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Mobilisation des lycéens. Manifestation contre la vie chère. Violence du 17 octobre à 6 mois de la présidentielle. La France est en état d'ébullition. C'est l'expression qu'a employée hier Emmanuel Macron à Marseille. Comment les Français perçoivent ces mobilisations et ces violences qui en profitent politiquement ? On va découvrir notre baromètre mensuel Odoxa pour Public Sénat et la presse régionale. On va l'analyser avec Françoise Degoy. Bonjour Françoise. Merci d'être avec nous Hubert Caudurier, directeur de l'information du Télégramme. Bonjour Hubert.
Bonjour Auriane.
C'est vous qui, comme tous les mois, réalisez ce baromètre, directeur conseil à l'Institut de sondage Odoxa. On commence avec vous, Erwan. Le baromètre qui est donc centré ce mois-ci sur le mouvement lycéen et la mobilisation du 17 octobre, vous avez demandé aux Français s'ils pensent que ce mouvement est justifié. Le mouvement des lycéens, d'abord.
D'ailleurs, c'est un indicateur qui est intéressant pour comprendre un peu là où se situent les Français sur ce sujet. Ils sont 68% à considérer. que le mouvement est justifié. 68%, c'est 5 points de plus que ce qu'on mesurait il y a trois semaines. Autrement dit, le soutien au mouvement a progressé alors même qu'il y a eu des débordements. En général, quand il y a des débordements dans les cortèges, le soutien populaire a tendance à régresser. Donc les revendications sont toujours jugées légitimes par les Français. En revanche, quand on leur demande s'ils souhaitent que le mouvement s'arrête, les Français sont 63% à nous dire oui. Autrement dit, le mouvement est légitime, mais les manifestations inquiètent. Mais les Français font la différence entre les manifestants et la légitimité de leurs revendications, et les casseurs, et le fait que ça doit s'arrêter. parce que ça sème le trouble dans l'ordre public.
est dans un paradoxe français, Françoise ? On est dans la
France, en fait. C'est vraiment le charme de la France, j'ai envie de dire. Et le charme et la merveille de la France, parce qu'au-delà de l'anecdote, etc., on oublie toujours que la France est une démocratie sociale. Une démocratie sociale, c'est inscrit aussi dans le cœur des Français. C'est-à-dire que... Par exemple, l'idée d'interdire un certain nombre de manifestations, ça passe mal en réalité. Ça passe mal, même pas d'ailleurs chez des gens de gauche ou d'extrême-gauche. Nous sommes une démocratie sociale. Il est inscrit, j'ai envie de dire, dans notre ADN, dans notre histoire collective et commune, que les grandes conquêtes également sociales, elles sont passées aussi par des grandes manifestations. Vous savez, les Français, ils aiment bien les pentes douces, Auriane, ils aiment bien les pentes douces. C'est Victor Hugo qui disait ça. Mais de temps en temps, ils aiment les révolutionnaires. et les ébullitions. Alors, Emmanuel Macron, parfois, ça serait tellement bien qu'il donne le sentiment, alors que je sais que c'est vrai qu'il donne le sentiment, qu'il comprend vraiment ce pays, dire « Oh là là, c'est pas bien, vous êtes en ébullition ». Mon cher président, on est français, en fait. Donc, il n'y a rien de folklorique, c'est véritablement... aussi, comment dirais-je, la constitution républicaine de ce pays. Ce pays manifeste, ce pays est pour l'égalité, la liberté, la fraternité. Qu'on le veuille ou pas, quelles que soient les circonstances de surface, ça reste ça, des marqueurs très forts, je pense.
–
Oui, Françoise a
raison, ce pays est marqué par son inconscient révolutionnaire. En même temps, c'est un pays qui a toujours été, qui souhaite être gouverné au centre, au centre gauche, au centre droit, et le drame du centre. c'est qu'il précise sous... toute réserve d'usage, c'est qu'on va vers un deuxième tour entre les extrêmes. C'est d'ailleurs un problème pour un journal comme le nôtre et comme beaucoup de journaux de la presse régionale. C'est toujours défini contre les extrêmes. Alors que faire ? Ce qui m'atterre dans ce sondage, c'est de voir à quel point le bloc central est en train de s'effondrer. Deux candidats qui n'impriment pas et qui ne sont pas dans le débat, qui ne sont pas réactifs, qui ne savent pas intervenir sur les réseaux sociaux. dans son excellent blog disait ce matin ou hier que, apparemment, Edouard Philippe ne veut pas participer au débat de LCI. Non, il préside le conseil municipal du Havre. C'est quand même dingue. On
va revenir sur les conséquences politiques, promis. Je sais que vous avez envie d'en parler. Mais oui, on va juste rester sur le mouvement lycéen et notamment sur les annonces d'hier, puisque le gouvernement a dévoilé ces annonces. On va écouter Edouard Jeffrey, ministre de l'Éducation nationale, au 20h de France 2.
