvernement a conscience ?
Ce n'est pas parce qu'il a conscience que ça change la masse de manœuvres. Le 24 octobre, il y a un effet, on a eu le 17, il y a un effet de sidération, il y a un effet de puissance, il y a un effet pour certains de redistribution des biens mal acquis. Bref, il y a tout ce que vous voulez. Le 31 octobre, moi, je n'ai pas le même point de vue. que le président de la République, mais il a des informations que je n'ai pas, donc je ne vais rien dire de particulier. Mon sentiment était que tout se concentrait sur le 5. D'abord parce que tout le monde était rentré, parce que les forces sociales avaient annoncé d'être dans la rue, parce qu'il y a une conjonction inédite de toutes les colères qui existent dans ce pays à ce moment précis, et que ce qui se passe le 5 peut continuer le 6. C'est donc un moment assez compliqué dans l'organisation temporelle du calendrier de ce qu'est un mouvement social. Et donc je pense que le risque le plus important est le 5 novembre. Est-ce
que vous pensez qu'on va vers des manifestations de samedi en samedi, quasiment jusqu'aux urnes, jusqu'à l'élection présidentielle ? Je voudrais qu'on regarde un petit calendrier, parce que le 30 octobre, avant ça, il y a une casserole-là devant l'Assemblée nationale. 31 octobre, l'acte 3, donc on vient d'en parler. Le 2 novembre, retour des blocus lycéens, on s'est posé la question ensemble. Le 5 novembre, grève de l'intersyndicale. Et après 19 novembre, les retraités annoncent manifester, certains d'entre eux en tout cas, le 4 décembre, la manifestation des pompiers. Est-ce que vous pensez qu'ainsi ce calendrier peut se poursuivre jusque dans les urnes ? Est-ce que l'élection présidentielle va se jouer dans la rue ?
Je crois qu'il y a 6000 manifestations par an à Paris. Donc votre calendrier est inexact, il manque plein de cases. Là on joue à
se faire peur un peu ?
Non, là on joue à se dire voilà le calendrier. Mais si vous voyez le calendrier du préfet de police, soit vous décidez de partir la retraite tout de suite, soit de faire autre chose. La réalité c'est que quelle est la masse de manœuvres ? Combien va-t-il y avoir de dizaines, de centaines de milliers de personnes et quels sont les parcours qui vont être choisis et quelle est la modification du maintien de l'ordre ?
En dehors des centres-villes désormais pour éviter la casse dans les centres, est-ce que ça c'est une bonne annonce de la part du président de la République ? Ça
n'a pas été totalement inutile et ça a plutôt bien marché le 24 octobre. La question c'est est-ce que ça peut remarcher le 31 ? Parce que les organisations syndicales, elles, elles ont une tradition. République, Nation, Bastille, parfois invalide, etc. Il y a d'en faire au choix invalide. On a des parcours, on les connaît tous par cœur. Tous ceux qui ont organisé des manifestations dans leur vie. Ou qui les ont couvertes d'ailleurs. ou qui les ont couvertes connaissent le parcours. J'ai eu l'occasion d'en organiser un certain nombre quand j'étais moi-même syndicaliste étudiant. Il n'y a pas de surprise particulière. Personne ne va me faire défiler sur le périphérique. Mais en 1986, quand 30 000 collégiens et lycéens ont débarqué d'on ne savait pas où pour manifester contre la loi de Vaquet... et qu'ils voulaient prendre d'assaut les assises du RPR au CNIT à la Défense, tout le monde a décidé, pour éviter qu'il y ait des blessés et des morts, de les faire défiler sur le périphérique. C'était une décision commune entre le service d'ordre de l'UNEF, à l'époque, qui gérait ça un peu submergé, nous-mêmes on peut être submergés, et le préfet de police de Paris, dont je rends hommage à la grande sagesse, M. Paolini à l'époque. Donc la réalité, c'est qu'on s'adapte. Le 31 octobre, le maintien de l'ordre s'est adapté à la réalité et il a réduit la casse, réduit les blessés, etc. Mais il n'a pas tout empêché. Il y a eu des casses, il y a eu un petit peu de pillage. La vraie question, c'est est-ce que le 31, il y aura beaucoup, beaucoup de monde, ce qui permet à beaucoup de casseurs de s'infiltrer et beaucoup de pilleurs de profiter du désordre ou pas ? Je pense que le risque principal, moi... Et le 5 novembre. Le
5 novembre. Ça, je crois que le message est bien passé. Je voudrais insister un tout petit peu. Mais je viendrai
expliquer pourquoi je me suis trompé si vous m'invitez le... Le 6 ? Non, le 30... Le 1er.
