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Bonjour Vincent Jambrun. Bonjour. On va parler de l'actualité du jour, qui est le projet de loi Casseur-Payeur qui va arriver du côté du Sénat. Mais avant, je voulais quand même vous entendre sur les annonces en ce qui concerne les lycéens. Hier, les annonces du ministre de l'Éducation nationale, ça n'a pas convaincu un certain nombre de syndicats de lycéens qui appellent à continuer la mobilisation. Mais pourquoi avoir attendu un mois pour faire ce type d'annonce
qui est très important, c'est de continuer le dialogue. Et les annonces de mes collègues, ministres de l'Éducation nationale et d'enseignement supérieur, viennent après un processus de travail et de concertation pour que, justement, on puisse démontrer une méthode qui est on écoute, on travaille et on fait des annonces. Et ça a été rappelé par Édouard Geffray hier, ministre de l'Éducation nationale, dont on est certain de la capacité à les mettre en œuvre et de le faire. dans les six mois qui restent avant l'élection présidentielle pour un certain nombre de ces mesures. Et puis, je veux quand même le souligner, ça passera notamment par des amendements au budget. Vous savez qu'on discute le budget actuellement au Parlement. Et donc, si on veut des professeurs supplémentaires, si on veut des moyens supplémentaires, il faut qu'il y ait un budget qui corresponde. Et c'est juste pour que chacun comprenne bien, si on n'est pas capable au Parlement de se mettre d'accord sur un budget... Il n'y aura pas de profs en plus. Et donc l'importance qu'il y ait un consensus politique pour qu'on arrive à adopter un budget dans ce pays, il est essentiel, y compris pour nos lycéens. Sur les
revendications, il y a la question du bâti scolaire. C'est un point extrêmement important pour de nombreux lycéens. L'annonce, c'est des prêts à hauteur. Ça va aller jusqu'à 4 milliards pour les conseils régionaux parce que c'est eux qui gèrent les lycées. Mais hier, je disais que certains, au niveau des conseils régionaux, disent « Nous, on ne veut pas des prêts, on veut des moyens supplémentaires ». Qu'est-ce que vous leur dites
L'idée, c'est que l'État puisse être en renfort de la responsabilité des régions. Vous savez, à un moment donné, on ne peut pas vouloir tout et son contraire. Les régions souhaitent garder la compétence lycée, comme les départements ont les collèges et les villes ont les écoles. Là, ce qu'on constate, c'est que toutes les régions n'ont pas mis la même politique en œuvre. Moi, je le vois dans la région Île-de-France, Valérie Pécresse notamment, a fait un plan de rénovation de ses lycées extrêmement ambitieux, ce qui n'a pas empêché d'ailleurs... Certains allaient quand même brûler des lycées flambant neufs. Donc on a envie de les accompagner pour accélérer le processus. Et puis il y a d'autres régions où effectivement on dit on se tient à vos côtés. Mais vraiment je veux le dire, il y a la question du bâti, il y a la question des professeurs, tout. T'es mis sur la table et la discussion, elle continue.
Avant d'aller sur le projet de loi qui assure payeur des manifestations partout en France, je veux quand même vous entendre sur la forme. Parce qu'hier, Sébastien Lecornu, avant même d'annoncer toutes ses annonces au syndicat de lycéens, il a reçu des influenceurs. Et ça, ça a beaucoup fait parler, ça a beaucoup fait réagir. Est-ce que c'était une bonne idée ?
Le sujet, c'est comment on parle à la jeunesse. Et on sait qu'aujourd'hui, la jeunesse, il faut utiliser tous les canaux possibles. pour être en interaction avec elle. Et les influenceurs font partie de ces nouveaux moyens de communication. Ça permettait aussi d'ailleurs d'avoir un retour à chaud. Donc on aurait fait que les influenceurs, ça n'aurait pas eu de sens. Utiliser tous les moyens possibles pour parler... Vous avez commencé par les
influenceurs. Sur les manifestations, il va y avoir à nouveau des manifestations des samedis 31 octobre. Il y a un président de la République qui s'est déplacé du côté de Marseille. Il a dit que les forces de police sur le 17 octobre n'ont pas été dûment proportionnées. C'est donc la faute de Laurent Nunez, si on comprend bien le président de la République ?