élèves nous ont dit leur angoisse de Parcoursup. Dès cette année, on engage un processus avec à la fois plus de transparence. La lettre de motivation devient l'exception. Vous savez que c'était une des difficultés pour certains de nos élèves. Les refus seront expliqués. Alors ça coûte mécaniquement plusieurs milliards, puisque notamment on va prêter plusieurs milliards en région.
Et combien de milliards
Donc vous démarrez déjà à 4 et puis vous ajoutez après des centaines de millions d'euros qui correspondent aux différents recrutements ou aux différentes bourses que vous mentionnez. Donc au total, ça va dépasser les 5-6 milliards. Sur les collèges et les lycées, il y avait 836 suppressions de postes. Elles sont annulées et on va au contraire créer 1700 postes de professeurs au lycée pour permettre le plafondement 28, pour permettre aussi la création de 10 000 places de BTS, notamment pour nos bacheliers professionnels, qui sont ceux qui ont le plus de mal aujourd'hui à trouver des places dans le SUP.
Voilà, et son collègue Philippe Baptiste, ministre de l'Enseignement supérieur, qui appelle ce matin à reprendre le travail lundi. Est-ce que, selon vous, ces mesures sont de nature à calmer la colère, Françoise ? Pour le moment, on a l'impression que non, les lycéens disent on poursuit le mouvement. –
Bah oui, mais écoutez, ils ont tout donné, ils ont tout lâché, mais c'est toujours le problème de la temporalité. Emmanuel Macron n'est pas le seul, comment dirais-je, c'est pas le seul responsable politique qui se plante tout le temps dans la temporalité. François Hollande se trompait dans la temporalité, Nicolas Sarkozy aussi. Il y a un réflexe. Pavlovien, président de la République en exercice, je ne dis pas une parce que ça n'est encore jamais arrivé, qui consiste à dire... En France, c'est vraiment comme ça. C'est très bien expliqué. D'abord, on laisse pourrir la rue et après, on réagit. Le nombre de décisions en retard, mais pas simplement Emmanuel Macron, qui ont été prises quand c'est tard, en réalité. Regardez, souvenez-vous, le CPE. Souvenez-vous, Dominique de Villepin, 2005. Des semaines et des semaines. Sur
le CPE, Dominique de Villepin avait gagné, si je puis dire. C'est Chirac qui, au dernier moment, a lâché. On passe son temps à dire qu'il ne faut pas attendre. En même temps, si on lâche trop vite, comme les Gilets jaunes, 17 milliards, ça ne sert à rien. Après,
ça a calmé les Gilets jaunes. Je pense que la réalité, c'est que les Gilets jaunes... Je veux dire par là que les Gilets jaunes, que ce soit les lycéens, ça fait... Qui découvre l'eau chaude ? Qui découvre que Parcoursup est insupportable ? Non, mais attends, c'est pas 17
milliards qui les a calmés, les Gilets jaunes, c'est le pourrissement, effectivement, le fait que la répression et les extrêmes qui, dans la rue, ont fini par dissuader... les gens normaux de venir. Là, le problème, c'est qu'avec les lycéens... Non,
mais il ne peut pas,
parce que les lycéens, c'est extrêmement sensible. Il y a des choses qui ont été apportées, qui sont quand même pas négligeables, les 4 milliards. Alors, les 15 000 profs, ils sortent, l'autre jour, c'était 3 000. Parcours sup, je ne suis pas d'accord. Autant, la rénovation du bâti insalubre, c'est tout à fait normal. Les inquiétudes des jeunes, c'est compréhensible. Mais... Parcoursup, on peut le remplacer, on peut le rendre plus lisible. Mais si vous donnez des diplômes qui n'ont aucune valeur, si vous abolissez toute sélection, ce n'est pas le rendre service aux jeunes. Il faut quand même qu'ils s'adaptent au monde de demain. Alors on va revoir certains programmes parce qu'il y en a effectivement qui... Il faut alléger, il y en a qui ne servent à rien, au plus dans le monde moderne. On méprise, ils vont revaloriser les BTS, les parcours techniques, tout ça, c'est une très bonne chose. On a un problème en France, on n'a pas beaucoup de culture économique et pas assez de culture scientifique. C'est là que se joue quand même, même sur l'intelligence artificielle, les enjeux de demain.
