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Ce texte a été assez largement détricoté tout au long de la soirée. Un vote contre au final. Qu'est-ce que vous retenez, vous, de cet examen au Sénat ? Presque chaotique quand même, avec le retrait du processus de toute la majorité territoriale et de tous les nationalistes de l'Assemblée de Corse. Eh
bien, je pense que le gouvernement avait engagé à l'initiative du président de la République, conduit par Gérald Lerman, un processus. un processus de discussion, un processus territorial. Le gouvernement a tenu sa promesse, le texte a été présenté à l'Assemblée qui l'a un peu modifié. Ici, le texte a été déconstruit, disons-le, et je pense que c'est une erreur parce que le texte tel qu'il était proposé vide vraiment les choses. de leurs fondamentaux, c'est-à-dire le texte devait donner des habilitations, un pouvoir contrôlé et serné de décisions. Et là, en gros, on explique que les Corses devraient demander une permission pour tout. Nous, nous proposons, comme je l'ai dit tout à l'heure... aux élus corse de nous rencontrer très rapidement pour voir comment on peut continuer à avancer puisque le gouvernement tient sa parole. Et puis nous proposons aussi dans un second temps aux parlementaires de l'Assemblée et du Sénat de voir s'ils ont envie de poursuivre le chemin ou pas. Mais je regrette parce que je trouve que c'était un exemple assez unique dans l'histoire de France de construire à partir... des demandes des élus corses qui auraient été sécurisées par une consultation sur la loi organique. Je pense qu'on avait là un exemple remarquable de projet de loi qui émane des territoires. Et dans un Sénat, on parle beaucoup de la confiance dans les territoires. A raison, et je crois que les sénateurs en sont persuadés. J'avoue que ce soir, je ne suis pas sûre que ces voeux trouvent leur compte.
Vous dites vos regrets, il y a eu le départ avec Pertefra, des nationalistes qui ont communiqué. Est-ce que pour vous ce sort le processus de Beauvau, ce texte constitutionnel a encore un avenir ou est-ce qu'il est quand même très très affaibli ?
gouvernement continuera à dialoguer, vous savez que c'est une étape au Sénat. On savait que le texte ne serait pas voté conforme. Maintenant, le gouvernement continue à tendre la main pour échanger avec les élus corps pour voir si on peut essayer de poursuivre le processus. En tout cas, le gouvernement est toujours dans cette... position de dialogue, mais comme on l'a été ici avec les parlementaires. Moi j'ai changé avec tous les chefs de file, chacun connaissait les amendements qu'on allait proposer. On voit bien qu'il y a d'un côté des parlementaires qui disent il faut faire confiance aux élus locaux tout en encadrant et d'autres qui ont une autre vision des choses, c'est-à-dire on définit des lois à l'échelle nationale et après quelqu'un demande la permission pour faire quelque chose, la seule amélioration qu'on a aujourd'hui. dans la proposition qui émanait de chez les LR, c'est l'obligation pour le gouvernement de répondre à une question qui était formulée. Donc je pense qu'on est très en retrait des choses.
Dernière question sur le calendrier, même s'il y a encore tout à ce stade, mais en termes de timing, c'est possible d'avoir la navette parlementaire qui se fasse ? Vous pensez, avant la présidentielle, il y a le budget ? Les délais sont quand même très contraints. Et à quel moment vous envisageriez-vous de réinscrire ce texte à l'Assemblée nationale ?
Alors, on ne peut pas aujourd'hui donner un calendrier, mais si on veut, on peut. Si on considère que ce texte est d'importance, parce que c'est un exemple d'adaptation et de différenciation construite avec les élus du territoire, on peut le faire. Là maintenant, il faut qu'on mesure la volonté des uns et des autres de poursuivre, pour se rapprocher. C'est à partir de là, à partir de ces échanges. qu'on pourra fixer des choses. Mais chacun doit aujourd'hui prendre ses responsabilités avec gravité. Moi je respecte les votes de chacun. Je dis juste qu'on n'est pas là dans un texte qui est arrivé par hasard, comme une fantaisie. C'est, on l'a dit depuis Napoléon, enfin en tout cas le consulat qui a des adaptations, tout le monde l'a dit. On a même été en Corse à l'avant-garde de la décentralisation. Il faut aujourd'hui, je crois de manière générale dans notre pays, faire de la différenciation. Mais encore une fois, tout le monde reconnaît la singularité de la Corse, qui est une île et une île montagneuse, dans un bassin méditerranéen où toutes les îles ont un statut d'autonomie, mais dans l'unité de la nation. Et je crois que c'est ça que nous avions proposé. Ensuite, le Parlement dispose. C'est ce qu'il a fait ce soir.
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