C'est aujourd'hui ce qui s'est passé le 17 octobre avec cette accumulation des facteurs. Que ce soit une manifestation plus importante, c'est très bien, une manifestation avec des revendications légitimes, mais beaucoup plus importante. Donc à surveiller, c'était un petit peu plus complexe. Des black blocks, des ultras qui étaient venus vraiment pour casser du policier, étaient venus en force et ont attaqué beaucoup plus tôt que prévu. Et tout ça, venu renforcer par des pillages. Cette configuration... avec ce calendrier-là, cette répartition partout dans le pays, fait que oui, effectivement, ça n'avait pas été assez anticipé. Le ministre de l'Intérieur l'a reconnu. Il a dit qu'effectivement, il fallait changer la doctrine pour le week-end suivant. C'est ce que nous avons fait. Et malgré les attaques, parce qu'il y a eu ce week-end aussi, des casseurs qui sont venus pour casser... et vous avez eu aussi une tentation de pillage, et bien là, cette fois, la réponse était proportionnée, et donc l'État a tenu et l'ordre a été établi.
Vous êtes aussi ministre de la Ville. En ce qui concerne les centres-villes, il y a des inquiétudes, notamment des commerçants, pour les prochaines semaines. Est-ce que vous nous confirmez qu'il n'y aura pas de manifestation en centre-ville ce samedi ?
que dit le président de la République hier, c'est qu'on continuerait à avoir des parcours différents de façon à ce qu'on puisse éviter les centres-villes et surtout qu'on puisse éviter la violence. Parce que le sujet, c'est comment dans un pays où on défend la liberté d'expression et où on défend, je crois très nombreux, la liberté de manifester. on puisse le faire dans les meilleures conditions possibles, c'est-à-dire sans violence et sans casse.
Il y a le projet de loi casseur-payeur qui arrive au Sénat. Lui aussi fait beaucoup parler ce projet de loi. S'il est voté, qu'est-ce qu'il va permettre, qui n'est pas possible aujourd'hui, pour bien l'expliquer à nos
téléspectateurs ? Plusieurs choses, mais peut-être deux qui sont essentielles. La première, c'est la possibilité de prélever sur les minima sociaux les compensations, donc mettre des amendes y compris sur les minima sociaux. pour les majeurs directement sur leurs allocations, sur les mineurs, sur les allocations des parents, pour responsabiliser aussi les parents. Donc ça, c'est une nouveauté. Et la deuxième nouveauté, surtout, c'est que le fait de participer à des rassemblements, alors même que la police a demandé de se disperser, deviendra une cause de mise en cause, c'est-à-dire pouvoir vous demander de payer également, même s'il n'y a pas une preuve manifeste que vous avez... pris la barre de fer pour casser la vide du camion de pompier à Marseille. Vous étiez autour, la police avait demandé de se disperser.
On passe d'une responsabilité individuelle à une responsabilité collective. Je vais juste vous donner un exemple précis et j'ai envie de vous entendre sur cet exemple précis. J'entends qu'il y a des
débats d'experts et de juristes. Nous, on a fait évidemment passer le texte au Conseil d'État qui a vérifié la constitutionnalité d'une part. Deuxièmement... Le sujet n'est pas dire « vous avez cassé la vitre du camion de pompier comme celui qui l'a vraiment fait avec sa barre de fer ». C'est parce que vous avez créé ce rassemblement, vous avez empêché les forces de l'ordre de venir empêcher celui qui avait la barre de fer de casser le camion de pompier, alors vous avez une responsabilité collective. Et une fois que vous avez cette lecture-là du droit… C'est quelque chose qui tient la route. J'ai envie de vous entendre
avec un exemple assez précis. Je suis aussi reporter sur le terrain et j'ai couvert la manifestation du 17 octobre. J'ai vu des scènes de pillage, notamment un magasin de sport. J'ai vu des pilleurs s'attaquer au magasin. J'ai aussi vu des personnes qui étaient là, à côté, qui n'ont pas participé au pillage, qui ne sont pas opposées aux forces de l'ordre, mais qui attendaient. qui attendaient que le cortège parte. Ça veut dire que ces personnes pourraient être mises en cause
parce que le principe, c'est d'avoir été interpellé et de passer devant un juge. Donc si la personne, elle est juste coincée au mauvais endroit, ce n'est pas le sujet, ce n'est pas la cible de cette mesure. Évidemment que non. En revanche, reprenez cet exemple. On a tous en tête ce camion de pompiers à Marseille qui, pendant le 17 octobre, est pris d'assaut, est pris d'attaque. Vous en avez une partie de ce groupe. qui opérationnellement tape, brûle, fracasse. Et puis tout autour, vous avez une espèce de meute qui empêche la police d'arriver. À partir du moment où la police aura dit « dispersez-vous », aura dit « vous n'avez plus le droit d'être là » et que vous restez sur place,
vous commettez… Parfois, moi j'ai pu le constater sur le terrain, il y a des endroits où c'est assez fermé et c'est compliqué de quitter les lieux.