moi je pense quand même qu'ils ont obtenu pas mal de choses. On ne va pas se battre sur Parcoursup, je ne suis pas d'accord du tout avec Parcoursup, mais on ne va pas se faire un débat là-dessus. Je pense que la réalité, si vous voulez, c'est que ce qui est formidable, c'est que dans l'esprit des gens, c'est le mouvement des lycéens. Mais on n'a pas réalisé que les 600 000 ou 800 000 personnes, mais je me tourne vers Erwan, c'est véritablement aussi des travailleurs sur la vie chère. Donc il y a une partie des lycéens, une partie du mouvement qui peut... qu'on lui a donné, qu'on a pris acte, etc. Mais sur la question de la vie chère, de l'augmentation des salaires, la réalité, c'est que pour le moment, c'est assez choublant. Mais juste un truc, peut-être Erwan et Hubert, par rapport à leur mémoire, moi, c'est la première fois, je pense, depuis 25 ans, c'est la première fois qu'une présidentielle est précédée. de ces convulsions-là sociales. C'est la première fois. Habituellement, il y a un accord tacite. On règle ces différents politiques et sociaux dans les urnes de la présidentielle. C'est véritablement la première fois qu'une présidentielle est précédée véritablement d'une telle... convulsion
de la société française. C'est sûr, mais le problème du gouvernement, ça va être de tenir dans les six mois qui viennent. Un de mes bons amis chez qui je dînais hier soir m'a dit mais fais attention, le 5 novembre, on aura peut-être une grève générale. Et là, c'est le pays qui s'arrête, qui est déjà en récession. Le 5 novembre, c'est la
journée à l'appel des syndicats.
Absolument. Et donc, si vous voulez, la complexité, c'est que c'est une crise multifactorielle. Sur fond de fin d'un modèle français qui ne marche plus, même les anciens ministres le disent, comme Bruno Le Maire, le problème c'est qu'ils le disent après avoir gouverné. Donc c'est un peu pathétique, mais aujourd'hui la difficulté du gouvernement c'est de tenir, tenir d'abord... face à l'ébullition dans la rue. Il y a un problème d'ordre, de régalien. Vous avez vu quand même que les demandes des lycéens, c'était d'arrêter les grenades assourdissantes et puis tenir aussi sur le plan budgétaire. Le président veut faire passer le budget par des ordonnances. Ce n'est pas non plus évident.
On va écouter Emmanuel Macron qui a parlé hier de ce que vous dites et qui juge anormal que le pays soit rentré en ébullition si proche de la présidentielle. Il était à Marseille.
'est pas normal qu'à 6 mois d'une élection présidentielle, notre pays soit dans cet état d'ébullition. Il y a des gens qui se réjouissent du désordre, moi non.
la fermeté d'Emmanuel Macron. Erwan, puisque Françoise en appelait à votre mémoire, six mois avant la présidentielle, est-ce qu'on a déjà eu un tel état social dans le pays, ou est-ce que normalement, à l'approche d'une élection, il y a une forme d'accord tacite de dire que les choses se régleront dans les urnes
pas nécessairement. C'est vrai que si on remonte à 88-95, c'est des sorties de cohabitation, donc le contexte était nécessairement un peu apaisé. Il y avait une concurrence électorale qui faisait que de toute façon, les gens restaient chacun dans leur couloir. En revanche, en 2006, au premier semestre, on a un premier semestre très agité par les manifs anti-CPE. Et à la fin de l'année 2005, on avait eu les émeutes dans les banlieues. Mais on n'est pas à six mois de
la présidentielle. Ce qui est
assez important, c'est cette question du coût de la vie. qui sert de coagulant, de contaminant entre toutes les colères. Cette question de l'agglomération des colères, elle se fait à travers la question du coût de la vie. On parle beaucoup de pouvoir d'achat, mais le sujet, c'est vraiment le coût de la vie, c'est comment je règle toutes mes dépenses mensuelles avec l'argent dont je dispose. Et ça, c'est un facteur commun aux classes moyennes inférieures, aux étudiants, aux jeunes des quartiers populaires. Et en fait, finalement, cette coagulation, elle se fait sur cette question du coût de la vie. Les mesures proposées par le gouvernement n'y répondent pas. En revanche, on peut imaginer quand même qu'en cochant toutes les cases des revendications, ils feront un peu reculer la mobilisation sociale parce qu'il y a le sentiment que le gouvernement
a fait un net
pas vers eux.