Le 1er du coup ? Oui, parce qu'il n'y a pas de 32. Non, non, le 1er novembre. Mais alors le rendez-vous est pris. Non, mais au cas où. Moi, je prends, je prends. Je voudrais qu'on insiste un tout petit peu sur l'élection présidentielle. Est-ce que cette élection, selon vous, pourra se dérouler dans des conditions normales ? Faut-il décaler les élections ? Je ne sais pas si vous avez lu Le Parisien ce matin, qui revient sur cette question. Les violences du 17 octobre auraient remis sur la table l'idée de décaler d'une semaine le scrutin. Pourquoi ? Parce qu'entre-temps, il y a le 1er mai. Et que certains, comme Bruno Rotaillot, disent qu'on ne va pas prendre le risque des manifestations. Le président
de la République a fait le choix d'être président jusqu'à la dernière minute. C'est lui qui a choisi ce calendrier. Il l'a choisi en connaissance de cause. Oui, mais vous, votre
avis, est-ce que la raison serait de décaler cette élection ?
Moi, je ne suis pour rien décaler du tout, mais je suis pour réfléchir à deux fois avant de faire une connerie.
Donc, c'est une connerie.
Le choix de cette date était particulièrement idiot. Mais le président de la République, ayant décidé que c'était sa date et qu'il serait président jusqu'à la dernière minute de la dernière seconde... C'est son choix.
J'ai encore une question. En fait, j'en ai plein. Mais selon vous, qui organise le chaos, les débordements ? Et en fait, je vous pose la question parce que j'ai vu que vous avez répondu. Enfin, pardon, vous n'avez pas répondu justement dans une interview. Vous avez dit en gros, ce n'est pas à moi de répondre. Ce sujet devrait être traité par le Parlement ou par le système judiciaire. Pourtant, Alain Bauer, vous êtes plutôt prompte à donner votre point de vue sur les choses. Pourquoi ne pas vous positionner sur la responsabilité ? Je appartiens à la
catégorie de ceux que quand ils ne savent pas, ils répondent qu'ils ne savent pas. Vous savez, je ne réponds pas à tout en sachant tout. Et donc la question est, il y a un certain nombre de conjonctions de groupes divers qui profitent d'une opportunité, les uns pour manifester avec des revendications légitimes, du point de vue de l'intégralité de la classe politique. D'autres qui viennent pour la casse et l'affrontement avec les institutions ou le capitalisme et qui ont un objectif politique déterminé, qui ne sont jamais cachés, de type black bloc. Vous avez enfin des résidus, j'appelle ça, c'est pas une méchanceté, le reste des gilets jaunes mécontents de ne pas avoir obtenu... Ce qu'ils voulaient obtenir, même si c'est difficile à identifier, vu la diversité des gilets jaunes et l'incapacité qu'ils ont eue à se trouver des « leaders » et des revendications. totalement compréhensible il ya une sorte une sorte de rancœur contre les cahiers de doléances qui n'ont jamais été traités par le la manière dont ils pensent qu'ils ont été victimes du mépris gouvernemental c'est une forme d'arrogance et de mépris dans l'état pas seulement ce gouvernement mais aussi d'autres là-dessus et en fonction ça c'est enfin y aller et enfin il ya les pilleurs qui profitent de l'opportunité est ce qu'il ya quelqu'un avec un bouton qui appuie pour dire ça va être comme ça ça n'existe pas ces
dernières heures des noms surtout dans de nombreuses villes ce qu'ils appellent une jonction police milice vidéo à l'appui selon eux la police aurait incité les milices d'extrême droite laurent nunez a démenti est ce que pour vous effectivement c'est totalement infondé
je n'ai pas les je n'ai pas les éléments qui me permettent de dire moi je fonctionne sur des faits à partir de fait j'élabore éventuellement une analyse et l'analyse elle doit être ensuite confirmée par le système judiciaire oui il ya des vidéos où on voit des gens venir et on ne sait pas s'il ya suffisamment de policiers pour s'interposer s'ils en ont marre de s'en prendre plein la figure en s'interposant, ou s'ils sont intervenus, puisqu'évidemment il y a beaucoup d'interventions et d'interpellations de gens dits de l'ultra droite, terme aussi nébuleux que l'ultra gauche.