Encore une fois, reprenez l'exemple de Marseille. Là, ce n'était pas compliqué de quitter les lieux. On parle de personnes qui prennent des pavés, qui les jettent sur les policiers. On parle de personnes qui jettent de l'acide sur les policiers. Et donc c'est ça. Prenez un autre exemple. Vous avez des types qui sont montés sur les toits d'immeubles le 17. Vous en avez un qui jette une cheminée sur les forces de l'ordre en dessous. On a vu cette image tournée sur les réseaux sociaux. Mais tout le groupe sur les toits n'avait rien à faire sur les toits. Il y a quand même des
critiques. Je regarde une tribune au Monde, un collectif d'organisations syndicales, notamment la CGT, qui dit que c'est une atteinte grave à la liberté de manifestation. Il y a la Ligue des droits de l'homme qui dit que c'est un texte liberticide et que ça va décourager peut-être certaines personnes de manifestation. Tout et son contraire.
Mais ça, ce sont les mots utilisés par ces syndicats. J'ai des gens autour de moi qui croient profondément à la liberté d'expression et qui ont des revendications et qui veulent manifester. Mais la vraie peur, elle est de se retrouver au milieu de ces casseurs, de ces violents, de ces sédicieux. C'est ça le vrai sujet, il ne faut pas inverser les valeurs. Donc le meilleur moyen de protéger... Ceux qui veulent manifester pacifiquement, c'est d'avoir des outils juridiques qui permettent de taper et sanctionner, quand je dis taper, taper au portefeuille.
Elle passera le stade du Conseil constitutionnel selon vous ? Parce qu'il y a certains experts du droit qui disent attention.
Encore une fois, on est passé par le Conseil d'État préalablement. Ensuite, vous savez comment se passe le débat parlementaire. Il peut y avoir des amendements. Certains de ces amendements, comme ils ont été rédigés sans avoir préalablement été passés au Conseil d'État. On ne sait pas jusqu'où ça peut aller, donc on verra, mais la copie du gouvernement, elle est évidemment valide. Enfin, on ne fait pas n'importe quoi et on ne passe pas au Conseil des ministres un texte qui n'a pas été passé au Conseil d'État, dont la mission, justement, c'est de nous dire si ça tient la route juridiquement ou pas.
Vincent Jambras, il nous reste très peu de temps, mais je voulais quand même vous entendre, parce qu'il y a eu cet attentat raciste à Trappes, vendredi. Il y a aussi eu... Il y a aussi une hausse des actes de racisme en France. Les chiffres du ministère de l'Intérieur, c'est 16 400 infractions racistes qui ont été enregistrées en 2025. 5% de plus que l'année précédente. Comment le gouvernement peut lutter contre le racisme, contre la discrimination ?
'est le gouvernement, mais c'est surtout tous les Français qui croient profondément à l'esprit républicain, qui est l'esprit de l'universalisme. On ne regarde pas les gens en fonction de leur couleur de peau, de leur religion ou de leurs orientations, mais uniquement dans leur comportement. C'est ça l'universalisme républicain. Et ça, ça doit être partout, à tous les étages, à l'école, au travail. Moi-même, sur la question du logement, je travaille avec toutes les agences immobilières de France à une charte de lutte contre les discriminations. Parce qu'il y a une problématique de discrimination. Parce qu'il peut y avoir de la discrimination. raciale, religieuse, d'orientation. Et donc, évidemment, il faut que ce combat, on le mène. C'est l'honneur de la République que de le mener.
Merci Vincent Jambras, ministre du Logement et de la Ville.
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