Le problème, c'est qu'Emmanuel Macron ne veut pas disparaître prématurément. Donc il n'est pas du genre à faire la fuite à Baden-Balen. Il complique même la vie de son Premier ministre. qui a ses contradictions en matière de communication, c'est-à-dire à la fois le président qui dit qu'il fait contre les algorithmes et puis le Premier ministre qui fait appel à des influenceurs. Mais la plus grosse difficulté quand même aujourd'hui, c'est cette perspective de crise financière. -ce qu'elle va intervenir avant ou après la présidentielle ? Les agences de notation ont l'air relativement raisonnables. On ne peut pas considérer la France comme la Grèce. C'est un pays beaucoup plus important. Et c'est un pays dont la chute entraînerait, enfin le défaut entraînerait... vrai problème en Europe. Les voisins en sont conscients. Néanmoins, c'est quand même quelque chose qui va se poser parce que ça sonnera la fin des illusions et des promesses démagogiques qui sont faites par les extrêmes.
On va poursuivre juste la découverte. Non, mais sur Emmanuel
Macron, on ne peut pas décréter. Je suis d'accord avec Hubert. Il faut qu'Emmanuel Macron se taise, en fait. Je pense que c'est vraiment très important. Il faut qu'il se taise, je ne le dis pas de toute façon irrespectueuse. Cette déclaration à Marseille n'amène rien. Oh là là, ce n'est pas bien ce pays en ébullition. Rentrez donc dans votre rivière. On ne peut pas le dire. C'est trop facile. C'est trop facile. Et puis c'est lui la tête sur une pique. C'est toujours le président de la République. À la fin d'un quinquennat, un pigeon fait caca sur votre bagnole, c'est à cause de Macron à l'Elysée ou à cause de Hollande ou Sarkozy. Ça marche toujours comme ça parce que c'est la figure centrale. Donc en tant que figure centrale, moi je trouve que là, il manque un petit peu de sagesse. D'abord parce qu'il n'a pas la capacité à faire les gros yeux. Ce n'est pas le vieux, ce n'est pas François Mitterrand, ce n'est même pas Jacques Chirac. Ça reste quand même un jeune homme. Il a du mal à installer
la dramaturgie qu'on voit dans ces grandes périodes de crise que la France a déjà traversée. Oui, on n'en a pas besoin. En
plus, on n'en a pas besoin. Il sait très bien ce qui est en train de se passer. Il sait très bien que son cauchemar est en train de se réaliser. Vous avez les deux tours jumelles qui montent, vous avez deux forces telluriques qui montent, que rien ne semble pouvoir arrêter. Et à la fin, ça va... Le
drame, si vous voulez, c'est qu'il n'a pas seulement... C'est seulement le problème des services de renseignement qui n'ont pas anticipé le 17 octobre. Le problème, c'est qu'il n'a pas anticipé durant son mandat, le premier étant bien meilleur que le second, il n'a pas anticipé la... les phénomènes de restructuration de l'économie mondiale et la façon dont la France devait s'y préparer. On va
parler du 17 octobre, Hubert, puisque vous en avez parlé. Laurent Nunez, le ministre de l'Intérieur, dit ce matin qu'il a pour mission d'éviter un nouveau 17 octobre. Vous avez interrogé les Français, Erwan, sur cette journée. Quels sentiments ont-ils eus en voyant les images et en vivant ce 17 octobre
Oui, très largement, quand on demande aux Français quel sentiment a dominé chez vous à l'issue des débordements du 17 octobre, la colère arrive, on le voit très largement, devant l'impuissance et la peur. Ce que ça raconte, c'est que les Français ont beaucoup moins peur qu'ils ne sont en colère. Et ça explique les attentes qu'il peut y avoir sur la réponse politique. Ils ne veulent pas de solution de protection, ils veulent des solutions d'autorité, de fermeté. Dans l'esprit d'une grande partie des Français, la cause... principale des débordements du 17 octobre, c'est un sentiment d'impunité, le manque de sévérité de la justice, c'est quelque chose, ce manque de sévérité de la justice, des problèmes dans l'application des peines qui remontent souvent dans les enquêtes d'opinion quand on parle de sécurité. Donc il y a des attentes très fortes qui s'expriment à travers une colère beaucoup plus que de la peur. Ça dit beaucoup sur les forces politiques qui peuvent profiter de la colère.