Alors je voudrais vous interroger aussi, et après je vais en venir à Trappes, mais... Selon vous, qui est le grand gagnant ? C'est un peu binaire comme question, je vous l'accorde. Le RN ou LFI ? Je vais reprendre, effectivement, vous l'avez dit en début d'entretien, vous répétez, vous martelez, un mouvement social aboutit en général à une génération politique, une avant-garde radicale, à une réaction autoritaire. Le parti de l'ordre, selon vous, gagne toujours provisoirement. Le RN et le grand gagnant sera le grand gagnant dans les urnes ? Oh là
! Si l'élection avait lieu dimanche, oui. Mais en fait, il y a deux gagnants. L'ERN et LFI, Mme Le Pen, M. Mélenchon. M. Mélenchon, parce que c'est le meilleur analyste du mouvement social, je vous renvoie à son interview exceptionnellement détaillée et précise dans Mediapart avant-hier, où il explique le mouvement social. Mais c'est le seul à le faire. Les autres commentent le mouvement social. Lui, il l'explique et il l'analyse. C'est quand même pas mal. Et Mme Le Pen, parce qu'elle représente, d'abord, elle n'est pas liée. aux erreurs des gouvernements précédents, quoi qu'ils aient fait, et M. Mélenchon parce que lui non plus. Donc vous avez deux gagnants. Après, on verra bien qui gagnera à la fin. Moi, je crois toujours à la surprise aux élections présidentielles.
Et pour vous, qui est le mieux à même de faire face à la situation en France aujourd'hui entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen ?
Pour le retour à l'ordre, Mme Le Pen, pour la réponse au mouvement social, M. Mélenchon. C'est pour ça que le problème ne peut pas être tout l'un ou tout l'autre.
La question de Trapp, bien évidemment, on y vient. Le parquet national antiterroriste dit que le suspect conteste toujours le caractère raciste de la fusillade. En conférence de presse, le procureur annonce la reprise de la garde à vue après évaluation psychiatrique n'ayant révélé, je cite, aucun signe clinique d'une pathologie aliénante. Mais ma question c'est, est-ce que d'autres actes... Je crois qu
'il a plutôt dit d'une décompensation qui justifierait que, mais c'est pas très grave.
D'accord, j'ai repris les mots entre guillemets, peut-être en y en a-t-il eu d'autres et auquel cas je me corrigerai. Non, non, c'est pas. Est-ce que... D'autres actes de ce type, selon vous, pourraient survenir. Est-ce qu'un tel acte peut réveiller des vocations dans la période de tension que nous connaissons ? Il
y a eu une longue série avant lui.
Oui, mais est-ce que ça peut s'intensifier dans le contexte actuel ?
Tout effet qui conflictualise tout, qui rend les gens haineux les uns envers les autres. Vous savez, il y a eu un sondage il y a quelques jours, un très très grand sondage organisé par Le Monde, avec 13 000 personnes, un sondage très qualitatif sur les opinions politiques et la manière dont... dont chaque clan politique voyait le clan d'en face ou l'électeur d'en face. Et il y a un moment qui m'a un peu sidéré, c'est que tout le monde déteste les abstentionnistes, dont l'élément essentiel, c'est que visiblement, ils n'ont pas d'avis. Alors c'est le premier
parti de France.
Oui, donc le niveau de détestation des uns des autres atteint un niveau extrêmement élevé. Gérard Collomb, de ce point de vue-là, avait raison sur les uns à côté ou les uns contre les autres. Oui, il y a une augmentation importante, impressionnante, de la violence, notamment politique, mais pas seulement. Moi, je n'ai qu'un seul indicateur, c'est les homicides et les tentatives. d'homicide l'année 2025 a été la pire année des 50 dernières années.
donc, est-ce que vous pensez que ce type d'actes peuvent
se
multiplier à l'approche, notamment, de l'élection présidentielle ? Mais
à l'approche avant, après, ce n'est pas la question. La question, c'est que beaucoup de gens règlent désormais leur compte par la violence, puisqu'ils ne font plus confiance à aucun élément intermédiaire, qu'il n'y a de moins en moins d'espace de décompensation, comme dirait M. le procureur antiterroriste, c'est-à-dire de capacité de s'adresser à un espace intermédiaire pour s'expliquer plutôt que de s'affronter.