Oui, alors avec la bêtise absolue, si vous voulez, moi j'en ai un peu marre. Vous savez, Jean-Luc Mélenchon, il a quand même de la chance dans la vie. Il a la chance d'avoir des socialistes complètement crétins, je le dis gentiment, parce que je les aime beaucoup, mais qui font, grâce à Raphaël Guzman et Jérôme Gage, organisent toute la primaire en ne faisant que Mélenchon, Mélenchon, Mélenchon, ce qui fait que Mélenchon est le vainqueur par compte humasse. C'était l'excellent titre de Libé, vainqueur par compte humasse de la primaire. Là, ça recommence, et Mélenchon, gna gna gna, et on ne peut pas aller dans... dans les portages, c'est pas les socialistes, c'est le candidat de la gauche, Raphaël Glucksmann, qui attaque LFI en disant vous ne cessez d'embêter mes cortages. Vous avez, donc c'est la promotion Glucksmann, 5% en promo pour Mélenchon, et vous avez Le Cornu toute la journée, Sébastien Le Cornu, et l'exécutif qui dit Mélenchon, Mélenchon, Mélenchon, fauteur de troubles, c'est à cause de lui, il est violent, etc. La réalité, ça donne quoi ?
Il prête son jeu parce qu'il s'attaque à la propriété privée. Ce que je veux dire, c'est que ces
opérations de promotion gratos depuis un mois et demi, deux mois, égale Mélenchon qui manque. En 2007,
avec Sarkozy, c'était la même chose et ça profite au
RN. Et on va voir qui est le gagnant politique de cette séquence. Pourquoi vous posez cette
question ? Alors qu'on a déjà la réponse. Parce qu
'Erwan l'a posé aux Français. Donc on va voir ce qu'ont répondu les Français. Quel est le candidat qui tire le plus profit politiquement de cette séquence ?
Très largement, à 74%, il cite Marine Le Pen comme celle qui tirera le plus profit politique de la séquence. Et ça se vérifie parce que la semaine dernière, dans un sondage pour Le Figaro et Backbone, on a posé la question sur, selon vous, pour chacun de ces candidats à la présidentielle, quel est celui ? Est-ce qu'il est capable de ramener l'ordre, d'éviter... de Paris-Émeute se reproduisent. 47% nous disent capables pour Marine Le Pen, uniquement 25% pour Edouard Philippe, 19% pour Jean-Luc Mélenchon. Elle plie le match sur ces questions d'autorité. Et c'est la forte demande du moment. De ce
point de vue-là, on a bien vu le congrès de dimanche. Ils ont quand même réussi leur coup. On a beaucoup focalisé sur l'incident avec les jeunes de l'UGF ou avec la sortie des journalistes de Mediapart. Mais en réalité, ils se sont bien répartis les rôles. qu'elle a remis en selle a été revigorée par la séquence de conflits dans les rues. Développer une politique très répressive en termes de maintien de l'ordre, ce qui correspond aux attentes du sondage. Et elle, elle a fait Tata Marine au-dessus de la mêlée en surjouant un peu l'optimisme. Oui, c'est ça. Tata Marine doit la retenir, c'est là. Son
surnom. Oui, alors je suis d'accord avec Hubert sur, évidemment, il faut quand même accepter la réussite de ce congrès, comme on va être obligé de se manger la pilule, je pense, le 7 novembre, avec la démonstration de force que va organiser... Jean-Luc Mélenchon sur la présentation de son programme au Bourget, donc sur ses terres en Seine-Saint-Denis. La réalité, c'est que ce mouvement a démontré Marine Le Pen incroyable. Elle s'est substituée à la droite classique. Mon cher Hubert, ça y est, vous êtes dans les choux. Si elle était lue, l
'extrême droite remplacera la droite. Elle s'est substituée
sur les questions d'autorité, c'est dingue. Ça aurait dû profiter à Bruno Retailleau, les coups de menton pendant ses émeutes, en tout cas ces violences. Ça aurait dû profiter évidemment à Edouard Philippe, ancien Premier ministre. Ça profite à Marine Le Pen. Donc elle, elle est le réceptacle Marine Le Pen du désir d'autorité et de la crise identitaire. J'ai envie de dire ça si je résume un peu. Et la droite classique est en PLS aujourd'hui. Pas toute la droite, parce qu'on va voir. Non, je finis. Qu'on explique pourquoi. Jean-Luc Mélenchon, qui aurait dû être accusé de violence, lui, il est désormais le réceptacle principal de la colère et de la justice sociale. C'est lui qui emporte ça. Sur tous les autres candidats, les Verts, Raphaël Guzman, etc. Et Marine Le Pen est le réceptacle du désir d'ordre, de l'ordre, si vous voulez, et de la crise identitaire. Comment vous arrêtez ça ? Et bien, pour le moment, personne n'a trouvé Misty Gris.
Alors, on va voir parce que il y a aussi le palmarès de l'adhésion. Ça, c'est quelque chose que vous mesurez tous les mois, Erwan. Marine Le Pen, Jordan Bardella, toujours en tête et en progression. Et effectivement, ceux qui chutent s'appellent Edouard Philippe et Gabriel Attal.
Oui, et ce qui est intéressant, c'est d'observer que Marine Le Pen monte à un niveau... Très haut. Pour comparer à octobre 2021, c'est 9 points de plus de code d'adhésion et 3 points de moins de code de rejet. Son image s'est parfaitement lissée. Pour la première fois, ce mois-ci, Marine Le Pen, elle passe la barre des 50% de code d'adhésion chez les sympathisants LR. Elle progresse encore chez ceux de reconquête, chez les 65 ans et plus, chez les habitants de métropole qui ont été assez émoussés par les violences du 17 octobre. Alors, pour Edouard Philippe... C'est tout l'inverse. Il passe, lui, sous la barre des 50% chez les sympathisants LR. Il recule, il n'est qu'à 24% de code d'adhésion. C'est quasiment la moitié de sa code d'adhésion quand il a quitté Matignon. Aujourd'hui, on voit bien que Marine Le Pen s'impose, devient hégémonique dans le paysage politique et qu'Edouard Philippe est sur le reculoir.
'est la victoire des grandes gueules contre les technos, en fait, parce qu'on a des technos qui ne savent pas parler au peuple, qui ne savent pas se saisir des émotions populaires. Pardon, c'est les technos ou c'est les
anciens premiers ministres de Macron ? C'est les
technos, les anciens premiers ministres de Macron, même si Attal essaie de fermer. Attal, il n'est pas forcément jugé crédible parce qu'il est trop jeune, parce qu'il a ensuite des changements de cap qui sont parfois pas convaincants. Edouard Philippe, il est élu local, pour vous, ça compte pas
? Comment ?
Edouard Philippe, il
est élu local, il est maire du Havre.
Oui, mais il arrive un moment où il faut prendre la dimension nationale de cette opération et on est quand même dans une forme de psychose collective, comme à chaque fois qu'il y a des grands mouvements, des irruptions.
Il y a quand même le mouvement des Gilets jaunes. Même si ça a été
le Premier ministre du premier mandat et qu'on aurait pu un peu l'oublier, malgré tout. Vous savez, même comme Retailleau qui aujourd'hui est en train d'être largement concurrencé par David Lysnard, Retailleau lui disait, avant même d'entrer au gouvernement, tous ceux qui auront été de près ou de loin proches de la Macronie disparaîtront. Alors, on va en parler
parce que, pardon Hubert, mais vous disiez ça coûte à la droite. Alors, pas toute la droite. Bruno Retailleau prend deux points. David Lissnard prend huit points dans le palmarès de l'adhésion. Il va falloir qu'ils s'entendent alors. C'est la plus grosse hausse.