Donc c'est le symptôme pour vous d'un pays ? qui est entraîné dans la violence.
Ah non, c'est un pays qui est dans la violence. La violence a augmenté massivement dans ce pays, et les révélations qui sont faites un peu partout, y compris sur les violences sexuelles ou pédocriminelles, qui est un sujet qui passe un peu à l'arrière-plan, mais qui me paraît encore plus important. Vous allez voir que
vous avez des questions de français sur ce sujet ? Non, non, j'en doute
pas, mais je veux dire par là que la question de la peur, panique sur ce qui peut arriver à nos enfants, ce qui peut arriver aux collégiens, ce qui peut arriver aux lycéens, ce qui peut arriver aux commerçants, ce qui peut arriver aux policiers, je rappelle que policiers et gendarmes, il y a un millier, ont été blessés, dont certains ont été... ciblées pour les tuer, pas seulement pour s'affronter aux institutions. L'instinct de mort, comme disait Jacques Mérine, est revenu dans une sorte de normalité extraordinaire sur le sujet. Jérôme Fourquet vient de faire un extraordinaire papier avec son co-auteur, dont le nom va me revenir, il m'excusera j'espère, pour dire qu'en fait nous sommes entrés dans une sorte de violence ordinaire, normale, un mode d'expression comme un autre. Ça c'est une régression.
On va passer aux questions de français. On va les découvrir ensemble. Il y a une question notamment sur votre livre. C'est Manu qui est à Menton. Comment trouver le juste équilibre entre la protection des citoyens et le respect de leur liberté ? On va venir à votre livre juste après. Manu Menton, merci pour la question. Comment trouver le juste équilibre entre la protection des citoyens et le respect de leur liberté ? Ça
s'appelle la constitution et la loi, l'équilibre qui est fait, qui permet justement d'avoir le droit de manifester mais pas d'avoir le droit de casser. Donc d'avoir une force de maintien de l'ordre qui n'est pas une force de gestion du chaos. Et donc ça nécessite d'être plusieurs de ce point de vue-là. Les organisations syndicales ont cette habitude. Cette tradition, les nouveaux opérateurs, ce que j'appelle les apprentis de la manifestation, ils découvrent l'art de la manifestation. Quand ils sont organisés, les syndicats lycéens comme les syndicats étudiants ont peu à peu appris une pratique de l'organisation de la manifestation. Mais quand ils sont face à des casseurs et à des pilleurs et même à des exclus du système scolaire qui sont devenus les petites mains du narcotrafic et qui viennent... régler leur compte en agressant les enseignants ou en mettant le feu au bâtiment scolaire, vous êtes face à une diversité de sujets. – Et face à ça, il
faut faire évoluer la doctrine, il y a eu un rapport… – La
doctrine du maintien de l'ordre, oui. – Voilà,
oui, d'une commission au Sénat qui plaide plusieurs choses. Alors on va venir à la loi Casseur-Payeur dans un instant puisqu'elle est discutée aujourd'hui en séance, mais ils disent notamment améliorer les techniques d'identification, l'utilisation des vidéos, notamment de reconnaissance faciale. – Tout ça existe. – Créer un délit. également de participation à une manifestation interdite.
Mais tout ça existe aussi, sous une forme ou sous une autre. Le problème, c'est que tout est dans l'art de l'application, de l'identification, du fait qu'on ne peut pas être responsable collectivement d'une activité individuelle. Donc ça nécessite un immense travail. Et les casseurs les plus structurés, les plus organisés, ils savent très bien s'en sortir. La plupart de ceux qui sont interpellés sont ceux qui ne courent pas assez vite.
Casseurs-payeurs, non ? Que la loi est examinée en séance aujourd'hui ?