Mais il reste en Calminé quand même à un niveau bas. que ce soit l'un ou que ce soit l'autre, avec une avance de Bruno Retailleau chez les sympathisants LLR, mais juste pour le placer, il se passe quelque chose du côté de David Lissnard. Ça progresse chez les sympathisants Reconquête, chez les Français les plus aisés. Il mord sur un espace politique un peu plus large. En revanche, deux candidats, les Républicains, pour cet espace politique, c'est trop. On voit que David Lissnard est un peu plus haut que Bruno Retailleau. dans les intentions de vote, dans les sondages qui ont été réalisés récemment. Donc, il conquiert un espace politique un peu plus large. Reste à voir comment tout ça se transforme. Est-ce qu'un peut fagociter l'autre ? Ou alors, comment ils font alliance
? Franchement, moi, je fais très, très gaffe au palmarès des adhésions parce qu'on est quand même dans les émotions. Et Erwan est le mieux placé que nous tous pour savoir. Et ça, les sondeurs, je ne sais même pas comment vous faites pour continuer à sonder l'opinion. On est dans un moment où les aiguilles bougent extrêmement vite. Vous avez l'émergence de la Vizna. Moi, ce qui m'intéresse... Et de Raphaël Luxman. Et de
Raphaël Luxman.
Un tiers de l'électorat n'a pas
choisi.
Sérieusement, la seule chose qui m'intéresse, c'est les intentions de vote. C'est il est gentil, il est sympa, etc. Ça ne m'intéresse pas. Moi, je regarde les intentions de vote. C'est des dynamiques qu'on constate aussi. Non, non, sur la bonne opinion, c'est des dynamiques. Sinon, vous prenez le baromatch vos concurrents IFOP Paris Match. On s'en fout sur la bonne opinion. Pardon, mais moi, je ne sais pas pour le casser. Non, non, non, non. Mais ce que je veux dire par là, c'est que... les bonnes opinions. Moi, ce qui m'intéresse, c'est les intentions de vote. Ce que je vois dans les intentions de vote, et ça, je vois vos baromètres, mon cher Ewan, je vois ceux de tous nos copains. La seule chose que je vois, c'est que vous avez Le Pen et Mélenchon qui sont encapsulés maintenant par le mouvement social. – Attends, peut-être que Glucksmann et Philippe vont se réveiller. – Peut-être que Glucksmann et Philippe vont se réveiller, mais c'est parce qu'il est sympa, il a un joli costume. Moi, il parle bien, cet Édouard Philippe. Honnêtement, en termes d'intention de vote, vous n'avez pas... qui végète dans le ventre mou du classement 11-12, c'est Glucksmann et Edouard Philippe qui ne fait que dégringoler les escaliers. Soyez sympathiques. On va terminer par la cote de popularité de l
'exécutif. Il nous reste une minute. Erwan, record d'impopularité pour Emmanuel Macron.
16% des Français jugent qu'il est un bon président. Il atteint le record d'impopularité sous la Vème République qui était jusque-là détenue. par François Hollande. A titre de comparatif, les scores planchés à l'Elysée de François Mitterrand, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, c'est minimum 30%. Ça montre qu'il y a vraiment une rupture très forte. Alors, c'est pas les mêmes périodes, il n'y a pas eu de cohabitation pour restructurer... leur code de popularité. Alors il faut François Hollandeil alors maintenant.
Il est en Bretagne aujourd'hui. Il va visiter le fond Leclerc. Il va faire une interview
au Télégramme. Il
va visiter le fond Leclerc. Il va chez Armand Lux. Il va faire une signature à Caparnay. Il est en campagne quoi. Il est en campagne. Est-ce qu'il peut sortir encore
du bois ? Je ne sais pas. Est-ce qu'il peut sortir du bois ? On va voir aujourd'hui. Pour le moment, Raphaël Grutschmann ne s'effondre pas. Il faudrait une grande crise institutionnelle ou financière pour qu'il retrouve sa cap. Si vous voulez, sa principale force, c'est sa cap d'ancien président. Mais François Hollande, il a ceci de particulier. Les gens adorent le voir, n'ont pas trop envie de voter pour lui, je crois.
Allez, on se retrouve, Erwan, on se retrouve dans 15 jours pour le baromètre préféré de François, celui sur les intentions de vote. Voilà,
celui-là, François, l'adore. Si vous voulez Teguisman au niveau de Mélenchon, je vous applaudis, Erwan. Ben, on verra. Rendez-vous dans 15 jours. Merci beaucoup à tous les trois. Merci à tous de
nous avoir suivis. On se retrouve demain avec plaisir. Très bonne journée.
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