Elle sera retoquée par le conséquentiel comme les précédentes, tout le monde le sait. C'est de la... C
'est quoi ? C'est de la com ? Oui. C'est de la démagogie
Ah non, moi je suis pour que les casseurs payent. Mais il faut trouver un moyen juridique, celui-ci aussi instable que tous ceux qui ont été jetés par le Conseil constitutionnel. Le seul texte qui est tenu étant celui de 80, qui a été supprimé ensuite. Jamais depuis, le Conseil constitutionnel n'a laissé passer un texte qui crée une responsabilité collective du simple fait d'être là.
a une question qui concerne votre livre. Je le rappelle, votre livre « Il faut sauver nos enfants », le livre noir de la pédocriminalité en France, il est là. Et c'est Foise qui vous pose une question qui est à Lyon. Bonjour à vous Foise. Quelle est aujourd'hui la réforme prioritaire qui permettrait réellement de protéger nos enfants ?
Le fichier national privé, pas public, de tous ceux qui sont suspectés d'un acte pédocriminel, pour éviter qu'on les retrouve à peu près partout, chez les sportifs, dans les églises, dans l'éducation nationale, dans l'aide sociale à l'enfance, dans le périscolaire. J'étais encore hier avec Mme Evren, on en parlait, qui a été la rapporteuse au Sénat de cet exceptionnel travail de commission. Ça me paraît être réellement. Et puis le fichier public de tous ceux qui ont été condamnés et qui devraient être interdits de contact avec les enfants, quelle que soit la nature de leur fonction.
on a une dernière question. Je vais la découvrir là encore une fois à direct avec vous. C'est Renaud Allil. Bonjour à vous Renaud. Est-ce que la violence verbale entre politiques participe à la violence qui se propage dans le pays ?
Ça n'aide pas, mais vous voyez bien sur vos plateaux quand personne n'arrive à finir une phrase et quand l'essentiel c'est un concours de décibels. Qui a envie de se parler opposément ? Vous voyez, nous discutons, nous dialoguons, et même si une question me paraissait bizarre, je ne vous dirai pas... Mais la responsabilité des politiques ? Bien sûr, c'est leur responsabilité. Ils devraient apprendre à se parler, à se respecter, à s'écouter, ça leur ferait du bien.
Il y a une réelle dégradation ?
Non, mais malheureusement, ça ne s'est pas amélioré. Ça fait longtemps que c'est comme ça. Les joutes verbales, Christophe Barbier connaît ça très très bien, sortant son écharpe rouge, qui est toujours un signe. Mais dans la réalité, il y a toujours eu des joutes verbales terribles au Parlement. Mais au Parlement, quand vous agressiez, quand vous interrompiez quelqu'un, le président de séance disait, tata, tata, retour à l'ordre. Aujourd'hui, c'est la gestion du désordre. Madame Brown-Pivet ou les vice-présidents de l'Assemblée nationale passent leur temps à gérer une cour de récréation qui donne une image absolument pathétique. de la représentation parlementaire, alors que ce qu'on ne voit pas, le travail en commission, le travail des rapporteurs, etc., est relativement exceptionnel. Moi, je salue par exemple la commission narcotrafic, mais je rappelle qu'il a fallu attendre 2025 pour découvrir que le narcotrafic existe en France grâce à une commission parlementaire du Sénat.
Alors vous l'avez annoncé, vous l'avez dit là, Christophe Barbier, bonjour, c'est Alain Roureur ce matin.
Les manifestations, les violences du 17 octobre ont passionné l'étranger, parfois avec des arrières-pensées. Je vous propose de regarder un exemple avec la manière dont Donald Trump s'est emparé de ces événements.
Il suffit de regarder ce qui se passe en France, c'est une grande nation. Elle est en train d'être conquise, pillée, et nous n'allons pas laisser cela arriver à notre pays.
Typiquement un cas d'ingérence puisqu'il interprète ce qui se passe en France. Il faut qu'on s'habitue à ça, ça sera ça tout le temps maintenant.
Ça fait longtemps que ça a commencé. Il a commencé avec le Brexit en Angleterre, la manipulation en vue de pousser des électeurs à quitter l'Union européenne dans ce cas précis, qui avait pris le Premier ministre David Cameron totalement à revers, alors qu'il pensait gagner ce référendum les doigts dans le nez, un peu comme le référendum sur le traité d'Amsterdam. Vous savez, ça allait bien se passer, ça s'est mal passé. Non, non, bien sûr, les réseaux sociaux en général, mais la capacité d'ingérence publique, le réseau social en général, c'est discret. C'est une manipulation qui ne se voit pas. Là, au moins, avec eux, on ne peut pas dire qu'ils nous le... font dans le dos. C
'est Trump qu'il faut craindre ou c'est plutôt Poutine et les Russes ? La vraie
ingérence.
Tous à égalité ?
Ils se sont pas privés de nous expliquer comment faire du maintien de l'ordre et puis je ne sais pas quelle autre dictature a aussi pris le dessus pour expliquer que ce qui se passait en France était insupportable. Je crois que c'est Vladimir Poutine d'ailleurs. Non, ils le font au grand jour et... de manière détournée, ingérence manipulatrice et ingérence publique. Au moins, sur l'ingérence publique, on ne peut pas le reprocher de le faire
dans
notre
dos. Et on aura ça aussi pour la présidentielle. On l'a vu en Roumanie, ils ont faussé la présidentielle, elle a dû être annulée. On va vivre ça ? Bien sûr. Dans la même proportion ? Dans la même
proportion, Alan Bauer, parce que c'est ça. Parce qu'en Roumanie,
ça a quand même une conséquence. Mais dans les mêmes proportions, parce que d'abord, la Roumanie était une démocratie fragile et jeune, et surtout en pleine crise. du fait des difficultés de gestion. Vous voyez, le résultat de l'élection en Bulgarie a été assez surprenant, le premier tour de la présidentielle. Le résultat de l'élection en Serbie, alors là, c'était une bonne nouvelle. Le résultat de l'élection au Brésil, la manipulation et l'ingérence a été considérable, y compris par Donald Trump. Et il a perdu, y compris le parti de M. Bolsonaro. Donc on peut résister. On peut résister. On est armé de France. Oui, il faut en avoir conscience, grâce à vous. Non, c'est un vrai sujet. Les médias doivent faire de l'éducation politique, non pas pour dire ce qu'il faut voter, mais pour comprendre. Comment comprendre ce qui est en train de se produire, donc fournir de l'ouverture, de la pédagogie, donner des informations précises sur tout vérifier ? Moi j'explique à mes étudiants, ne croyez rien de ce que je dis, vérifiez tout. Et ça permet le doute, donc le doute permet d'aller vérifier et de sortir de l'algorithme qui vous enferme dans une espèce d'auto-alimentation de votre propre conviction. Il faut avoir le temps
de
vérifier,
suspendre les réseaux sociaux dans les 48 dernières heures ou les 3 derniers jours avant une présidentielle, ça serait acceptable ? Non,
ça ne sert à rien.
On suspend les sondages. On n'a plus le droit de faire de sondages. Oui, mais
on les a en allant chez les Suisses. Cette idée de la censure ne marche jamais. Elle crée juste des dérivatifs. Au contraire, il faut surinformer plutôt que sous-informer.
Alors une question également avant de nous séparer. Alain Bauer sur cette journée politique cruciale en Israël alors que Benyamin Netanyahou joue purement son avenir. On parle même d'un référendum pour ou contre Benyamin Netanyahou en ce moment. Comment vous voyez les choses ?
Sans majorité et avec des compositions de coalitions extrêmement compliquées où les partis arabes avec leurs 6, 7 ou 8 sièges feront la différence. Vive la proportionnelle ? Comme d'habitude. Vive cette proportionnelle-là. Franchement, c'est quand même une malédiction pour une démocratie. Non, je ne suis pas d'accord. Elle permet la représentation. Après, il y a des effets de seuil qui sont très compliqués en Israël. On peut faire de la proportionnelle à 5%. Nous, on a été très inventifs. Les apparentements, cher Christophe, c'est un moment assez drôle où le résultat du premier tour permet de prévoir ceux du deuxième. Parce que si on s'apparente, on n'a plus besoin de deuxième tour. La France a été très créative en matière de scrutin. Moi, je crois à une forme de double scrutin à l'allemande qui me paraît très bien. Une représentation particulière. circonscription, une représentation par liste, ce qui donne des majorités et des coalitions et en général relativement stable.
Merci beaucoup Christophe Barbier, merci à vous Alain Bauer et je rappelle votre livre Il faut sauver nos enfants, le livre noir de la pédocriminalité en France aux éditions First. Donc on se retrouve le 1er novembre c'est ça ?
fonction de.
En fonction de. Allez merci, bonne journée à vous.
Transcription automatique (Whisper + diarisation) — des erreurs d'attribution ou de transcription sont possibles. Vérifiez toujours avec la vidéo source horodatée.